‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 129 sur 283 · Kermokgant, Acad. de médecine, I"' mars · texte numérisé non relu

Kermokgant, Acad. de médecine, I"' mars

BILIEUSE HÉMOGLOBINURIQUE 289

par lui pour des accès bilieux hémoglobinuriques étaient arthritiques.

L'influence des prédispositions diathésiques individuelles est attestée par ce fait que la bilieuse hémoglobinurique se reproduit souvent chez les mêmes sujets.

La quinine mérite enfin de figurer parmi les causes de la bilieuse hémoglobinurique; j'aurai l'occasion de revenir sur cette question en étudiant les accidents que peuvent produire les sels de quinine ; on verra que, chez des sujets prédisposés, des doses très faibles de quinine produisent l'hémoglobinurie.

On s'explique que la quinine soit moins efficace dans le traitement de la bilieuse hémoglobinurique que dans celui des autres formes du paludisme et que ses indications ou contre-indications soient difficiles à formuler (V. Ch. XI), puisque l'étiologie des accidents est ici complexe et que, chez certains sujets, la quinine elle-même peut provoquer l'hémoglobinurie.

4° Causes de Vhèmocytolyse dans V accès bilieux hémoglobinurique1. — Le sérum des malades atteints de bilieuse hémoglobinurique ou d'autres formes du paludisme n'a pas de pouvoir autolytique ni isolytique sur les hématies; l'extrait aqueux du sang palustre est assez fréquemment autolytique mais l'hémolysine de cet extrait n'est pas spécifique; l'extrait aqueux du sang de malades non palustres peut présenter les mêmes propriétés (De Blasi). Vincent et Dopter n'ont pas pu mettre en évidence, dans le sérum des paludéens atteints d'hémoglobinurie, le manque d'anti-sensibilatrice qui, d'après Widal et Kostaine, caractérise le sérum des sujets atteints d'hémoglobinurie paroxystique a frigore.

Les hématies des paludéens sont évidemment de mauvaise qualité, ce qui doit faciliter l'hémocytolyse ; d'autre part, la bilieuse hémoglobinurique s'accompagne ordinairement, comme son nom l'indique, de rétention biliaire; or, la bile a un pouvoir hémolytique bien marqué et l'ictère prédispose aux hémorragies.

I. A. Celu, O. Casagrandi, A. Carducci, Atti d. Soc. p. gli st. délia malaria, 1903, i. IV, p. 59. - Stephens cl Ciiristopiiers, Reports lo the malaria Committee, R. Soc, London, 6 juillet 1906. — Troussaint, Presse médicale, 22 mai 1901.— Humains van den Bergh, Nederl. Tijdschr. voor geneesk., 2 avril 1904. — A. Nisslh, Blutparasiten und Rrylhrocytolyse, Arch. f. Hyg., 1903. - F. WlDAL et P. Rostaine, Soc. de Biologie, 18, 2", Ic.vner, 4 mars 1903 et 2i février 1900. — II. Vincent et C. IIopter, Soc. de Biologie, 17 février 1900. — De Blasi, Atti délia Soc. p. gli st. délia malaria, 1906, t. VII, p. 123. — O. Casaghandi, même Recueil, même volume, p. 113.

Lavbram, Traitô du Paludismo, V (idition. 19

Stephens et Christophers ont émis l'hypothèse que la quinine, en tuant les parasites, mettait en liberté des toxines en quantité suffisante pour déterminer l'hémoglobinurie.

III. Fièvres larvées. — Il arrive que le paludisme, au lieu de se manifester par ses formes cliniques ordinaires, prend le masque (larva) d'une autre maladie; ces manifestations insidieuses ont reçu le nom de fièvres larvées1.

Certains accès pernicieux, comme les accès gastralgique, cholérique, mériteraient de figurer dans ce chapitre, car dans ces cas le paludisme se présente sous l'aspect d'une autre maladie, mais il est d'usage de décrire ces formes graves sous le nom d'accès pernicieux et cet usage, critiquable au point de vue théorique, a sa raison d'être au point de vue pratique; il importe en effet d'attirer l'attention du médecin sur les formes graves et anormales du paludisme qui nécessitent un traitement énergique, une intervention immédiate.

Les fièvres larvées ne sont pas communes, je dirais même, si je m'en tenais à ma pratique, qu'elles sont extrêmement rares. Pendant cinq années de séjour en Algérie, malgré tout le désir que j'avais de compléter ma collection d'observations, en y joignant quelques exemples de fièvres larvées, je n'ai pas pu en recueillir un seul cas.

Je me console du peu de succès que j'ai eu dans cette recherche, en voyant que des observateurs tels que Maillot et Dutroulau n'ont pas été plus heureux que moi.

Maillot, dans son Traité des fièvres intermittentes, ne donne pas une seule observation de fièvre larvée, et il en est réduit à décrire les différentes localisations de ces prétendues fièvres d'après Bonnet2.

On ne saurait considérer, dit Maillot, comme des fièvres anormales ou larvées celles des affections décrites sous ce titre qui ne s'accompagnent pas d'un mouvement fébrile. « Cependant, ajoulet-il, on pourrait peut-être faire une exception pour ces névralgies périodiques qui s'accompagnent d'une réaction circonscrite dans la

1 Consulter à ce sujet, outre les ouvrages généraux sur le paludisme : Littré, Art. Larvées (fièvres) du Diction, de mêd. en 30 vol. - A. Tartenson, Traité cl.n. des Hévres larvées, i édit., Paris, 1887. - T.-A Zakhar.ane, Çontob. à l'étude de la malaria larvée du Caucase, Jown. de méd. nuld. russe, mars 180.J. - A. Lozinski, Des formes larvées de la malaria, Wratch, 18%, n" 23.

Page 1