‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 159 sur 283 · L. Moiiand, Le poste de Nam-Dinh, Paris · texte numérisé non relu

L. Moiiand, Le poste de Nam-Dinh, Paris

t Marchiafava, Acad. de méd. de Rome, 31 œt. 1870. - Marchiafava et Ferraresi, Acad. de méd. de Rome, 1881.

MALADIES INTERCURRENTES

L. Prochnik qui a passé vingt-cinq ans aux Indes néerlandaises, a souvent constaté la coexistence, chez les mêmes sujets, du paludisme et du cancer; le développement des tumeurs cancéreuses n'est entravé en rien, d'après lui, par le paludisme1.

Zaïrois d'Athènes a observé également un grand nombre de faits en contradiction avec l'opinion émise par Lôffler 2.

J. Cardamatis a inoculé le paludisme (par piqûre d'un Anophèles infecté) à un sujet cancéreux ; le malade a pris la fièvre palustre et la marche du cancer n'a été en rien modifiée3.

Il résulte cependant d'une enquête faite par J. Cardamatis en Grèce que le cancer est, en général, plus fréquent dans les localités non palustres que dans les localités où l'endémie est sévère.

Paludisme et diabète*. — On a vu (p. 244) que la glycosurie, signalée par Burdel comme fréquente pendant les accès de fièvre intermittente, est en réalité très rare.

Griesinger a trouvé que, sur 225 cas de diabète, la maladie s'était produite 11 fois chez des malades atteints de fièvre intermittente rebelle ou de cachexie palustre.

En 1872, alors que j'étais détaché à l'hôpital militaire thermal de Vichy, j'ai recueilli les observations de 8 officiers diabétiques6; 4 de ces malades avaient eu les fièvres palustres, plusieurs accusaient le sulfate de quinine, pris pour combattre la fièvre, d'avoir provoqué l'apparition du diabète.

Verneuil a réuni bon nombre d'observations tendant à faire croire que le paludisme est une des causes du diabète.

La fréquence du paludisme enlève à ces faits beaucoup de leur importance.

Les observations faites dans les pays où le paludisme est endémique, sont très peu favorables à l'idée d'un diabète d'origine palustre.

En Algérie, le diabète n'est pas plus commun qu'en France;

f. Li Prochnik, Soc. des médecins de Vienne, 10 janvier 1902.

2. Zaïmir, 2« Congrès panhellénique de médecine, Athènes, 1903.

3. J. Cardamatis 2" Congrès panhellén., 1903 et Grèce méd., 1er février 1904.

4. Griesinger, Archiv der Heilkunde, 1859. — Verneuil, Divers cas d'affections chirurgical os chez des sujets paludo-diabétiques, Acad. de médecine, 29 nov. 1881, et Ga:. hebdom. de méd. et de chir., 1882. - Le Roy de Méricourt, Acad. de méd., 1881.

- Sorel, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1882. - E. Calmette, même liée, 1883,

— H. Milliot, Rech. clin, sur les rapports de la glycosurie et du paludisme. Th. Fans, 188d. — Bouchard, Glycosurie et polyurie dans le paludisme, Présentation d un travail de M. MossÉ de Montpellier, Acad. de méd., 2 oct. 1888.

o. Observ. publiées par IUrudel dans un opuscule intitulé : Rech. clin, sur la goutte et la gravelle, Paris, 1873.

je n'en ai observé pour ma part aucun exemple sur les nombreuxpalustres, jeunes soldats il est vrai, qui ont passé dans mon service.

Sorel, Calmette, Milliot ont constaté également la rareté du diabète chez les palustres d'Algérie.

Sur 52 palustres, dont 29 cachectiques, Milliot n'a trouvé que 3 fois des traces de glycose dans les urines, encore s'agissait-il d'une glycosurie très passagère.

Paludisme et scorbut. — Le paludisme n'engendre jamais le scorbut par lui-même, mais les deux maladies s'associent volontiers et s'aggravent réciproquement.

Les dangers de la complication des fièvres palustres par le scorbut ont été signalés à plusieurs reprises par les médecins d'armée, notamment en Algérie et en Crimée.

Au début de la conquête de l'Algérie, le scorbut, commun chez nos soldats, s'unissait souvent à la cachexie palustre; les accidents gangréneux étaient fréquents dans ces conditions, ainsi qu'on peut s'en convaincre en lisant l'ouvrage d'Haspel sur les maladies de l'Algérie.

En Crimée, les troupes qui avaient campé près de la Tschernaïa, et qui avaient été éprouvées par les fièvres palustres, eurent fort à souffrir du scorbut.

Au mois d'octobre 1878, j'ai eu l'occasion d'observer une petite épidémie de scorbut qui régnait sur les détenus du pénitencier de Bône. Le tiers des malades envoyés à l'hôpital pour scorbut avaient eu précédemment une ou plusieurs atteintes de fièvre intermittente et, chez deux de ces malades, il y eut à l'hôpital une rechute de fièvre. Cette petite épidémie avait été occasionnée, comme c'est la règle, par l'absence presque complète de végétaux et de fruits frais dans l'alimentation.

Au Congrès d'hygiène de Turin, en 4880, Yicente Cabello a donné la relation d'une petite épidémie de scorbut dans l'étiologie de laquelle le paludisme a joué manifestement le rôle de cause prédisposante l.

K. Mac Leod a publié un cas de scorbut associé au paludisme'. D'après A. Dévé, le scorbut ne serait qu'une forme du paludisme3; cette opinion, contredite par un très grand nombre de

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