Observ. XLIV el XLV de mon Traité des fièvres palustres
5. Boudin, De l'influence des localités marécageuses sur la fréquence et la marche de la phtisie, Inn. d'hyg. publ. el de méd. lég., 1846. — Masse, L'antagonisme entre le paludisme et la phtisie pulmonaire n'existe pas en Algérie. Rec. mém. de m< milit., 1808, 3e série, t. XX, p. 124. — L. Laverai*, Art, Antagonisme du DM. encyrlop des se. méd. — Tommasi Crudeli, Rivista di Bologna, 1873. — Marchiafava et Ferraresi, Aead. de méd. de Rome, 1881.- De Brun, Boussakis. Tuberculose et paludisme, Congrès pour l'étude de la tuberculose, juillet 1888. — A. Martin, Du paludisme dans ses rapports avec la tuberculose, Th. Lyon, 1891. — Ivohos. Contrib. ii la tuberculose d'origine palud., Congrès pour l'étude de la tuberculose, 18.1-, Compte rendu, p. 217. — Ascom, op. cit., Rome, 1892.
MALADIES INTERCURRENTES
rare en Algérie qu'en France; Nepple a fait la même remarque pour la Bresse.
Duboué n'a jamais observé à Pau la coexistence de la tuberculose et du paludisme chez les mômes sujets, mais il convient de remarquer que les tuberculeux qui sont à Pau ne s'exposent guère à contracter le paludisme.
E. Collin, dès 1848, et plus tard Masse ont constaté qu'il n'y avait pas antagonisme, en Algérie, entre la phtisie et le paludisme
La tuberculose s'observe en effet en Algérie, et parfois chez des sujets fortement entachés de paludisme, mais il est certain qu'elle y est moins fréquente qu'en France.
Pendant les années 4 880, 1881 et 1882, j'ai reçu dans mon service, à l'hôpital militaire de Constantine, 2 536 malades, sur lesquels il n'y avait que 25 tuberculeux, soit environ 1 tuberculeux sur 101 malades. Pendant la même période, il est mort dans mon service 69 malades dont 9 par tuberculose, ce qui donue 1 décès par tuberculose sur 7,5 décès généraux, proportion notablement inférieure à celle qu'on observe dans notre armée, en France, et dans les autres armées européennes qui fournissent à peu près un décès par tuberculose sur 3 ou 4 décès généraux.
Les chiffres suivants, empruntés à la Statistique médicale de l'armée française, montrent que les pertes totales par tuberculose sont beaucoup moins élevées dans les régiments de zouaves et de chasseurs d'Afrique, que dans les régiments d'infanterie de ligne et de cavalerie, bien que le recrutement de ces corps soit le même.
Pertes totales (décès, réformes, retraites) dues a la tuberculose POUR 1000 hommes d'effectif.
Zouaves
Cavalerie (France).
Infanterie de ligne.
La tuberculose est devenue plus commune en Algérie qu'elle ne l'était autrefois2. De 1900 à 1905, sur 42 459 malades traités à
op^cif' C°LUN' ReC- mém- de méd- milit> {m> 2- série, t. IV, p. 102. - Masse, 2. Cuespin Paludisme et tuberculose, Congrès inlern. de la tuberculose, Paris, 1905, ZmlL.Xhlm. P' 53°' ~ G'LL0T' Pro°ression de la tuberculose en Algérie,
l'hôpital de Mustapha (Alger), il y a eu 2 932 décès dont 917 par tuberculose, soit une mortalité tuberculeuse de -M ,27 p. 100 (Gillot).
A Beyrouth, la tuberculose est plus rare qu'en France; de Brun pense que le paludisme confère une immunité, non pas absolue, mais réelle
E. Hadje, de Beyrouth, est du même avis, tout en constatant que la tuberculose et le paludisme évoluent souvent chez les mêmes individus2.
Cette rareté relative de la tuberculose en pays palustre, qui a servi de base à la doctrine de Boudin, est bien loin d'être constante.
Dans l'île de Walcheren, la tuberculose, d'après Yonge, compte pour un quart des décès.
Lefèvre, à Rochefort, a trouvé que sur 615 autopsies, la phtisie ou la tuberculose avaient été constatées 132 fois3.
En Grèce, Boussakis a vu la tuberculose devenir très fréquente dans des villages où régnait l'endémie palustre.
Aux Indes, au Bengale, la tuberculose est fréquente et sa marche est très rapide.
Au Tonkin, la fièvre palustre et la tuberculose sont très communes chez les indigènes4.
Dutroulau signale la fréquence et la gravité de la phtisie aux Antilles.
A la Guyane, d'après Laure, il n'est pas de maladie plus fréquente, après le paludisme, que la tuberculose.
Marchiafava et Ferraresi qui ont rencontré fréquemment, à Rome, la tuberculose miliaire chez des palustres, expliquent cette fréquence : 1° par la profonde débilitation qui est la conséquence du paludisme, 2° par l'irritation que le pigment produit dans les petits vaisseaux s.
Je n'ai observé, pour ma part, aucun fait pouvant être cité à l'appui de cette dernière proposition.
Paludisme et cancer. - Lof fier a émis l'opinion qu'il y avait antagonisme entre le paludisme et le cancer.
i De Brun, Congrès pour l'étude de la tuberculose, 1888.
2. E. Hadje, Rapports de l'impaludisme avec, les maladies internes, Médecine moderne,
13 juin 1900.
3 Journal de méd. de Bordeaux, 1840.