‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 11 sur 46 · L'eau est le grand voiturier de la nature · texte numérisé non relu

L'eau est le grand voiturier de la nature

Elle creuse le sol et transporte en son premier élan les grosses pierres, puis les plus petites, dont elle use les angles en les roulant, enfin le gros sable, le sable fin et le limon.

762. — L'eau qui jaillit des monts est le sang qui vivifie les monts et sort de ses flancs ou vient en les traversant; la nature aide sa vie, étant abondante dans l'augmentation destinée à réparer le manque d'humidité désirée; elle vient à son secours, à la similitude du parcours humain; et on voit, par le secours apporté, le sang abonder sous la forme de peau en gonflement pour sortir d’unlieuinfect. Ainsila vigne étant taillée aux extrémités, la nature envoie de la racine au plus haut du cep taillé son humeur, et celle-là étant versée fournit de l'humeur vitale jusqu'à la fin de sa vie.

763.— Comme les rives de la mer acquièrent constamment du terrain vers le milieu de la mer.

Comme les rochers et les promontoires continuellement se ruinent et s’effritent.

759. — Léonard a étudié l’eau, avec un soin inimaginable; il a dessiné les remous, les courants, les tourbillons; il a cherché le rythme des vagues. Comme hydraulicien, il fut incomparable, et cependant il n’exécuta jamais son tableau du Déluge; les peintres de marine doivent trouver ici des enseignements inestimables, sur les reflets des ponts, l’écume, les colorations de la mer.

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Comme les mers intérieures découvrent leur fond à l’air et seulementréservent le lit des grandsfleuves qui courent à l'océan et y versent leurs eaux, avec celles des autres rivières qui coulent avec eux.

764. — Il y a, à la surface de l’eau, des bosses et des cavités.

De même que les bas qui couvrent les jambes révèlent au dehors ce qu'ils cachent, de même la partie superficielle de l’eau montre la qualité de son fond.

765. — L'eau qui descend dans un fleuve droit se meut par cours oblique, du milieu aux rives opposées et des rives opposées au milieu.

766. — L'eau qui, par sa transparence, laisse voir le fond, se montre aussi libre dans son fond que l’eau sera de mouvement plus lent, et cela vient de ce que l’eau d’un cours lent a sa surface sans rides.

Sa superficie plane laisse voir la vraie figure des verres et du sable au fond de l’eau.

Cela n'arrive pas pour l’eau au cours rapide qui passe à la surface; ayant à passer sur les images des figures variées de son fond, elle ne peut les porter à l’œil : les obliquités variées des côtés et du front, et la curvité, et leur sommité, et les intervalles, transportent les images hors de notre rayon visuel, et tord les lignes droites de leur image en divers aspects qui :

rend confuse leur figure : cela est démontré dans les miroirs tortueux, où se mêlent la rectitude, la convexité et la concavité.

767. — Des objets reflétés dans l’eau, celui qui sera plus semblable en couleur de l’eau sera celui qui se reflète en eau plus claire.

Toujours les choses reflétées dans l’eau trouble participent à la couleur de la chose qui trouble l’eau.

Pour les reflets dans l’eau courante, l’image se montrera plus longue et de contours confus, suivant que le cours de l’eau sera plus rapide.

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