‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 20 sur 46 · L'ombre dérivative née du · texte numérisé non relu

L'ombre dérivative née du

e 27 soleil peut être faite sur l'ombre dé- AS cal rivative née de l'air. Preuve : soit L . l'ombre de l’objet M qui est générée

par l'air E F dans l’espace D C B; soit que l'objet N moyennart le soleil G fasse l’ombre A BC

852. — Loi mal observée dans les gravures de Dürer. A la fin du 7raitédes Proportions où les figures sont si laides et qui parut en 1527, Dürer annonce une étude sur l’art de la peinture de paysage.

Ses dessins d’après nature sont d’une sûreté et d’une fidélitéincomparables, Elzheimer n'étant qu'un maladroit romanisant, Dürer reste l’unique paysagiste de l'école Allemande, quoiqu'il n'ait jamais peint, mais seulement dessiner d’après nature.

Pourquoi l'Allemagne n’a-t-elle pas de paysagiste? Pas plus à la Renaissance qu’en 1830, lorsque Ruysdaël et Cuyp et leurs émules anglais fomentèrent notre prodigieuse école de Fontainebleau, plus originale et grande, certes! que celle du temps de François Le’,

(et le reste de l’ombre D M E), qui en tel endroit ne voit pas l'air E F ni encore le soleil, donc c’est une ombre épaisse, car elle est générée, par deux objets, savoir N, M.

Les extrémités de l’ombre dérivative sont moins sensibles dans la lumière universelle que dans les particulières.

Les extrémités de l’ombre dérivative se dilatent d’autant plus, autour du corps ombreux, que la lumière qui la génère est plus grande.

854. — La partie de l’ombre dérivative, la plus voisine de sa cause, sera la plus obscure : et au contraire, elle sera de moindre obscurité, selon l'éloignement de sa cause.

855. — L'ombre d’un corps croît, selon la diminution de la lumière qui la génère, sans se déplacer.

L'ombre croît ou diminue, suivant l’espace interposé entre la lumière et l’objet ombreux, lequel est plus petit que le corps lumineux.

Le lieu ombragé, le soleil y étant, restera éclairé par l’air après la disparition du soleil, parce que toujours la moindre lumière est l’ombre de la lumière plus grande.

Le lieu éclairé par l’air se fait ombreux, s’il est environné par la percussion de rayons solaires ; et cela vient de ce que la grande lumière fait paraître obscure l'éclat de la petite lumière.

856. — Quand la lumière qui passe par un soupirail long et étroit, frappe l’objet ombreux, de figure et de situation semblable, alors l’ombre a la figure de l’objet ombreux. Preuve : soit le soupirail par où la lumière pénètre dans le lieu obscur AB, E l’objet colon- € © € nal, de figure égale et semblable et la figure du soupirail CD; E. F, soit la percussion du rayon ombreux du susdit objet CD; je dis : cette ombre ne peut être ni plus grande, ni plus petite que ce soupirail, à aucune distance, étant donné les conditions de lumière. Cela 'est prouvé

par la quatrième proposition de ce discours, qui dit que TRAITÉ DE L’OMBRE. 7

« tous les rayons ombreux et lumineux sont rectilignes ».

857. — Aucun objet ne montre sa naturelle blancheur, car le lieu où on le voit, le rend tantôt plus blanc, tantôt moins blanc à l’œil, selon que le lieu est plus ou moins obscur c’est ce que montre la lune, qui, le jour, se montre dans le ciel si pâle, et qui a, la nuit, tant de splendeur qu’elle paraît le similaire du soleil et, le jour, semble cachée dans les ténèbres. Cela a deux causes, d'abord le paragon que la nature a en soi de montrer les choses d'autant plus parfaites dans l’aspect de leurs couleurs, qu’elles sont plus différentes; ensuite, la pupille est plus grande, la nuit que le jour, comme il est prouvé; et une pupille agrandie voit le corps lumineux plus grand et plus excellent qu’une pupille plus petite, comme on le voit en regardant une étoile à travers un petit trou fait dans du papier.

858. — L'objet blanc éloigné de l’œil, en s’éloignant, perd de sa blancheur; et surtout quand le soleil l’éclaire, parce qu'il participe de la couleur du soleil mêlé à la couleur de l’air, qui s’interpose entre l'œil et l’objet blanc; et cet air, si le soleil est à l'Orient, se montre plus rayonnant parmi les vapeurs qui selèvent : mais si l’œil se tourne à l'Occident, il verra seulement l'ombre du blanc participer de la couleur azurée.

859. — L'ombre des choses éloignées participe de la couleur azurée, selon qu’elles seront plus obscures et plus éloignées : cela provient de l’interposition de l’air clair qui s’entremet entre l'obscurité des corps ombreux placés entre le soleil et l'œil qui les voit; mais si l'œil tourne à l'opposé du soleil, il ne verra pas semblable azur.

860. — L’ombre primitive devient plus obscure, si elle est générée sur la superficie d’un corps dense; et au contraire elle s’éclaircit à la surface des corps plus rares : cela est ma-

858-859. — Lire ces préceptes en face d’un Meissonier, le 1814, par exemple on reste stupéfait de l'ignorance technique d’un homme qui fut «le peintre national ».

TRAITÉ DE L'OMBRE ET DE LA LUMIÈRE. Sr

nifeste. Les aspects de ces objets qui teignent de leurs couleurs les corps juxtaposés, s’impriment avec d’autant plus de vigueur qu'ils trouvent une super-

ficie dense et polie. Preuve : soit © 14

le corps dense RS interposé entre À Éa l'objet lumineux NM et l’objet 4 = ombreux OP, par la septième du ne neuf qui dit : « La superficie de

tout corps participe à la couleur

de son objet », nous dirons donc, que la partie BAP sera éclairée, parce que son objet NM est lumineux; et pour la même raison, nous dirons que la partie opposée DCS est ombreuse, parce que son objet est obscur : ce qui conclut notre proposition.

La partie de la surface d’un corps dense, qui participe plus intensément à la couleur de son objet, est celle la moins influencée par d’autres objets colorés.

Donc, la même figure servira à notre proposition. Soit que la surface de ce corps ARB ne soit pas vue de l’obscurité OP, elle sera toute privée d’ombre.

Semblablement, si la superficie CSD n’est pas vue du lumineux NM, elle sera toute privée de lumière.

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