PRINCIPALES CAUSES DES ACCIDENTS
l'axe cérébro-spinal, voilà ce qui constitue la nature, l'essence des fièvres intermittentes, soit qu'on étudie les fièvres simples ou bien celles qui deviennent pernicieuses... » {Op. cit., p. 336.)
Les connaissances que nous avons acquises depuis 1836, sur les fonctions du système nerveux et sur l'agent du paludisme, viennent à l'appui de cette théorie.
Les hématozoaires qui existent en grand nombre dans le sang, au moment des accès, et qui ont un de leurs sièges d'élection dans les capillaires des centres cérébro-spinaux, doivent évidemment exercer sur ces centres une action irritante.
Nous savons, d'autre part, que les traumatismes qui portent sur la partie supérieure de la moelle donnent lieu fréquemment à des accès de fièvre.
Le frisson, souvent si violent, qui marque presque toujours le début des accès palustres est essentiellement un phénomène nerveux.
La céphalalgie, la rachialgie, les névralgies, le délire, les convulsions, assez communes clans la fièvre palustre infantile, relèvent aussi manifestement de l'irritation des centres cérébro-spinaux.
L'irritation des centres cérébro-spinaux n'est donc pas douteuse, on doit se demander seulement si H. malarias agit directement, ou en donnant naissance à une'substance pyrétogène.
L'hématozoaire du paludisme diffère complètement des bactéries pathogènes qui agissent sur l'organisme en produisant des toxines.
D'un autre côté, la plupart des maladies dues à des hématozoaires s'accompagnent de phénomènes d'irritation cérébro-spinale et de fièvre, bien que la sécrétion d'une toxine par ces parasites soit peu probable.
Dans la filariose, la fièvre peut se produire sous forme de grands accès, avec frisson initial, comme dans la fièvre intermittente ou bien persister pendant plusieurs jours, comme dans la continue palustre.
La fièvre est un des symptômes les plus constants des trypanosomiases chez l'homme et chez les animaux. Les débuts de la trypanosomiase humaine sont marqués presque toujours par des accès fébriles qui ont été attribués pendant longtemps au paludisme.
Dans la fièvre du Texas, l'élévation thermique est, comme le nom l'indique, le principal signe de la maladie.
Les recherches faites dans le hut de mettre en évidence une toxine fébrigène dans le sang des malades atteints de fièvre palustre ont donné des résultats négatifs.
Gualdi, Montesano et Mannaberg ont inoculé, sans résultat, à des individus sains, de petites quantités de sérum du saiïg de sujets palustres.
Celli a fait de petites saignées à un grand nombre de palustres au début des accès de fièvre (frisson) ; le sérum provenant de ces saignées a été inoculé à de jeunes enfants; un des enfants a reçu 50 cm3 de sérum sous la peau, un autre 50 cm3 dans une veine; dans aucun cas ces injections n'ont provoqué d'accès de fièvre.
Le même observateur a concentré par évaporation dans le vide, à basse température, 260 cm3 de sérum d'un malade atteint de fièvre palustre et il a inoculé le produit dans les veines et sous la peau d'un jeune enfant qui n'a pas eu de fièvre. Enfin, dans un cas, 25 cm3 de sérum provenant d'une saignée faite à un malade atteint de fièvre pernicieuse ont été inoculés, toujours sans résultat.
La température reste normale chez les sujets inoculés, ou bien elle subit une très légère élévation qui peut s'observer à la suite de l'inoculation de sérum provenant d'un individu sain1.
Rosenau, Parker, Francis et Beyer ont déterminé un accès fébrile chez un sujet en lui injectant du sérum de sang palustre recueilli pendant le frisson d'un accès de fièvre tierce ; les auteurs croient pouvoir conclure de cette unique expérience que, pendant le frisson de la tierce, il y a dans le sang une toxine fébrigène2. Cette conclusion nous semble un peu hâtive, il faut remarquer en effet que l'accès provoqué a été léger et que des accès semblables peuvent s'observer à la suite d'injections de sérum physiologique.
D'après Ughetti, la fièvre palustre est la conséquence de la présence des hématozoaires d'une part et d'autre part des altérations des hématies3.
Likhatscheff et Avroroff ont fait des expériences calorimétriques intéressantes sur une jeune fille atteinte de fièvre tierce. D'après
1 Cfi li 1 a malaria seGOûdO le nuove rieerche, Rome, 18!)'.), p. 3!).
2 Rosknau, U.-H. Parker, B. Francis et G.-E. Beyer, Études expénm . sur la fl^jwïrt ta malaria à la Vera-Cruz, Yellow Feoer Institute, mai 1804, «M»
"V IToHBtTf, Sullo pathogènes! délia febbre, Napoli, 1804. - Voyez aussi B. Aroxsohx. Allgcmeine fteberlehre, Berlin, 1000.