‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 21 sur 283 · Ed. et Ht. Sergent. Am. de VInst. Pasteur, avril H)0b · texte numérisé non relu

Ed. et Ht. Sergent. Am. de VInst. Pasteur, avril H)0b

RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE 53 60 p. 100, encore plusieurs des enfants examinés prenaient-ils de la quinine1.

La fièvre intermittente quotidienne est de beaucoup la manifestation clinique la plus commune du paludisme en Algérie; les fièvres tierces se rencontrent surtout chez des individus qui ont eu déjà une ou plusieurs atteintes de fièvre; les quartes sont rares.

Tous les auteurs qui ont étudié le paludisme en Algérie ont signalé la prédominance du type quotidien sur les types tierce et quarte.

E. Gollin compte à Philippeville \ sur 6 636 cas de fièvre palustre : 3 523 quotidiennes dont 21 doubles, 916 tierces dont 1 doubles, 58 quartes dont 1 double, 303 erratiques, type variable entre le quotidien, le tierce, etc., 1 836 rémittentes.

Antonini et Monard frères comptent à Alger, sur 176 cas de fièvre intermittente : 599 quotidiennes, 111 tierces et 6 quartes.

Maillot, à Bône, sur 2 338 cas : 1 582 quotidiennes, 130 tierces et 26 quartes3.

Finot, à Blidah, sur 4 211 cas : 2 984 quotidiennes, 1 206 tierces, 21 quartes.

Casimir Broussais, à Alger, sur 689 cas : 413 quotidiennes, 259 tierces et 17 quartes.

Durand de Lunel, à Tenès, sur 625 cas : 418 quotidiennes, 201 tierces et 6 quartes

Le type quarte, qui dans les statistiques des hôpitaux militaires ne compte que pour 1 sur 100, se rencontrerait d'après Chassagne 1 fois sur 10 sur les Kabyles s.

Dans certaines oasis du Sud de l'Algérie, les fièvres palustres, autrefois rares, sont devenues communes depuis que le forage de puits artésiens a augmenté beaucoup la quantité d'eau destinée

aux irrigations °.

En Tunisie7, au Maroc, dans la régence de Tripoli, l'endémie palustre est assez répandue, mais peu grave en général.

D'après W. Groiï, le mot Aat, qui se trouve dans les inscriptions

1. A. Billet cl G. Carpanetti, Soc. de Biologie, :il octobre 1903.

2. E. Gollin, Rec. mém. de «,,=,/. miliL, 1848, 2" série, t. IV. p. 116. :i. Maillot, Traité des (lôvres intermittentes, Paris, L836.

4. Durand dp. Lunel, Traité des fièvres intermittentes, Paris, 1862. •>. L. I.aveuan, art. Algérie du Diction, encyclop. des se. méd. — Chassagne, Rec, mém. de méd. milit., :!': série, t. VII. p. 487.

0. Chaudoïe, Le paludisme à Tougg I en 1902, Arch. méd. milit., 1903.

L Lemanski, Le paludisme en Tunisie, Congrès pour l'aoanc. des s,-., Boulogne, 1S99.

du temple de Denderah et dans d'autres inscriptions de la même époque, désigne une maladie reparaissant tous les ans, aux mêmes saisons, qui n'est autre que le paludisme'. L'existence des fièvres palustres en Egypte serait donc très ancienne.

Les lièvres sont endémiques sur le littoral de l'Egypte et dans une grande partie du delta (Pruner, Griesinger) ; elles régnent quelquefois dans la Moyenne-Égypte, spécialement au Caire.

La ville d'Ismaïlia (isthme de Suez), primitivement salubre, était devenue un foyer intense de paludisme à la suite de la construction du canal amenant de l'eau douce en abondance. Les mesures prises pour détruire les moustiques ont amené la disparition de l'endémie palustre2; l'histoire de l'assainissement d'Ismaïlia est très intéressante au point de vue de la prophylaxie du paludisme; j'aurai l'occasion d'y revenir (V. Ch. XII, Prophylaxie).

En Àbyssinie, en Nubie, le paludisme règne dans les parties basses, dans les vallées; il disparaît sur les plateaux3.

Au pied du versant septentrional du plateau d'Abyssinie, l'eau des torrents, ne trouvant pas une pente suffisante, forme d'immenses marais couverts d'une végétation luxuriante; cette zone, connue sous le nom de Kollas, est extrêmement insalubre; plusieurs affluents du Nil y prennent naissance.

Dans la colonie d'Erytrée, le paludisme est limité aux régions basses, il est inconnu à 1 800 mètres au-dessus du niveau de la mer4.

Le paludisme sévit dans toute la colonie de Djibouti, il n'épargne que la capitale, Djibouti5.

Dans l'Est africain allemand le paludisme est très répandu. A l'hôpital de Dar-es-Salam, de 1891 à 1896, sur 899 malades, 485 étaient atteints de paludisme, soit S4 p. 100. La tierce avec accès prolongés est, d'après Koch, la forme la plus commune6.

Au Zanzibar et au Mozambique (embouchure du Zambèze principalement), l'endémie palustre est grave; on observe souvent, dans

1. Kauf.mann, Présence de lo plasmodie de la malaria dans les cas d'impaludisme observés en Épvple, Le Caire, 1891.

2. R. Ross, Report on malaria al Ismaïlia and Suez, t!)0:). — ÇresswBLL, Jonrn. oj trop, med., 1903, p. 40. — Pressât, Le paludisme et les moustiques, Pans. 1903.

3 Cn Iïlanc, Noies médicales recueillies pendant un voyage en Abyssinie, &K. hebdom. de méd. et de chir., 1874. — Chaijaneix, Notes méd. sur l'Abyssinie. Ann. iïhyg. et de méd. colon., 1901, t. IV, p. 00.

4. Mozetti et G. MEMMO, Atli délia Soc. per ,jli SI. d. malarm, t. V, Rome. 1904.

5. Rouffaiid, Ann. d'kyg. cl de Aéd. colon., 100b, t. VIII. p. 347.

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