Catrin, Soc. méd. des hôp., 17 janv
PRINCIPAUX SIGNES
Gomme les rapports de la raie avec les parois thoraciques et abdominales sont variables, il est nécessaire de pratiquer toujours la percussion dans la môme position, afin d'avoir des résultats comparables.
D'après Ziemssen, la percussion de la rate dans la station debout fournit des données plus exactes que la percussion dans la position semi-latérale1. La percussion clans cette dernière position est plus commode, moins fatigante pour les malades quand ils ont la fièvre ou qu'ils sont très faibles. Contrairement à l'opinion de Ziemssen je ne crois pas qu'il faille essayer d'apprécier par la percussion les dimensions vraies de la rate, en hauteur.
La rate hypertrophiée peut devenir mobile, ainsi que nous l'avons vu (p. 300); quand on pratique l'exploration d'une grosse rate palustre, il y a lieu par conséquent de rechercher la mobilité du viscère ; on examinera le malade debout après l'avoir examiné couché.
Les douleurs spontanées ou à la pression qui existent assez souvent dans l'hypocondre gauche et qui sont dues à de la périsplénite et à des adhérences de la rate aux parties voisines fournissent au diagnostic une donnée intéressante-.
H. Caractères de la fièvre. — Lorsqu'un malade a tous les jours, tous les deux jours ou tous les trois jours, un accès de fièvre revenant à la même heure, le plus souvent de minuit à midi, il est difficile de méconnaître une fièvre intermittente palustre ; encore faut-il constater les accès.
Certains malades qui n'ont pas trace de fièvre disent avoir des accès, d'autres au contraire ont des accès sans qu'ils s'en doutent.
Le frisson manque souvent au début des accès, surtout pendant la saison chaude, et comme beaucoup de malades font consister la fièvre surtout dans le frisson, il arrive que des accès passent inaperçus.
Le médecin, souvent mal renseigné par le malade et par son entourage sur le type de la fièvre, ne doit avoir confiance que dans les indications thermométriques.
U traitement du paludisme est long et assez dispendieux, il importe donc de ne pas l'instituer, sauf dans les cas d'urgence, avant d'être fixé sur le diagnostic.
I . Mttnchenermed. Wochtmschr. Anal, in MM. moderne, 23 janv. 1897. 1. I . Fabre (.le Commcnlry), Gaz. mol. de Paris, IS aoui 1885.
DIAGNOSTIC
Lorsque l'état du malade n'est pas assez grave pour nécessiter une intervention immédiate, et qu'on n'est pas dans un pays où l'endémie palustre a beaucoup de gravité, il est bon de constater deux ou trois accès de fièvre avant d'intervenir, à moins, bien entendu, que l'examen du sang n'ait révélé l'existence des parasites, auquel cas on peut agir immédiatement, le diagnostic n'étant pas douteux.
« On attendra, dit Trousseau que plusieurs accès aient eu lieu, pour savoir à quel type on a affaire et surtout pour savoir si c'est Aréritablement une fièvre intermittente qui commence... En agissant ainsi on ne risquera pas de faire, au début d'une fièvre typhoïde, une médication intempestive ou de croire qu'on a guéri une fièvre intermittente en administrant quelques-uns de ces prétendus fébrifuges tels que l'écorce de marron d'Inde, le sel de cuisine, etc. »
Dans nos climats, cette expectation ne présente aucun danger; dans les pays chauds, il faut se défier des accidents pernicieux et, par suite, on est souvent obligé d'intervenir sans avoir déterminé le type de la fièvre.
L'heure à laquelle se produisent les accès a de l'importance au point de vue du diagnostic, surtout dans la quotidienne qui peut être confondue avec une fièvre hectique. On a vu que les accès palustres commencent d'ordinaire le matin; les paroxysmes de la fièvre hectique ont lieu au contraire le soir.
Dans les continues palustres, le tracé thermométrique n'a, en général, rien de caractéristique, il diffère peu des tracés que peuvent donner un grand nombre d'autres maladies.
J'ai constaté quelquefois des rémissions vespérales, chose rare dans les autres pyrexies et dans les phlegmasies; on peut due aussi que les tracés des continues palustres se font remarquer par leur irrégularité et par la rapidité avec laquelle la température monte ou s'abaisse.
Les accidents pernicieux se produisent presque toujours dans le cours d'un accès de lièvre, ou d'une continue, et par conséquenl il y a une élévation marquée et souvent considérable de la température au début; à la fin des accès algides ou cholérif ormes, la température des parties centrales tombe souvent à la normale ou au-dessous; je ne parle pas de la température des parties périphériques, qui est toujours abaissée dans ces ras.