Trousseau, Clin, tùéû., t. III, p. 428-MO
PRINCIPAUX SIGNES
11 se produit, dans l'état des malades atteints d'accidents pernicieux, des changements qui sont' plus rapides que dans aucune autre pyrexie et qui, par cela même, sont intéressants pour le diagnostic. On a quitté un fébricitant qui présentait un état typhoïde bien marqué, qui délirait ou qui même était plongé dans le coma, on se demande avec inquiétude s'il passera la nuit et le lendemain on a de la peine à le reconnaître dans un homme affaibli, sans doute, mais sans fièvre.
I. Effets de la médication quinique. — La rapidité avec laquelle la fièvre palustre et les accidents graves qui peuvent la compliquer se dissipent sous l'influence de la médication quinique, est donnée par tous les auteurs comme un bon signe du paludisme.
Le précepte : naturam morborum curaliones oslendunt trouve en effet ici une application très juste. Il faut bien savoir toutefois que les fièvres palustres ne cèdent pas toujours aux premières doses de quinine; les continues palustres persistent quelquefois [tendant 3 ou 4 jours malgré l'emploi à haute dose de la quinine. C'est seulement lorsque la fièvre se prolonge au delà de 4 jours, chez un malade qui a pris 1 gr. 50 à 2 gr. de quinine par jour, que l'on peut exclure presque à coup sûr le paludisme. Il existe des fièvres intermittentes très rebelles.
Si des accidents graves survenus chez un malade qui a séjourné dans un milieu palustre, cèdent facilement à la quinine, il y a des probabilités pour que ces accidents soient imputables au paludisme ; mais il peut évidemment se faire que la disparition des accidents soit le fait de la marche naturelle de la maladie et non la conséquence de la médication quinique.
On s'exposerait à de graves erreurs si l'on attribuait au paludisme toutes les fièvres et tous les accidents qui paraissent céder à la quinine.
J. Eruptions. Herpès. Teinte ardoisée sous-unguéale. —L'herpès facial est commun dans la fièvre palustre; on ne le rencontre avec la même fréquence que dans deux autres maladies, la (lèvre éphémère et la pneumonie.
L'urticaire est plus rare, et a, par conséquent, moins d'importance au point de vue du diagnostic.
J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'on ne rencontrait jamais de taches rosées chez les palustres; l'apparition de taches rosées dans un cas de lièvre continue de nature douteuse peut donc trancher la question en faveur de la fièvre typhoïde.
DIAGNOSTIC
Boisson1 ;i appelé l'attention sur la teinte ardoisée sous-unguéale qui, d'après ses observations, accompagne toujours les accès de fièvre intermittente et qui est même visible avant l'apparition du frisson; cette coloration serait distincte de celle de la cyanose asphyxique.
Les éléments pigmentés ne sont pas assez nombreux dans le sang de la grande circulation, cbez les malades atteints de fièvre intermittente simple, pour qu'on puisse leur attribuer la teinte ardoisée sous-unguéale. Il s'agit probablement d'un trouble circulatoire qui se rattache au phénomène du frisson; la teinte ardoisée sous-unguéale n'est ni spéciale à la fièvre intermittente, ni constante dans cette fièvre; elle n'a par suite qu'une valeur très secondaire pour le diagnostic.
K. Tendance aux rechutes. — La tendance aux rechutes est un caractère des fièvres palustres.
Si un malade qui a fait une fièvre de nature douteuse, est pris, à quelque temps de là, d'accès intermittents, on peut en conclure, presque à coup sûr, que sa première fièvre était aussi de nature palustre; si, au contraire, il n'y a pas de rechute, on devra admettre qu'il s'agissait probablement d'une fièvre typhoïde, d'un embarras gastrique fébrile ou de toute autre maladie ne relevant pas du paludisme.
2° Causes d'erreur dans l'examen du sang palustre. Eléments du
SANG NORMAL OU PATHOLOGIQUE POUVANT ÊTRE CONFONDUS AVEC H. malamv.
— Plusieurs observateurs ont confondu, avec des hématozoaires du paludisme, des éléments du sang normal altérés, ou des éléments pathologiques étrangers au paludisme, il est donc indispensable de signaler ces causes d'erreur et les moyens de les éviter2.
1. Boisson, Sur le diagnostic de l'impuludisme, Soc. mal. des hÔp,, 24 avril ISSUS, et Gaz. hebdorn. de méd. et de chir., 1896.