‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 143 sur 283 · V. J. r ayrer, Acad. de médecine, 24 juillet · texte numérisé non relu

V. J. r ayrer, Acad. de médecine, 24 juillet

chef de l'armée des Indes, ont fait les plus expresses réserves sur l'existence de l'aortite palustre. Boudin, Haspel, Maillot, Dutroulau ne citent aucune observation qui puisse être interprétée en faveur de cette localisation du paludisme.

Parmi les nombreux malades atteints de paludisme auxquels il a donné des soins, Cardamatis d'Athènes a noté seulement 1 cas d'angine de poitrine et 1 cas d'anévrysme de l'aorte et il constate que le premier malade abusait du tabac et que le second était arthritique. Cardamatis ne s'est pas contenté de ses propres observations, il a fait, dans les localités les plus insalubres de la Grèce, une enquête qui démontre que l'angine de poitrine et les anévrysmes de l'aorte sont très rares dans ces localités1.

Cochez, professeur à l'École de médecine d'Alger, a publié un cas d'anévrysme volumineux de la crosse de l'aorte2; le malade avait eu la fièvre palustre, mais il avait eu également la syphilis; Cochez estime que le paludisme ne joue pas un rôle important dans l'étiologie du paludisme et il constate, à l'appui de cette opinion, que les anévrysmes ne sont pas communs en Algérie.

Le paludisme test d'ailleurs une maladie trop commune pour qu'on s'étonne de la voir figurer quelquefois dans les antécédents des malades atteints d'aortite.

d. Endartérite oblitérante. — Le paludisme doit-il figurer parmi les causes de l'endartérite oblitérante? C'est là une question qui n'est pas encore élucidée.

J'ai observé, en 1893, un malade qui avait eu la fièvre palustre à Madagascar et au Tonkin et qui, à la fin de son séjour dans cette dernière colonie, avait été atteint d'une gangrène sèche, à marche lente, des orteils du pied gauche; l'amputation de la jambe gauche avait été pratiquée, au mois de mars 1892, au lieu d'élection.

Lors de l'entrée du malade au Val-de-Gràce, le membre inférieur droit s'était pris à son tour et, le 15 janvier 1894, tout l'avant-pied était atteint de gangrène sèche, ce qui nécessita l'amputation de la jambe droite.

Chez ce malade, toutes les artères battaient très faiblement, non seulement aux membres inférieurs, mais aussi aux membres supérieurs. Les artères oblitérées n'étaient pas indurées, comme dans l'athérome; l'examen des vaisseaux du membre amputé démontra

1. Gaixdamatis, Les relations du paludisme et de l'aorlite, travail présenté à l'Aead. de médecine le 17 octobre 1890.

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