‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 20 sur 283 · Thevard, Th. Paris · texte numérisé non relu

Thevard, Th. Paris

4. L. Roche, Le paludisme en Puisaye: A. Lavehan, Rapport <) VAcad. </<• me,/., 30 mai 18!)!). ; ,., . ,. .

5. Gaudon. De la Brenne el de ses étangs, Le Blanc, 1860. Bertrand. Etudrastobst sur le recrutement dans le «leparle.nenl <!<• l'Indre, lh-c. mim. </.' méd. mihl..

RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE 43

du Danube et de ses affluents, en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie, dans la Dobrudscha, en Morée.

Dans l'Europe centrale, le type dominant est le type tierce; à Tubingue, Griesingcr' a compté, sur 414 cas de lièvre intermittente : 268 tierces (64,9 p. 100), 122 quotidiennes (29,2 p. 100), 3 quartes et 21 irrégulières.

Mannaberg, à Vienne, sur 143 cas de paludisme, a observé 88 tierces et 8 quartes; aucun des malades atteints de quarte n'avait contracté la fièvre aux environs de Vienne2.

X. Lewkowicz, qui a étudié le paludisme à la clinique des enfants à Gracovie, a noté, sur 446 cas, 406 tierces ou quartes régulières et 40 fièvres à longs intervalles et malignes3.

Parmi les régions de l'Europe les plus éprouvées par le paludisme, il faut compter encore la Russie du Sud : embouchures des grands fleuves dans la mer Caspienne, la mer d'Azov et la mer Noire, Bessarabie, Tauride, Grimée, vallées du Kour et du Rion, ancien Phase, Caucase.

D'après la Statistique médicale de l'armée russe, la morbidité due au paludisme a été, en 1893, de 210 p. 1000 dans le Caucase, c'est-à-dire aussi forte que dans notre armée d'Algérie; dans le territoire de Kazan elle a été d'environ 100 p. 1000

Gabritschewsky donne, pour la région de Woronesch (Russie), les chiffres suivants concernant la répartition des types.

Sur 191 cas de paludisme, on a noté :

Fièvre tierce 139 cas, 72,9 p. 100.

— quarte 7 — 3,7 —

Estivo-autoranale 4.4 22,9

Tierce + estivo-automnale 1 — 0,5 —

Au Caucase, sur 166 palustres examinés, les petits parasites ont été trouvés 111 fois, soit dans 67 p. 100 des cas, et les ffrandes formes 55 fois, soit dans 33 p. 100 des cas '.

1. Griesinger, Traité des malad. infectieuses, Trad. IV.. 2" édit., p. 31.

2. Mannaberg, Die Malaria Krankheiten, p. 143 cl 147. ••l. Lewkowicz, Wiener klin. Wochenschr., 1900.

4. Longuet, L'état sanitaire de l'armée russe Arch. de méd. milil., 1890, t. XXVII

?sns l TvnMAr"^l"l,"'i,lslll( iM K;'U|<;1*"*> Zeitschr. f. Hyg. u. Infektionskr., ■i us, 1. v\ 111. ,. - Strjelbitzky, De la lièvre intermittente dans te gouvernemenl ue 1 Hum, 11 ratch, IS97.

3. G. Gabritschbwsky pie Versûche einer cationellen Malariabekàmpfung in Russland, Zeilschr. J. Hyg., 1906, l. 54, p. 227.

PALUD1SM E

En Grèce, les lièvres palustres fïgurenl pour le tiers au moins des maladies.

Sur 40000 malades entrés à l'hôpital militaire d'Athènes en cinq ans, Pampoukis relève 14 396 cas de paludisme, qui se décomposent ainsi qu'il suit 1 :

Fièvres Intermittentes 14 027

— continues UO

— pernicieuses 12

Hémoglobinurie 14

Cachexie palustre 233

D'après J. ïheophanidès, 2 474 cas de fièvres palustres observés à Agrinion (Grèce), pendant une période de six ans, se répartissent ainsi :

Fièvres quotidiennes 1 453 cas, 58,8 p. 100.

— tierces 542 — 19,9 —

— quartes 73 — 2,9 —

— continues 235 — 9,5 —

D'après Karamitsas, les quotidiennes sont en général quatre fois plus fréquentes en Grèce que les tierces.

De 1893 à 1898, il y a eu 60 123 entrées pour paludisme aux hôpitaux ou infirmeries dans l'armée grecque; ces 6012o malades se répartissent comme il suit 2 :

Fièvres intermittentes. 50 127

— rémittentes 2 613

Cachexie palustre 990

Fièvres continues 154

— pernicieuses 127

— palustres chroniques 58

— bilieuses hémoglobinuriques 5S

Hémoglobinurie quinique j

2 610 cas de fièvre intermittente dont le type a été déterminé se décomposent comme il suit :

1. Pampoukis, Étude sur les (lèvres palustres de 1» Grèce, Paris, 1888. et Journal des connais, méd, pratiques, 1887.

2. J.-P. Cajrdamatis, De la fièvre bilieuse hémoglobinurique observée en Grèce, Paris, 1902. Voyez aussi : N. Pezopoulos et J. Caruamatis, Le paludisme à Athènes, CentralbLf. Bakter., 1006.

RÉPARTITION UE L'ENDÉMIE

Quotidiennes

Tierces

Quartes

En Crète, les fièvres palustres sont communes et graves. L'endémie palustre sévit avec intensité clans beaucoup de

régions de l'Italie.

En 1894, une belle carte de la malaria en Italie a été dressée par la Direction générale de la statistique du Royaume; cette carte indique avec dix teintes différentes les degrés de mortalité par le paludisme, d'après les statistiques des années 1890, 1891 et 1892 \

Le nombre total des décès dus au paludisme a été pour ces trois années de 49 407, ce qui correspond à une moyenne de 34 par an pour 100 000 habitants. Dans les communes les plus atteintes, la mortalité due au paludisme s'élève à 8 pour 1000; ces communes sont situées principalement dans la partie sud-ouest de la Sardaigne, sud-est de la Sicile, dans la Basilicate et autour des marais Pontins.

De 1887 à 1897, la mortalité palustre a été en moyenne de 15 000 par an, ce qui représente 2 000 000 de malades au moins.

Dans la Haute Italie, les rizières sont une cause d'insalubrité.

Dans la Toscane, le principal foyer palustre est formé par les Maremmes ; ces plaines incultes sont séparées de la mer par des dunes qui empêchent l'écoulement des eaux, d'où formation de nombreux étangs ou marais.

Les marais Pontins, qui font suite aux Maremmes, occupent sur le littoral méditerranéen 42 kilomètres de long. Le sol est si bas que la partie la plus éloignée de la mer, à 18 kilomètres du littoral, n'est que de 1 m. 30 au-dessus du niveau de la Méditerranée. Le sol tourbeux et imprégné d'eau est couvert d'une riche végétation parasite ou développée par la culture.

La campagne romaine a un aspect bien différent : le sol est dénudé, il se recouvre seulement au printemps d'un tapis de verdure bientôt desséchée par le soleil; pendant l'été, la terre est nue, aride, fendillée; les marais proprement dits sont très rares. L'agro romano représente plus de 200 000 hectares.

I. Garta délia malaria in Italja pubblicata dalla direzioné générale délia Statistica del Regno, Roma., 1894. V. aussi Cl. Sfohza cl Raniebo Gigmarelli, La malaria in Ilalia, Roma, iss.'i. — S. Santori, La malaria nclla provmcio ili Roma ael decennio 1888-1897, Ànnali d'Igiene sperim., 1899. — A. Celm, La malaria secondo le nuove ricerche, Roma, 1899, et Atti délia Soc. per gli studi délia malaria, t. 1 à VII. passim.

PALI DISME

La ville de Rome, bien que située au milieu de ces zones dangereuses, est salubre; même pendant la période endémo-épidémique, les Romains sont à l'abri des fièvres palustres, à condition de ne pas franchir le mur d'enceinte de la ville.

A Rome, le nombre des décès dus au paludisme a diminué rapidement depuis 1881; il était à cette époque de 650 pour toute la population de celte ville, il est tombé à 505 eu 1882, à 139 en 1892, et à 189 en 1893. Presque toujours il s'agit de lièvres contractées en dehors de la ville.

Les marais qui bordent les côtes de l'Adriatique, la Pouille, la Basilicate, les Calabres, les cotes de la Sicile et de la Sardaigne sont des foyers intenses de l'endémie palustre.

Sur les rivages de la Méditerranée, on trouve des foyers endémiques graves à Grosseto dans l'Agro-Pontino, aux environs de Salerne et de Piestum.

Les fièvres prennent souvent des formes graves, qui sont rares dans les régions centrales de l'Europe; les continues palustres et les accidents pernicieux, dont nous signalerons plus loin la grande fréquence en Afrique et aux Indes, sont déjà communs en Italie et en Grèce.

Sur les côtes d'Espagne et du Portugal on trouve sur beaucoup de points, notamment à l'embouchure du Guadalquivir, des marais fébrigènes

2° Asie. — En Asie comme en Europe le paludisme, inconnu dans les régions septentrionales et dans les parties élevées (Kamtchatka, Sibérie , plateau central), règne avec intensité dans les régions méridionales; ses principaux foyers se trouvent sur les côtes basses de la Méditerranée, de la mer Noire et de la mer Caspienne, en Palestine, en Mésopotamie (surtout entre le Tigre et 1 Euphrate), sur les côtes du golfe Persique, dans l'Afghanistan, aux Indes (côtes, plaine et delta du Gange, régions des jungles et des rizières), dans l'île de Ccylan, dans la Cochinchine, l'Annam, le Tonkin et sur les côtes sud de la Chine; au Japon, les lièvres deviennent rares.

D'après la Statistique médicale de l'armée russe, la morbidité due aux fièvres palustres a été, en 1895, de 668 p. 1000 dans le Turkestan; elle avait été de 9S2 p. 1000 en 1890;

l. Pittaluga, Études sur le paludisme en Espagne, Madrid-Barcelone, 1903, avec une carte.

RÉPARTITION DE L'ENDÉMIIC

le poste de Samarkande en particulier est très éprouvé1.

Dans le territoire transcaspien (Russie d'Asie), la morbidité palustre a été, en 1893, de 253 p. 1000 dans l'armée russe; elle avait atteint 5o7 p. 1000 en 1890.

A Merv, le paludisme a pris, en 1896, à la suite de pluies très abondantes, une grande intensité. A Merv même, tous les habitants furent atteints ; dans la campagne, les malades étaient abandonnés pêle-mêle avec les morts, il ne restait plus personne pour soigner les malades, personne pour enterrer les morts; la quinine faisait défaut. Dans un district, sur il 9 il habitants, il y eut 3 355 décès; dans un autre, sur 30 1 46 habitants, 2 403 décès2.

A Macri, ville située sur le littoral de l'Asie Mineure, en face de l'île de Rhodes, l'endémie palustre est grave. Mousséos a eu fréquemment l'occasion d'observer des accès pernicieux et des accès bilieux hémoglobinuriques a. Dans 8 échantillons de sang palustre, qui m'ont été envoyés en 1900 de Macri par le Dr Mousséos, j'ai trouvé huit fois H. malarias (petites formes et croissants).

A Jérusalem, les fièvres palustres sont communes4.

Les fièvres, qui autrefois étaient très rares à Aden, y sont devenues communes dans ces dernières années ;.

Les deltas de l'Indus et du Gange, formés par un sol bas et marécageux souvent inondé, couvert de hautes forêts ou de jungles, sont très insalubres, et tout le littoral de la presqu'île des Indes présente, quoique à un moindre degré, la même cause d'insalubrité; presque partout on renconlre des marais couverts de jungles; la cote occidentale est la plus insalubre. Au pied de l'Himalaya existe une contrée marécageuse et boisée très malsaine, le Teray; au contraire, dès qu'on s'élève sur les pentes de l'Himalaya, on trouve des régions salubres.

Aux Indes, le paludisme fait six fois plus de victimes que le choléra, qui est si redouté.

D'après Morehead, la mortalité par les fièvres palustres compte pour 40,20 p. 100 dans la mortalité générale6. Les formes continues deviennent prédominantes. Parmi les intermittentes,

I. S. Marc, Die Malaria in Turiteston, Zeitsehr. f. Hygiène, 20 doc. 1903

q u^l' ?alaTia il M('rv ,M1 l8%' Vomo Joum., août 181)7. y- r*n Moo88ÉOS' 'l'raitcmenl '1rs Qôvres pernicieuses, Paris, 1900 * J. CnoppER, Journal of Hygiène, octobre I9D5.

ft m™'™ Fla*A(:an' ^a malaria h Aden, firit. med. Journal, 21 novembre 1806.

M «ï I1' T ,a,;«cnrchps 1111 iYt*«<™ »' Indin, London, 1860. - Patrick Manson, Huntenan Society, The annual Oration, 1894.

90 sur 100 sont du type quotidien, 10 sur 100 du type tierce, le type quarte est très rare '.

A Lahore, J. Murray a observé souvent la tierce, avec de grandes formes amiboïdes, et la fièvre dite tropicale, avec de petites formes et des corps en croissant, très rarement des quartes 2.

D'après W.-J. Buchanan les fièvres intermittentes aux Indes sont du type quotidien 90 fois p. 100 et du type tierce 10 fois p. 100; le type quarte est très rare3.

James, au contraire, a observé assez souvent la fièvre quarte, et, d'après lui, la bilieuse hémoglobinurique ne serait pas très rare.

Dans certains villages très insalubres situés au pied de l'Himalaya, Stephens et Christophers ont trouvé, pour les enfants indigènes, des index endémiques variant de 40 à 72 p. 100 \

Dans d'autres localités insalubres de l'Inde, James a trouvé, pour les enfants au-dessous de dix ans, un index de 75 p. 100 5.

Le paludisme est grave dans les établissements français de l'Inde.

En 1903, la morbidité palustre a été de 260 p. 1000 hommes d'effectif des troupes indigènes, et la mortalité palustre de 7 p. 1000°.

En 1904, la mortalité palustre a été de 11 p. 1000 habitants. Chandernagor est Je plus éprouvé parmi nos établissements de l'Inde ; viennent ensuite par ordre décroissant : Pondicbéry, Yanaon, Karikal et enfin Mabé. Il est à noter que l'on compte, sur le territoire de Cbandernagor, plus de 1 500 étangs petits ou grands ; ces étangs ou mares, qui proviennent des infiltrations du Gange, sont très propres, dit Kermorgant, à la culture des culicides7.

A Ceylan, l'endémie a, sur les côtes, la même gravité qu'aux Indes; les parties élevées qui constituent le plateau central de l'île sont salubres.

Dans la presqu'île de Malacca, l'endémie est grave 8. 251 cas de

1. J. Raynald Martin, The influences of tropical climats, Londres, 1856. — Morehead, Op. cil. — A. CrOMBIE, Congrès de méd. de l'Inde, Calcutta, 1894.

2. J. Mur ha y, Scientif. Mem. by med. Offwers of Ihe army of India, 1807.

:(. W.-J. BuCHANAN, Journal oftrpp. med,, UOV. 1808, cl Fièvres palustres cl parasites du paludisme dans l'Inde, I vol., Nogpur, octobre 1801.

4. Stephens cl CtuiisTOPHERs, n. Soc. Rep. to Ihe Malaria Commit tec, octobre 1901.

o. S.-P. James, Malaria in India, Scient, mem. bij offic. of Ihe med. a. sanit. dep. of Ihe go», of India, 1902.

(i. Stûtistique médicale des troupes coloniales pendant l'année 1903, Paris, 1905.

7. Kehmohoant, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1900. I. IN, p. 374.

8. H. Wright, The malarial levers ofUrilisli Malaya, Singapore, 1901.

RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE

paludisme observés par IL Wright dans cette région se répartissent comme il suit :

Tierce maligne — bénigne

Quarte

Quotidienne. . .

A noter le chiffre élevé des quartes.

Le paludisme règne au Siam

De même au Cambodge; les indigènes sont très sensibles au paludisme. Les fièvres sont moins fréquentes et moins graves dans les parties basses, peu boisées, que dans les régions montagneuses boisées 2.

En Cochinchine et surtout dans l'Annam-Tonkin, l'endémie palustre est grave 3.

La Basse Cochinchine n'est qu'un grand delta formé par les alluvions du Mékong et soumis à des inondations annuelles; les deux tiers du pays sont cultivés en rizières. Malgré ces conditions éminemment favorables au développement du paludisme, l'endémie est moins commune et moins grave qu'en Annam-Tonkin.

C'est dans le troisième trimestre que les fièvres régnent avec le plus d'intensité.

De 1890 à 1896, le paludisme a été la cause d'un quart des décès dans les troupes d'infanterie et d'artillerie de marine résidant en Cochinchine4. Ce sont les maladies du tube digestif (dysenterie et diarrhée chronique) qui, dans cette région, font le plus de victimes.

La Statistique médicale de l'armée coloniale donne, pour 1903, les chiffres suivants : 1° troupes européennes de Cochinchine : morbidité palustre, 164; mortalité palustre, 2,8 p. 1000 hommes

1. Chr. Rascii, Contrib. à la géogr. méd. du Siam, Janus, mars-avril 1897.

2. Ancien, Le Cambodge, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1901, t. IV. p. 5.

3. Richaud, Essai de topogr. méd. de la Coehinchine française, Arch. de méd. nav., 1804. — Le Roy de Méricourt cl A. Layet, art. Cochinchine du Dict. encyclop. des se. méd. — Harmand, Aperçu patbol. de la Cochinchine, Versailles, 1874. — Poigne et Nimier, De la fièvre rémittente dans la colonne du Loch-Nam, Arch. de méd. milit., iss.). t. V, p. 445. - J.-S.-L. Morand, Le poste de Nam-Dinh dans Le delta du Qeuve Rouge, Pans, 1887. — Grall, Arch. de méd. nav. et colon., issu, et Pathologie exotique, Indochine, btudes statistiques et cliniques, Saigon, 1900. - A. Billet, Deux ans dans le HauUTonkin, Ballet, scient, delà France et delà Belgique, 1898, t. XXVIII. 2" partie, P. - in. - Maget, Ircfc. de méd. nav. et colon., 1803. - .T. Legendre, Ann. d'hyg. et de

mca. coio,,., i.)04.- Kermorgant, Pr ylaxie .1rs maladies endémiques en Indochine,

Hanoï 1906 '005' ~ Salanoub' P1 lisme au Tonkin,

4. Fontaine, Ami. d'hyg-, et de méd. colon., 189^, t. I, p. 114.

Lweban, Traité du Paludisme, 2« édition. &

d'effectif; 2° troupes indigènes : morbidité' palustre, 405; mortalité palustre, 3,7 p. 1000 hommes d'effectif.

Sérez donne les renseignements qui suivent sur la morbidité et la mortalité palustres en Annam-Tonkin en 1897.

Sur 1000 cas de maladies observées dans la population militaire européenne, 514 sont dus au paludisme; sur 100 décès, 56 sont dus à cette cause.

Sur 1000 malades annamites, il y a 282 palustres; sur 100 décès d'indigènes, 42 sont dus au paludisme.

La mortalité palustre, pour 1000 hommes d'effectif, est de 17 chez les Européens, de 6,5 chez les indigènes1.

La Statistique médicale de l'armée coloniale fournit, en ce qui concerne l'Annam-Tonkin, pendant l'année 1903, les chiffres suivants : 1° troupes européennes : morbidité palustre, 300; mortalité palustre, 7,1p. 1000 hommes d'effectif; 2° troupes indigènes : morbidité palustre, 194; mortalité palustre, 6,4 p. 1000 hommes d'effectif.

Les fièvres du Haut-Tonkin, qui régnent dans des contrées non marécageuses, mais couvertes par la brousse ou des forêts, ont été souvent désignées sous le nom de fièvres des bois; il n'est plus douteux aujourd'hui qu'il s'agisse de fièvres palustres.

A Nam-Dinh (Tonkin), Morand a constaté, dans la garnison, que les fièvres palustres fournissaient un septième du chiffre total des entrées à l'hôpital, et comme, dans les cas légers, les hommes étaient soignés à l'infirmerie ou à la chambre, ce chiffre est certainement bien inférieur au chiffre réel.

Le type intermittent est de beaucoup le plus fréquent; sur les 119 malades entrés à l'hôpital de Nam-Dinh, on comptait 104 fièvres à type intermittent et 15 fièvres rémittentes.

La quotidienne est la forme la plus commune au Tonkin, les tierces et les quartes sont rares, ainsi que les accès pernicieux.

A Laokay (Tonkin), le paludisme sévit pendant toute l'année mais principalement d'avril à novembre2.

Simond a décrit une épidémie de lièvre palustre dans la province de Binh-Dinh (Annam), à la suite d'une inondation; au cours de cette épidémie, il a retrouvé l'hématozoaire du paludisme 127 fois sur 141 3.

I. Si rfz. .l/i/i. dfhyg. et <'<• mid. colon., 1899, l. M. p. 182.

■2. Galulcheal', Ann. Ùhyg* et </<• mêd. colon., 1906, t. IX. p, :î'.)7. .

'.i. Simond, Ann. d'hyg. et de mcd. colon.. 11)01. t. IV. p. I-'S.

RÉPARTITION DE L'ENUÉMIE

Au Moyen Laos, le paludisme atteint non seulement les Européens mais aussi les indigènes et surtout les Annamites ; la continue palustre et l'accès pernicieux algide sont notés parmi les formes communes '.

Le paludisme est très répandu en Chine, il existe non seulement sur le littoral : Pakhoï, Canton, Amoy, Fou-tchéou, Shang-haï, Tien-tsin, Tché-fou, mais encore dans beaucoup de contrées à l'intérieur 2.

Hong-Kong et Macao sont des foyers intenses de paludisme.

A Pékin, la fièvre intermittente est assez commune, mais elle est presque toujours bénigne, les accès pernicieux sont très rares3.

Les Chinois offrent très peu de résistance au paludisme, surtout les fumeurs d'opium.

La partie élevée du Yunnan est salubre, mais il n'en est pas de même des régions basses qui sont sur les confins de cette province4.

L'endémie palustre a été signalée dans la plaine de Tchen-tou, province du Setchouan '.

La vallée du fleuve Rouge est insalubre.

La Statistique médicale des troupes coloniales relative à l'année 1903 donne les chiffres suivants pour le corps d'occupation de Chine (troupes européennes) : morbidité palustre, 71,8; mortalité 0,6 p. 1000 hommes d'effectif.

Le paludisme règne à Formose; il est très rare au Japon.

3° Afrique. — L'empire du paludisme y est immense6.

En Algérie, le paludisme est commun et grave sur le littoral et sur les bords fangeux des rivières; sur les plateaux qui succèdent au Tell et dans les oasis du Sud, il se montre plus rarement et sous des formes moins sévères.

Parmi les régions les plus insalubres, il faut citer, dans la province d'Alger : le lac Alloulah et les bords de la Chiffa (marais de Ferguen, de Chaïba, de Mazafran)7, dans la province d'Oran : les

I. Hoi.-fkia.ndis, Le Moyen Laos, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1903, I. VI, p 27

7 Gaide> n s med- sur la Chine, inn. d'hyg. cl de méd. colon., 1000, t. III, p. 492

6. Lettre du D' Mati&non, médecin de la légation de France m chu.,.. 25 od 1896. t. UF...AV. Notes sur h- Yunnan, inn. d'hyg. et de méd. colon., D9Q0, i. III. p. 145.—

• A! ';V1KI" «°e ea aotes méd. sur Sse-.Mao (Yunnan), même Rec, 1902.

•>■ Bouffahd, Inn. d'hyg. et de méd. colon., 1000, t. III, p 17''

7 il. J r |),sln h. g6ogr.de» mnlml. lrnPi,,,l,s ,;n Afri,,uo, lîdimbomrg, 1895.

7. Qrawoï, Fopog»aphie méd. de la Mîïidj», Rec. mém. de méd. milit.. L865-, t. XIV, mém' T ,AVnA!!„ Documente pour servir aux maladies du Nord d,- PAirimie, Rec mém. de méd. mdU., 1842, et art. Algérie du nid. encycl. des se. méd. - A. BlLLBJ

Sur

plaines du Sig et de l'IIabra; dans la province de Constantine : la plaine de la Seybouse (environs de Bône), le lac Fezzara; comme partout ailleurs les principaux foyers se trouvent dans des localités marécageuses, sans que toutefois l'existence de marais proprement dits soit nécessaire au développement des fièvres.

Les fièvres palustres qui ont fait de si grands ravages dans notre armée et parmi les colons, au début de la conquête de l'Algérie, sont beaucoup moins redoutables aujourd'hui qu'autrefois ; certaines localités ont été assainies complètement par la culture; presque partout les travaux d'art exécutés et la mise en culture du sol ont produit une amélioration très marquée dans l'état sanitaire.

La morbidité due aux fièvres palustres, qui pouvait être évaluée naguère dans notre armée d'Algérie à 48 sur 100 ', est tombée bien au-dessous de ce chiffre.

De 1890 à 1894, la morbidité palustre dans l'armée (Algérie et Tunisie) a varié de 221 à 84 p. 1000 et la mortalité de 2 à 4 ,03 p. 1000. En 1903, la morbidité s'est abaissée à 58,8 p. 1000 et la mortalité à 0,5 p. 1000 2.

Mais, en 1905, l'endémo-épidémie a présenté, surtout dans la province d'Oran, une gravité exceptionnelle; pour un effectif de 18 452 hommes, il y a eu 7 891 malades atteints de paludisme et 34 décès. La population civile a été plus éprouvée encore3. Cette recrudescence des fièvres en 1904 s'explique par l'abondance des pluies.

Dans des recherches qui ont porté sur différentes localités palustres de l'Algérie, Ed. et Ét. Sergent ont trouvé que, chez les enfants de un à cinq ans examinés pendant la saison insalubre, l'hypersplénie existait dans G3,58 p. 100 des cas; l'examen du sang ne révélait l'existence de l'hématozoaire que chez 18,18 p. 100 des enfants examinés1.

Billet et Carpanetti ont trouvé que l'index endémique à Ain Mokra (localité très insalubre aux environs de Bône) était de

la présence constante de l'hématozoaire de Laverai) dans le pa udisme en Alg ne. Soc. de Bioloaie 7 dèc. 1001. - G. Càhpanbtti, Th. Lyon, 1004. - L. Moreau et H. >o :lie. Essai sur in répartition du pohidis >n Azérie, I vol. In* avec une carte, A.,,,-.

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