‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 149 sur 283 · Médecine moderne, 1897, p · texte numérisé non relu

Médecine moderne, 1897, p

2 M. Raynaud, Th. Paris, 1862, et Arch. gén. de méd., 1874, t, I, p. 5 et 189. — Rey Rapports de la maladie de Raynaud avec le paludisme, Arch. de méd. nav., 1809 t XII p. 211. — Mahroin, même Rer., 1870, t. XIII, p. 344. - Calmette, Rec. mém de méd. milit., 1877, p. 24. - Moursou, Etude clinique sur Tasphyx.e locale des extrémités, Arch. de méd. nav., 1880. - Verneuil, et Petit, Revue de chirurgie,

COMPLICATIONS

La maladie de Raynaud se présente chez les palustres avec ses caractères ordinaires.

Le paludisme peut-il, par lui-même, donner lieu à l'asphyxie locale des extrémités, ou bien faut-il admettre qu'il ne joue ici, comme dans beaucoup d'autres cas, que le rôle d'une cause prédisposante?

Verneuil et Petit, qui ont fait une étude très complète de l'asphyxie locale et de la gangrène palustre, font remarquer avec raison que l'asphyxie locale est très rare, relativement à l'extrême fréquence des fièvres palustres; c'est, comme ils le disent, une des manifestations les plus contingentes du paludisme.

Je n'ai observé, pour ma part, aucun exemple de cette complication pendant mon séjour en Algérie.

Il faut noter d'autre part que des maladies qui, comme la diarrhée de Cochinchine, n'ont aucun rapport avec le paludisme, mais qui sont, au même titre que lui, des causes d'épuisement et d'anémie, prédisposent également les malades qui en sont atteints à l'asphyxie locale des extrémités (Moursou).

Le froid paraît jouer un grand rôle dans l'étiologie de l'asphyxie locale des extrémités, avec l'irritabilité plus ou moins grande de la moelle épinière; le paludisme ne favorise probablement la production de la maladie qu'en augmentant la sensibilité au froid et l'action réflexe de la moelle sur les vaso-moteurs.

g. Troubles oculaires — On a décrit, comme complications du paludisme : des conjonctivites et des kératites, l'ischémie et l'hyperémie des vaisseaux rétiniens, des hémorragies rétiniennes, la névrite optique et la rétinite, enfin des amblyopies.

La névralgie sus-orbitaire s'accompagne toujours de l'hyperémie de la conjonctive avec épiphora, quelquefois d'une légère tuméfaction de la paupière supérieure; cette conjonctivite est intermittente, paroxystique comme la névralgie, et elle disparaît sous l'influence de la quinine.

La conjonctivite peut-elle se développer, sous l'influence du paludisme, indépendamment de la névralgie? On a publié quel-

1. Poucet, Rélino-choroïdite palustre, Soc. de Biologie, 27 juillet 1878. - Teillws, De 1 amblyopie par intoxic. palud., Joum. de méd. de l'Ouest, 188G, p. 103. - Lopez y Veitia, Des hemorraKH;s réliniennes d'origine palustre, Th. Havane, Rec. d'ophtatai., 888, 12. - Sulzer, Altérations de la vue produites par le paludisme, Ann. docuhslTc «00, t CIV, p. 178. - IUvnaud, Troubles oculaires de. la malaria

Safa^HoT ' Troublcs ocu,aircs c,us au paIudisme' Con^s

ques faits à l'appui de cette hypothèse'; ces faits sont peu probants. Dans les pays chauds, les ophtalmies sont communes et, sous l'influence de la fièvre, une conjonctivite latente peut se réveiller

V herpès, commun dans la fièvre intermittente, se localise quelquefois sur la cornée.

D'après Godo, sur 40 cas d'herpès fébrile cornéen, un tiers était d'origine palustre; on trouve souvent alors des vésicules d'herpès sur le nez, les lèvres ou les paupières; Lévrier et Durruty ont signalé des faits analogues.

Kipp, Arlt, Javal, Sedan (de Toulon), Raynaud, Leprince ont étudié la kératite palustre2.

En dehors de la kératite produite par l'herpès, on peut observer, chez les cachectiques palustres, des kératites plus ou moins graves; dans ce cas, le paludisme paraît jouer seulement le rôle de cause prédisposante par l'affaiblissement qu'il entraîne.

Kraïshy a publié 4 cas de cataracte chez des enfants de 5 à 16 ans atteints de cachexie palustre3. Il est bien probable que la cachexie palustre n'agit ici que comme cause prédisposante, en affaiblissant l'organisme.

Maurice Raynaud et Moursou ont noté, chez des palustres atteints d'asphyxie locale des extrémités, de Yamblyopie qui paraissait se rattacher à l'ischémie des vaisseaux rétiniens.

L'ischémie des vaisseaux rétiniens avec amblyopie transitoire, guérie par la quinine, que signalent Ramorino etRenson, s'explique bien par des obstructions temporaires des vaisseaux rétiniens.

Peunoff, Sulzer, Germaix ont cité au contraire des cas d'hyperémie optique d'origine palustre.

Les hémorragies de la rétine ne sont pas très rares (Guéneau de Mussy, Galezowski, Mackenzie, Poncet); Rrunt à New- York, sur 192 cas de fièvre intermittente, a rencontré 6 fois cette complication.

1. Beylot, Rec. mém. de méd. milit., 1853, t. XI, p. 230. — Verdan, La fièvre intermit. à Ouargla, Arch. de méd. milit., 1885, t. VI. — Schweinitz, Complic. oculaires de la malaria, Med. news, 7 juin 1890. — Raynaud, Th. Paris, 1S92, p. 23.

2. Gouo, Herpès fébrile cornéen, Th. Paris, 1870, et Rec. d'ophtalm., mars 1880. — Lévrier, Accidents ocul. dans les fièvres intermit., Th. Paris, 1879. — Kipp, Transacl. of americ. ophtal. Soc, 1880, et N. Y. med. Record., août 1889. — Durruty, De l'herpès oculaire, Rec. d'ophtalm., 1887, p. 510. — Raynaud, Th. Paris, 1892, p. 33. — Tikanadse, Kératite superficielle d'origine palustre, Wralch, 1890, 29, p. 805. -- Leprince, Affections cornéennes et iriennes d'origine palustre, Ann. d'oailist., mai 1901.

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