‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 37 sur 46 · EN O · texte numérisé non relu

EN O

tité est faite de deux quantités de telle lumière. Et si tu veux mesurer la quantité de couleur avec une petite cuiller, avec laquelle tu peux prendre les quantités égales : et quand tu as mis la couleur, tu l’étends avec une petite règle comme on fait pour mesurer le blé, quand on le vend.

Le champ clair qui environne l'ombre dérivée est plus. clair, près de cette ombre, que dans ses parties éloignées ; et cela vient quand ce champ recoit la lumière d’une fenêtre et non en pleine campagne; et la raison en sera donnée en son lieu, dans le livre de l'ombre et de la lumière.

952. — Donne une ombre universelle pour toute la partie qui ne voit pas la lumière; ensuite donne les demi-ombres et les principaux points de l’un et de l’autre et aussi donne la lumière de la demi-lumière et aussi les moyennes et principales pour la comparaison.

A argumenter sur le relief en peinture, il faut faire, entre la figure imitée et la chose réelle qui recoit son ombre, une ligne de claire lumière qui sépare la figure de l’objet obscur ; et sur ce même objet faire deux parties claires qui seront au milieu de l’ombre faite sur le mur de la figure opposée, aie soin de faire épais le membre, que tu veux qui se détache du corps et surtout quand les bras sont en travers de la poitrine et entre le tracé de l'ombre du bras sur la poitrine et l’ombre propre du bras, qu’il reste un peu de lumière qui paraisse passer entre, et qu'entre la poitrine et le bras, quand tu veux que le bras paraisse plus éloigné de la poitrine, fais cette lumière plus grande, et toujours ingénie-toi à place le corps sur le champ, de façon que la partie obscure se termine sur un champ clair et que la partie du corps éclairé se termine sur un champ obscur.

952. — L'ombre universelle veut dire l’air sombre, tel qu’il se produit au lieu même, suivant qu'il est extérieur ou intérieur.

Néanmoins, on entend mieux par air universel, celui des fresques, par exemple, qui ne se rapporte à aucun chiffre du cadran.

Fais que toujours l’ombre, faite sur la superficie du corps de variés objets, ondoie, avec divers contours, suivant le membre qui fait l'ombre et l’objet qui recoit cette ombre.

953. — Quand tu fais une figure et que tu veux voir si l'ombre est compagne de la lumière, qu’elle ne soit pas plus rouge ou jaune qu'il n’est dans la nature de la couleur que tu veux ombrer : fais ombre, comme il est dit, pour la partie éclairée; et si l’ombre accidentelle que tu as faite, est semblable à l'ombre naturelle faite par le susdit sur ton œuvre, ce sera bien. Et puis et selon la proximité ou l’éloignement, fais l’ombre plus obscure ou plus claire : elles doivent se comparer à la tienne.

959. — Quand l'œil voit toutes les parties des corps, vus par le soleil, il verra tous les corps sans ombre : cela est prouvé par la o0**° qui dit : « la superficie de tout corps opaque participe à la couleur de son objet ». Donc, le soleil étant l'objet de toutes les parties des corps que nous voyons, toutes ces surfaces participent à la clarté solaire qui les éclaire : tu regarderas ces corps ; et 1l est impossible que tu puisses voir d’autres parties de ces corps que celles que voit le soleil : par conséquent, tu ne verras pas l’ombre primitive, ni la dérivative d’aucun des corps susdits.

960. — Quand le soleil est à l'Orient et l'œil au Septentrion ou au méridien, l'œil verra l'ombre primitive des corps situés à l'Orient et les lumières des corps situés à l'Occident, car il se trouve au point médian, entre les lumières et les ombres des corps.

961. — Quand le soleil et l’œil sont à l'Orient, toutes les parties de la surface, qui voient le soleil, se révèlent à l'œil éclairé, par la neuvième de ce chapitre.

Quand l’œil en Occident voit le soleil en Orient, les corps opaques placés entrel’Orientetl’Occidentrévèlentleurs ombres.

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