Juge bien, 6 peintre ou miniaturiste, quand ta pein
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988. — Chose notable, aucune des formules de Léonard ne s’adapte au paysage historique, tel que Poussin l’a réalisé. C’est bien d’une imitation directe de la nature qu'il s’agit, telle que l’entendaient les Hollandais et nos romantiques.
Le grand maître n’a pas prévu l'art philosophique de Poussin, et cependant si on peut se figurer un Léonard paysagiste, on ne le conçoit pas dans un autre ordre que celui de la nature philosophique.
Toutefois, Léonard ne fait pas un acte d’esthéticien; et dans sa pensée judicieuse il faut commencer par être un bon paysagiste de sites et d’après na-
ture doit être vue, loin de l’œil; et feins qu’à cette distance on la voie comme d’un soupirail, ou je veux dire un trou, une fenêtre, par lequel les objets placés devant toi pourront arri-
ver à ton œil; et tu jugeras que les objets seront si petits que, non seulement les membres, mais l’ensemble te semblera impossible à figurer.
ture, devant que l’on compose et réalise une nature plus belle que celle que nous voyons.
Le paysage du Poussin est plus beau que nature, et la pensée qui y plane donne l’impression de cette pensée divine qui conçut l’univers.
Enfin Poussin paraît dans ses dessins : ils sont d’une maîtrise et d’une entente de la lumière que nousne trouvons pas dans ses tableaux, mais ceux-ci représentent une nature héroïque, presque olympienne, où il n’y a place que pour des dieux, des héros ou des hommes illustres. Dans un tel décor, le passant est un personnage de l'École d'Athènes.
Le touriste ne reconnaît pas la campagne romaine dans l’œuvre du peintre des Andelys, pas plus qu'il ne retrouve une mère du Transtevère dans la Vierge à la Chaise.
Cela vient que tout homme juge ice d’une imitation matérielle, et que la transfiguration, qui est le grand œuvre artistique, désorienté le commun des hommes.
I1 fautêtre lettré, sinon archéologue, pour entendre la beauté magnificente du Diogène ou du Polyphème où la composition atteint à un style surhumain. La glèbe n'existe pas pour Poussin, les champs'ne produisent rien que de la beauté, toute idée d'agriculture est écartée ; c’est une vision de ce parc au paradis de la Genèse que l’imagination des écrivains sacrés donne pour séjour au premier couple. Et si haute est la beauté de cette nature que les personnages y font une tache de vulgarité comme dans l’Orphée du Louvre.
A l'échelle de majesté où se manifestent ces arbres, ces rives, ces rochers, quelle figure ne paraîtra mesquine, et les personnages de Raphaël lui-même se trouveraient réduits et minces au milieu d’une telle symphonie de splendeurs naturelles.
Poussin est, avec Rembrandt, le premier quiait étudié le traité de peinture de Léonard.
Dans une lettre à M. Bosse le grand artiste dit : « Pour ce qui concerne le livre de Léonard de Vinci, il est vrai que j'ai dessiné les figures humaines qui sont en celui que tient M. le chevalier Dupuis, mais toutes les autres, soit géométrales ou autrement, sont d’un certain Gil Alberti, celui même qui a tracé les planches, qui sont au livre de la Rome souterraine et les gaufes, paysages qui sont au derrière des figures humaines de la copie que M. de Chambray a faitimprimer, y ont été adjoints par un certain Errard, sans que j'en aye rien sceu ».
C’est le chevalier del Pozzo qui communiqua au Poussin la copie du manuscrit Barberini. Ce fut cette copie donnée par del Pozzo à Chanteloup qu'il apporta en France et donna à Du Fresne. Ce dernier s’aida d’une autre copie que lui prêta M. Thévenot.
Comme si l'œil est O et letrou d’unquart de bras, égal à ton panneau peint À B, éloigné de l’œil d’un demi-bras, alors tu verras dans cet espace tous les objets qu’on peut voir dans la lonsueur d’un horizon de cent mille, en si confuse diminution, que tu ne pourras figurer aucune partie ayant vraiment figure; mais à peine pourras-tu avec un petit bout de pinceau qui ne soit pas plus grand que toute grande maison placée à dix mille de distance.
089. — L'air qui acquiert des degrés de densité, à chaque degré de sa lourdeur et de la distance, est cause que la cime des monts, en s’élevant, montre leur naturelle obscurité parce qu'ils subissent la même densité de l’air à la cime qu’à la base et de près que de loin.
Preuve : OP, DS, CR, AK sont les degrés de l'air qui toujours augmentent à mesure qu'ils s'élèvent, AUS UIS ENENS HK sont les autres degrés transversaux où l'air acquiert de la subtilité, d'autant plus qu'il en approche. Il s’ensuit que la cime du mont E est plus obscure que la base, parce que, comme il est dit, l’air est plus dense en bas qu’en haut; encore le mont E est plus obscur que le mont G, parce qu'il y amoindre densité d'air entre CE qu'entre CG; et la cime G étant plus haute que sa base fait la même chose pour le mont E, le rendant plus obscur d'autant qu’il s'élève; et à distance égale, comme Y G, paraît plus obscur que la cime E, pour s’allonger dans l'air, qui s’y oppose moins, étant plus subtil.
Il ne s'ensuit pas que la proportion de l’obscurité des monts soit celle de leur éloignement, ce qui serait possible, si les monts étaient d'égale hauteur; mais G, pour s'élever plus haut n’observe pas cette règle, parce qu’il pénètre dans un air plus subtil.
990. — La densité de l’air est variable de subtilité, suivant l'altitude au dessus de l’eau et de la terre, et se trouve d’autant plus subtil et froid qu’il est élevé. Pour la première monta-
gne P, elle paraît plus claire que le mont O, parce qu'il y a plus ee dardentre A’lœilet LP, mont 7
qui est entre À le mont O; aussi
le mont Q sera plus clair que le mont P, mais cette clarté n'aura pas la même proportion que la clarté du mont P qui a Ja distance, parce que Q se trouve en air plus subtil que P et ainsi il se montre plus obscur, que le veut la proportion de la distance.
091. — Les paysages représentant l’hiver ne doivent pas montrer des montagnes azurées, comme cela se voit l'été: cela se prouve par la 4° de ce discours qui dit : « Entre les monts vus à longue distance, celui qui montrera une couleur plus azurée sera en soi le plus obscur ».
Donc, les plantes étant dépouillées de leurs feuilles, si nous les montrons de couleur grise, avec leurs feuilles, elles seront vertes et d’autant plus le vert est plus obscur que le gris, autant le vert se montrera plus azuré que le gris par la 1° de ce discours. »
L'ombre des plantes revêtues de leurs feuilles est plus obscure que celle des plantes dépouillées, quand les piantes vêtues de leurs feuilles sont moins rares que celles qui n’ont pas de feuilles, et ainsi nous avons prouvé notre intention.
La définition de la couleur azurée de l’air donne sentence, parce que les paysages sont plus azurés l'été que l'hiver.
992. — Les monts ombrés par les nuages participent de la couleur azurée, quand il fait clair autour desdits nuages : et cela vient de ce que l'air éclairé par le soleil se trouve de grande clarté; et la similitude de cette obscurité des monts obscurcis par les nuages passant devant l'œil, par la
susdite clarté de l'air, forme cette couleur azurée, comme il fut prouvé à Ja 5° de la 2°.
Plus se montre lumineux et clair, l’air, à la partie du soleil qu’à l'opposé.
993. — Je dis que l'air interposé entre l’œil et le mont paraît plus clair en P qu’en A : cela vient de diverses causes.
La première est que l'air interposé entre l’œil et P est de plus grande somme que celui qui s’interpose entre l’oœil et A, et par conséquent est plus clair.
La seconde raison est que l’air est plus dense dans la vallée P, que sur le mont A.
994. — Le relief des monts appelés la chaîne du monde est né du cours des fleuves, des pluies dans les tempêtes et les glaces fondues par les rayons solaires : laquelle fonte est génératrice d’eau, rassemblée de beaucoup de .petits ruisseaux confluents par divers circuits aux rivières. Elles croissent en amplitude, quand elles ont de la force acquise et ensemble se convoient vers la grande mer océane, toujours rognant l’une des rives et rendant à l’autre, et recherchent la largeur de leurs vallées : et non contentes de cela consument les bases des monts latéraux, lesquels tombent en ruines sous l’action de ces fleuves, fermantles vallées, et comme s'ils voulaient se venger, les monts arrêtent le cours de ces fleuves et les convertissent en lacs où l’eau avec un mouvement très lent paraît apaisée jusqu’à ce que le mont éboulé de nouveau soit consumé par le cours de l'eau susdite.
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Nous dirons donc, que l’eau, du plus étroit et court chemin qu'elle trouve, a consumé le lieu où elle passe et d’autant plus qu’elle passe dans un canal très large et profond. Il s'ensuit que les hauts pics des monts étant la plupart du temps couverts de nuages et les pluies les frappant souvent, les fleuves ne sont d’abord que le peu de gouttes de pluie qui reste au bord de l’âpre cime; ils commencent à former les très petits rameaux d’un très lent mouvement, ces gouttes qui n’ont pas la force de troubler aucune particule de terre par elles remuées, grâce aux mille racines des petites herbes. Pour cette cause, ces sommets des monts ont plus de durée dans leur superficie que dans leurs racines où les furieux élans des eaux accrues sans cesse, non contents de la terre apportée, ravagent les collines couvertes de végétation, en même temps avec les grands rochers, qui roulent sur un long espace jusqu’à ce qu’ils soient réduits comme du verre et en menue pierraille.
Il faut en conclure que la base des monts et des collines sans cesse se restreint : on ne peut nier que les vallées ne s’élargissent : la largeur du fleuve ne peut plus occuper la largeur de sa vallée. Ainsi, il change de place, laissant le cours de tel lieu où il a déchargé le plus de matière. Cette matière rongeant et enlevant l'argile jusqu’à ce que, ayant emportée toute la matière laissée, il rentre dans son antique lit, duquel il ne sort plus, jusqu’à ce qu’un semblable accident l’enlève du lieu susdit.
Et ainsi, de pluie en pluie, tombée par intervalles, l'eau va déchargeant des matières pesantes dans chaque vallée.
995. — Les herbes et les plantes seront de couleur d'autant plus pâle que le terrain qui les nourrit est plus maigre et manque d'humidité; et le terrain est plus sec et maigre sur les rocs qui forment les monts. Et les arbres seront d'autant plus petits et minces qu’ils seront plus voisins de la cime du mont, et le terrain est d’autant plus maigre qu’il approche de ladite cime et d’autant gras et riche qu’il se rapproche du creux des
vallées.
Donc, peintre, tu montreras, sur le sommet des monts, les rocs qui les forment, en grande partie couverts de terre, et l'herbe qui y naît petite et rare et en grande partie pâle et sèche par défautd’humidité et poussiéreuse ; et la pauvre terre paraîtra entre les pâles herbes; et les petites plantes racornies et sèches et sans croissance avec leurs courts rameaux et leur peu de feuilles, laissant voir presque partout leurs rougeâtres et sèches racines emmêlées sur le bord et les arêtes des rochers rouillés. Ces plantes sont nées de souches estropiées par les hommes ou les vents; eten beaucoup de places, on voit les rochers dépasser les collines des hauts monts, recouverts de mince et incolore argile et ailleurs montrer leurs vraies couleurs, là où a frappé la foudre du ciel, qui a brisé ces rochers qui opposaient à son cours leur épaisseur. |
Et plus on descend vers la base des monts, plus les plantes deviennent vigoureuseset se couvrent de rameaux et defeuilles; et leur verdure est aussi variée que les espèces qui composent cette végétation, dont les rameaux, avec divers ordres et diverses épaisseurs de rameaux et de feuilles, de formes et de couleurs, et certains avec des ramifications élancées, comme les cyprès et similaires ; d’autres avec des ramifications éparses et larges, comme le chêne et le châtaignier et semblables ; d’autres avec de petites feuilles ; d’autres comme le génevrier, et le platane et leurs semblables; une certaine quantité de plantes nées ensemble couvrent des espaces de diverses étendues et d’autres espaces s'étendent sans division, comme des prés ou des champs.
996. — Ce qui se discerne le mieux dans les variées distances des collines et des monts c’est leur sommet; et cela vient de ce que, à tout degré de distance de l’œil vers l’orient, 1l y a des degrés de perdition et clarté d’air ou blancheur et de F à B est plus clair que de F à A. ;
997. — Le sommet des montagnes et des collines paraît plus obscur, parce qu'une plus grande quantité d’arbres se rencontrent ensemble; et on ne voit pas le plan de leur inter-
valle, qui est plus clair, comme cela se voit sur les plages et
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pour la même raison, qui obscurcit la campagne dans le milieu de leur hauteur.
998. — Les lumières et les ombres sont aussi variées que les sites où elles se produisent.
Quand la partie ombreuse des corps est augmentée par un objet obscur, cette ombre sera d'autant plus obscure que la première, que cette augmentation est moins claire que l'air.
La percussion de l’ombre dérivative ne sera jamais dans la figure de son origine primitive si la lumière primitive n'est pas semblable à la figure du corps qui forme l'ombre.
999. — L'ombre, qui avec concours de lumière, couvre un corps irrégulier sera d’obscurité et de figure aussi variées qu’il
y aura de variétés dans le mouvement péri-
6 phérique que fait le corps; et autant peut 3 tourner le corps autour de la lumière stable d que la lumière peut tourner autour du corps f A immobile.
Preuve : Soit E N le corps immobile et B ‘ha la lumière mobile qui se meut de B en A. Je
dis que lorsque la lumière sera en B, l’ombre du globe D s’étendra de D à F, et cette ombre en mouvant la lumière de B en A se change de F en Z.
i24 TRAITÉ DE L'OMBRE ET DE LA LUMIÈRE.
Ainsi la susdite ombre change de quantité et de figure, puisque le lieu où elle se trouve n’est pas de même aspect que celui d’où elle se partage. Ce changement de figure et de quantité est extrêmement variable, si tout le site qui était primitivement occupé par l’ombre est en soi très varié et de quantité continue, car toute quantité continue est divisible à l’infini; d’où je conclus que cette quantité d'ombre et sa figure sont variables à l'infini.
Toi, peintre, tu ne dois pas plus diminuer la perspective des couleurs que celle des figures où ces couleurs se génèrent, et pas plus la perspective linéaire que celle des couleurs, mais suivre la diminution de l’une et de l’autre, selon la règle du 8° et du 7°. |
Il est bien vrai, que dans la Nature, la perspective des couleurs ne rompt jamais sa loi, tandis que celle des dimensions est libre, parce qu’elle est voisine de l’œil : tu découvriras une petite colline et au lointain une grande; et ainsi des arbres et des édifices.
L’obscurité de la ténèbre est intégrale privation de lumière.
Entre la lumière et la ténèbre, dans leur quantité continue, il y a une infinie variété, c’est-à-dire entre la ténèbre et la lumière est une puissance pyramidale, qui étant toujours divisée par moitié vers le point, reste toujours plus lumineuse que la partie levée.
1000. — Toutes les parties des corps que l’œil voit, entre la lumière et l'ombre, se terminent par des lumières et des ombres et les parties ôtées à la lumière seront confuses, de facon qu'entre la lumière et l’ombre, il y aura peu de différence; les parties ombreuses, s’il n’y a pas de reflets, auront, commecelles éclairées, peu de variété, dans le plus ou moins obscur.
1001. — Aux figures et autres corps vus en plein air, sans soleil, tu feras les ombres suivant la 5° de la 4°, qui enseigne que la partie de n’importe quel corps opaque sera plus éclairée, si elle est vue d’une plus grande partie du corps éclairant.
C’est pourquoi si tu considèreset tu tires la ligne imaginaire,
du corps qui éclaire au corps éclairé, remarque que plusil voit, plus il s’éclaire; et que les reflets ont peu d'apparence : et cela arrive pour tous les objets, qui sont dans l’air éclairé, quand quelque nuage couvre la lumière du soleil ou encore quand le soleil est à tramontane et qu’il tombe du ciel une lumière morte, à laquelle tout corps montre insensiblement les extrémités des ombres avec leurs lumières, sur les corps ombreux.
Les extrémités d’ombre qui naïîtront d’une plus grande quantité de lumière seront les moins sensibles,
Les reflets ou les ombres qui se renferment entre les lumières incidentes et réflexes, seront, au même site, de plus grande obscurité s’ils sont de plus grande quantité.
Cela vient de ce que, lorsqu'ils sont de majeure quantité par la 7° de la o°, ils sont plus éloignés des deux lumières, savoir la réflexe et l’incidente, donc l'ombre est moins empêchée.
1002. — La partie la plus obscure de l’ombre sera la plus voisine de son origine. La lumière la plus forte sera générée sur un corps de petite curvité, cette lumière étant produite par une même cause.
1003. — Les corps éclairés par un air sans soleil, formeront des ombres sans extrémités sensibles.
1004. — Les corps qui sont éclairés par l’air avec le soleil, ont les extrémités des ombres très sensibles.
1005. — Les corps éclairés par diverses quantités de couleurs de lumières n’ont pas les parties éclairées de leur surface convenantes aux couleurs de leurs parties ombreuses.
Il est rare que la couleur de la superficie des corps opaques ait les couleurs d'ombre correspondantes à celles de leurs parties éclairées.
1006. — Les objets, qui font ombre sur ces corps, ne sont pas de la couleur naturelle de ces corps, ni de la couleur naturelle du corps qui les éclaire.
1007. — Les vraies couleurs de l’ombre et de la lumière de chaque corps : que les murs de l’habitation où le corps se . trouve soient de la couleur du corps, qui sera dedans; et que
la lumière dévoilée qui éclaire cette habitation soit encore de celle du corps qu’elle renferme; et ainsi l'habitation génèrera, avec ses parties ombreuses, l’ombre sur le corps contenu, et ces parties seront de couleurs proportionnées à ce corps ombré, et les parties éclairées de la couleur de la fenêtre s’accorderont à la couleur du corps éclairé et à celle de ses ombres.
1008. — Les extrémités des corps, placés au milieu des champs, paraissent toujours variées avecplus d’obscurité ou de clarté que l’autre quiestéloigné. Cela ressort de la7° du discours qui prouve que les extrémités des choses blanches paraissent plus claires, quand elles confinent à des extrémités plus obscures, et les choses ombrées paraissent d’autant plus obscures qu’elles confinent à des objets plus blancs. Le meilleur exemple de démonstration est le blanc éclairé par le soleil; la partie ainsi éclairée paraît plus blanche, en comparaïson de l’ombre, et l’ombre plus obscure en comparaison du clair. Cela se voit bien dans les parois des murs et aux corps plans.
L'ombre des corps éloignés doit être faite à la même lumière, parce que si tu fais ton mélange de coloris au soleil, pour imiter la chose éclairée par le soleil et qu’ensuite tu fasses le mélange des ombres des corps, à l’ombre pour imiter les choses que le soleil n’éclaire pas, et qu’ensuite tu mettes toute chose à l'ombre, tu ne réussiras pas la vraie similitude, parce que tu as à considérer qu’une même qualité de couleur placée à l'ombre, sera une vraie ombre, quelle que soit la place du soleil et si tu regardes ensuite le soleil à la partie ombrée comme à la partie éclairée, tu verras que l'ombre et la lumière imitées sont faites d’une même couleur.
1009. — Quand tu veux imiter une couleur, aie soin, qu’en
1009. Voyez l'Histoire de l’évolution du sens des couleurs, en prenant garde que le D' Hugo Magnus emprunte son système à Darwin.
Pour l’imitation exacte des couleurs naturelles, les Hollandais restent incomparables.
étant dans le site ombreux, tu ne veuilles imiter un site lumineux, car tu te tromperais dans toneffort. Observe, dans un cas semblable, si tu veuxopérer avec certitude, comme il convient à la démonstration mathématique, que toutes les couleurs que tu as à imiter soient comparées, l’imitante avec limitée, à une même lumière et que ta couleur soit limitrophe à la ligne visuelle de la couleur naturelle.
Disons que tu veux imiter la montagne dans la partie où elle
est vue par le soleil, mets tes couleurs au soleil; età sa vue fais le mélange nécessaire à ton imitation et compare à la même lumière solaire, tenant ta couleur confrontée avec celle à imiter : disons que j'ai le soleil à midi et je regarde le mont du ponant qui est moitié ombreux et moitié lumineux, mais je veux imiter le lumineux; je prends un papier couvert de la couleur qui
Jean Both, Berghem, Karel Dujardin sont des maîtres prosaïques, aux couleurs un peu voyantes.
Il ya plusieurs Ruysdaël : Salomon, son frère Isaac, et leurs fils. Le fils de Salomon est médiocre, le fils d’Isaac est le plus grand des Hollandais : en lui s’accomplit la dernière évolution de l’art du paysage.
L’Avenue de Middelharnis d'un Hobbema et tel canal de Cuyp ou telle vue de Van der Meer ou de Van Goyen.
Le paysage flamand est d’abord celui des miniaturistes. L’Adoration de l’A gneau, avec ses lointains montants, marque la transition la plus étonnante dans l'interprétation de la nature qui orchestre et soutient le Chœur des ermites, comme celui des chevaliers, avec des tons d’une grande justesse d'observation. La Vierge du chancelier Rollin, au Louvre, a pour fond un paysage d’une délicatesse de touche délicieuse.
Ni Patenir, ni Van Orley, avec leur faire analytique et uniformément précis ne valent comme maîtres.
Jean Breughel a le beau ruisseau de Dresde, mais il ne possède pas encore cette théorie des valeurs qui seule rendra intéressante l’étude réaliste.
Paul Bril, avec une palette flamande, n’est qu’un élève secondaire de Titien et Rubens, trop loué comme peintre d’histoire où il est grossier, emphatique et superficiel ; tient une place de grand maître du paysage : l’Arc-en-ciel de Munich.
me paraît semblable à celle imitée et le place en confrontation de celle imitée, de façon qu'entre la vraie et la fausse il n’y ait pas de solution de continuité; et ainsi Je l’expose aux rayons du soleil : et j’ajouterai autant de variétés de couleurs que la couleur de chacune sera semblable et ainsi j'irai, découvrant toutes les qualités nécessaires des couleurs ombreuses ou lumineuses.
1010. — Autant la chose éclairée est moins lumineuse que
celle qui éclaire, autant sa partie réflexe sera moins lumineuse que sa partie éclairée.
L'objet le plus éclairé sera le plus proche de ce qui éclaire. Autant que BC entre en BA, autant sera plus éclairé que A Den DC.
La partie la plus éclairée est celle qui a les ombres les plus obscures.
1011. — Quand les deux yeux voient deux objets égaux qui sont chacun plus petit que l'intervalle des lumières à l'œil, le second objet paraït plus grand que le premier.
La pyramide AC embrasse le premier objet et la pyramide A D le second; or l'objet M paraït plus grand que N, parce la largeur de la pyramide B D est plus grande que A C.