‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 18 sur 283 · PALU1JI SM B · texte numérisé non relu

PALU1JI SM B

La détermination de l'index endémique par l'examen histologique du sang présente toutefois des inconvénients : il faut que l'observateur soit exercé à la recherche de l'hématozoaire du paludisme, qu'il soit convenablement outillé et qu'il dispose du temps nécessaire à l'examen d'un assez grand nombre de préparations de sang. De plus, l'index endémique varie beaucoup avec les saisons; il doit être pris pendant la saison insalubre et, si l'on veut avoir des chiffres comparables, pour différentes localités, il est indispensable de faire les examens du sang dans ces localités pendant la même saison.

Un moyen plus simple de rechercher l'index endémique, consiste à examiner la rate des jeunes enfants et à noter le nombre des sujets chez lesquels il existe de l'hypersplénie. La rate augmente toujours de volume chez les individus atteints de paludisme et, quand l'infection devient chronique, l'hypersplénie est permanente; la rate durcit et sa partie inférieure se décèle facilement à la palpation.

Ici encore il y a quelques causes d'erreur; quand l'infection est récente et que la rate est molle, l'hypersplénie est difficile à apprécier par la palpation, mais on peut avoir recours à la percussion; dans les infections récentes, l'hypersplénie diminue pendant la saison salubre, surtout chez les sujets traités par la quinine; aussi l'index endémique est-il plus facile à prendre chez les enfants indigènes, non traités, que chez les enfants européens généralement traités; cette dernière observation s'applique a fortiori au calcul de l'index endémique basé sur l'examen du sang.

On se rappellera que l'index endémique peut être différent dans des localités très voisines.

IL Répartition de l'endémie palustre a la surface du globe. 1° Europe. — Dans la Russie septentrionale (au-dessus du 60 degré de latitude), dans le nord de la Suède et dans la Norvège, en Islande, le paludisme est inconnu; il apparaît sur le littoral de la Baltique, aux environs de Stockholm, dans les provinces russes de la Baltique et, en Allemagne, aux embouchures de l'Elbe et du Wrscr.

Les embouchures (lu Rhin, de la Meuse, de l'Escaut, son! bordées de marécages fébn'gènes.

La Hollande, avec ses côtes plates et marécageuses, était autrefois un des foyers endémiques les plus redoutables du paludisme en Europe.

RÉPARTITION DE L'RNDÉMIE

Au temps de Pringle, les fièvres palustres étaient très communes et très graves en Hollande ; l'endémie n'était pas limitée aux côtes, elle s'étendait très loin dans l'intérieur des terres; les magnifiques travaux accomplis pour protéger les côtes contre l'envahissement de la mer, le drainage et la culture du sol ont réduit de beaucoup le champ de l'endémie palustre.

Les fièvres ne se rencontrent plus aujourd'hui que sur les côtes, à Amsterdam, à Rotterdam, dans les polders qui avoisinent les bouches de l'Escaut, dans l'Over-Yssel et dans l'île de Walcheren, célèbre par le désastre de l'armée anglaise en 1809.

L'endémie palustre a subi cependant, dans ces dernières années, une recrudescence dans le nord de la Hollande1.

Les fièvres palustres étaient communes autrefois à Londres, ainsi qu'en témoignent les écrits de Morton, de Willis et de Sydenham; un marais voisin de Londres l'ut desséché et sa disparition amena celle des fièvres.

Graves appelle l'attention de ses élèves sur les heureux effets du drainage des terres en Irlande, et il montre qu'en beaucoup d'endroits le drainage a mis fin à l'endémie palustre2.

Aujourd'hui, les fièvres palustres ont disparu presque complètement du cadre nosologique des Iles Britanniques.

En France, c'est sur le littoral ouest et sud que se trouvent la plupart des marais fébrigènes.

Les marais salants qui bordent la côte ouest, de la Seudre à l'estuaire de la Loire, sont devenus sur beaucoup de points insalubres. Lorsque ces marais sont bien entretenus, c'est-à-dire lorsque l'eau de mer seule y pénètre, ils ne sont pas fébrigènes, mais lorsqu'ils sont abandonnés, ils se transforment en marais gàls, c'est-à-dire gâtés pour la production du sel; l'eau douce s'y mélange à l'eau salée et ces marais mixtes sont très favorables au développement du paludisme.

La ville de Brouage, qui jouissait d'une grande prospérité au xvuc siècle, alors que ses salines fournissaient une grande partie du sel qui se consommait en France, étail absolument déchue et à l'état de ruine au commencement de ce siècle, par suite de l'abandon des marais salants. « Que l'on se figure, dit Mèlier, une plaine de plus de 8 000 hectares, très basse, très plate, presque horizontale

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