‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 15 sur 46 · Pour les arbres vus de dessous, contre la lumière · texte numérisé non relu

Pour les arbres vus de dessous, contre la lumière

788 à 800. — Ces observations minutieuses ont le tort de ne pas être coordonnées et de présenter un intérêt inégal. Le lecteur n’oubliera pas, en les lisant, que ce sont là des notations au jour le jour, et non un traité conduit avec plan et méthode.

Serait-il possible de refondre l’ensemble de ces préceptes et de leur donner

l'un derrière l’autre, la dernière partie du premier sera transparente et claire, elle aura son champ dans la partie obscure du second arbre.

789. — Le paysage veut des arbres demi-éclairés et demiombragés, quand le soleil est voilé par les nuages.

790. — Quand le soleil est à lorient, toutes les parties éclairées des plantes sont de très belle verdure.

791. — Les lumières principales sont au milieu des plantes, et les ombres vers leurs extrémités.

Les herbes à l'ombre des plantes ont leurs brins éclairés sur fond clair, c’est-à-dire sur le champ qui est au delà de l’ombre.

792. — L'air se meut comme un fleuve et entraîne les nuages, comme l’eau courante entraîne tout ce qu'ellesoutient. Si le vent pénétrait l’air et poussait les nuages, ceux-ci se condenseraient entre l’air et le moteur et prendraient un élan latéral aux extrémités opposées, comme fait la cire entre les doigts.

Quelquefois, la feuille a trois accidents : ombre, lustre et transparence.

793. — Le soleil donne esprit aux plants et vie aux plantes. J’essayai une fois de ne laisser qu’une petite racine à une courge et de la nourrir avec l’eau : cette courge conduisit à perfection tous ses fruits, qui furent soixante courges, de

le caractère d’un traité véritable supprimant les répétitions et comblant les lacunes ? Qui l’oserait davantage, que de finir un tableau du maître?

L’esquisse de l’A doration des Mages est aussi propre à enseigner les secrets de l’art que la Sainte Anne qui est terminée. De même, cette compilation rendra les mêmes services qu’un traité : car elle ne s’adresse qu’à ceux qui, épris de perfection, veulent progresser dans leur art et lui consacrent une application réelle. Louis Carrache disait que, s’il avait connu ce traité de peinture, cela lui aurait évité vingt ans de tergiversations et d’études. Or, Louis Carrache était un bon peintre et compétent en l’espèce; et les contemporains qui ne sont pas tous capables des fresques des palais Sampieri et du palais Farnèse à Rome, auraient mauvaise grâce à repousser un avis aussi grave et une aide aussi précieuse. Les principes ne donnent pas le génie, mais ils constituent le talent. Le génie ne dispense pas d’avoir du talent. On est sublime par la perfection, et jamais sans elle.

l'espèce longue. Je reconnus, appliquant mon esprit avec soin sur ce phénomène vital, je reconnus que la rosée de la nuit, par son humidité, pénétrait et nourrissait, par l’attache des grandes feuilles, la plante et ses enfants ou œufs qui ont à produire ses enfants.

Des arbres et de leur éclairage.

794. — La manière pratique de représenter la campagne avec sa végétation est de choisir un jour où le soleil se cache, afin d’avoir une lumière éparse, et non un éclairage qui fasse des ombres tranchées.

795. — La partie de la plante la moins obscure est celle la plus éloignée de la terre. |

796. — Maintes fois, le peintre se trompe en figurant les lumières principales.

797. — La perspective simple est celle qui est faite par l’art sur une position également distante de l’œilen chacune de ses parties.

La perspective composée est celle qui est faite sur une position dont aucune partie n’est également distante de l’œil.

708. — Le commencement de la ramification, à la ligne centrale de son épaisseur, suit la ligne centrale de la plante. 709. — Ne pas représenter les feuilles transparentes au

soleil, elles sont confuses parce que sur la transparence de l’une porte l’ombre d’une autre qui se trouve au-dessus.

La feuille est moins transparente qui prend la lumière entre des angles plus dissemblables.

800. — Les branches basses des plantes qui font de grandes feuilles et des fruits lourds, noyers, figuiers, se dirigent vers la terre.

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