A. Latbran, Soc. de Bioloyie, 31 janvier
Tiodèlcs d'installation des toiles métalliques décrits ci-après: lai
Fig. XLIX, — M*uan pral«K^
porte est défendue par un tambour.
Les toiles métallir|ues doivent être installées aux fenêtres Je manière à pouvoir être enlevées pendant l'hiver; il faut aussi que la présence de ces toiles n'empi^rhe ni l'ouverlure, ni la fermeture des volets si nécessaires, dans les payt* chauds, pour proté;^er l'habitation contre les ardeurs du soleil.
Le procédé le plus commode consiste à clouer les toiles métalliques sur un cadre cil bois qut e»l vissé sur le dormant de la fenètn-.
Ce cadre est divisé en deux compartiments, comme cela est indiqué dans la Dg. L. Dans le compartiment supérieur (A), la toile meta
iique est fixe; dans le compartiment inférieur (B), la toile est
tendue sur un panneau mobile autour des charnières (C et C).
Deux bilboquets en bois (D, D') servent à fixer le cliiissis B à sa
irtie inférieure; une petite lanière de cuir (E) sert à soulever le
iftssis quand on veut ouvrir mu fermer les volets extérieurs.
ce modèle, le panneau mobile s'ouvre à l'intérieur de la
chambre; on peut le faire ouvrir à l'extérieur; on aura coin de ne pas mettre de crochets permettant de laisser le panneau relevé, il importe que la fenêtre se ferme automatiquement, dès qu'on ne maintient plus le panneau relevé; quand le panneau etit retombé, on le (ixe avec un tourniquet.
Le panneau inférieur peut être rendu complètement mobile. La Qgure Ll représente (vu de rinférieur d'une chambre), le système de protection des fenêtres adopté dans toutes les gares ou maisonnettes des chemins de fer de la Corse. Le cadre en bois qui s'adapte au dormant de la fenêtre est divisé, comme celui qui est figuré plus haut, en deux panneaux dont le supérieur I' est fixe. Le panneau inférieur P', mobile et déplaçable, est maintenu par quatre bilboquets (Bi). Pour enlever le panneau, il suflit de tourner
les bilboquets et de tirer sur la petite lanière de cuir ^L) '.
Dans l'appareil que représente la figure LU, le panneau inférieur, emboîté dans des coulisses latérales en fer (Co), glisse de bas en haut le long et en arrière du panneau supérieur qui est lixe. La courroie Co' permet de le soulever et de le fixer au besoin à un bouton placé en dehors sur le montant vertical médian du panneau supérieur.
La figure LUI représente une fenêtre avec deux battanis garnis
Fif. LUI. — Kl
do toile métallique assujettis par des charnières au cadre (C) appliqué sur le dormant (D) de la fenôtre; les charnières, étant munies de ressorts, les battants se referment automatiquement dès qu'on n'a plus besoin de les tenir ouverts; ils ont été dessinés entr'ouverts; quand ils sont fermés, on les lixe intérieurement à l'aide d'une crémone ou de deux targettes (T).
C'est rap[>areil représenté dans la ligure L qui me parait devoir être préféré; les panneaux complètement amovibles sont dangereux, parce qu'on oublie souvent de les remettre en place, les
I. F. Hattesti, Nnlinns prntiijurs sur In proUtlion méthodique des habitations piiur SI- pn'siTVpr ilu paludisme, Pemif d'hygiène, jonïitT IIHMJ, I-^ figures XLIX. Ll, LU, l.!ll cl I.V (le Cl- TraiU: sont emprunlécs à l"cxcrHunt travail de Batlesti.
panneaux que l'on peut maintenir relevés ont le même inconvénient : d'autre part, le prix de l'appareil représenté dans la Tigure L est moins élevé que celui des appareils représentés dans les figures LU et LUI. D'après les évaluations faites en Corse par Batlesli, le prix du premier appareil, pour une fenêtre de 1 m. 90 de haut sur 1 m. de lai^e, est de 1 francs, alors que les autres appareils reviennent à 10, 12 et 15 francs.
Pour les portes, la disposition la meilleure consiste à mettre, audevant de la porte extérieure, si la protection est totale, de la porte de la chambre à coucher, si elle n'est que partielle, un tambour analogue à ceux qui sont représentés dans lestig. LIVetLV; les portes seront à fermeture automatique et le tambour sera assez large pour que la porte extérieure puisse se y refermer avant qu'on 3 ouvre la porte intérieure. II est bon que fir.l le tambour soit plus Iv^^dHà pôrwToDuïè «l'un'
élevé que la porte inté- '"l"»: '» chfminée csi gxeaie èia
Heure; lorsqu'un moustique franchit la porte extérieure, il va alors s toujours, à la partie supérieure du tambour.
LafigureLVdonnelesdétailsd'un tambour protégeant une porte.
Les trois faces sont garnies de toile métallique dans leur partie supérieure et pleines dans leur moitié inférieure; cette Jernière précaution est indispensable pour éviler la détérioration rapide de la toile près du niveau du sol (Battksti).
loger, presque
La porte d'entrée du tambour, ligurée à droite, est fixée au mur par des pattes et montée sur de fortes charnières à ressort (C) qui assurent sa fermeture automatique et hermétique. L'appareil est appliqué très exactement contre le mur qu'il dépasse de chaque côté et son toit, qui est recouvert de zinc, dépasse aussi d'une trentaine de centimètres l'embrasure supérieure de la porte.
Les dimensions du tambour doivent être sufiisantes pour qu'une
personne puisse y pivoter sur place et fermer la porte extérieure avant d'ouvrir celle qui donne accès dans la maison; ces deux portes doivent s'ouvrir, la premii're vers l'extérieur, la seconde vers l'intérieur de la maison.
L'insfallalion d'un tambour analogue à celui représenté dans la figure LV revenait en Corse à 70 francs.
Quand on se propose de protéger seulement, dans une maison, l'étage où se trouvent les chambres à coucher, on garnit les feni^tres, puis on installe, à l'entrée du palier des chambres à coucher, une porte garnie de toile métallique, fermant aulomati-
lOTECTION COPJTHE LES MOUSTIÛfES 513
«jnemenl; les portes il'entrée de toutes les pièces sont munies Je charnières â ressort ' pour qu'elles soient constamment fermées. JjC palier se trouve ainsi transformé en un vaste tambour dans lequel les moustiques qui ont franchi la porte ilu palier s'arrêtent et où il est facile de les détruire.
Il est nécessaire de défendre l'accf'-s dos soupiraux des caves et les cheminées.
La protection des tuyaux ae cheminée est indispensahte; si ToD néglige celte précaution, toutes les autres mesures destinées â emp^'cher l'entrée des moustiques deviennent inutiles.
On fermera les soupiraux des caves avec de petits cadres en bois garnis de loilr riiil;illi(|iii' <■! l'i-vInTiiili- sujuM-iiiirr des che-
ifflinées sera coiffée de cylindres garnis de même (fig. LIV}; ces eylindres seront fixés solidement pour résister aux vents, mobiles cependant, afin qu'on puisse les enlever en hiver.
La figure LVI représente une habitation coloniale avec véranda, protégée contre l'accf^s des moustiques'.
La toile métallique sera choisie avec grand soin; le succès de l'opération dépend de ce choix.
Les mailles ne doivent être ni trop larges, nï trop étroites; des piailles trop larjres laisseraient passer des Anophèle», des mailles iTOp étroites gêneraient la pénétration de l'air et celle de la lomiëre; une largeur de mailles de I millimètre donne de bons léftultats
1. Les chamierps A rpsaort sont bien préférablcB, d'aiiios Boi vaiin pour In rrrinctnre Balninnti(|ui- des portes.
2. Je doii ce rlic^li^ A l'obli^nnc^e de M. li* D' Rermoriant.
Dans certains [lays, là où il n'exhle pas de culicides de Ith petite taille, en Corse par exemple, on peut employer des mailles de I millimi-tre 1/2 de large; Ballesti pensai! «{u'on pourrait même aller jusqu'à 2 mtllimf'tros.
Le fil de la toile ne doit être ni trop gros ni trop tin; un fil trop gros gêne Taccil's de l'air et assombrit les pièces protégées; un fil trop fin est peu soUile.
Les toiles de fer ordinaires s'oxydent rapidement, surtout au voisinage de la mer, et deviennent alors Ir^s cassantes; de plus, elles se couvrent de taches brunes de rouille désagréables à l'œil. On peut, h la vérité, peinjre ces toiles pour augmenter leur duréo, mais la peinture à l'huile bouche en partie les mailles, ce qui gêne la circulation de l'air et la pénétration de la lumière.
Les toiles en fer galvanisé résistent davantage; elles sont peu coûteuses (1 fr. "S le m<''tre carré) cl d'un bon usage: on les emploiera donc de préférence aux autres.
Les toiles galvanisées finissent par s'oxyder, surtout au bord de la mer, mais leur durée, méine dans ces conditions, peut èlre de plusieurs années. Baltesli rapporte que des toiles mélallîques posées en avril lt)02 à une maisonnette de Furîani, non loin de la mer, presque sur les bords d'un vaste étang, et restées constamment en place depuis cette époque, étaient encore en bon état au commencement de 1906.
Les toiles en fils de cuivre sont d'un bel efl'el, elles ne s'oxydenl pas et durent longtemps, mais le prix d'achat est beaucoup plus élevé que celui des toiles de fer galvanisé, leur emploi n'est indiqué quo dans des cas particuliers.
Fiach qui a fait à Ada (Côte de l'Or) des expériences comparatives sur la résistance aux intempéries et surtout h l'air marin de toiles métalliques en fer, laiton, cuivre et nickel, donne la préft'rence aux toiles et aux plaques perforées de nickel, mais ces toiles ou plaques sont d'un prix trop élevé pour qu'on puisse les utiliser dans la pratique (18 et 32 marcs le méfre carré).
A défaut de toiles métalliques, on peut tendre, sur les châssis des fenêtres, du lulle de moustiquaire, mais le tulle est bientél sali par la poussière, par la pluie, par les mouches; des mailles cèdent, des trous se forment et la protection devient incomplète; le canevas conviendrait mieux.
J'ai déjà répondu plus haut au reproche qui a été fait aux toiles métalliques de gêner la ventilation, je ne reviendrai pas sur ce p
On a dit aussi que Temploi de ces toiles était coûteux ; il y a certainement une dépense de première installation assez forte à faire, mais cette dépense une fois faite, Tentretien est facile et peu onéreux. II résulte d'un calcul fait par Battesti, que la prophylaxie par la quinine revient en réalité plus cher que la prophylaxie par la protection mécanique '.
La protection mécanique de Thabitation convient-elle également dans tous les cas? Assurément non. Ce mode de prophylaxie donne surtout d'excellents résultais quand il est appliqué à des maisons particulières ou à des établissements collectifs dont la population est peu nombreuse, quand le fonctionnement est surveillé par des personnes soigneuses et assez instruites pour comprendre la nécessité de cette surveillance. C'est ainsi que l'application des toiles métalliques a donné de très bons résultats pour la protection des employés des chemins de fer et des postes et pour les habitations particulières, pour les petites casernes de douaniers, pour de petits postes militaires.
La protection méthodique est d'une application plus difficile pour les habitations collectives comme les casernes dans lesquelles le grand nombre des habitants entraine un va et vient continuel. Les portes qui s'ouvrent constamment laissent passer les moustiques; on sait en outre que les soldats sont très insouciants et d'ordinaire peu soigneux mais, à cet égard, on pourrait faire leur éducation. L'exemple des Japonais à Formose prouve qu'on peut obtenir de très bons résultats de la protection mécanique même dans les casernes. Je crois que dans une caserne on ne doit pas essayer de protéger tous les locaux; il faudrait avoir des locaux de jour et des locaux de nuit, ce qui d'ailleurs, au point de vue de l'hygiène générale, est une mesure excellente, et on se contenterait de protéger les locaux de nuit.
C. Protection mécanique des individus obligés à restef* la nuit en plein air. — Les Anophèles ne piquent que le soir et pendant la nuit; les conseils que l'on donne depuis longtemps, dans les pays palustres, de rentrer avant le coucher du soleil, de ne pas sortir avant son lever et surtout de ne pas dormir en plein air, sont donc tout à fait d'accord avec la doctrine anophélienne, mais tout le monde ne peut pas se retirer le soir dans une chambre protégée contre les moustiques. Beaucoup de professions comportent des sorties
1. F. Battbsti, Quatrième campagne de la Ligue corse, p. 33 et 34.
57fi PROPHYLAXIE
nocturnes ou même des nuits entières passées en plein air. Les soldats, les douaniers doivent monter des gardes la nuit, dans des localités insalubres; les employés des chemins de fer ont un service de nuit; les voyageurs, les soldats en campagne passent souvent la nuit en plein air.
Depuis longtemps, dans les pays où abondent les moustiques, on a cherché à se protéger contre leurs piqûres. Aux environs d' Aiguës- Ho rf es, on emploie, dans ce but, des manchons en gaze verte; à chaque extrémité du manchon, un élastique est passé dans une coulisse ; l'un des élastiques se fixe sur la coiffure, l'autre enserre le cou.
Cette moustiquaire protège bien la tête et le cou, il faut la faire ample et la rentrer à la partie inférieure sous les vêtements, plutôt que de l'assujettir autour du cou (fig. LVII). Dans les mouvements, la moustiquaire fixée à l'aide d'un élastique se relève fréquemment et laisse à nu la partie inférieure du cou; d'autre part, la pression d'un élastique autour du cou est très gênanle.
Pour protéger les mains, il faut mettre des gants de coton assez épais et, pour protéger les cous-de-pied, des guOtrcs et des pantalons serrés à la partie inférieure. Lors(|u'on a des souliers qui ne remontent pas au-dessus des chevilles et des pantalons ordinaires, les moustiques piquent facilement à travers les chaussettes.
Fermi et Cano Brusco ont fait une expérience qui montre bien l'efficacité de ces moyens de protection. Seize volontaires âgés de seize 11 trente ans se rendirent à plusieurs reprises, le soir, dans le voisinage de l'étang de Liccari et séjournèrent dans une cabane où les Anophèles étaient nombreux ', Dix de ces individus étaient protégés à l'aide d'un masque spécial et de gants, aucun deux ne
!f drlln Sor. p. gli SI.
■ PItOTECTIO.N
prit la fièvre; des six aufr cinq en furent atteints.
Les casques ou masque:
employés avec succès en chargés d'un service de nuit dans les localités insalubres; ou dislrihnait également diïs gants de fil '.
Pendant la guerre de Mandchourie, chaque H^officier ou soldat de ■it'armée japonaise était P-inuni d'une petite moustiquaire protégeant la tète et le cou contre les pif[ûres des mousli-
Hp La moustiquaire Ja- ^lonaise {Gg. LVlll) est formée par un sac cylindrique de paze commune de couleur verte ou cachou, monté Burdeux légers anneaux d'acier qu'un spiral du HpnAme métal maintient Hteartés. Les anneaux Huit 25 cm. de diamè- ^nre. La partie supé- Prieure de la moustiquaii tendue sur l'anneau supéi pour permettre d'y introd fixé un manchon ample en Vétre serré sur le cou au mo B La tête est libre de ses n Byeot être utilisée la nuit ai
^K. 1. La milnrla m le guardic di 1 ^Bhn apéofalo pour la prophylaxie il muiti deik Sof. ptr gli St. delta mat». ^B LirtnAn. TraiiA 'tu Paludisme.
CONTRE LES MOi;STI()UES n7' es, non protégés et servant de témoins,
s munis do voiles moustiquaires ont éti Italie pour la protection des douanier
■Si r¥* W
r^lemmlair»,
■e est fermée par une pièce de gaze "ieur, la partie inférieure est ouverte luire la tète. A l'anneau inférieur est 1 toile cachou, long de 20 cm., qui peut yen d'une coulisse.
louvements dans cette moustiquaire qui issi bien que le jour.
[inanzanegli onni 1001, 11)03, t»0.1. Bvuc l'initruc-
ri-i. niOl, 1. V, ]i. 7i3.
■;• ,:,ii,i„M. 37
L'appareil se replie sur lui-même et il est maintenu dans celle position par deux boutons qui passent dans deux coulants en ficelle; ainsi repliée, la moustiquaire a un centimètre et demi d'épaisseur et elle ne pèse que 50 grammes.
D'après M. Matignon cet appareil a rendu des services aux Japonais ^
Il est à désirer que l'emploi de ces moyens de protection se vulgarise. Il est difficile, dans les pays chauds, d'obtenir le port des gants, mais si le cou et la face sont protégés par la moustiquaire fixée à la coiflure, on évite un grand nombre de piqûres et le résultat obtenu, quoique incomplet, est déjà très appréciable.
6® Substances volatiles; pommades, enduits cuuapuGES. — Un grand nombre de substances volatiles et de pommades ou onguents ont été préconisés contre les piqûres de moustiques.
A une époque où le rôle des moustiques dans la propagation du paludisme n'était pas encore connu, d'Abbadie conseillait, comme mesure prophylactique contre la fièvre, les fumigations d'acide sulfureux; le patient s'entourait d'une couverture sous laquelle on faisait brûler un petit morceau de soufre ou bien le linge de corps était soumis à l'action de la vapeur sulfureuse*. Il est probable que l'odeur sulfureuse agissait comme culicifuge.
L'information suivante doit être rapprochée de la précédente : un observateur, après avoir absorbé des pastilles de soufre, aurait essayé sans succès de se faire piquer par des moustiques en captivité'. Cette expérience, peu concluante, n'a pas été confirmée, que je sache.
Les feuilles de Menthn pulegium et l'essence de cette plante auraient, d'après Veeder, la propriété d'éloigner les moustiques ^
D'après Wced, une onction sur les mains et sur la face avec un peu d'huile de pétrole serait très efficace ^ mais l'odeur du pétrole, si elle est désagréable pour les moustiques, l'est aussi pour l'homme.
Au Canada, un grand nombre de personnes s'enduisent les mains et la face avec un mélange de goudron et d'huile ; en certains endroits, il serait impossible de vivre, dit Nuttall, si l'on
1. A. Lavekan, Arnd. </<• médccim», 7 novembre 1905. Présentation d'un travail du D' Matignon sur la prophylaxie du paludisme dans l'armée japonaise de Mandchoiiric.
2. D'Abbadik, irad. des .Sr., 4 mars IS05. — L. \mll\st, Semaine inéd., 2:) août IKIW.