AueiHT, Lyon médical, 3 janvier ISOT
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i. BotM«U>. Joamal da pratiâeiu, 28 août 1897.
duire le moindre début de travail. On n*hésitera donc pas à recourir à la quinine quand, dans le cours d'une grossesse, il y aura des manifestations du paludisme.
D'après Duboué, Cordes, Bonfils et Schwab, la quinine n'est pas un agent abortif, mais elle a une action réelle sur le muscle utérin qu'elle excite, quand sa contractilité a été déjà mise en jeu.
C'est ainsi que la quinine pourrait rendre des services pendant le travail de l'accouchement, lorsque le travail s'arrête ou languit.
Le sulfate de quinine serait préférable à l'ergot de seigle, parce que l'ergot provoque une contraction tétanique de l'utérus, tandis que la quinine ne fait qu'activer les contractions intermittentes physiologiques (Schwab).
On peut donc, et Ton doit, donner de la quinine aux femmes enceintes qui présentent des accidents de nature palustre ; on procédera seulement, dans ce cas, avec plus de prudence encore que dans les cas ordinaires; on ne prescrira, surtout au début du traitement, que des doses faibles ou moyennes de quinine, si la vie n'est pas en danger.
Coromilas conseille, lorsqu'il est nécessaire de donner pendant le cours de la grossesse des doses fortes de quinine, d'associer ce médicament à un narcotique, opium ou morphine'.
6** Accidents consécutifs aux injections hypoden^iiques des sels de quinine. — L'injection sous-cutanée des sels de quinine provoque en général une douleur assez vive et il se forme souvent, au point d'injection, un noyau d'induration. D'ordinaire ce noyau se résorbe, mais il n'est pas très rare de voir se produire un abcès ou bien une eschare sèche de la grandeur d'une pièce de cinquante centimes ou d'un franc, qui ne se détache que lentement.
Il se forme quelquefois des eschares plus étendues, et même des phlegmons diffus.
Enfm le tétanos peut se déclarer à la suite d'injections hypodermiques de quinine. A Madagascar, cet accident a été noté fréquemment*.
H. Vincent a montré que les sels de quinine employés en injec-
1. G. Coromilas, Action de la quinine sur les organes génitaux internes pendant la grossesse et la menstruation, Americ, tjinecological and obstétrical Journal^ mars 181)5.
2. Segard, Arch. de méd. nav., 1886. — Vincent et Hurot, Le paludisme à Madagascar, Acad. de méd. y 1896. — Burot, Le tétanos à Madagascar, Acad. de méd.f 2 février 1897. — H. Vince.nt, Tétanos et quinine, Ann. de VInst. Pasteur, 1904, t. XVni, p. 748. — G. Grixoni, Tétanos et injections hypod. de quinine, Gazz. d. Osped., e d, CUn„ 1905, n"* 148.
lions hypodermiques avaient sur le développement du bacille de Nicolaïer une action favorisante manifeste. Les expériences suivantes sont très intéressantes
On injecte à des cobayes, sous la peau, une faible quantité de culture du bacille du tétanos, chauffée à 80*" pendant trois heures, pour détruire la toxine, et additionnée de 0 gr. 02 à 0 gr. 05 de chorhydrate de quinine, tandis que des témoins reçoivent seulement la culture. Les témoins ne s'infectent pas, tandis que les cobayes qui ont reçu le mélange de culture et de solution quinique ont, au bout de trois jours, un tétanos mortel en vingt-quatre ou quarante-huit heures.
L'expérience suivante est plus curieuse encore. A un cobaye, on inocule, sous la peau du flanc droity cinq gouttes de culture privée de toxine ; deux jours après on lui injecte, sous la peau du flanc gauche, 0 cm' 10 d'une solution stérilisée de chlorhydrate neutre de quinine à 50 p. 100; trois jours plus tard, le tétanos apparaît, il est mortel en vingt-quatre à trente-six heures, tandis que les témoins, n'ayant reçu que la culture ou que la quinine, ne sont pas incommodés. A Tautopsie, on constate qu'au point d'inoculation de la culture il n'y a pas eu multiplication; au contraire, là où a été introduit le sel quinique, on trouve un exsudai renfermant en abondance le bacille de Nicolaïer à l'état de pureté. Le bacille a donc colonisé, non au point où il a été inoculé, mais au foyer même de l'injection de quinine.
D'après Vincent, la quinine favorise l'infection tétanique en entravant la défense leucocvtaire.
La conclusion pratique à tirer de ces faits, c'est que, chez tout paludéen ofl^rant quelque plaie mal soignée ou porteur d'excoriations ayant pu livrer passage au bacille de Nicolaïer, il faudra s'abstenir, autant que possible, d'administrer la quinine par la voie hypodcrniique. La quinine prise par ingestion n'exerce pas d'action favorisante sur le développement du tétanos.
V. Médicatk^ns adjuvantes, tuaitemknt des complications. — Bien que la quinine mérite le titre de spécifique du paludisme, il est souvent nécessaire de recourir à des médications adjuvantes, spécialement dans le traitement des accidents pernicieux et de la cachexie palustre.
On a admis pendant lonjrtemps qu'avant de faire prendre de la quinine à un malade qui a la fièvre et qui présente des symptômes
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manifestes (rembarras gastrique, il fallait prescrire un vomitif ou un pui^atif et au besoin Tun et l'autre ; la saignée était aussi très employée autrefois dans les fièvres palustres.
J'ai déjà eu Toccasion de dire qu'il était inutile, le plus souvent, de combattre l'embarras gastrique avant de donner la quinine.
Lind insistait sur la nécessité de prescrire immédiatement le quinquina dans les formes graves.
Fodéré s'élève contre l'emploi de la saignée et des éméto-cathartiques dans les fièvres intermittentes subintrantes et dans les accès graves de fièvre palustre. Au sujet de la céphalalgie et de l'état saburral des premières voies qu'on s'attachait à combattre, avant de donner du quinquina, Fodéré dit très justement * : « J'ai appris par mon expérience qu'ici le principal emporte l'accessoire et que le praticien ne doit pas perdre un temps précieux à combattre des accidents qui ne sont que l'ombre de la maladie. »
A Maillot surtout revient le mérite d'avoir montré qu'on devait donner la quinine immédiatement, et à forte dose, aux malades atteints de fièvre continue palustre, sans se préoccuper de combattre les phénomènes inflammatoires, ni les symptômes d'embarras gastrique '.
Tous les médecins qui ont exercé dans des contrées palustres, et surtout dans les pays chauds, sont aujourd'hui d'accord pour reconnaître que les évacuants sont inutiles au début du traitement des fièvres palustres, alors même qu'il existe un embarras gastrique très prononcé, et qu'ils sont môme dangereux |)arce qu'ils retardent l'emploi de la quinine; on prescrira donc immédiatement les sels de quinine, quitte à revenir aux évacuants si l'embarras gastrique persiste, après la disparition de la fièvre.
Tandis qu'on s'eflbrce de combattre l'embarras gastrique chez un palustre, à l'aide des vomitifs ou des purgatifs, la fièvre peut prendre le caractère pernicieux et entraîner la mort; en donnant immédiatement de la quinine, on fait tomber la fièvre et Tembarras gastrique est ensuite beaucoup plus facile à combattre, si môme il ne se dissipe de lui-même, ce qui arrive le plus souvent.
Dans les fièvres intermittentes simples, la médication adjuvante a peu d'importance, il faut seulement soulager le malade, en particulier pendant le stade de frisson des accès.
1. Fodéré, Leçons sur les Épi»!., t. II, p. 231; cilé par Maillot, Traité dos firvres interniit., p. 370.