‹ Traité du paludismeChapitre 228 sur 291 · U. ZiEHANN, Congrit internat rendus, p. Ut · texte numérisé non relu

U. ZiEHANN, Congrit internat rendus, p. Ut

3. ('.ARREAD. De In racUi^nio)(lQbinurie quinique, P(iinlo-A-Pllr«, Guadeloupe, !■ Clarac, Deux cas d'ht^mogliibinuric quinique, Arch, de méJ. nuit., nvril 1890. — 1 Notes de pathol. exutiqiie, Ànn. d'fir<j. et de mid. colon., lOOli. p. 007. — W.-QJ| el G. Low, llèriioglobitiurie PxpériincnUle dnns ua cns de bilieusn hdnofclftbjin Joura. of trop, med., 1" mai IWa. — II. ViitCRNT, Sae. de Biologit, 16 dMvmbnV — Plihh, Sor. de mid. interne de Berlin. 21 B '

1. TONAHILLi, Coagrti de (a Sw. ilatimn' de -rM. interne. Romt!, octobre IMt.

sentir dans les lombes, les vomissemenls bilieux sont incessants.

A ces symptômes qui constituent la première période de l'intoxication et dont la durée varie d'une à trois heures, succède une élévation considérable de la température qui, dans Faisselle, peut monter jusqu'à 42® et n'est jamais inférieure à 39%5. L'hyperthermie est en proportion de la gravité des accidents. A ce moment surviennent des hématuries abondantes. Les émissions d'urine persistent et sont souvent accompagnées d'évacuations alvines séro-bilieuses, et de dyspnée; toute la surface du corps prend une teinte ictérique.

Dans les cas légers, la dyspnée, la diarrhée et l'ictère peuvent manquer; mais les vomissemenls, les douleurs lombaires et l'hématurie sont des phénomènes constants.

Les urines sanguinolentes contiennent des hématies altérées des cylindres fibrineux, des cellules épithéliales et du pigment biliaire. On observe tantôt l'hémoglobinurie et tantôt l'hématurie ; la première est plus fréquente.

Au bout de 24 ou 28 heures, l'accès se termine par une dofervescence rapide, mais la mort peut se produire dans le coUapsus

(ToMASELLl).

On a vu (p. 282) que quelques observateurs ont été jusqu'à faire rentrer toutes les fièvres bilieuses hémoglobinuriques dans le cadre des accidents produits par la quinine ; je crois avoir montré que cette opinion n*était pas admissible; je ne reviendrai pas ici sur cette discussion.

Lépine a observé in vitro l'action de la quinine sur le sang du chien, du mouton, du porc et a constaté que la quinine détruit beaucoup de globules rouges.

H. Vincent a constaté que les sels de quinine déterminaient in vitro une hémolyse rapide, surtout dans le sang des paludéens prédisposés à l'hémoglobinurie.

Mais ces observateurs ont employé, dans leurs expériences, des doses de quinine bien supérieures à celles qui peuvent provoquer chez l'homme l'hémoglobinurie.

Stephens et Ghristophers ont recherché in vitro le pouvoir hémolytique de la quinine sur le sang normal et sur le sang de malades atteints de bilieuse hcmoglobinurique ; ils ont trouvé que ce pouvoir était le même pour le sang des malades et pour le sang normal. Le sérum d'un des observateurs qui avait absorbé 2 gr.

Latbrak, Traité du Paludisme. 9* éUition. 31

(le quinine était sans action hémolylique sur le san^ d'un des patients '.

L'hémoglobinurie qulnique est très rare, si l'on tient compte de l'énorme quantité de quinine qui est consommée dans un grand nombre de régions du globe pour le traitement et la prophylaxie du paludisme; d'autre part, sa fréquence n'est pas en rapport avec les doses do quinine qui sont proscrites.

Maillot qui donnait de la quinine à des doses très élevées n's jamais observé l'hémoglobinurie. Pendant mon séjour en Algérie, je n'en ai pas non plus noté un seul cas.

Les essais faits chez les animaux pour provoquer l'hémoglobinurie quinique ont donné des résultats négatifs*.

Il est évident que l'hémoglobinurie quinique ne se produit que cUe/. des individus prédisposés, et que le paludisme est une d«s causes prédisposantes les mieux établies ; presque tous les maladt's chez lesquels l'hémoglobinurie quinique a été observée étaient des palustres, mais on ne doit pas oublier que c'est surtout dans le paludisme qu'on prescrit la quinine.

Tommasi a publié un cas d'hématurie quinique chez un malade atteint de fièvre typhoïde; P. Moscato a observé cet accideiiL 2 fuis chez des typhoïdiques, 1 fois chez un leucémique'.

J'ai retrouvé dans mes notes l'observation d'un malade, non palustre, qui soigné à Paris pour une fièvre typhoïde libère t une grave hématurie après avoir pris 0 gr. îîO de sulfate de ninc '.

L'hémoglobinurie peut se produire à la suite de l'emploi âe l'antipyrine, de la phénacétine, de la salipyrine, de la phénocolle, de l'euquinine.

Cardamalis, Vellopoulos, Teophanidis ont observé des cas d'hémoglobinuric euquinique. On a aussi signalé, en Grèeeeten Italie, des cas d'hémoglobinurie à la suite de l'ingestion de fèves vertes ou de fleurs do fèves. Comme le dit Cardamatis. l'hémoglobinurie fabique peut être rapprochée de l'hémoglobinurie quinique.

1- STBPiTEns et CiiftiiropBERs. Rrports to Ihe malaria Commîttte, Lonilrrs. S juUM||

2. Dickson. Th. l.yon, 23 novembre ISOS. — Hdrhi, PolUlinieo. 13 octobrs ]M'

3. P. MoacATo, Sul[a intossicaiiono chinics nella inretione typhoïde e n«lU I mia, Milan. ISOS.

4. Il esl curieux de eonsinter (lue le auKate de quinine à dosos êlcTéea a tià nisé pour fombnUrc les hémorragies. Voir notammenl Litotois, Joomal 4m 2% novembre IDOO.

Le sulfate de cinchonidine ne donnerait pas lieu, d'après Pampoukis, à Thémoglobinurie et devrait être substitué au sulfate de quinine chez les malades sujets à cet accident.

11 résulte des recherches de Vincent que Ton peut prévenir rhémoglobinurie quinique en prescrivant, aux sujets prédisposés, le chlorure de calcium (4 à 6 gr. chaque jour par les voies digestives ou 1 à 2 gr. dissous dans de Teau physiologique, par la voie hypodermique). On peut, chez certains malades, provoquer à volonté rhémoglobinurie en donnant de la quinine et prévenir cet accident en faisant prendre du chlorure de calcium avant de donner de la quinine ^

Dans les cas d'hémoglobinurie quinique, le chlorure de calcium n'est pas seulement préventif, il a aussi, d'après Vincent, des propriétés curatives; il se comporte comme une sorte de substance antisensibilisatrice ou antialexique, en tout cas comme un agent antihémolysant remarquable.

3"* Éruptions quiniques. — Les exemples d'exanthèmes développés sous l'influence de la quinine ne sont pas très rares ^; on a vu déjà plus haut que des éruptions accompagnent souvent les accidents généraux d'intoxication.

L'exanthème quinique a tantôt l'aspect de l'urticaire, tantôt celui de la scarlatine et son apparition s'accompagne parfois d'autres troubles morbides, comme dans les faits de Floyer, de Rizu, de Kobner, de Moscato et de Gorbatchov.

Witherspon a observé un exemple remarquable d'érylhème scarlatiniforme quinique'. 11 s'agit d'une dame, ûgée d'une quarantaine d'années, qui 15' environ après l'ingestion d'une dose de quinine présenta les accidents qui suivent : prurit intense et sensation de brûlure commençant par les extrémités et se généralisant rapidement à tout le corps, puis rougeur et tuméfaction de la peau, congestion de la conjonctive avec sécrétion lacrymale profuse, œdème de la face, bruits dans les oreilles, tuméfaction de la langue, rougeur scarlatiniforme du pharynx, céphalalgie,

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