MÉL ANEMIE
assez fréquemment sur les cadavres des iudividus qui ont succombé à la suite de ce genre de lièvre. » {Gaz. hebdom. de méd. et
de chir., 1857, p. 663.)
Charcot admet aussi que la gène mécanique qu'éprouve le sang, par suite de l'oblitération du système capillaire, peut rendre compte de l'albuminurie consécutive à la fièvre intermittente.
D'après Griesinger, le pigment ne se produit dans le sang que dans les cas graves de fièvre palustre, on ne le rencontre pas dans les fièvres intermittentes simples, ou du moins on ne le rencontre dans ce cas qu'en très petite quantité.
Le pigment qui circule dans le sang est généralement renfermé, écrit Griesinger, dans des éléments qui ressemblent aux leucocytes ou aux cellules de la rate, il ne devient libre qu'à la suite de la destruction de ces éléments '.
Pour Charcot et pour Griesinger, comme pour Frerichs, le pigment noir est un produit de destruction des hématies; Griesinger pense que cette transformation s*opère dans les épithéliums des vaisseaux. Le pigment provient très probablement, écrit-il, de la matière colorante des globules rouges du sang; cette matière colorante se désagrège et se transforme en pigment noir dans l'épithélium des parois vasculaires ou dans ces parois elles-mêmes.
Griesinger pense, comme Frerichs, que l'accumulation du pigment dans les petits vaisseaux du cerveau est souvent la cause des accidents cérébraux qui se produisent dans le cours des fièvres palustres graves; après avoir énuméré les accidents cérébraux qu'on observe pendant le cours, et quelquefois à la suite de ces fièvres, il ajoute : « On doit considérer comme vraisemblable que les causes principales de ces accidents cérébraux et nerveux sont dues à des accumulations de pigment dans le cerveau et à une altération des capillaires les plus fins dont les parois sont le siège d'un dépôt pigmentaire; les différences symptomatiques seraient dues à l'envahissementde tels ou tels points de l'encéphalé. » {Op. cil., p. 82.)
Griesinger admet que la présence des éléments pigmentés explique la teinte terreuse de la peau, chez les individus atteints de paludisme, mais il regarde la mélanémie comme un phénomène accessoire et inconstant du paludisme; on ne sait pas encore, dit-il, si la formation du pigment a quelque rapport avec le développement des accès, une telle hypothèse est peu vraisemblable.