P. Ma.nson, Brit. med. Journal, 29 sv\)t. iîmo, p. 9i
Londres, lion nombre de ces moustiques étaient encore vrv«nt«.
Th. Manson qui n'avait jamais eu la fièvre palustre, se fit piquer à plusieurs reprises, du 29 août au 4 seplemlire et ensuite les tO et 12 septembre 1900 par les Anophèles envoyas d'Italie. Le 13 septembre, Th. Manson était pris de maliiiso, puis il éprouvait un frisson avec fièvre vive. Le 14 au malin, la fièvre persislait. Le 15, le malade avait un accès de fièvre bien caractérisé, avec un peu de délire. Le 16, on trouvait pour la première fois des hématoïoairos du paludisme dans le sang-; le IG et le H, nouveaux accès de fièvre, hématozoaires [dus nombreux, raie augmentée de volume. Le n, on commençait l'administration de la i)uininr et les accidents disparaissaient dès le 18 septembre.
Le 1" juin 1901, Th. Manson eut une rechute de fièvre intermittenle et les hématozoaires reparurent; les accidents céilèrent facifemenl à la quinine.
En même temps que Th. Manson, un autre expérimentateur, Wnrren, se faisait piquer au mois de seplembre 1900 par les Anop/ieles envoyés d'Italie. Lui aussi contractait, peu après, la lièvre intermittente et on voyait apparaiire les hématozoaires. L'inenhatîon a été de 14 jours dans ce cas '. Dans le cas de Th. Manson, la période d'incubation ne peut pas être fixée, les piqûres ayant été faites à différentes reprises.
SchûfTner, de Dell (Sumatra), s'est inoculé avec succès à luimême et a inoculé à deux autres personnes le paludisme, an moyen d'Àvophe/(^s infectés'. Dans une des expériences, les Anùpheles avaient piqué 12 jours avant un malade atteint de tiercr; les accidents se produisirent 13 jours après la piqilre, et les parasites apparurent dans le sang 15 jours après.
Jancso a soumis une quinzaine de sujets aux pîqi^res A' Anophèles infectés, dix ont contracté le paludisme. La durée d'incubation a été de IS jours en moyenne '.
3° Lk tauidisme est-il toujoubs ti>a,"<smis i'ar les Anophelesi Objections FAITES A LA DOCTBiME AnoeuÉLiEHNE. — De ce que Ics .1 iiophelf* sont capables d'inoculer le paludisme, on ne peut pas conclure que c'est là le seul mode de propagation <le la maladie. Beaucoup de maladies ont des modes d'infection multiples, le paludisme lai-
RÔLE IIKS ANOPriRLES liî9
me peut être inoculé arlifkieUemenl, lUi malade à l'homme sain, ■lans l'intennédiaire des Anofhelea.
On a objerlo à la doctrine de la [iropagation du paludisme par
les Anoplieles ou, ptiiip abréfter. doclrnie anophélienne. que, dans
certaines localités paluslrt.'». il n'y avait pas de culieides, et que,
, dans des loi'alités salubres, on trouvait, au contraire, des culi-
^rand nombre, des Anoplieles notamtncnL.
l'ne vaste enquôtf était nécessaire pour établir les rapports
existant entre les culieides el le paludisme et pour juger de la
«leur des objection» qui ont été faites à la doctrine anophélienne.
Celte enquête, qui a été entreprise dans un grand nombre de
Mvs. se poursuit encore, mais les résultais qu'elle a donnés sont
jiéjà très importants.
Ces n^snltats sont tr^a favorables à la doctrine anopliélienne. ■es observations que j'ai réunies, pour ma part, depuis 1899, ^ienoent toutes à l'appui de cette doctrine '.
J'ai constaté l'existence des AnnpIieleA dans toutes les localités
insalubres que j'ai visitées et dans tous les lots de culieides
recueillis en pays palustre qui m'ont été envoyés; l'abondance des
Anophèles dans une localité donnée s'est trouvée, presque toujours,
1 rapport avec la fréquence des lièvres palustres.
La plupart des observateurs sont arrivés aux mêmes conclusions
noi. On trouvera plus loin un résumé de la répartition des
nrtpfwlrs à la surface du globe et on pourra constater i]ue, dans
B pays k climat tempéré, comme dans les pays chauds, il est de
igle de rencontrer îles Anophèles dans les localités où règne l'en-
temie palustre.
La doctrine anophélîenne est bien d'accord avec l'épidémiologie les fièvres palustres.
1 les pays tempérés, et même dans les pays chauds où les I Baisons sont bien marquées, les fièvres palustres de première invasion ne se montrent qu'au commencement de l'été, précisément au moment où les Anophèles sortent de leur sommeil hivernal et se nultiplient.
C'est A la fin de juin qu'on trouve, en Italie et en ,\lgérie, les ■entiers Anophèles infectés' et c'est précisément à cette époque
I t. A. t~iviiu!i. 4™rf. lUt Sdem:ra, 8 nvril IBfti: llulUlin de lltul. PiuU'ir. t- 1, n" 8 t Atvd. df méderine. 10 iKluhre et i décembre IMM.
r I. A. UcLU el G. DcLPmOi Contrib. k ri>luri4> riiidi'iiiïul. du iinludiiu»', Sutipléni. I .■! CenlrolM. f. Bofrfer., tiNK). I. Orift-, t. XXXVU, p. atW, —
170 KTIOLOGIE
que se produisent les premiers cas de fièvre; le nomb)
pheles infectés augmente de juillet k octobre et décroît ensuite.
A Grosseto et aux environs tic cette ville, c'est au mnîs d'octobre que Fr. Testi a trouvé la plus forte proportion d".l««phehs infectés (16,7!) p. 100) '.
Il est à noter iiue, dans les localités notoirement insalubres, la proportion des Anophèles infectés est souvent faillie (1 à 2 p. 100 insectes capturés); on s'explique doue que la recherche des Anophèles infectés suit souvent assez laborieuse.
Dans les pays tropicaux, c'est pendant la saison des pluies (insalubre) qu'on trouve les Anophèles en plus grand nombre.
Les AnopheJps naissent non infectés, dans les marais les plus notoirement insalubres, et alors même qu'ils proviennent d'œufs pondus par des femelles infectées. D'autre part, le paludisme étant une maladie particulière à l'bomme, les Anophèles ne peuvent pas s'infecter en piquant des animaux.
Il ne suffit donc pas que les Anophèles fxislent dans une localilé pour que le paludisme s'y propage; il faut que ces culicides puissent s'infecter en suivant du sang contenant l'hématozoaire du paludisme. A ce point de vue, l'enquête récente sur les conditions de développement île l'endémie palustre a donné des résultais très intéressants, en monirant que //. malarix existait souvent, â l'état permanent, dans le sang des jeunes enfants appartenant â la population des localités palustres (V. p. 87); c'est là une circonstance qui favorise beaucoup l'infection des Anophèles et par suite la propagation du paludisme.
Au dire de quelques observateurs, l'endémie palustre sévirait dans des localités où l'on ne trouve pas A' Anophèles, ni même de culicides d'aucune espèce '. Cette objection serait grave si la réalité des faits allégués était prouvée, mais, toutes les fois que ces faits ont été l'objet d'enquêtes approfondies, il a été démontré, ou
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ROLE DES ANOPHELES 171
bien qu'on trouvait dans les localités signalées, des culicides et des Anophelea en particulier, ou bien que les cas de paludisme observés avaient été contractés dans d'autres localités.
Tel a été le résultat de Tenquête poursuivie à Batavia par Koch, enquête tout à fait favorable à la doctrine anophélienne ',
Deux localités de la Corse, Lumio près de Calvi et Ponte- Leccia, avaient été signalées comme insalubres, malgré Tabsence complète de moustiques. Au mois de septembre 1902, j'ai visité ces localités en compagnie du D' Battesti et, en plein jour, nous avons capturé des A, maculipennis dans plusieurs habitations; nous avons constaté, à Lumio et dans la vallée de Casa-Luna (signalée aussi comme insalubre quoique indemne de moustiques), l'existence de mares renfermant de nombreuses larves de culicides^.
Soulié a cité, parmi les foyers palustres exempts iï Anophèles en Algérie, les villages de Marengo et de Montebello^ Et. Sergent a visité ces localités. A Marengo, il a trouvé dans deux tlaques d'eau, à 420 et 280 mètres des premières maisons du village, de nombreuses larves de A. atgeriensis. A Montebello, il a trouvé en trois points différents au sud-ouest du village, de nombreuses larves de A . maculipennis *.
De vaux a cité la région d'Antsirabé-Bétafo, à Madagascar, comme exemple d'une région dans laquelle l'endémo-épidémie palustre a une gravité exceptionnelle, bien que les moustiques y soient rares*. Un rapport du D' Bouet montre au contraire que les moustiques, et les Anophèles en particulier, pullulent à Antsirabé et à Bétafo, au moins à certaines époques de l'année*. Cette prétendue exception à la règle de coexistence des fièvres palustres et des Anophèles n'existe donc pas non plus.
J.-P. Powell a cité le cas du fort Ilamilton où, dit-il, le paludisme n'est pas rare malgré l'absence d\lnoplieles, mais il ajoute que la plupart des cas ont été observés sur des soldats appartenant à une compagnie qui avait séjourné peu de temps auparavant