PRINCIPALES CAUSES DES ACCIDENTS
ces observateurs, l'augmentation de calorification ne suffit pas à expliquer l'hyperthermie de l'accès palustre, il faut admettre en outre un état anormal des mécanismes thermo-régulateurs '.
3° Obstruction temporaire ou définitive des capillaires sanguins. — Nous avons vu, à propos de la mélanémie palustre, que déjà Frerichs attribuait à l'accumulation de pigment, dans les petits vaisseaux du cerveau, un rôle important dans la pathogénie de certains accidents pernicieux. On objectait à Frerichs la rapidité avec laquelle les symptômes cérébraux et le coma lui-même disparaissent chez certains malades, pour reparaître parfois au bout d'un ou deux jours et se dissiper encore; on ne s'expliquait pas non plus comment la quinine pouvait agir sur des thromboses pigmentaires, chez les malades atteints d'accès pernicieux comateux par exemple.
Le fait que l'obstruction des vaisseaux est produite, non par des poussières inerles, mais par des parasites, permet de comprendre que les thrombus puissent se dissocier et que la quinine agisse sur eux.
Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que l'accumulation des hématozoaires dans les petits vaisseaux donne lieu souvent à des obstructions. Chez les sujets morts d'accès comateux, il est facile de voir, sur des coupes histologiques du cerveau, que les capillaires sont obstrués en beaucoup de points par des parasites. L'examen du fond de l'œil à l'aide de l'ophtalmoscope permet quelquefois de constater, chez des sujets atteints de fièvre pernicieuse, l'obstruction des capillaires par des éléments pigmentés, obstruction qui se traduit par une amblyopie temporaire ou persistante.
Les thromboses passagères expliquent bien les paralysies et les aphasies transitoires qui ont été observées quelquefois dans le cours des accès de fièvre.
Quand les thromboses cérébrales ne se dissipent pas avec les accès de fièvre, elles donnent naissance à des foyers de ramollissement, et, si elles intéressent la zone motrice, à des paralysies persistantes.
L'accumulation des éléments parasitaires dans les petits vais-
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Lavehan, Traité du Paludisme, S" édition. 2b
PATH0OÉN1E
seaux explique encore la fréquence des hémorragies dans les formes graves du paludisme.
J'ai noté, chez plusieurs individus morts de fièvre pernicieuse, des hémorragies capillaires très nomhreuses dans la peau et dans les séreuses. Sur un sujet mort de fièvre pernicieuse pendant l'été 1882, à l'hôpital militaire de Constantine, le mésentère et le grand épiploon étaient criblés d'hémorragies capillaires consécutives à l'accumulation des éléments pigmentés dans les petits vaisseaux.
Les hémoptysies, les gastrorragies et les hématuries qui s'observent assez souvent dans le cours des fièvres palustres, s'expliquent par les obstructions vasculaires, en même temps que par l'appauvrissement du sans.
Dans les reins, les éléments parasitaires sont retenus par les glomérules de Malpighi et, lorsque ces éléments sont nombreux, il en résulte une gène marquée de la circulation.
Ainsi s'explique l'albuminurie transitoire qui s'observe assez souvent pendant les accès de fièvre intermittente; l'oblitération d'un certain nombre de glomérules par les éléments parasitaires a naturellement pour effet d'augmenter la tension du sang dans ceux qui sont restés perméables.
Dans certains cas de fièvre pernicieuse à forme cholérique, on a constaté une grande abondance des hématozoaires dans les capillaires de l'intestin. Les différentes formes des accès pernicieux s'expliquent donc en partie par la localisation des parasites; je dis en partie, parce que les prédispositions individuelles jouent aussi un grand rôle; l'alcoolique a facilement un accès délirant, l'épileptique un accès convulsif, etc.
4° Congestions, inflammations viscérales. — On a dit que le microbe du paludisme n'était pas phlogogène*; cela est. vrai des inflammations suivies de suppuration.
Quand il se produit des suppurations dans le cours du paludisme, on peut être certain qu'il y a une infection mixte; on retrouve dans le pus les microbes ordinaires de la suppuration. La pneumonie aigu- des palustres est due aussi, le plus souvent, à une infection mixte.
Mais il n'est pas douteux que le parasite du paludisme provoque souvent, par sa présence, des congestions inflammatoires el des inflammations chroniques.
I. Vebneu..., Du paludisme considéré au point de vue chirurgical, Paris, 1883, p. 71 et 7d.