‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 50 sur 283 · H. M A LA 111 /K · texte numérisé non relu

H. M A LA 111 /K

comme pour les grandes, mais les corps segmentés des petites formes se voient rarement clans le sang périphérique, c'est surtout dans les capillaires des sujets qui ont succombé à des accès pernicieux qu'on les observe, nous reviendrons plus loin sur ce point.

Dans les fièvres des pays tropicaux, il arrive souvent que le sang ne contient que de petites hémamibes, non pigmentées parfois.

Les petites hémamibes sont souvent associées aux corps en croissant, et aussi aux grandes hémamibes. Les hématies envahies par les petites hémamibes sont en général peu altérées.

2° Moyennes et grandes hémamibes. — Ces éléments dérivent de petites hémamibes identiques à celles qui sont décrites plus haut et l'on trouve souvent dans le sang des mêmes malades, en proportion variable, des hémamibes petites, moyennes et grandes. Il existe alors toute une série de formes intermédiaires entre les petites hémamibes de 1 à 2 y. de diamètre et les grandes hémamibes qui atteignent ou dépassent même quelque peu le diamètre des hématies.

Dans la même hématie, on peut trouver une grande et une ou plusieurs petites hémamibes (planche, fig. 15).

Les parasites sont parfois accolés aux hématies; plus souvent ils y sont inclus. La figure 8 de la planche montre une hémamibe étalée à la surface d'une hématie.

Les hémamibes constituées par une substance hyaline, incolore, transparente, sont animées de mouvements amiboïdes, aussi leur forme est-elle très variable, comme on peut s'en rendre compte en examinant les éléments 9, 10, 11, 12, 13, 14 de la planche en couleurs. L'hématozoaire a tantôt une forme sphérique, tantôt une forme allongée avec des prolongements amiboïdes, tantôt une forme annulaire, etc.

Pour constater les mouvements amiboïdes, on choisit dans une préparation de sang frais un élément parasitaire et on le dessine de cinq en cinq minutes; les changements de forme deviennent ainsi manifestes.

Les grains de pigment noirâtre, inconstants ou très rares dans les petites formes, se multiplient à mesure que les hémamibes grossissent; ils sont souvent disposés en couronne.

Dans 1rs préparations de sang frais, on constate parfois que les grains de pigment sont animés, à l'intérieur des hémamibes, d'un mouvement plus ou moins vif. Ce mouvement n'a ni la constance, m la régularité du mouvement brownien avec lequel il présente

Lavehan. Traité du Paludisme, '2° édition. 8

ÉTIOLOGIE

d'ailleurs une certaine analogie; il diminue ou augmente de rapidité, il s'arrête parfois pour recommencer ensuite, sans que les conditions physiques de la préparation se soient modifiées. A première vue, on serait tenté de croire que les corpuscules pigmentés sont animés d'un mouvement propre; il s'agit, en réalité, d'un mouvement communiqué par les flagelles que nous étudierons plus loin.

Les granules de pigment sont arrondis ou allongés, noirs ou d'un rouge sombre quand on les examine avec un bon éclairer; ils s'agglomèrent, quand les éléments parasitaires se détruisent ou se transforment, et ils donnent naissance à de gros grains de pigment qui sont englobés par les leucocytes ou qui s'accumulent dans les organes, principalement dans la rate. A propos de l'anatomie pathologique, j'aurai à revenir sur cette question.

Au milieu des grains de pigment, on distingue souvent, dans les hémamibes examinées à l'état frais, un espace clair (fig. II, 4, 5, 6, 1), sans pigment, qui correspond au noyau, ainsi qu'il est facile de s'en assurer sur les préparations de sang convenablement colorées. Après cotation, le karyosome des hémamibes apparaît avec une teinte violette; il est souvent entouré d'une zone claire (fig. 9, 10, 11, 13 de la planche). Le karyosome des grandes formes est plus difficile à colorer que celui des petites et il prend en général une teinte plus claire. Le protoplasme se colore en bleu.

Les hémamibes vivent aux dépens des hématies qui pâlissent de plus en plus, à mesure que les éléments parasitaires inclus augmentent de volume; il arrive un moment où l'hématie devenue incolore ne se distingue plus qu'à son contour, qui finit lui-même par disparaître.

Dans les préparations colorées (procédés de Romanowsky, de Giemsa, ou mon procédé), les hématies parasitées se colorent d autant moins qu'elles sont plus altérées et on distingue souvent dans leur protoplasme des granulations teintées en violet; ces granulations sont indiquées dans les figures 15 à 24 de la planche.

Ce pointillé des hématies parasitées1 a été bien décrit par Schùfïher et G. Maurer qui ont fait de celte altération un des caractères des hémamibes de la tierce.

Des pointillés analogues s'observent dans d'autres maladies pro-

i ^chcffner. IU-iirf.fr eux Kenntniss der Malaria, Deuils An-hir /. idin. Medi- ' i i xî v - <;. Maorer, Die Tûpfelung ■ Wirtzelle des Tertianapûrasrten, Cen-

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