‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 18 sur 46 · L'ombre dérivative, qui sera, en tout ou en partie · texte numérisé non relu

L'ombre dérivative, qui sera, en tout ou en partie

839. Le Saint Jean de Léonard n'est qu’un clair obscur, sans aucune couleur appréciable nulle part! Il n’y a dans ce tableau que de l’ombre et dela lumière et point de tons : aussi est-il l’apogée de la peinture; et la photographie par elle-même le rend de façon exacte,

Le clair obscur a cela d’admirable qu’il permet à l’artiste d'inventer sa Iumière et de l’orchestrer à son gré.

Léonard appelle lumière universelle, la lumière diffuse : on ne devrait jamais l’employer; elle est indifférente au plus haut point et ne convient qu’à des compositions abstraites comme l’Apothéose d’Homère ou la Dispute du Saint-Sacrement.

Partout où l’homme pense et agit, la nature ne doit pas occuper un autre plan que celui du décor ; et Venise seule a produit des œuvres où l’homme et le paysage rayonnent l’un par l’autre.

environnée d’un champ lumineux, paraïtra plus obscure que l'ombre primitive, qui est sur une superficie plane. Soit la lumière A,E l’objet qui retient l’ombre primitive; soit B C, la partie D E qui recoit l’ombre dérivative dans la partie N M, et son reste D Net M E est illuminé par A; la lumière D N se reflète dans l’ombre primitive B C et la lumière M E aussi. Donc la dérivative N M ne voyant pas la lumière A, reste obscure et la primitive s'allume dans le champ éclairé, qui entoure la dérivative; et pour cela, la dérivative est plus obscure que la primitive.

Preuve : l'ombre primitive unie à l’objet B C D dans laquelle ïl voit l'ombre dérivative F G et encore son champ éclairé E FG H : je dis que ce corps sera plus éclairé en B à l'extrémité, que dans le milieu D, parce que en B, il voit la lumière primitive À, et la lumière dérivative E F'aussi par rayons réflexes; et l'ombre dérivative F G n’augmente pas, parce que F B D est l’angle de la contingence faite par la droite F B, et par la courbe B D; ettout le reste du corps est vu de l’ombre dérivative F G, plus ou moins, selon la ligne F G forme une base de triangle, avec un angle grand ou petit.

841. — Parmi les objets d'égales obscurité, figure et grandeur, celui dont l’obscurité augmentera le plus, par rapport à l'ombre portée, sera l’objet le plus voisin de l’ombre. |

Parmi les ombres d’égale obscurité se montreront plus obscures celles qui se génèrent sur un fond plus blanc, il s’ensuit, qu’elles paraissent moins obscures, qu’elles ne seraïent sur un champ plus obscur; cela prouve en une même ombre : sa partie extrême, qui fournit une partie confinante au champ blanc, paraît très obscure, et d’autre part elle confine avec elle

MU e * = Re LE Y ; :

* ME & SE = Son F7

même et paraît peu obscure. Soit l'ombre de l’objet B D faite sur D C qui parait plus noir en N C, parce qu’elle confine avec le champ blanc C, quiest en N D, lequel confine avec le champ obscur || N C. ARE

842. — L'ombre dérivative sera plus obscure, qui sera plus voisine de sa cause; et la plus éloignée paraîtra la plus éclairée.

L'ombre sera plus dégagée et nette, qui sera plus voisine de sa naissance ; et la plus éloignée sera la moins dégagée.

843. — L'ombre est plus obscure vers les extrémités que dans son milieu : mais l'ombre aura la vraie similitude du contour qui l’engendre, même s’il est sphérique, si la lumière ne vient pas de la figure du corps ombreux.

Si la lumière est de longue figure, cette longueur s’étend en hauteur, l'ombre des corps ainsi éclairés s’étendra en largeur.

S1 la longueur de la lumière est transversale, l'ombre du corps sphérique s’allongera en hauteur et aussi, par quelque manière se trouvera avoir la longueur de la lumière. Toujours l'ombre aura sa longueur au contraire coupée, en forme de croix, par la longueur de la lumière.

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