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Observ. LU de mon Traité des (lèvres palustres

directe du paludisme et il y aurait lieu d'admettre : une pneumonie palustre intermittente, une fièvre rémittente pneumonique el même une fièvre pernicieuse pneumonique.

L'existence de ces formes est très contestable.

J'ai constaté plusieurs fois, chez des cachectiques palustres atteints de pneumonie aiguë, qu'il n'y avait pas d'éléments parasitaires dans le sang pendant l'évolution de la pneumonie. D'autre part, il résulte des recherches de Baccelli, de Bignami, de Guarnieri et d'Ascoli 1 que, chez les palustres atteints de pneumonie, on trouve constamment des pneumocoques dans les crachats.

Chez certains malades atteints de fièvre intermittente, on observe, à chaque accès, une congestion pulmonaire qui s'accompagne de bouffées de râles sous-crépitants, ce qui a pu faire croire à l'existence d'une intermittente pneumonique.

En dehors du paludisme, on observe d'ailleurs des pneumonies qui procèdent par poussées successives, avec intermittences dans le processus fébrile2.

c. Pneumonie chronique. — La pneumonie chronique vraie ou cirrhose pulmonaire n'est pas rare chez les cachectiques palustres3.

La pneumonie chronique évolue lentement et donne lieu à des symptômes qui rappellent, de très près, ceux de la phtisie pulmonaire; il existe des dilatations bronchiques qui simulent très bien les cavernes tuberculeuses, des hémoptysies, de la fièvre hectique.

Dans la pneumonie chronique, la localisation aux sommets est moins marquée que dans la tuberculose; encore de Brun admet-il que la pneumonie chronique palustre se localise souvent sur les sommets.

Pour ce diagnostic différentiel il faut tenir compte des antécédents morbides, de l'état général, et surtout des données fournies par l'exploration de la rate et par l'examen des crachats et du sang.

1. Bignami, Rech. sur l'anat. path. des fièvres pernic, Acad. de mdd. de Rome, 1890. — Ascoli, Sull' utilita dell' esame del sangue nella diagnosi di malaria, Roma, 1892.

2. Jaccoud, Pneumonie à reprise, Leçons de clin. méd. de la Pitié, 1884-1 S85, p. 637. — Bertrand, Des anomalies du type fébrile dans la pneumonie Qbrineuse, Revue de méd., 10 juillet 1889. — Andrew Clark, Progrès méd., 1885, p. CGI.

3. Heschl, Ueber Lungen Induration, Pray. Vierlelj., 1856. — A. Laveran, Soc. méd. des hôp., 26 déc. 1879. — E. Lancereaux, Du paludisme, Bulletin médical, 1891, p. 959. Duber, Pseudo-tuberculose d'origine pahul., Th. Lyon, 1894. — De Brun, Pneumo-paludisme du sommet, Acad. de méd., 29 janv. 1895, el Reou« de médecine, p. 361. — Hamelin, Étude sur le pneumo-paludisme, Th. Paris, 1896. — Gaide, Pseudotuberculose d'origine palustre, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1903, t. VI, p. 066.

COMPLICATIONS

Le tuberculeux présente rarement les signes de la cachexie palustre, sa rate n'est pas hypertrophiée et l'examen des crachats révèle la présence du bacille de Koch.

Chez les sujets atteints de pneumonie chronique d'origine palustre, la rate- est augmentée de volume, les crachats ne renferment pas de bacilles de Koch et, si le malade a une rechute de fièvre intermittente, on constate la présence de l'hématozoaire du paludisme.

d. Bronchite, asthme, etc. — On a vu (p. 296) que quelques observateurs mettent la bronchite et l'asthme au nombre des accidents larvés du paludisme 1 ; j'ai discuté cette opinion et j'ai montré qu'il s'agissait très probablement, non de manifestations directes du paludisme, mais de complications dans lesquelles le paludisme, en affaiblissant l'organisme, jouait seulement le rôle de cause prédisposante. On s'explique ainsi que les bronchites dites palustres aient été observées principalement dans des climats, comme le climat du Caucase, où les variations de température sont brusques et considérables et dans lesquels l'endémie palustre est grave.

e. Pleurésie. — La pleurésie est une complication rare du paludisme.

Raymond a appelé l'attention sur les pleurésies de la base gauche qui, d'après lui, seraient communes chez les palustres à grosses rates; ces pleurésies, d'ordinaire sèches, se révéleraient par l'existence de frottements pleuraux à la base de la poitrine, du côté gauche2. Raymond suppose que les douleurs qui existent souvent chez les palustres au niveau de l'hypocondre gauche, doivent être attribuées à la pleurésie de la base; il n'est pas douteux que ces douleurs relèvent, en général, de la périsplénite que l'on constate presque toujours à l'autopsie des anciens palustres, tandis que les plèvres sont à l'état sain.

F. Complications du côté du cœur, des vaisseaux sanguins et des voies lymphatiques. — a. Endocardite. — Duroziez a réuni 20 observations d'endocardite chez des palustres et il a admis, en s'appuyant sur ces faits, qu'il existait une relation étiologique entre l'endocardite et le paludisme.

E. Lancereaux a décrit une endocardite végétante et ulcéreuse

rrLTmR!^N7PUVLL,î)iSA De fIuel,lues troubles paludéens de l'appareil respiratoire, Grèce mMimle, ma. 1899 - L. Sybrjevsey, Aiïections des voies respiratoires d'origine palustre, Jahresber. v. allyem. med., 1903 n° 12

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d'origine palustre, dont le siège d'élection serait sur les valvules de l'aorte

Les faits cités par Duroziez pour démontrer que l'endocardite peut être d'origine palustre sont bien peu nombreux, surtout quand on songe que Duroziez était un spécialiste pour les maladies du cœur et que le paludisme est une des maladies les plus répandues à la surface du globe, une de celles qu'on note le plus souvent dans les antécédents morbides des malades. Ajoutons que le paludisme remontait souvent, chez les malades de Duroziez, à une époque antérieure de beaucoup à l'apparition de l'endocardite (18 ans chez un malade) et que, dans bon nombre de cas, d'autres causes telles que l'alcoolisme pouvaient être invoquées.

Dans la plupart des faits de Lancereaux: la fièvre palustre était guérie depuis longtemps lorsque se montrèrent les symptômes de l'endocardite ulcéreuse. La cachexie palustre doit d'ailleurs figurer parmi les causes prédisposantes de l'endocardite ulcéreuse, mais seulement au même titre que les autres causes débilitantes.

Les auteurs qui ont observé en pays palustre, ou bien ne parlent pas des lésions de l'endocarde, ou bien signalent expressément, comme fait Dutroulau, l'absence de ces lésions.

Pendant les cinq années que j'ai passées en Algérie, je n'ai rencontré qu'une fois, sur le cadavre, une altération de l'endocarde coïncidant avec les lésions caractéristiques du paludisme et il s'agissait d'une altération ancienne, avec dépôts calcaires au niveau des valvules sigmoïdes de l'aorte, évidemment antérieure à l'invasion du paludisme.

b. Dilatation du cœur, hypertrophie. — La dilatation aiguë du cœur a été notée par plusieurs observateurs au cours d'accès palustres graves 2. Des lésions du myocarde ont été signalées d'ailleurs (Voyez Anatomie pathologique, Ch. IX).

1. Duhoziez, Gaz. des hôp., 1870. — E. Lancereaux, Archives gén. de méd., 1873, t. XXI, p. 672. — Burdel, De la névrose cardiaque d'origine palud., Acad. de méd., 6 avril 1875. — Rauzieh, De certaines localisations cardiaques de l'impaludisme aigu, Bévue de méd, 1890, p. 480. — Saramito, Cardiopathies palustres, Th. Montpellier, 1892. — lluciiARD, Traité clin, des malad. du cœur et des vaisseaux, Pans, 1893. — E. Lanceiieaux, Angine de poitrine paludique, Acad. de méd., 17 juillet 1S94.

— G. Dock, Endocardite et fièvre intermittente, The Boston med. and chirurg. Journ., 1895, t. H, p. 457. — Coryllos, Sp. Kanellis, P. Manoussos, Les rapports du paludisme avec le svstèmc circulatoire, 2" Congrès panhellénique de médecine, Athènes, mai 1903, Grèce médicale, 1"-15 juin 1903. — Triantaphyllidès, Le paludisme et les cardiopathies, Grèce médicale, 1905.

2. fÔunario, Congrès internat, de médecine, Pans, 1900 (section de pathol. interne).

— Triantaphyllidès, Op. cit.

COMPLICATIONS

On observe assez souvent, chez les individus qui succombent à la cachexie palustre, une légère hypertrophie du cœur qui paraît se rattacher aux lésions phlegmasiques des viscères abdominaux et notamment à la sclérose des reins l.

c. Aorlile. Anévrysmes de V aorte. Angine de poitrine . — E. Lancereaux ad met qu'il existe des endartérites d'origine palustre. L'aortite palustre, différente de l'artério-sclérose vulgaire, se localiserait, au début, sur la tunique externe de l'aorte, et produirait souvent une irritation du plexus cardiaque avec les accidents de l'angine de poitrine2.

Les caractères anatomiques attribués par Lancereaux à l'aortite palustre sont très discutables3.

Huchard admet aussi l'existence des aortites chroniques palustres et par suite des anévrysmes de l'aorte, des rétrécissements et des insuffisances aortiques d'origine palustre4. Lorsque les plaques d'endartérite siègent au niveau des coronaires, l'angine de poitrine est la conséquence de la lésion.

Les observations faites dans les pays palustres ne montrent pas que l'angine de poitrine et les anévrysmes de l'aorte soient plus fréquents dans ces pays que dans les régions salubres.

Koundrioutzkoff et Miron Segalea ont signalé quelques cas d'angine de poitrine chez des sujets atteints de paludisme3; dans un des cas de Miron Segalea il y avait une névrite du plexus cardiaque; dans les autres cas, les accidents ont disparu 4 fois sur 5 à la suite d'un traitement par la quinine et de l'hydrothérapie.

Manoussos a cité trois cas d'aortite palustre6.

A côté de ces faits rares, favorables à la doctrine de l'aortite palustre, les faits défavorables abondent.

Des savants aussi familiers avec l'étude du paludisme que L. Colin7, Le Roy de Méricourt3, J. Fayrer0. ancien médecin en

1. Kelsch et Kiener, Traité des malad. des pays chauds, p. 572. L'hypertrophie cardiaque avait été déjà signalée parE. Collin, chez les anciens palustres, Rec. mém. de méd. milit., 2" série, t. IV.

2. E. Lancereaux, Acad. de médecine, 17 juillet 1894 et 4 juillet 1899. — A. Laveran Potain, Acad. de médecine, 18 et 25 juillet 1899.

is3; 5^eïïSfn f,e la communication de M. E. Lancereaux, Acad. de médecine,

la JU 11 l(H 1 oi) J.

<r1UC!,AIîD' Artùrilcs chroniques, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 2 juillet 18J et Traite des malad. du cœur et de l'aorte, 3" édil., Paris, 1899.

10 avri!T8D95IOUTZKOFF' ^ m°deme' *3 ^ 18°5' ~~ M,R0N Segalea' Soc- de théraP->

f>. Manoussos Premier Congrès panliellénique de médecine, Athènes, mai 1901.

/. b. Lolin, Acad. de médecine, 4 juillet 1899.

8. Le Roy de Méricourt, Acad. de médecine, 17 et 24 juillet 1894.

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