‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 231 sur 283 · T. Lascarato, Journal des Praticiens, 25 mars · texte numérisé non relu

T. Lascarato, Journal des Praticiens, 25 mars

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■h '™KI<' Chirurgie de la splénomégalie pu ique, Médecine moderne, 23 oc-

502 TRAITEMENT

On comprend que, clans les cas où la rate est déplacée, son pédicule fortement allongé, étiré, soit beaucoup plus facile à lier que quand elle est en place, or, la cause la plus fréquente de la mort à la suite de la splénectomie est l'hémorragie primitive ou secondaire (gros vaisseaux, adhérences rompues, déchirure du parenchyme splénique), la cachexie prédisposant d'ailleurs aux hémorragies.

La splénectomie, dont le pronostic est d'autant plus favorable que la rate est moins grosse, moins adhérente aux parties voisines et que son pédicule est plus allongé, peut réussir alors même que la rate est très volumineuse et en place.

Jonnesco, de Bukarest, a publié, dès 1897, 5 cas remarquables de splénectomies faites par lui, dans ces conditions, et suivies de succès; dans un de ces cas, la rate pesait 5 750 gr., dans un autre, 4 620 gr.

En 1899, au Congrès de chirurgie de Paris, Jonnesco annonce qu'il a extirpé, depuis 1896, 29 rates pour kystes hydatiques ou pour splénomégalie palustre, avec 10 décès dont 2 par hémorragie et 8 à la suite de complications pulmonaires.

En 1900, au Congrès international de médecine de Paris (section de chirurgie générale), Michaïlovsky (de Sophia) communique une série de 15 splénectomies pour splénomégalie palustre, avec un seul décès par pleuro-pneumonie. Le poids des rates enlevées variait de 1 800 à 4 000 gr.

A ce même Congrès, Jonnesco annonce qu'il a fait 32 splénectomies dont 28 pour splénomégalie palustre avec 8 morts.

En février 1899, Bragagnolo publiait dans la Revista Venela une statistique de 119 cas de splénectomie avec 89 guérisons, ce qui donne une mortalité de 25 p. 100 1 ; mais il faut remarquer que la mortalité de la splénectomie a été en diminuant, à mesure que la technique de l'opération faisait des progrès. Cette mortalité qui de 1881 à 1885 était de 80 p. 100 et, de 1886 à 1890, de 31 p. 100, est tombée, pour la période de 1891 à 1898, à 18 p. 100 et on a vu que la statistique particulière de Michaïlovsky était encore plus Favorable.

La splénectomie est indiquée lorsque la tumeur abdominale provoque des douleurs vives, une gêne persistante, lorsque les moyens médicaux ont échoué et que l'état général est précaire, sans que

i. Cité par Ch. Février, Op. cit.

MÉDICATIONS ADJUVANTES

toutefois la cachexie soit très marquée ; elle est indiquée surtout lorsque la rate mobile et ectopiée provoque des accidents dus en particulier à la torsion du pédicule.

On n'a noté aucun effet fâcheux consécutif chez les malades qui avaient subi avec succès la splénectomie.

D'après Hartmann et Vaquez, les modifications du sang' chez ces malades peuvent se résumer ainsi qu'il suit : abaissement du chiffre de l'hémoglobine et lenteur de son relèvement, leucocytose lymphocytique tardive, leucocytose éosinophile modérée et très tardive *.

L'augmentation du nombre des globules blancs et rouges après la splénectomie est constante ; l'accroissement des chiffres des hématies atteint parfois de très fortes proportions, de sorte que l'opération agit favorablement sur l'anémie palustre ; le nombre des hématies qui, chez un des opérés de Jonnesco, était de 2 400 000 par millimètre cube avant la splénectomie, s'était relevé à 4 100 000 deux mois après, ce qui prouve que l'hématopoièse se faisait bien, malgré l'ablation de la rate.

Jonnesco a constaté que chez tous les opérés de splénectomie l'urine devenait hypotoxique; il a noté le même fait chez 4 chiens splénectomisés; peut-être, dit-il, se forme-t-il à l'état normal des toxines dans la rate.

On n'observe jamais d'hypertrophie ganglionnaire à la suite de l'ablation de la rate.

On a vu (p. 395) que, au point de vue de l'infection palustre, l'ablation de la rate, loin d'être nuisible, semblait au contraire avoir des résultats favorables.

Chez quelques malades atteints d'accidents consécutifs à la torsion du pédicule de la rate, on s'est contenté défaire la laparotomie et de détordre le pédicule, mais la torsion se reproduit souvent, ce qui nécessite de nouvelles interventions.

Rydygier, Zikow et Bardenheuer ont pratiqué la splénopexie, c'est-à-dire qu'à l'aide de différents procédés ils ont cherché à fixer la rate mobile, comme on fixe le rein mobile2. La splénopexie paraît présenter plus de difficultés et de dangers que la splénectomie, dans le cas de rate mobile.

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