Lafont, inn. d'hyg. et de méd. colon., 1901, n
4. Lafont, Inn. d'hyg. et de méd. colon., 1903, t. VIII. p. 497.
L'histoire de l'endémie palustre aux îles de la Réunion et Maurice est très intéressante. Les fièvres palustres, autrefois inconnues dans ces îles, y ont fait brusquement leur apparition, sans qu'aucune modification dans les conditions météoriques ou lelluriques vint expliquer ce changement'.
Jusqu'en 1850, malgré les travaux de défrichement occasionnes par l'introduction de la culture du tabac et du café et plus tard par celle de la canne à sucre, le climat de l'île de la Réunion fut d'une salubrité parfaite.
En 1850, des cas de paludisme furent observés, d'après Le Roy de Méricourt, mais ces cas étaient assez rares pour que Dutruulau pût soutenir encore, en 1868, que le paludisme n'existait pas à la Réunion et que les fièvres observées dans cette île avaient été contractées à Madagascar ou aux Comores 2.
En 1864, une épidémie qui parait devoir être attribuée au typhus récurrent règne à la Réunion.
En 1869, le paludisme éclate sous forme épidémique; depuis lors il est devenu endémique; une nouvelle poussée épidémique a été observée en 1873. Maureau insiste sur ce fait que l'apparition de la fièvre palustre a coïncidé avec l'immigration indienne.
D'après Mac Auliffe, l'épidémie de 1865 a coïncidé avec l'arrivée d'un convoi d'émigrants venant de Calcutta, ces Hindous étaient pour la plupart atteints de paludisme3.
Dans ces dernières années, l'endémie s'est étendue à l'intérieur de l'île; les stations de Salazie et de Cilaos, naguère très salubres, ont été envahies malgré leur altitude (1000 à 1200 m.). L'existence d' Anophèles a été constatée à Cilaos4.
En 1903, G. Merveilleux estimait que les maladies palustres occasionnaient à la Réunion 30 p. 100 des décès5.
1. Barat, Note sur la fièvre épld. qui a régné en ISGfl a Pile de la Réunion, Arch. de méd. nav., I8G9. — Bassignot, Élude sur la lièvre endémo-épid. qui règûe à la Réunion, même Rec., 1873.— Pellereau, Pathologie Mauricienne. Des lièvres palustres, même Rec, I88I-IS82. — Delteil, Consul, sur le climat et la salubrité de la Reunion, même Rec, 1881. — A. Le Roy de Méricourt et A. Layf.t. art. Réunion et Ix.fi Matrice du Dict. encyclop. des se. méd. —Maureau, De l'importation du paludisme à l'île de la Réunion, Th. Paris, 1801. — Andrew Davidson, Pathologie des Mes Mascarcignes, Jamis, 1807, p. 300 et 420.
2. Dutroulau, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, 2e edd .
3. Mac Auliffe, f'.ilaos, guide médical aux enux thermales. Analyse tn Ann, arnyg. cl de méd. colon., 1905, t. VIII, p. 483.
4. Vassal, Journal officiel de file de In Réunion, 0, 10 et 1!) sept. 11)1)2.
5. G. Merveilleux. Ann. d'hyg. et de méd. colon., 11)03, t. VI. p. 193.
REPARTITION DE L'ENDÉMIE o9
La Statistique médicale de l'armée coloniale relative à 1903 donne les chiffres suivants pour les troupes de la Réunion : morbidité palustre, 273; mortalité, 3,4 pour 1000 hommes d'effectif.
A Maurice, l'endémie palustre, autrefois inconnue, a pris tout à coup, à partir de 1867, une grande extension.
Aimé et Alfred Lesur ont trouvé chez les palustres de l'île Maurice l'hématozoaire du paludisme1, et j'ai pu constater sur des préparations qui m'ont été envoyées très aimablement par ces confrères que l'hématozoaire du paludisme se présentait à Maurice avec ses caractères typiques.
D'après Maureau l'île Rodrigues, dépendance du gouvernement de Maurice, aurait été envahie par les fièvres palustres en 1880. Il résulte des renseignements qui m'ont été fournis par le Dr A. Lesur, de Maurice2, que l'épidémie qui a régné en 1880 à Rodrigues était une épidémie de fièvre typhoïde et que l'île Rodrigues est aujourd'hui encore indemne de paludisme.
Sur la cote Est de l'Afrique, il y a lieu de signaler encore le Natal parmi les régions palustres3.
La Colonie du Cap est salubre ainsi que le Transvaal. La côte occidentale d'Afrique est très insalubre depuis le Congo jusqu'au Sénégal \
Au Loanda, les fièvres palustres sont communes et graves . Dans l'Etat indépendant du Congo, l'endémie palustre est étendue et grave °.
Les nègres sont souvent atteints, mais leur mortalité par le paludisme est inférieure à celle des blancs.
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ofilfg^\m.' °' HAYD0N' ThG L'),i,lemie of malarial fever in Natal, 1905, Jour,,.
-mmnTv f"'Urr consid- s,ur le P°ste 11,1 Dog«na, Sénégal Th. Montpellier, 1864. Paris 1860 fi °bSern kSUT l6S affeCt Palud- de la cote —'"niai, d'Afrique, Th
Doué lu nZ, , ° ?'?' lfS flÔvres du Gabon> Th- Mon Hier, 1870. -
E'D fièvres de a col lCident( l'Afrique, Th. MontpeRier, 1872. - Mvtiiis
ï ' : ,M!"'"l!"1ï"s ! " ('; • Th. Montpellier, 1873. - Bérenger ÏÏL™ Tr ÏÏ5
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Belgique et du Congo, SS3S», 0 ""L d'hy{,iè"e H *» dim°lolo<J« * <«
Dutton et Todd donnent les index endémiques suivants pour Borna, Matadi, Léopoldville et Lusambo1.
Borna, enfants de 0 à 5 ans 100 p. 100.
Matadi (enfants du village des travailleurs du chemin de fer). . 9:; —
Léopoldville (enfants du camp des soldats) 87 —
Lusambo (49 enfants au-dessous de 10 ans examinés) 95,9 —
Les fièvres irrégulières dominent; la bilieuse hémoglobinurique est commune (Mense).
D'après van Campenhout et Dryepondt, les types fébriles se répartissent comme il suit dans la région de Léopoldville 2 :
Fièvre quarte 2 p. 100
— tierce 10
— tropicale (irrégulière) 88 —
Au Congo français, le paludisme a occasionné, en 1897, plus de la moitié des entrées aux hôpitaux et près des deux tiers des journées d'hospitalisation. C'est pendant les mois d'avril, de juin, de juillet et de septembre que les formes les plus graves ont été enregistrées. Sur un effectif de 332 Européens il y a eu, en 1897, 23 décès dont 4 par accès pernicieux, 7 par bilieuse hémoglobinurique et 1 par cachexie palustre3.
L'endémie palustre est grave au Cameroun. Ziemann a constaté que les enfants de 1 à S ans étaient infectés dans la proportion de 37 p. 100. La bilieuse hémoglobinurique est commune dans cette région \
Le paludisme règne clans laNigeria, principalement dans le vieux et dans le nouveau Calabar3.
Thompstone et Uennett ont observé, au vieux Calabar, une fièvre à laquelle ils proposent de donner le nom de fièvre hyperpyrétique6.
L. J. li. Dutton et Todd, Rapport sur L'expédition an Congo, Liverpool Sclwol of trop, mal., 1900, Mem. XX.
2. Van Campenhout et Diiyepondt, Travaux du labor. méd. de Léopoldville en 18'J'J-
1000, Bruxelles, LOOl.
3. DuviGKEAU, Afin, d'hyg. et de méd. colon., I899. I. Il, p. 322. — Spiue. Notes médicales sur le Haut-Oubanguî, Ann. d'hyg. et de méd. colon., IS99, t. II, p. 334.
4. A. Plbhn, Beitrâge zur Kenntniss von Verlauf u. Behandlung dos tropischen Malaria in Kamerun, Berlin, 1 890. — Vr. Plbhn, Die Kamemn-Kûste, in-8°, Berlin, I8DS. — ||. Ziemann, Zur morphologie dor Malariaparasiten, Centralbl. f. Baktêr., 29 mai IS97, et Deutsche med. Wochcnschr., I900, n"' 47 et 48.
5. H.-E. Annett. J.-E. Dutton et J.-H. L3lliott, Report or the malaria expe.l. to Nigeria. Part. I, Liverpool sch. of trop. med.. 1001, Mem. III.
8. S.-W. Thompstone el It.-A. Dennett, Brit. med. Journ., 20 janvier 1901.
RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE
L'endémie règne au Dahomey et sur les côtes de l'Or et de l'Ivoire.
Grand Bassam est très insalubre, les neuf dixièmes des malades ont le paludisme sous ses différentes formes : fièvre intermittente quotidienne ou tierce, accès intermittents bilieux et fièvre rémittente bilieuse, bilieuse hémoglobinurique qui est la pernicieuse la plus commune de beaucoup dans ces régions '.
A Accra (Côte de l'Or), les jeunes enfants examinés par Stephens et Christophers étaient infectés dans la proportion de 90 p. 1002.
A Sierra Leone, l'endémie palustre est grave; les Européens sont atteints plus fortement que les indigènes, mais ceux-ci ne sont pas indemnes 3.
R. Ross, Annett et Austen ont étudié l'endémie à Freetown (Sierra Leone) principalement au point de vue de la doctrine anophélienne4.
Dans la Guinée française, le paludisme est la maladie dominante.
De 1899 à 1903, sur 745 entrées à l'hôpital de Conakry, il y en a eu 470 pour paludisme. Les formes les plus communes sont : la fièvre rémittente typhoïde ou bilieuse et la fièvre intermittente ; en fait de pernicieuses, on n'observe guère que la bilieuse hémoglobinurique5.
Dans des préparations de sang d'enfants indigènes âgés de moins de 5 ans, qui m'ont été envoyées de Conakry par le Dr Tautain, j'ai trouvé 3 fois sur 4 des hématozoaires du paludisme; l'index endémique est donc très élevé dans cette région0.
La saison sèche dure, en Guinée, de décembre à avril; elle est relativement salubre, les moustiques sont peu nombreux, alors qu'ils abondent pendant la saison des pluies.
En Gambie, J.-E. Dutton a trouvé des hématozoaires du palu-
BaoUîîEB!nnD:rfÔte '','l)'"i'C; ■ ^ "Xéd- mmlC' mi> P" 35C- - LASNBT, Mission ,|..
Baoulé, Ann. dhyg. cl deméd. colon., 1898, t. I p :i0o
CommJ^nS"* * ^ Christopuers' ** * "« Gloria
rrt?ac!Ti8Ô7ïhe ***** °f malaria in the fevers of Sierra Leone, Med. Chirurg.
iLlîS^ith^rf'1 "' 'V"K- AUSTKN- of malaria exP^. to west
Ainca, uverpool Sch. oj trop, med., 1900, Mem. II.
p 475 -C™ S GU!fe h ^'à'hyg. etdemâd. coloniales. 1904, t. VII,
' «e,, 1906,, IX, p. ^
disme chez 80 p. 400 des enfants indigènes. Les formes quartes sont plus nombreuses chez les indigènes que les tierces'.
Au Sénégal, les fièvres palustres fournissent tantôt la moitié, tantôt les trois quarts du chiffre des malades.
Pendant la saison des pluies, de juin à novembre, les crues du fleuve Sénégal atteignent 8 à 10 m.; les régions voisines sont inondées et se dessèchent ensuite plus ou moins complètement; le Bas Sénégal, formé en grande partie de terrains d'alluvions, est semé de bas-fonds ou marigots qui ne se dessèchent pas quand le fleuve rentre dans son lit et qui constituent des marais d'une insalubrité notoire.
A Dakar, le paludisme sévit avec une grande fréquence pendant la saison de l'hivernage ; le chiffre des entrées à l'hôpital pour maladies palustres atteint, pendant certaines années, 400 p. 400 de l'effectif européen de la garnison. L'endémie commence vers la fin d'août et finit vers la fin de novembre. C'est en septembre et octobre que le chiffre des entrées à l'hôpital est le plus élevé2.
La Statistique médicale de l'armée coloniale, relative à l'année 4903, donne les chiffres suivants de morbidité et de mortalité palustres dans l'Afrique occidentale française.
Troupes européennes : morbidité, 690; mortalité 7,5 sur 4000 hommes d'effectif.
Troupes indigènes : morbidité, 12,45; mortalité, 0,3 pour 4000 hommes d'effectif.
Ces chiffres témoignent de la résistance des noirs qui composent les troupes indigènes et des grands avantages qu'on a à remplacer, dans ces régions, les troupes européennes par des troupes indigènes.
Le paludisme se présente presque toujours, au Sénégal, sous la même forme; c'est d'abord une fièvre continue ou rémittente qui s'accompagne souvent de vomissements, d'ictère et de symptômes nerveux plus ou moins graves : stupeur, délire, etc. Sous l'influence de la quinine la fièvre cède, mais au bout de douze k quatorze jours elle reparaît sous forme d'accès intermittents; les
I. J.-E. Dutton, Report oftbe malaria expéd. to tlu> Gambia, 1902, Lieu-pool Sclwol S,i,al, Soc. teBMogie, 17 JoUM 1807, et àm. * ftafc Pasteur nout
?8J? - !qÏÏuJ Notes sur te paludisme observé h Dakar, àm. *** c * .* co,onides, 1898. - Ti.moux, Ami. de l'inst. Pasteur. 1008, p. IB&
RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE
rechutes se succèdent à des intervalles plus ou moins rapprochés et aboutissent souvent à la cachexie.
D'après les recherches de Thiroux, la tierce est, au Sénégal, la forme la plus commune chez les Européens et les mulâtres; la quarle prédomine chez les noirs. J'aurai l'occasion de revenir plus loin (Ch. IV) sur les intéressants travaux du Dr Thiroux.
La fièvre pernicieuse, qui est commune, peut revêtir différentes formes, mais la bilieuse hémoglobinurique est la forme dominante.
Au centre de l'Afrique, le paludisme est en général moins répandu et moins grave que sur le littoral; c'est le long des cours d'eau et sur les rives des grands lacs intérieurs, Nyassa, Victoria, Tanganyka, Tchad que se localise l'endémie.
La Statistique médicale de l'armée coloniale relative à 1903 donne les chiffres suivants de morbidité et de mortalité palustres pour les troupes du Pays et protectorat du Tchad.
Troupes européennes : morbidité, 305; mortalité, 13,8 p. 1000 hommes d'effectif.
Troupes indigènes : morbidité, 102; mortalité 0 p. 1000 hommes d'effectif.
Au Soudan français (Haut-Sénégal et Niger), le paludisme règne toute l'année avec maximum en août et septembre. Les indigènes ne sont pas épargnés, tous les enfants sont porteurs de rates volumineuses 2.
Les îles Canaries et Sainte-Hélène sont salubres3.
4° Amérique. — Dans V Amérique du Nord, le paludisme ne s'observe guère au delà du 45e degré de latitude; inconnu au Groenland, il est très rare dans la Nouvelle-Angleterre, au Canada et dans les territoires de la baie d'Hudson; les marais, nombreux dans ces régions, ne sont pas fébrigènes.
Les fièvres commencent à se montrer sur les rives des lacs Huron, Erié et Ontario.
Aux Etals-Unis, les fièvres sont très communes sur le littoral de la Caroline du Nord, dans la Pensylvanie, dans l'État de New-
troDCTd fnno°isin?;g 3 lacs ''" rAlli'M"' centrale, Journal of
2. Kermoroant, Inn.d'hyg. et de méd. colan., 1906, t. 1\ ,, 372 c. Mrolsmiche, feiiMilc-lloloiio, Arch. de méd. «ou., jnnv. 1887.
Jersey, dans l'espace immense connu sous le nom de Prairie qui s'étend des bords du Missouri aux monts Alleghanys, et surtout sur les rives du golfe du Mexique (Floride, Géorgie, Alabama, Louisiane, Texas).
Le Mississipi a formé à son embouchure un delta marécageux et fébrigène.
Sur les côtes du Pacifique, la Californie est la région la plus éprouvée par les fièvres palustres.
On conçoit facilement que, dans les deux Amériques, la région du Pacifique, formée par une zone relativement étroite, au pied des Cordillères, soit beaucoup moins malsaine que les vastes plaines centrales et les rives de l'Océan Atlantique où viennent déboucher tous les grands fleuves.
D'après J. Metcalf, les fièvres palustres ont donné lieu, pendant la guerre de la Sécession, à la morbidité suivante dans les armées américaines1. Région des lacs : 193 malades sur 1000 hommes d'effectif; postes du Nord, à distance de la mer et des lacs : 151 sur 1000; stations du bord de la mer, du cap Delaware à Savannah : 370 sur 1000; région du Sud-Ouest (Jefferson Barraks, forts Gibson, Smith, etc.) : 747 sur 1000; Bas-Mississipi : 385, et Floride orientale : 520 sur 1000.
Thayer, qui a fait une excellente étude des fièvres palustres à Baltimore, constate que l'endémo-épidémie règne pendant les mois de juillet, août et septembre. Les formes observées ont été les suivantes 2 :
Fièvre tierce
— quarte
— estivo-automnale Formes combinées
Au Mexique, les fièvres sont communes et graves sur le littoral des deux mers, dans les terres chaudes, côtes du Yucatan, de Vera-Cruz.
Dans la baie de Vera-Cruz, derrière les dunes couvertes de palétuviers qui bordent la mer, s'étendent des marais fébrigènes très dangereux.
1. J. Metcalf, Rapport h La Commission sanitaire des États-Unis. Evans, Essais d'hygiène et de thérap. milit., Paris, 1805.
2. W.-S. Tiiayf.h. Yale med. Jown., janvier 1898, et Lectures on the malaria] revers, New-York, [807.
RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE 6b
Les hauts plateaux, sont, au contraire, presque entièrement épargnés par le paludisme comme par la fièvre jaune.
La ville de Mexico est très salubre bien qu'elle soit entourée de lacs et de marais et que la température moyenne y soit assez élevée (Jourdanet, Coindet).
Libermann a observé, sur le plateau de Mexico, deux fois plus souvent le type tierce que le quotidien1. On voit bien ici que la climatologie verticale correspond à la climatologie horizontale.
En Guatémala, le paludisme est l'endémie par excellence; il règne dans une grande partie du territoire. Les départements de Retalhulen, Suchitepéquez, Escuintla sont ceux dans lesquels on observe les fièvres avec le plus de fréquence et de gravité. Vient ensuite la partie sud des départements de Santa Rosa y Jutiapa, Amatitlan et Izabal.
Echeverria2 a constaté que 2 345 cas de fièvres palustres contractées au Guatémala se répartissaient de la manière suivante, au point de vue des formes cliniques :
Quotidiennes 1 '37
Tierces 205
Quartes 30
Doubles quotidiennes 7
Doubles tierces 7
Type indéterminé 31
Continues 58
Pernicieuses 118
Larvées 68
Cachexie 80
Au San Salvador, les fièvres palustres sont communes et l'hématozoaire du paludisme se trouve avec ses formes typiques 3.
Les rives du golfe de Honduras sont très insalubres ainsi que Panama. On sait que les ouvriers employés sur les chantiers du canal de Panama ont payé un lourd tribut au paludisme.
Aux Antilles, le paludisme règne avec intensité, notamment à la Havane, à la Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et à Fort de France (Martinique) : les îles d'Antigoa, de Saint-Vincent et de la Barbade sont épargnées, probablement à cause de la sécheresse du sol.
1. Libermann, Des lièvres intermittentes dans lu vallée de Mexico, Rec. mém. de méd. mïlit, 1864.
2. Jorge Avila Echeverria, Le paludisme en Guatémala, Th. Guatémala, 1895.
3. Ruben Rivera, La évolution medica, aoûl etseptembre 1905. J'ai trouvé des hématozoaires typiques dans des préparations provenant du San Salvador qui m'onl été remises au mois de septembre 1905 par le IV s. Letona.
Laveran, Traité du Paludisme, 2° édition. 5
La partie de la Guadeloupe connue sous le nom de Grande Terre est insalubre, le sol plat rend difficile l'écoulement des eaux, les marais y abondent; Pointe-à-Pitre a été construite sur un ancien marais; l'autre partie de la Guadeloupe constituée par un massif montagneux est salubre1.
En 1897, le paludisme a motivé le quart environ des entrées à l'hôpital (population militaire).
Les formes pernicieuses ne sont pas communes. La bilieuse hémoglobinurique est relativement rare2.
La Statistique médicale de l'armée coloniale indique, en 1903, pour les troupes en résidence à la Guadeloupe, une morbidité palustre de 763 pour 1000 hommes d'effectif sans aucun décès.
La même Statistique donne, pour la Martinique, les chiffres suivants :
Troupes européennes : morbidité palustre, 196,9; mortalité palustre, 1 p. 1000 hommes d'effectif.
Si le paludisme est commun à la Guadeloupe et à la Martinique, il y présente, comme on le voit par les chiffres de mortalité, beaucoup moins de gravité que sur les côtes d'Afrique.
Dans l'Amérique du Sud, les principaux foyers palustres sont : la Colombie, le Venezuela, les Guyanes, le bassin de l'Orénoque et la Bolivie.
On a vu (p. 24) que le paludisme de Colombie est dû, non à un microbe spécial, comme l'a avancé Montoya y Florez, mais à l'hématozoaire ordinaire du paludisme.
Dominici3 et José y Cardenas 4 ont étudié le paludisme au Venezuela; H. malavisé se rencontre chez les palustres avec ses formes classiques.
En Guyane française, les fièvres palustres fournissent, dans les années ordinaires, les trois quarts du chiffre total des malades5.
Lors de l'expédition de Kourou, en 1763, 12 000 colons qui prov( naient pour la plupart d'Alsace et de Lorraine furent, en moins de trois ans, réduits par les maladies endémiques à 2 000.
I. Kermorgant, \iui. d'hyg. et de méd. colon., 1900, l. IX. p. 371.
2 Drevon', Inn. d'hyg. et de méd. colon., 1898, t. I, p. 301.
•; Dominici Étude 'le l'hématozoaire de Laveran au Venezuela, Caracas, 1897.
4 José y Cardbnab, Quelques observ. sur le paludisme nu Venezuela, comjrcs intern. de médecine, Paris, 1900 (Seet, de pnll.ol. int.).
5 Durand Th. Montpellier, 1808. — Maurel, Traité des malad. paludéennes a la Guyane, Paris, 1883. - Ci.ahac. La Guyane francise. Ann. d'hyg. cl do méd. colon., 1902, t. V, p. 5.
RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE
D'après Maurel, on peut distinguer trois zones dans la Guyane française :
Zone maritime, comprenant les îles qui bordent le littoral : Iles du Salut, llet-la-mère, Ilet-le-père ; c'est la zone la plus salubre. Les survivants de la malheureuse expédition de Kourou se réfugièrent aux îles du Salut, d'où le nom donné à ces îles qui s'appelaient auparavant : lies du Diable;
Littoral, moins salubre que les îles, moins insalubre que la troisième zone ;
Terres basses, formant un vaste marais connu sous les noms de Savanes noyées, Savanes tremblantes; tous les essais de colonisation faits dans cette partie de la Guyane, inhabitable pour les Européens, ont échoué misérablement.
La zone montueuse que l'on rencontre après avoir traversé la zone marécageuse est peu connue et très peu habitée.
En 1897, les maladies palustres ont occasionné, à la Guyane, 42,16 p. 100 de la morbidité totale et 50,25 de la mortalité.
Les cas d'anémie et de cachexie palustres sont très communs chez les condamnés, transportés et relégués qui ne peuvent pas quitter la colonie.
Les formes rémittentes et continues dominent; les intermittentes à périodicité régulière sont assez rares.
Sur 104 accès pernicieux observés en 1897, 53 ont été mortels; ils ont atteint presque exclusivement des condamnés; de même pour la fièvre bilieuse hémoglobinurique
En 1898, sur un effectif de 6 592 transportés ou relégués, il y a eu 3 253 entrées à l'hôpital pour paludisme et 287 décès par cette cause, dont 98 consécutifs à des accès pernicieux.
Les conditions particulières aux transportés et relégués aggravent dans une forte proportion le paludisme qui est moins sévère pour les autres catégories de la population.
D'après la Statistique médicale de l'armée coloniale, les troupes en résidence à la Guyane ont eu, en 1903, une morbidité palustre de 268 p. 1000 hommes d'effectif; il n'y a pas eu de décès dus au paludisme.
Au Brésil et au Pérou, les fièvres sont communes sur les côtes, dans les vallées; elle deviennent de plus en plus rares et finissent par disparaître à mesure qu'on s'élève sur les hauts plateaux J.