EE
843. — Sous ce titre, La peinture, les divers procédés, les maladies des couleurs, M. Ch. Moreau Vauthier a réuni un grand nombre d'observations, pratiques sur le procédé pictural: il les éclaire même de photographies en couleur qui seront d’un secours extrême pour l'étude. Il cite une assertion du peintre Dinet, qui a beaucoup étudié les questions techniques : « Presque jamais les lois complémentaires de Chevreul ne se réalisent dans la nature. Si elles sont vraies, elles existent dans un autre monde. »
Mais elles ne sont pas vraies et ne servent que de prétextes à barbouiller.
Regardez la planche IX du livre cité ci-dessus et lisez l’explication : « touches reliées scientifiquement : modelé et forme sacrifiés à la lumière ». Modeléet forme sacrifiés! Ah! Ah! Risum tenealis. Une peinture informe et sans modelé !
plus courte, la percussion de l'ombre dérivative sera plus longue et plus subtile que l'ombre primitive.
Si la lumière est plus subtile et plus longue que le corps ombreux, la percussion de l'ombre dérivative sera plus grosse et plus courte que la primitive.
Si la longueur et largeur du lumineux sont égales à la longueur et largeur du corps ombreux, alors la percussion de l'ombre dérivative aura même aspect à ses extrémités que l’ombre primitive.
845. — Toujours les extrémités des ombres simples dérivatives sont à leur percussion, entourées de la couleur des choses éclairées qui envoient leurs rayons du même côté lumineux qui éclaire le corps ombreux, générateur de cette ombre.
Les corps ombreux générent autant d'ombre autour de leur base et de tant de couleurs, que sont les couleurs éclairées opposées, qui les entourent, mais ces couleurs ont plus de puissance l’une que l’autre, suivant que le lumineux opposé est de plus grande splendeur; et cela montre diverses lumières placées autour d’un même corps ombreux.
846. — Des ombres environnant un même corps ombreux la plus obscure sera celle que générera le plus puissant lumineux.
847. — Le corps qui se trouvera placé entre deux lumières égales, mouvra de lui-même deux ombres, qui se dresseront
845. — J'ai dit déjà, ailleurs, que Rembrandtiavait été l'élève de Léonard, que le maître d'Amsterdam fut possesseur d’une copie du présent traité de l’ombre et de la lumière : et à la relecture sur l’épreuve, ma conviction s'affirme encore.
Même, si par son propre génie, le fils du meunier de Leyde a découvert le clair obscur comme procédé logique de sa prodigieuse puissance de visionnaire, il a obéi aux règles que Léonard formule.
Je ne répugne jamais à croire aux miracles : mais je préfère les trouver rationnels que surprenants. Ce qui prouve le créateur, ce n’est pas le météore, mais l’ordre perpétuel du cosmos. Au reste, qu’on y fasse attention, les deux maîtres du mystère sont le florentin et l’homme d'Amsterdam : le premier exprime le mystère spirituel, le second le mystère animique, mais tous deux œuvrent dans une atmosphère surnaturelle et malgré leur disparité s'adressent aux mêmes contemplateurs.
par droites à deux lumières et partiront de ce corps, qui paraît plus près d’une lumière que l’autre. Son ombre qui se dirige vers la plus proche lumière, fait moins d’obscurité, que celle qui se dirige vers une lumière plus éloignée.
848. — Si un objet placé à une lumière particulière vient à être rapproché, on le verra projeter une très grande ombre sur la paroi opposée; et d’autant s’éloignera l’objet de la lumière, d’autant la forme de l’ombre diminuera.
849. — La discordance proportionnelle de l’ombre, plus grande que sa cause, vient de ce que la lumière, étant moindre que l’objet, elle ne peut être d’égale distance à l'extrémité de cet objet; et cette partie, qui est plus proche, augmente en raison des distances. |
850. — L’air qui entoure la lumière, est presque de la nature de cette lumière pour la clarté et la couleur; et plus elle s'éloigne, plus elle perd de sa ressemblance; si l’objet qui fait beaucoup d'ombre est voisin de la lumière et se trouve éclairé par elle et par l’air lumineux, cet air laisse les extrémités de l’ombre à l’état confus.
Si les rayons lumineux, comme l'expérience le confirme, sont causés par un seul point, et dans le cours circulaire à ce point, s'ils vont en décroissant, ils se répandent par l'air. D’autant qu'ils s'éloignent ou s’élargissent toujours, la chose placée entre la lumière et la paroi est portée par ombre
850. — Cette remarque bien observée suffit à faire un bon tableau et cependant on la viole partout en Italie, sauf à Venise.
L’air qui entoure la lumière est presque de la nature de cette lumière, pour la clarté et la couleur. Cette loi de tonalité fait l’exceptionnelle puissance du Déluge de Poussin, quoique la lumière y soit diffuse et basse.
Canaletto 1697-1768 est le premier paysagiste pur de l'Italie, mais comme Venise est exclusivement architectonique,sans végétation, tout se passe entre la pierre, l'air et l’eau. C’est inconcevable qu’après un tel maître d’autres aient osé barbouiller les aspects de la Reine des lagunes. Guardi fut un peintre de genre, drôle, anecdotique.
La folie contemporaine se manifeste dans les toiles, une cinquantaine par salon, qui refont Canaletto sans dessin, sans perspective, et sans demiteinte.
majeure, parce que les rayons qui la touchent joignent leur concours sur la paroi et la font plus large.
851. — L'ombre conjointe est celle qui ne part jamais des corps éclairés, comme serait une boule, laquelle étant à la lumière, a toujours une de ses parties prises par l'ombre qui se divise, si la boule change de place. L'ombre séparée peut-elle être crée par le corps, ou non? Supposons que cette boule soit distante du mur d’une brasse et offre la partie opposée à la lumière; cette lumière enverra sur le mur, à proximité, une dilatation d'ombre, suivant qu’elle se trouve sur la partie de la balle, tournée vers le mur; et cette partie de l'ombre séparée qui ne se voit pas, fait, quand la lumière est sur la boule, que son ombre ne va pas vers le ciel et ne trouvant pas de résistance devant elle, se perd. |
852. — L'ombre dérivative croît et diminue, selon l’accroissement ou le décroissement de l’ombre primitive.
Mais l'ombre dérivative sera intégralement semblable au corps ombreux qui la génère, si la lumière qui entoure de ses rayons les extrémités des corps, n’est pas de la même forme
que ce corps.