Monfalcon, Ilist. méd. des nuirais
3. SÉKEZ, Ann. d'hyg. cl de méd. colon., 1900, t. 111, p. 190.
CAUSES ADJUVANTES
chaude. Tant que les eaux recouvrent le sol, il n'y a pas de danger; c'est là une notion importante au point de vue prophylactique.
A la suite d'adduction d'eau douce en abondance, comme à Ismaïïia (Égypte) ou du forage de nombreux puits dans des oasis du Sahara1, on a vu apparaître les fièvres.
Les irrigations, qui sont indispensables à la culture dans les pays chauds où les pluies sont rares, sont un danger au point de vue du paludisme, surtout lorsqu'il se forme des mares d'eau stagnante. En 1846, les irrigations faites au moyen des eaux retenues par le barrage de Saint-Denis-du-Sig (province. d'Oran), donnèrent lieu à une recrudescence marquée de l'endémie palustre. On réussit à améliorer beaucoup l'état sanitaire en prenant des mesures pour régulariser les irrigations et assurer l'écoulement des eaux2.
Dans les oasis d'Algérie, les séguiasqui renferment de l'eau courante ne sont pas dangereuses.
Il n'est pas nécessaire que les dépôts d'eau stagnante soient abondants pour qu'ils créent un danger; des fossés dont la pente est insuffisante ou qui sont encombrés de plantes aquatiques; les mares qui se forment autour des sources non captées, des fontaines et des puits, les excavations que les indigènes creusent souvent à côté des cases en construction pour se procurer de la terre, les baquets ou tonneaux qui servent à recueillir de l'eau pour la boisson ou pour l'arrosage, les puits peu profonds, les citernes, les dépôts d'eau de pluie qui s'amassent dans des creux de rochers, dans des ustensiles de rebut : boîtes de conserves, etc.. voire même dans certaines fleurs ou feuilles des plantes tropicales peuvent servir au développement des larves d'Anophèles.
3° Sol. Constitution. Nappe d'eau souterraine. Remuements du sol. — Le sol agit sur l'endémie palustre principalement en raison de sa perméabilité. Si le sol est perméable, si les pentes sont suffisantes pour que les eaux puissent s'écouler rapidement, il ne se forme pas de marais; si, au contraire, il existe des couches imperméables superficielles, des couches d'argile notamment 3, si le sol est plat ou s'il s'agit de régions basses, situées au niveau de la mer ou au-dessous de ce niveau (campagne romaine, régions étendues de la Hollande), l'écoulement des eaux pluviales est difficile, la nappe d'eau souterraine affleure sur un grand nombre de points,
1. Veiidan, La fièvre intermit. à Ouorgla, Arch. de méd. milit., 1885, t. VI, p 289 >. H. Jacquot, op. cit., Gaz. méd. de Paris, 1848.
3. E.-J. Gbellet, Quelques remarques sur là malaria, Bulletin méd. de l'Algérie, 1898.
80 ÉTIOLOGIE
le sol devient marécageux et très propre, par suite, au développement de l'endémie palustre.
Les variations de la nappe d'eau souterraine exercent une action marquée sur l'endémie1; nous avons signalé déjà l'influence des pluies abondantes qui relèvent le niveau de la nappe d'eau souterraine et favorisent la formation des mares.
Les moyens les plus efficaces d'assainissement des localités palustres consistent à assurer l'écoulement des eaux et à abaisser le niveau de la nappe d'eau souterraine quand il est trop élevé (Voyez Ch. XII, Prophylaxie).
Les travaux de terrassement, de défrichement sont souvent, en pays palustre, l'occasion d'une recrudescence de l'endémie. Les grands remuements du sol ont même donné lieu quelquefois à de petites épidémies de fièvres palustres en dehors des foyers endémiques.
Lorsqu'en 1811 on creusa le canal Saint-Martin à Paris, une véritable épidémie de fièvres intermittentes sévit sur les quartiers du Temple, de la Villette et de Pantin. En 1840, une épidémie semblable se développa pendant qu'on élevait les fortifications de Paris 2.
Les grands travaux de terrassement exécutés par nos troupes en Algérie ont toujours amené une recrudescence de l'endémo-épidémie palustre. Les corps de troupe qui ont été employés aux travaux de fondation de Saïda, d'Orléansville, de Lalla-Marhnia, de Tiaret, de Selxlou, etc., ont tous été cruellement éprouvés parles fièvres; de même ceux qui ont été employés à la construction des routes ou des ponts3.
Les travaux de terrassement exécutés à Madagascar pour la construction des routes et du chemin de fer qui doit relier Tamatave à Tarumarive ont provoqué également une forte recrudescence de l'endémie palustre.
On s'explique que les travailleurs employés, en pays palustre, à tracer des routes, à construire des ponts ou des digues, à combler des marais, etc.. s'infectent dans une forte proportion. Ces
1. I.. Rogers, Dr l'influence de- variations de niveau de la nappe d'eau souterraine sur la fréquence des fièvres palustres, Scientif. mem. by mal. officers of the army oj [ndia, 1897. Déjà, en 1752, Pringle signalai! l'influence des nappes d'eau souterraines el Cellc des pluies sur lo fréquence des (lèvres palustres.