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Obs. LVI de mon Traité dus fièvres palustres

2. Gilman Thompson, Notes sur les organismes de la malaria dans leurs rapports avec la lièvre typhoïde, Americ. Journ. of med. se, 1894. — H. Vincent, Acad. de méd., 21) oct. 1895, et Mercredi médical, 4 déc. 1805.

MALADIES INTERCURRENTES . J*1

Baccelli et Ascoli disent n'avoir jamais observé cette forme à Rome, où cependant la fréquence du paludisme et de la fièvre typhoïde devrait favoriser son développement1.

Les symptômes, la marche, les lésions anatomiques de la fièvre typhoïde sont, en Algérie, à très peu près les mêmes qu'en France; il est à noter seulement que, pendant la période des chaleurs, la gravité de la maladie est augmentée.

En résumé : le paludisme et la fièvre typhoïde constituent deux entités morbides bien distinctes, qui relèvent de causes différentes et qui ne peuvent pas se transformer l'une dans l'autre, mais qui coexistent souvent.

Le paludisme en diminuant la force de résistance de l'organisme joue à l'égard de la fièvre typhoïde, comme à l'égard d'autres infections, le rôle de cause prédisposante.

Le paludisme reste, en général, à l'état latent chez les sujets qui contractent la fièvre typhoïde.

D'après H. Vincent, des fièvres produites par l'association des microbes du paludisme et de la fièvre typhoïde, il faudrait distinguer des fièvres coli-malariennes produites par l'association de l'hématozoaire du paludisme et du coli-bacille.

Paludisme et fièvre récurrente. — Mamoursky a trouvé en même temps, dans le sang d'un malade, des spirilles d'Obermeyer et des hématozoaires du paludisme; la quinine fit disparaître les hématozoaires mais non les spirilles2. Pendant la convalescence, il y eut une rechute de fièvre intermittente et les microbes du paludisme reparurent dans le sang.

P. Braslavsky et 0. Lourié, H. Soulié et Gardon ont publié des cas semblables 3.

Paludisme et variole. — J'ai observé en 1881, à l'hôpital de Constantine, plusieurs cas intérieurs de variole ou de varioloïde, chez des malades en traitement pour fièvre intermittente ; la source de la contagion n'était pas douteuse, le service des varioleux était en effet, à cette époque, très mal isolé des salles communes.

Chez plusieurs de ces malades j'avais constaté, au moment de l'entrée à l'hôpital, l'existence dans le sang des microbes du paludisme; un nouvel examen, fait pendant la fièvre d'invasion de la

1. Baccelli, Subcontinua tifoïdea, .Roma, 1876. - Ascoli, Sull'utilita dell' esame de! sangue nella diagnosi di malaria, Roma, 1892.

2. Mamoursky, Medicinskoïê Obozrenie, in Mêd. moderne, 15 jnnv. 1896.

3. P. MnASLAVSKY et 0. LoumÉ, Medic. Obozrenie, octobre 1898. — H. Soulié et Gaiidon, Hullettn méd. de l'Algérie, 30 juillet 1905.

variole, me montra que les élémenls parasitaires avaient disparu ».

J'ai été frappé de La gravité de la variole dans plusieurs de ces cas. Un des malades eut des abcès sur différents points du corps, et des arthrites supput ées multiples, notamment au niveau des articulations sterno-claviculaires, qu'il fallut ouvrir. 11 guérit, mais après une longue suite d'accidents qui mirent plus d'une fois sa vie en danger. Un autre malade succomba rapidement à une variole hémorragique.

Paludisme et streptococcie. Érysipèle. — Le parasite du paludisme n'entraîne jamais de suppurations par lui-même2, mais il peut s'associer aux microbes de la suppuration et en particulier au streptocoque 3.

L'érysipèle est une complication assez commune de la cachexie palustre; j'ai eu l'occasion de l'observer plusieurs fois et de constater sa gravité chez les cachectiques4.

Paludisme et tuberculose. — Ici encore nous rencontrons la doctrine de l'antagonisme.

Boudin pensait que la phtisie pulmonaire était très rare dans les localités palustres et qu'au contraire les localités dans lesquelles la phtisie était commune se faisaient remarquer par le petit nombre et le peu de gravité des fièvres intermittentes; en d'autres termes, que la cause des fièvres palustres déterminait clans l'organisme humain une modification profonde qui le rendait réfractaire à la tuberculose B.

Mitchell, Folley, C. Broussais et bon nombre d'autres observateurs ont constaté, après Boudin, que la phtisie était beaucoup plus

1. Comme ils disparaissent en général quand la [ièvre typhoïde survient dans le cours du paludisme.

2. SaboÏa, de Rio de Janeiro, a décrit des abcès froids paludéens (Soc. de chir., S lévrier 1888); les microbes observes par Saboïa dans le pus n'avaient rien de commun avec l'hématozoaire du paludisme. Les abcès musculaires qui ont été observes quelquefois chez les palustres (Piron, Th. Bordeaux. 1887) s'expliquent aussi par une association microbienne.

3. Barker, Élude sur ipielques cas mortels de malaria, Baltimore, 1895.

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