DES ARBRES ET DE LA VERDURE
1012. — Des fleurs qui naissent dans les ramifications des herbes, il y en a qui fleurissent d’abord aux plus hautes tiges et d’autres se montrent au bas des tiges.
1° Tout rameau d’une plante, qui n’est pas alourdie par son propre poids, s’incurve et lève son extrémité vers le ciel.
2° Les rameaux des branches des arbres, qui poussent en dessous, sont plus grands que ceux qui naissent en dessus.
3° Tous les ramicules, poussés vers le centre de l’arbre, se flétrissent en peu de temps, par l'effet de l'ombre qui les surplombe.
4 Les ramifications des plantes seront d’autant plus vigoureuses et prospères qu'elles seront plus voisines des parties extrêmes et supérieures; raison : celle de l’air et du soleil.
5° Les angles de la division des ramifications des arbres sont égaux entre eux.
6° Mais ces angles deviennent d’autant plus obtus que les rameaux des côtés vont en vieillissant.
7° Le côté de cet angle devient plus oblique, lorsqu'il est fait de rameaux plus déliés.
8° Toute bifurcation de rameaux jointe ensemble recompose la grosseur du rameau, qui se conjoint avec lui.
1012.— Le botaniste, chez Léonard, conseille le peintre. 11 n’est pas douteux que la connaissance analytique du feuillage et de ses variétés ne doive aider à une bonne réalisation.
dont les rameaux ont plus de conformité de grosseur.
rameau croit dans la même proportion
que le rameau, et toujours se manifeste
11° Le point de naissance des T jusqu’à ce que la vieillesse le fasse crever D == ù $
9° Les torsions des maîtresses branches et les naissances de leur ramification, ne se renn contrent pas entre elles.
W 10° La torsion des branches qui s’infléchit le plus est celle SF £ O7 fe fe feuilles laisse toujours sa trace au-dessous du rameau, croissant ensemble avec le rameau, jusqu’à ce que l’écorce crève et s’ouvre par la vieillesse de larbre.
1013. — Toujours le bord d’où se détache la feuille du et rompe l'écorce.
Soit PBC la grosseur du rameau et BCD la feuille qui s'applique au rameau dans tout l’espace BOC et qui est le troisième de la grosseur du rameau; O est l’œil où naït un rameau sous la feuille.
Je dis donc qu’environnant le bord de la feuille, comme la troisième partie de la grosseur dela branche, le rameau PBC
croissant jusqu’à la grosseur HGS, sera encore le tiers du cercle de cette grosseur, comme
TE
(Ô ME) c'est écrit en GS.
SZ 1014. — La branche la plus
courbée sera celle qui naît le plus bas, dans la quantité de la
FEANAN
ramification.
SZ ? 1015. — Les bords, qui ÈE ) font la conjonction des bran-
ches vers leur sommet, grossissent, en même temps que ces branches, dans leur enfourchure
ils restent assez relevés tout le temps de leur jeunesse, et dans la vieillesse deviennent creux.
1016. — Les feuilles qui composent les dernières ramifications des plantes, sont plus visibles dans les parties de dessus que dans celles de dessous; et cela se remarque davantage dans les noyers que dans les = autres plantes, parce que ces feuilles sont composées de six autres feuilles qui, par leur poids, s’inclinent vers le bas et souvent s’appuyent l’une sur l’autre et composent une plaque assez lumineuse et cela se voit de loin : mais de près, on voit peu de lustre sur chaque feuille; et dans la partie de dessous de cette ramification, des feuilles pendent obliquement, sous leur point de naissance, faisant ombre l’une par l’autre à celle de dessous. (est pourquoi, on dit que cette ramification a des feuilles plus dégagées dessus que dessous, parce qu’elles ne sont pas couvertes par les autres : et dans la partie de dessous, elles sont couvertes par les supérieures et l'œil ne les saisit pas entièrement. Encore de dessus, les feuilles inclinant sur leur point denaissance, peu d’entre elles s’écartent au-dessus de leur point de naissance, tandis que celles de dessous s’écartent assez. Ainsi les feuilles de ces ramicules sont moins écartées de la masse de toutes les autres feuilles que les dernières feuilles de dessous : et cela se voit dans la lumière particulière, parce que dans la lumière universelle les feuilles ont de la lumière et non du lustre, et tous les arbres qui ont leurs feuilles composées d’autres feuilles, font l’office susdit, même s’ils ont la feuille large comme le platane, le tilleul, le figuier et semblables.
1017. — La grosseur des branches de chaque arbre, née la même année, avec leur première tige, ont la proportion de l’année antécédente et de la succédente, et cela pour toutes les années passées et futures c'est-à-dire que, dans toute année, les branches qu’acquièrent chaque plante, quand elles ont fini leur
croissance, si on calcule et réunit leur grosseur, sont égales au rameau né l’an passé et qui l’a engendré : et ainsi de suite auparavant comme dans les temps futurs, c’est-à-dire que les rameaux AD et BD, les derniers de la plante, étant joints ensemble, seront égaux au rameau DC qui les a engendrés... 1018. — Les ramifications des arbres, en se chargeant de fruits etde feuilles, changentla position qu’elles avaient pendant l'hiver.
1019. — Mais de branche à branche, la grosseur de celles qui bifurquent ne varie qu'insensiblement.
Enserrer les ramicules qui naissent entre ses principales branches, referait la grosseur des branches égale à toutes. Aux jeunes arbres, l'écorce ne craque pas.
Les branches des plantes sont placées de deux facons,savoir à la rencontre l’une de l’autre ou non. Si elles ne sont à la
—\ rencontre, la branche du mi- ) lieu ira pliant tantôt vers une, a tantôt vers l’autre; et si elles N « ;
Le et sont à rencontre, l'arbre du
DA milieu sera droit.
1020. — Toujours la bran- J che se génère sur le bord de la feuille et ainsi fait le fruit.
L'écorce des arbres toujours craque, par la longue durée de
la plante, excepté celle du cerisier, qui se coupe en cercles.
1021. — Quand la maîtresse branche se divise en plusieurs
rameaux principaux à une même hauteur, alors le bord de la
jointure de ces branches va plus haut à la rencontre l’une de
l’autre, plutôt que vers le centre de l’arbre où restera une grande concavité.
Cela arrive, lorsque les angles des branches sont plus ser-
rés entre eux que l’angle formé par la maîtresse branche,
1018. — L'arbre est le personnage du paysage.
c'est-à-dire : A B sont divisés par des angles plus étroits, comme B. C. que les rameaux AC; Donc, ces rameaux dans
leur croissance se joindront en BC et plus leur jointure s'élève en AC, plus celle du milieu reste basse. Cela est nécessaire. Soient les trois cercles N M O qui se touchent en un point dans les lignes N M et MOet ON et non au milieu et qui ne peuvent s'attacher ensemble, puisqu'ils ne doivent pas se toucher, ils s’attacheront donc en ces contacts et non au milieu et aussi dans la croissance de leur attache qui ira s'élevant, comme cela est montré ci-dessus en Ÿ C. D'où, dans cette haute allure, le milieu restera bas et concave.
1022. — Les plus vieilles parties des plantes sont celles qui sont près de leur naissance, comme le montre les cracures de leur écorce. Cela se voit dans les noyers qui ont souvent une grande partie de l’écorce lisse et polie sous la vieille écorce crevée; et ainsi, ils sont de tels degrés de jeunesse ou de vieillesse, que marquent leurs branches maîtresses.
Les années d'âge des arbres, qui n’ont pas été abîmés par les hommes, se reconnaissent à leur ramification maitresse.
La partie la plus jeune aura l'écorce plus polie et plus nette que les autres parties.
La partie méridionale montre plus de jeunesse et de vigueur que la septentrionale.
La partie la plus vieille de l'écorce est celle qui se crève la première et l'écorce est plus rude et épaisse aux parties les plus anciennes.
Les cercles des rameaux des arbres sciés montrent le nombre de leurs années, et si elles furent humides ou sèches, selon la largeur ou l’étroitesse du cercle.
Et ainsi se montre l'aspect du côté où ils étaient tournés, parce qu'ils sont plus gros au nord qu’au midi; et aussi le centre de l'arbre pour cette cause, est plus voisin de son écorce méridionale que la septentrionale, et bien que cela ne serve pas à la peinture, je l’écris, pour donner meïlleure notion des arbres, selon ma connaissance.
Les cimes des arbres seront plus touffues qui seront plus voisines de la maîtresse branche. |
Les feuilles qui naissent les premières et qui restent les dernières, sont celles qui naissent à la cime maîtresse.
Plus l'arbre est vieux, plus ses rameaux se raccourcissent.
La branche qui s'étend avec une grosseur continue et plus directe, est celle qui génère des petits ramicules à son entour.
Les plantes, quise dilatent aisément, ont les angles qui séparent leurs ramifications d’autant plus obtus, que leur naïssance est plus basse, c’est-à-dire plus voisine de la partie la plus grosse etla plus vieille du tronc. Donc, dans la partie plus jeune de l’arbre, les angles des ramifications sont plus aigus.
1023. — La grosseur d'aucune branche ne diminue jamais que de feuille à feuille, sinon quant à la grosseur de l'œil qui est sous la feuille et cette grosseur manque à la branche qui succède jusqu’à l’autre feuille.
La nature a mis les feuilles des dernières branches de beaucoup de plantes, de facon que la sixième est toujours sur la première et ainsi de suite, lorsque la règle n’est pas
contrariée et cela a double utilité. D’abord le rameau naissant est le fruit de l’année
qui suit le bourgeon de })
l'œil, qui est dessus en con-
tact avec l’attache de la HU feuille; l’eau qui baigne a cette branche peut descen- |
dre pour nourrir ce bour-
geon et arrêter la goutte
dans la concavité où naît la Mel | feuille. Ensuite, pour la ïe di
croissance, les nouveaux
rameaux de l’année suivante ne se couvrent pas l’un l’autre, parce qu'ils poussent leur cinq rameaux de cinq côtés et le sixième naît au dessus du premier, à une assez grande distance.
Les ramifications de certaines plantes, comme l’orme, sont larges et déliées, à air de main ouverte en raccourci, et se signalent par leur quantité : dessous, elles montrent leur partie supérieure et celles qui sont plus hautes montrent leur partie inférieure, et celles du milieu à la fois une partie de dessous et une partie de dessus ; et la partie de dessus est à l’extrémité de la ramification ; et cette partie du milieu est plus courte qu'aucune autre de celles qui sont vers le point opposé : et de cette partie du milieu de la hauteur de la plante, la plus longue sera vers les extrémités de ces mêmes arbres, et elle a ses ramifications comme les feuilles de l’heureuse salvatique qui naît parmi les argiles des fleuves. |
D’autres ramifications sont rondes, comme celles des arbres qui mettent leurs ramicules et leurs feuilles, la sixième au-dessus de la première, et d’autres sont menues et transparentes comme le saule et ses semblables.
1024. — Les extrémités des ramifications des plantes, si
1024. Exceptant Rembrandt, lion qui signe de sa griffe sur son cuivre, les
elles ne sont pas alourdies par le poids des fruits, se tournent
vers le ciel le plus qu’elles peuvent.
La partie droite de leurs feuilles est tournée vers le ciel pour recevoir la nutrition de la rosée qui
\/ tombe la nuit.
LE Le soleil donne esprit et vie aux plantes, A7 et la terre avec son humeur les nourrit.
oi A propos de ce cas, j'ai expérimenté de laisser une petite racine à une citrouille qui n’était nourrie que d’eau; et cette citrouille conduisit à perfection tous les fruits qu’elle pouvait générer et qui. furent LX citrouilles; et réfléchissant à ce fait, j'ai reconnu que la rosée de la nuit par son humidité pénètre abondamment par le bord de ses grandes feuilles et pourvoit à la nourriture
de la plante et de ses fruits.
La règle des feuilles, nées sur le dernier rameau de l’année sera dans deux rameaux jumeaux, en mouvement opposé, c'est-à-dire se tournant vers la naissance des feuilles de leurs rameaux, de facon que la sixième feuille de dessus naisse sur la sixième de dessous et leur mouvement se contourne ; si l’un se tourne vers son compagnon à droite, l’autre se tournera à gauche. — La feuille est tette ou mieux mamelle de la branche, pour les fruits qui naïtront l’an prochain.
1025. — La naissance des ramifications des plantes, sur leurs branches principales, est la même que celles des feuilles, lesquelles ont quatre façons de procéder ; l’une plus haute que
dessins des Hollandais exacts, minutieux, sont d’un aspect scolaire, niais, pitoyable, sans modelé intensif, sans aucun accent ni d'ambiance, ni de profil.
Pour l'exactitude, cela n’est pas comparable à Léonard ou à Dürer et pour le sens artistique cela ne dépasse pas l’ouvrage d'élèves mal doués. Je ne connais pas un beau dessin des paysagistes hollandais, de ces mêmes paysagistes assez forts cependant pour remplir un cadre avec un seul arbre. Ce n’est qu’en Hollande qu’on a bien observé les feuillages, les branches et tout le menu de la végétation.
Poussin forme des chœurs de végétation.
l'autre : la première, la plus générale, est que la sixième de dessus naisse sur la sixième de dessous ; et la seconde que les deux tiers de dessus soient sur les deux tiers de dessous; et la troisième : que la troisième de dessus soit la troisième de dessous.
1026. — Quand les rameaux, qui la seconde année succèdent à ceux de l’an passé, n’ont pas la grosseur semblable à ceux antécédents, de côté, alors = Ve la vigueur du rameau de dessus se tord pour nourrir celui qui est plus haut, encore que celui-là tk \ soit un peu de côté. Mais si telles ramifications ont 7, égalité dans leur croissance, les veines de leurs | troncs seront droites et équidistantes à tous les degrés de hauteur de l'arbre. A
Donc, peintre qui ne connais pas ces règles, pour échapper au blâme des hommes compétents, fais toute chose d’après nature et ne cesse pas d'étudier, comme font les avides de gain. |
1027. — Toujours vers le fond des vallées et le bas des collines, les arbres sont plus grands et plus feuillus qu’au sommet.
La cime des monts est plus herbeuse que ses bords, parce que sur eux, il n’y a un concours d’eau, comme sur les plages.
1028. — Si les branches sont en raccourci, les feuilles se présenteront de face ou à peu près; et si la branche se montre dans sa vraie forme, ses feuilles paraîtront contradictoires c'est-à-dire en raccourci.
Quand l'arbre, par l'effet de la longue distance, n’envoie plus sa vraie figure à l’œil ou trompe par son feuillage, alors reste la figure de la place des branches, avec certaine quantité et qualité. Quand, par l'effet de la distance, on ne percoit pas non plus la place des branches, il ne reste pour l'œil que la somme du clair obscur; et si tu veux la mieux juger, tu auras de lui la figure de sa couleur, qui se divisera des autres objets,
et si les objets ne sont divers, tu ne les discerneras pas. TRAITÉ DE L'OMBRE. 18
1029. — Toutes les ramifications des arbres ont la naissance de la sixième feuille supérieure sur la sixième inférieure. De même les vignes, comme les pruniers de Maure et semblables, sauf la couleuvrée jasminée qui a les places disposées l’une sur l’autre transversalement.
1030. — Tous les arbres qui ont le pe derrière eux sont obscurs vers leur milieu.
Telle sera la quantité du ramicule qui repousse sur la branche coupée, par rapport à l’ensemble des ramicules, que ce rameau coupé doit produire la même année : c’est la quantité de la chemise qui se trouve entre l’écorce et le bois, c’està-dire sa ligne circonférencielle, faite sur la taille de la branche avec la longueur du diamètre de ce ramicule : et cela arrive parce que la nourriture qui passe par ce diamètre, qui a cou tume de passer pour élever et nourrir les rameaux de la même année, ne le trouvant pas, cesse de nourrir le rameau qui naît à la fin de l'écorce et de la chemise.
Cette règle souffre quelque exception. Si tous les rameaux qui, de toute la nourriture de la sève, viennent à générer cette année-là, 1l se produisait une telle quantité de rameaux que ensemble recomposéset unis avec leur grosseur respective, ils formeraient une grosseur égale à celle de la branche coupée. Donc, si toute la surface de l’écorce et de la chemise des arbres taillés se recomposaient dans les lèvres de la taille en cercle uni d’un rameau continu, il embrasserait toute la circonférence du bois et atteindrait, dans la même année, une grosseur de bois égale à celle du rameau qu’il embrasse. Cela paraît impossible, bien que l'air, la pluie et la rosée l’aident, car on sait que bien plus grande est la circonférence qui engloberait toutes les extrémités des rameaux que l'arbre, n'étant pas taillé, devait engendrer cette année-là, que l’autre circonférence, dans tout le front de l’écorce coupée et par conséquent en tirerait plus de nourriture, car entre cette écorce et la chemise se trouve la vie de la plante. Mais de cela, il ne sera pas traité à fond, parce que cela ne concerne pas la peinture.
1031. — Les ramifications d’une même année, dans leur grosseur unie avec celle de leur tronc, ont la même proportion que celle de la nourriture du tronc avec celle des rameaux susdits, c’est-à-dire que telle est la chose nourrice que sa nutrition. C’est pourquoi, si on a coupé un rameau d’un arbre et qu'on voie en son été, à sa place, un de ses mêmes ramicules; ce ramicule deviendra avec le temps plus gros que le rameau qui le nourrit : et cela arrive parce que la nutrition fait que les esprits vitaux secourent l'endroit attaqué. Si on pratique beaucoup d’œils de plante en cercle à un tronc taillé, ils donneront la première année une plus grande quantité de grosseur que le front de la tige taillée.
Les ramifications des grandes branches ne croissent pas vers le milieu de la plante, cela vient naturellement de ce que tout rameau cherche l’air et fuit l’ombre : or, les ombres sont plus puissantes sur la partie inférieure des branches qui regardent la terre, que si elles se tournent vers le ciel et dans lequel toujours se réduit le cours de l’eau de la pluie ou de la rosée que la nuit mutiplie et tient plus humides que les parties supérieures : et pour cela les rameaux ont plus abondante nutrition dans cette partie et y croissent mieux.
1032. — Toujours les grandes ramifications des grosses branches sont celles qui naissent à la partie qui regarde la terre et les petites naissent à la partie au-dessus de la grosse branche. La grandeur de cette branche inférieure vient de ce que toujours l'humeur du rameau, quand il n’est pas frappé par la chaleur du soleil, retombe dans la partie du dessous de la branche et pour qu’il nourrisse mieux l'humeur dont lui vient la grande abondance. Par cela, la branche n’a pas toujours l'écorce plus grosse dessus que dessous. C’est par cette cause très puissante que les ramicules de cette branche sont aussi grands dessous que dessus; et ainsi les arbres mettent assez de rameaux à leur base, lesquels sont cause, que les branches qui dessus leur succèdent, ne mettent pas grands ramicules à la branche qui se trouve au-dessus.
Ainsi les plantes ne se confondent pas et ne s’enlèvent pas l'air l’une à l’autre par l'abondance du feuillage, parce qu’elles se font place l’une à l’autre, et si quelque branche, comme il est dit, croît à la base, celle qui croît près d’elle, croît un peu plus bas.
1035. — L’accroissement de la grosseur des plantes est l’œuvre de la sève, qui se génère au mois d'avril, entre la chemise et le bas; et en même temps çette chemise se convertit en écorce, et l'écorce acquiert une nouvelle crevasse dàns la profondeur de l’ordinaire crevasse ; toujours la partie
septentrionale des vieux arbres revêt l’énu corce de 'sS0hitronme ET AE d’une verdoyante X/ mousse. L’écorce des \ plantes est toujours
ts avec plus grande crepa vasse au milieu de sa
artie septentrionale.
J “ De trois sortes sont Mrce Sam aco Clone les modes de ramifications -°des WATDEES:
l’une met les branches par deux d’aspect contraire, l’une à lorient, l’autre, à l’occident et elles ne sont pas à la rencontre l’une de l’autre, mais au milieu de l’espace opposé; l’autre les met à deux à la rencontre l’une de l’autre, mais ces deux ne sont pas au levant et au ponant, mais au méridien et au septentrion; la troisième a toujours le sixième rameau pa au-dessus du premier, et ainsi successivement. 1034. — Toutes les plantes qui mettent les branches à des degrés, l’un à rencontre de l’autre, avec égale grosseur, seront toujours droites : et cette CŸ droiture vient de ce que les parties opposées, étant égales en grosseur, tirent également l'humeur, je veux dire la nutrition, et font les branches de même poids. ê
Les
Il s'ensuit que d’égales causes naissent des effets égaux et que cette égalité produit l’égale droiture de ces plantes.
10355. — Mais quand les susdites plantes poussent leurs ramifications en inégale grosseur, alors elle n’observe plus la droite, mais se plie, opposée au plus gros rameau ; et cela arrive parce que la nécessité contraint cette plante à être au milieu de poids égaux; sinon, le moindre vent la ruinerait, qui passerait par la ligne où croît la plus grosse branche.
1056. — Les quatre accidents de la ramification des plantes sont ceux-ci, savoir : lustre, lumière, transparence et ombre; et si l’œ1l voit au-dessus de la ramification, la partie éclairée se montrera plus importante que l’ombreuse : parce que cette partie éclairée est plus grande que l’ombreuse, celle qui contient la lumière, le lustre et la transparence. Je laisserai présentement, de côté, la transparence et décrirai la démonstration de la partie éclairée, qui est envoyée par la quatrième partie de la qualité des couleurs, qui varient à la surperficie des corps; savoir qualité demie qui veut dire qu’elle n’ait point lumière principale mais bien demie; ensuite, vient l’autre quatrième partie médiane, qui veut dire non pas ombre principale, mais demie. Et la qualité demi-lumineuse est interposée entre le lustre et la qualité demi-ombreuse ; laquelle qualité demiombreuse est interposée entre la demi éclairée et l'ombre principale.
La troisième partie, qui est la transparence, ne se produit que dans certains corps et non dans les opaques; mais, parlant à présent des feuilles des arbres, il est nécessaire de décrire ce second accident très important pour figurer les plantes, bien qu'avant moi, on n’en ait pas fait usage, et que ce ne fût pas connu; celle-là est située comme il sera dit ci-dessous :
1037. — Quand la lumière est à l’orient et que l’œil voit la plante de dessous, vers la tramontane, il verra les parties orientales de l'arbre en grande transparence, excepté celles occupées par l’ombre des autres feuilles ; et la partie occidentale de l'arbre sera obscure, parce qu’elle reçoit, sur elle, l’ombre de la
moitié du feuillage, savoir celle qui est tournée à l’orient.
1038. — Le centre des arbres, dans la division de leur ramification, ne sera jamais au miliéu de la Z 4 , grosseur de ses branches; cela vient de ce
que ces branches ne sont jamais rondes et aussi parce qu’il y a plus d’humeur du côté intérieur de la ramification que du côté extérieur.
1039. — L'arbre qui croitra, en plus constante grosseur et plus grande hauteur, est celui qui naîtra en plus basse et étroite vallée et en plus touffue, et qu'il soit éloigné du centre de ladite forêt.
Quand tu vois que l’arbre taillé ne se plie pas dans sa droiture, scie-le par moitié de sa longueur et tourne les parties séparées l’une au contraire de l’autre, savoir la partie qui était aux pieds, mets-la à la tête, et celle de tête mets-la aux pieds et puis rejoins-les ; cette liaison jamais ne se plie.
La lance qui sera faite de la partie de l’arbre tournée à tramontane, se pliera moins que l’autre et conservera mieux sa naturelle droiture.
Cela vient de ce que, en cette partie le soleil voit peu et remue peu l’humeur de l’arbre, il intervient peu à la partie méridionale, parce que tout le jour elle est vue par le soleil, qui remue l'humeur en cette partie des plantes, dans le même mouvement de sa course d’orient en occident.
De craquelures que font les bois dans leur sécheresse : l’arbre qui les aura le plus droites, sera le plus éloigné des extrémités de la forêt et celui qui les aura les plus tordues, sera l’arbre plus voisin des confins méridionaux de la forêt.
1040. — Quand tu vois que le bois en séchant ne fait aucune fente, fais-le longuement bouillir dans l’eau commune ou bien tiens-le longtemps dans le fond d’un fleuve, jusqu’à ce qu’il consume sa naturelle vigueur.
1041. — Les premiers arbres donnent à l’œil leur vraie
1041.— L'ombre des plantes n’est jamais noire; ce principe fut méconnu par
figure; clairement apparaissent leurs lumières, leurs lustres, l'ombre et la transparence de chacune des feuilles nées sur les ultimes ramicules ; dans la seconde distance, placé à l'horizon à l’œil, apparait le sommet des feuilles, placées en manière de points sur les ramicules ; à la troisième distance, apparaît l’ensemble de la ramification, en manière de points semés dans la somme de la grande ramification; à la quatrième distance restent les ramifications majeures, diminuées de telle sorte qu'il . n'en reste qu’une figure de points confus dans tout l’arbre, puis vient l'horizon qui fait la cinquième et ultime distance où l'arbre est si diminué, qu’il n’a plus que la forme d’un point. | Ainsi je divise la distance, qui va de l'œil à l'horizon réel et qui se termine en plan, en cinq parties égales. Dans les longues distances, les arbres n’envoient à l’œil que l’ensemble de leurs principales parties d'ombre et de lumière; mais les autres secondaires se perdent par leur diminution, pour cette raison que si une petite partie éclairée reste dans un grand espace d'ombre, elle se perd et ne peut lutter contre cette ombre et cela arrive d’une petite partie d'ombre qui également se trouve noyée dans un grand champ d’obscurité.
Mais quand les arbres seront plus éloignés, alors la somme d'ombre et la lumineuse se confondront, par l’air interposé et par leur diminution, de façon que le tout paraîtra d’une même couleur, savoir azurée.
La première ombre que font les premières feuilles sur la seconde rangée de rameaux épais est moins obscure que celle que font les feuilles ombrées sur la troisième rangée, ainsi que
de très grands maîtres au xvr1° siècle; car si l’ombre n’est pas noire, il faut trouver sa couleur qui est fort diverse et d’une perception difficile, puisque tant d’artistes ne l’ont pas vue. Dans une composition où les herbes ne sont qu'un détail du terrain et pas même symbolique, cette question disparait.
Ruskin a commis une lourde bévue en faisant de l’inexpérience des pré- Raphaëlistes une loi pour le peintre moderne. L'égalité de soin, de relief, de touche, de rendu à tous les objets d’un tableau, est une puérilité qui a sa saveur touchante, mais qui contredit an jugement.
celles de la troisième sur la quatrième : et cela vient, de ce que les feuilles éclairées, qui ont pour champ les troisièmes et quatrièmes rangées ombreuses se montrent de plus grand relief que celles qui ont pour champ les premières feuilles ombrées. Je dis que ces feuilles se détachent moins, ayant pour champ les secondes feuilles que si elles portaient sur d’autres plus bas et avaient pour champ une plus obscure pour être interposé entre elle et le soleil : et on la verrait mieux, si elle avait son champ au-dessus de la quatrième.
Les arbres de même espèce paraissent plus clairs de près que de loin, pour trois causes. La première, parce que les ombreux sont plus obscurs de près; en cette obscurité, les ramifications qui les confinent paraissent plus claires qu'elles ne sont. La seconde est que dans le mouvement de l’œil, l'air qui s’interpose entre les ombres et l’œil, avec plus de grosseur que d’abord, éclairera cette obscurité et la changera en couleur participant de l’azur : pour cette raison, les rayons lumineux ne paraissent pas, comme d’abord, si nets et tendent à devenir confus. La troisième raison est que l'aspect que ces ramifications envoient à l’œil du clair et d’obscur, se mêlent dans leurs extrémités ensemble et se confondent, parce que les parties ombreuses sont plus fréquentes que les lumineuses et ces ombreuses acquièrent plus d'intensité à longue distance que les petites lumières. Pour ces trois causes, les arbres sont plus obscurs de loin que de près, et encore parce que les parties lumineuses croissent, suivant la puissance de l'éclairage, et celui-ci se montre d'autant pius puissant que l’air est moins épais qui s’interpose entre l'œil et le paysage.
A une distance donnée, les arbres deviennent d’autant plus clairs qu'ils s’éloignent de l’œil : ils sont au plus haut point de la clarté de l'air, à l'horizon. Cela vient de l'air qui s’interpose entre les arbres et l'œil, cet air étant de qualité
blanche, quand avec puissance il s’interpose, une plus grande blancheur revêt les arbres qui participaient en soi d'obscures couleurs, mais la blancheur de l’air interposé rend les parties obscures plus azurées que les parties éclairées.
Quand le soleil est à l'Orient, les arbres à l'Orient, par rapport à toi, ont de grandes ombres et les méridionaux de petites et les occidentaux sont tout éclairés. Mais ces trois aspects ne
suffisent pas, parce qu ilest meilleur de dire : tout l'arbre orien- talsera ombreux; et celui qui sera à sirocco, aura les 3/4 d'ombre : et l’ombre de l’arbre méridional occupe la moitié; et le quart de l’arbre de sud-ouest est ombreux, et l’arbre occidental n’a aucune ombre.
Par ce qui est dit ci-dessus, la somme des ramifications des arbres éclairés, encore que chaque feuille soit séparée des autres par un espace ombreux vu l'effet de la distance, la partie ombreuse étant diminuée, le détail se perd, comme il a été dit, effacé et surpassé par la partie lumineuse, qui, elle, ne subit pas l'effet de la distance, comme l’ombreuse.
Il s'ensuit que la somme des feuilles d’un même rameau, à une certaine distance, paraît être d’une même couleur etsi, pour qui a une bonne vue, on distingue quelque peu les ombres des intervalles ombreux du feuillage, cela ne se détache pas de l'obscurité, pour deux causes. La première, par l'épaisseur de l'air qui s’interpose entre l’œil et l’objet ombreux ; la seconde, parce que les petits aspects se mêlent à une si longue distance dans leurs extrémités, confondent leur forme et ne laissent qu'un peu plus de précision à la partie lumineuse qu’à l’ombreuse, qui se manifeste de médiocre obscurité.
1042. — Les tiges des plantes n’observent pas la rotondité, conforme à leur grosseur, quand elles s’accostent à la naissance de leurs rameaux ou de leurs racines; et cela se produit, parce que cette ramification supérieure et inférieure sont les membres par lesquels se nourrit la plante, savoir : que sauf l’été
elle se nourrit avec la rosée et la pluie, au moyen des feuilles, TRAITÉ DE L'OMBRE. 19
par-dessus; et, par-dessous, l’hiver par le contact qu'ont ses racines avec la terre.
1043. — Les ramifications des plantes sont vues ou de dessous, ou de dessus ou par le milieu. Si, par le dessous, il est clair, si c’est la lumièreuniverselle; la partie ombreuse est plus grande que l’éclairée; si par le dessus, la partie éclairée est plus
grande que l’ombreuse; et par le milieu, la partie lumineuse est égale à la partie d'ombre.
ê Dans la situation de l'œil, qui voit æ éclairée la partie des plantes que voient les lumineux, jamais une plante n'est exactement éclairée comme l’autre.
Preuve : soit l’œil C, qui voit les deux plantes BD, qui sont éclairées par le soleil A : je dis que l'œil C ne verra pas les lumières de la même proportion à son ombre dans un arbre, comme dans l’autre. Un arbre qui est plus voisin du soleil paraît plus ombreux que celui qui en est éloigné, cet arbre est plus voisin que l’autre du cours des rayons solaires, qui vont à l'œil.
Vois que de l'arbre D ne se voit pas de l’œil C, autre chose que l’ombre; et du même œil, se voit l’arbre B, à demi éclairé, à demi ombré. Souviens-toi, peintre, que les degrés d’obscurité des ombres, dans une même espèce de plantes, sont aussi variées que la rareté ou la densité de leur ramification.
La partie de la plante qui se montrera, vêtue d'ombre de moindre obscurité, sera la plus éloignée de la terre. Preuve Soit OP la plante, N BC l'hémisphère éclairé. La partie de dessous de l’arbre voit la terre PC savoir, la partie D et un peu de l’hémisphère en CD; mais la partie la plus haute, dans la concavité, est vue de la plus grande somme
de l’hémisphère, savoir BC, et parce qu'il ne voit pas l’obscurité de la terre, elle reste plus éclairée. Mais si l'arbre est couvert de feuilles, comme le laurier, le sapin, le buis, alors il est varié, parce que, encore que A ne voie pas la terre, qui, elle, voit l'obscurité des feuilles divisées par beaucoup d'ombre; cette obscurité se reflétera en soi, dans les revers des feuilles superposées; et ces arbres-là ont une ombre d’autant plus obscure, qu’elle est plus voisine du - milieu de l'arbre.
1045. — La vraie facon pratique de figurer la campagne, ou pour mieux dire le paysage, avec ses plantes, est de choisir un ciel occupé par le soleil, afin que cette campagne recoive la lumière universelle et non celle particulière du soleil, qui fait les ombres tranchantes et trop différentes des lumières. ;
La partie éclairée révèlera mieux sa couleur naturelle, en longue distance, qui sera éclairée par une lumière plus puis-
sante.
__ Les lumières des feuilles obscures seront plutôt de la couleur de l’air, qui se reflète en elles. Cela vient de ce que le clair de la partie éclairée se combine avec l’obscur, pour former une couleur azurée, et ce clair naît de l’azur de l’air, qui, sur la surperficie polie de ces feuilles, se réverbère et augmente l’azur que ladite clarté engendre, en se combinant avec les choses obscures.
Mais les feuilles de verdure, tirant sur le jaune, n’ont pas, dans leur reflet de l’air, à faire un lustre participant de l’azur, Car toute chose qui apparaît dans le miroir participe à sa couleur. Donc, l’azur de l'air, réverbéré dans le jaune des feuilles, paraît vert, parce que le mélange du bleu et du jaune font un très beau vert; ainsi les verts jaunes seront les lustres des feuilles claires, tirant sur le jaune.
1045.— Le système de peindre par taches lourdes de couleur, actuellement en usage, ne permet pas de traduire le délié et la souplesse du feuillage.
1046. — Les arbres éclairés par le soleil et par l'air ayant les feuilles de couleur obscure, seront d’un côté éclairés par l'air et participeront à l’azur; et de l’autre, par l'air et le soleil, et cette partie que l'œil verra éclairée par le soleil, sera lustrée. |
Les feuilles des plantes sont en général de surface lisse et ainsi reflètent en partie la couleur de l’air qui participe au blanc, parce que l’air est mêlé avec les subtils et transparents nuages ; la superficie de ces feuilles, quand elles sont de nature obscure comme celles de l’orme et que la poussière
e les couvre pas, rendent leur lustre de couleur dans la gamme azurée. Cela a lieu par la 7° de la 4° qui dit : « Le clair mêlé à l’obscur compose l’azur » et ces feuilles auront un lustre d'autant plus azuré, que l'air qui se reflète sur elles, sera plus clair et plus bleu; mais,si ces feuilles sont jeunes comme celles de la cime des branches, au mois de mai, alors elles paraîtront d’un vert tirant sur le jaune et si leur lustre est formé par l'air azuré qui se reflète, alors ces lustres seront verts, par la 3° de la 4° qui dit : « La couleur jaune mêlée avec l’azur forme toujours du vert. » Les lustres de toutes les feuilles de superficie épaisse participent à la couleur de l'air et quand les feuilles sont obscures, eiles prennent le caractère des miroirs; et par conséquent, ces lustres participeront davantage de l’azur.
1047. — Le plus beau vert qu’on voit aux feuilles des arbres est, quand elles s’interposent, selon la grosseur, entre l'air et l'œil.
1048. — La partie de l’arbre qui se termine en l'air est plus obscure que celle qui se termine dans la forêt, le mont ou la colline.
1049. — Quand les plantes sont regardées diversement par le soleil, par la transparence de leurs feuilles vers les extrémités, elles paraissent d’un plus beau vert que celui qu’elles avaient d’abord vers le milieu; elles paraissent fort obscures, et les feuilles qui ne sont pas transparentes, sont celles
qui montreront leurs droites et prendront des lustres très visibles.
Mais si tu regardes les plantes de la partie opposée au soleil, tu les verras avec un peu d’ombre et assez de lustre Sur les feuilles, si elles sont épaisses.
1050. — Les arbres placés sous l’œil, encore qu'ils soient entre eux égaux de hauteur, de couleur et de feuillage, ne resteront pas à tout degré de distance, sans acquérir d'obscurité. Cela vient de ce que, ce qui test voisin et au-dessous de ton œil, tu le vois dans cette partie qui se montre au ciel, illuminateur des choses; tu vois sa partie la plus éclairée et ensuite se produit un effet plus clair; et celle que tu vois plus éloignée et de dessous te montre ses deux parties plus ombreuses et par conséquent plus obscures; et si ce n'était qu'une plus grande somme d'air s’interpose entre l'œil et la seconde, qu'entre l’œil et la première, qui vient à éclairer cette obscurité, la perspective des couleurs s’abrégerait, par opposition.
La cime évasée des arbres clairs, de ramification clairsemée, ne prennent pas d'ombre sensible, parce que leurs rameaux sont déliés et peu feuillus, et leurs parties qui ne sont pas transparentes, restent éclairées.
1051. — L'extrémité des arbres dans les lieux un peu lointains paraissent presque insensibles et peu distincte de leur champ.
1052. — L’azur qu'’acquièrent les arbres, dans les lieux éloignés, se génère plus vif dans les parties obscures que dans les lumineuses : et cela vient de ce que la lumière de l'air interposée entre l'œil et l'ombre, qui se tient en couleur
1050. — Dans ses Præterita, Ruskin raconte ses extases de jeune homme devant Turner.
Ce curieux artiste, parti de l’imitation de Claude, aboutit aux taches incohérentes, aux gribouillis rutilants : son œil devint fou. Il y a beaucoup plus de vrai mérite chez Constable, interprète un peu monotone, mais si fidèle de la terre anglaise.
céleste et la partie lumineuse des arbres, est l'ultime qui dépasse leur verdure. |
1053. — Quand le soleil éclaire la forêt, les arbres montrent des extrémités d'ombre et de lumière et ainsi paraïssent plus près de toi, parce qu'ils ont un aspect plus distinct, et cela vient de ce que les parties qui ne sont pas vues du soleil paraissent également obscures, excepté leurs parties déliées qui s’interposent entre le soleil et toi, lesquelles se font claires par transparence; et cela arrive qu'il y ait une moindre quantité de lumière dans les arbres éclairés par le soleil que dans le ciel, parce que le ciel est plus grand que le soleil, et une plus grande cause amène plus grands effets.
Dansle cas où les ombres des feuilles des arbres sont plus déliées et surtout lorsqu'elles ont une même couleur et que leur nature est de petites branches à feuilles déliées, comme le pêcher, le prunier et semblables, parce que leur ombre se retire vers le milieu de la plante, cette plante paraît plus petite et les branches qui restent entièrement hors de l'ombre, paraissent de même couleur, sur même champ.
1054. — Les parties lumineuses de la verdure des plantes, dans leur proximité avec l'œil, se montrent plus claires que dans l’éloignement, et leurs parties ombreuses plus obscures que celles de plantes éloignées.
Celles-ci montrent leurs parties lumineuses plus obscures que celles des plantes voisines et leurs parties ombreuses se montrent plus claires que les parties ombreuses des plantes voisines. Cela vient du concours de l'aspect de ces parties ombreuses et lumineuses, qui se confondent etse mêlent, par l'effet de la grande distance qu'elles ont pour l’œilqui les voit.
1055. — Des plantes qui se trouvent entre l’œil et la lumière, la partie d'avant sera claire; cette clarté sera mêlée de ramifications de feuilles transparentes vues par l'envers, et de feuilles lustrées vues directement; et leur champ, dessous et directement, sera d’un vert obscur, étant ombré par la partie d'avant de ladite plante.
1056. — Les couleurs accidentelles du feuillage des arbres sont quatre, savoir : ombre, lumière, lustre et transparence.
Dans les parties accidentelles des feuilles des plantes à longue distance, il se fait un mélange qui participera d'autant plus de cet accident qu'il sera de plus grande figure.
1057. — Les extrémités qu'ont les ramifications des arbres avec l’air éclairé, prennent l'aspect d’autant plus sphérique qu'ils sont plus éloignés; et plus 1ls sont voisins, moins cette sphéricité est sensible.
Tout corps ombreux, de n'importe quelle figure qu’on voudra, à longue distance paraît sphérique, et cela vient de ce que, si c'était un corps quadrangulaire, à très courte distance, se perdraient ses angles, et un peu plus avant, se perdraient les côtés mineurs qui restent. Ainsi, avant que tout se perde de vue, se perdent les parties plus petites que le tout. Comme l’homme qui, en tel aspect, perd d’abord les jambes, les bras et la tête avant le buste; ensuite il perd les extrêmes de longueur et de largeur, et quand elles sont devenues égales, il serait carré si les angles restaient, mais ils ne restent pas et l'aspect enfin est rond.
L'ombre des plantes, placées dans les paysages, ne paraissent pas se comporter de la même facon, pour celles à droite comme celles qui sont à gauche. Cela est prouvé par la 4° qui dit : « Les corps opaques interposés entre la lumière et l’œil se montrent tout ombreux », et parla 5° : « L’œil interposé entre le corps opaque et la lumière voit le corps opaque tout éclairé », et par la 6° : « L’œil et le corps opaque, interposé entre les ténèbres et la lumière paraît demi-ombreux et demi-lumineux. »
1056. — A-t-on assez remarqué l'étrange filiation entre le fond de la Joconde et celui de J'Embarquement pour Cythère le paysage féérique de Watteau et celui si voluptueux de Fragonard, l’Assemblée dans un parc, sont Leonardesques.
Quelle idée étroite un peintre se fait-il de son art, pour méconnaître le paysage théâtral, le décor des fééries et des galanteries, pour énumérer, quoique en les dédaignant, les Valenciennes, les Demarne, les Bertin?
Les feuilles des plantes étant transparentes n’envoient pas une égale obscurité aux feuilles de leur partie ombrée, mais une ombre réduite qui acquiert une belle couleur verte; et la troisième feuille, posée sous la première, prend le double d’obscurité de la seconde feuille, parce que deux feuilles l'ombrent et puis la troisième et puis la quatrième vont multipliant l’obscurité, et ainsi à l'infini.
Toi, peintre, quand tu fais de grands rameaux touffus, faisles plus éclairés vers la partie centrale de l'arbre, et la place des branches plus rapprochées de la lumière encore plus éclairée, et la place de ces places encore plus, et l’ultime feuille encore davantage, et surtout la partie extrême de la feuille exposée à la lumière.
1058. — Toutes les herbes et feuilles de l’arbre, interposées entre l'œil et le soleil, sont vues par transparence ajoutée à la lumière du soleil, qui transparaît, à son plus haut point de beauté de vert et plutôt par la force des rayons solaires que donne la partieopposée à l’éclairée, que par sa couleur naturelle.
1059. — Les ombres qui sont dans les feuilles transparentes, vues par le revers, sont ces mêmes ombres qui sont directes de cette feuille, lesquelles transparaissent par le revers ensemble avec la partie lumineuse, sauf pour le lustre qui n’a jamais de transparence.
1060. — Quand une verdure est derrière une autre, les lustres et transparence se montrent de plus grande puissance là où elles confinent à la clarté de l’air. Et si le soleil éclaire les feuilles qui se placent entre lui et l’œil, sans que l’œil voie le soleil, alors le lustre des feuilles et leur transparence sont excessifs.
Il ne faut pas faire de ramifications basses; elles sont obscures et se confondent parmi les verdures éclairées, qui sont un peu éloignées de la première.
Des verdures obscures, vues du dessous, quelle partie est plus obscure et plus voisine de l’œil, savoir : celle qui est plus distante de l’air lumineux.
Ii ne faut pas mettre de feuilles transparentes au soleil parce quelles sont confuses : car, sur la transparence d’une feuiile, s’imprime l’ombre d’une autre feuille quiestau-dessus,; laquelle ombre a des extrémités précises et qui se terminent en obscurité : parfois la moitié ou le tiers de la feuille, qui ombre cette imitation, est confuse et il faut l’éviter.
c) Les ramicules supérieurs des branches latérales des plantes s’accostent plus à leur maïtresse branche qu’ils ne font au-dessous.
d) La feuille la moins transparente est celle qui prend la lumière entre des angles plus difformes.
e) Les rameaux les plus bas des plantes, qui font de grandes feuilles et des fruits lourds, comme noyers et figuiers et semblables, toujours se dirigent vers la terre.
1061. — Parfois, la feuille a trois accidents, savoir : ombre, lustre, transparence.
1062. — La feuille de superficie, concave vue de travers et
en dessous, parfois se montrera moitié ombreuse et moitié transparente. Comme : soit PO la feuille et la lumière Met l'œil N, qui verra O ombré, parce que la lumière ne le frappe pas entre des angles égaux, directement, ni de travers, et P sera éclairé directement, laquelle lumière transparaïît dans son revers.
10635. — Quand les feuilles seront interpnsées entre la lumière et l’œ1l, la plus voisine sera la plus | obscure et la plus éloignée la plus claire, n'occupant pas de place dans l’air, et cela arrive pour les feuilles qui sont au centre de l’arbre tournées vers la lumière.
1064. — Les jeunes plantes ont les feuilles plus transparentes et l’écorce plus dure que les vieilles et surtout les noyers, et plus claire en mai qu'en septembre.
L'ombre des plantes n’est jamais noire, car où l'air pénètre il ne peut y avoir de ténèbres.
Si la lumière vient de M et que l'œil soit en N, la couleur des feuilles AB participera toute de la couleur de M, savoir de celle de l'air : et BC seront vues de revers transparent avec de très belles couleurs vertes tirant sur le jaune.
Si M est le lumineux qui éclaire S, tous les yeux qui verront le revers de cette feuille la verront de très belle couleur vert clair, car elle sera transparente.
Souvent la place des feuilles sera sans ombre et le revers sera transparent et le direct fera lustre.
1065. — Le saule et autres semblables plantes, dont les branches se taillent tous les trois ou quatre ans, gardent leurs branches assez droites; et leur ombre se trouve vers le milieu où naissent ces branches; et vers les extrémités il y a peu d'ombre, à cause de la petitesse des feuilles déliées. Donc les rameaux qui se lèveront vers le ciel auront peu d'ombre et peu de relief ; et ceux qui regardent de l’horizon en bas, naissent dans la partie obscure de l'ombre et vont en s’éclaircissant peu à peu vers leurs extrémités et ils montrent bon relief parce qu'ils sont en degrés d’éclaircissements sur un champ ombreux.
La plante fera moins d'ombre qui aura moins de rameaux et moins de feuilles.
1066. — Le soleil se tenant à l’orient, les arbres occidentaux à l'œil se montrent de peu de relief et d’insensible appa-
1066.— Le grand et difficile problème du paysage c’est l’air et sa perspective et ses colorations : le terrain ne compte pas pour grand’chose, la végétation même est secondaire : et on se figure très bien que les nuages prennent la place des arbres et que sur un fouillis vague indiquant une lande, on puisse en un ciel, peindre le plus beau, le plus lyrique.et le plus accompli des paysages. Le génie de Ruysdaël est dans ses ciels si variés, si amimés et avec quelle palette! Du bitume, des bruns, des verts atténués : pas un cuivre dans cette musique, le quatuor essentiel austère; et dureste, ce serait doubler la même sensation que d'entendre les derniers quatuors de Beethoven devant des œuvres de Ruysdaël : Buisson, Coup de soleil, Tempête, du Louvre.
C’est peut-être le seul de son genre qui fasse penser à Beethoven. Auprès de lui les Berghem, Karel Dujardin, Wouwerman s’effacent, secondaires, plus peintres qu'artistes.
rence, si l'air, qui s’interpose entre l’œil et ces plantes, est très obscur.
Par la sixième de ce discours, ils sont privés d'ombre et bien que l'ombre se trouve dans chaque division de la ramification, il arrive que la similitude de l'ombre et de la lumière qui parviennent à l'œil, sont confus et mêlés, par leur petitesse qui ne se peut saisir.
Et les lumières principales sont dans le milieu des plantes et l'ombre vers les extrémités; et leurs séparations sont divisées par l’ombre des intervalles dans ces plantes ; quand les forêts sont épaisses d’arbres et dans celles clairsemées, les extrémités se voient peu. |
Le soleil étant à l’orient, les arbres, vus vers l’orient, auront une lumière qui les environnera à l’entour de ses ombres excepté du côté de la terre, sauf si l'arbre ne fut nettoyé l’an passé et les arbres méridionaux seront demi-ombreux et les arbres septentrionaux demi-lumineux, et plus ou moins ombreux ou lumineux, selon qu'ils seront plus ou moins orientaux ou occidentaux.
L’œil, haut ou bas, voit la lumière et l’ombre varier dans les arbres : car l’œil haut les voit avec peu d’ombre et l'œil bas avec davantage.
Les verdures des plantes sont aussi variées que leurs aspects.
1067. — Le soleil se tenant à l’orient, les arbres sont obscurs vers le milieu, avec les extrémités lumineuses. 1068. — Les ombres des plantes orientales occupent une
grande place et sont plus obscures, quand le feuillage est plus épais.
Quand le soleil est à lorient, les plantes tant méridionales que septentrionales, ont autant de lumière que d'ombre, mais d’autant plus de lumière qu’elles sont plus occidentales et d’autant plus d'ombre qu’elles sont plus orientales.
1069. — Le soleil étant à lorient, la verdure des prés et
a utres petites herbes sont de belle verdure, parce qu'elles sont
transparentes au soleil, ce qui arrive dans les présoccidentaux; l'herbe au midi et au septentrion est d’un vert médiocre.
1070. — L'herbe qui prend l’ombre des plantes qui naïssent parmi elle, qui sont tout ombre, a les fétus éclairés, sur champ obscur; et l'herbe, qui est ombrée, a les fétus obscurs sur champ clair, savoir, sur qui est de là jusqu’à l’om- Dre
Toujours l’ombre des verdures participe à l’azur, et ainsi toute ombre de toute autre chose prend d'autant plus d’importance qu’elle est plus distante de l’œil, et en perd, selon qu’elle en est voisine.
Les arbres et monts de paysage, exécutés en peinture, doi-
Ceres £o
vent montrer leur ombre du côté où vient la lumière, et la partie éclairée du côté d’où vient l'ombre, et montrer la lumière et l’ombre en lesquels l’œil qui voit, trouve, en effet, lumière et ombre. |
1071. — La partie éclairée des rameaux des arbres, à longue distance, confond les parties ombreuses qui se trouvent entre les particules éclairées. Cela vient de ce que la partie éclairée à longue distance voit croître leurs figures, tandis que les ombreuses diminuent la leur, qu'elles ne sont pas sensibles à l'œil, mais se prouvent seulement parleur similitude qui vient à l’œil en manière confuse, parce que ces espaces, tour à tour ombreux et lumineux, font ensemble un mélange et pour se maintenir parties lumineuses, le composé de ces deux qualités, se montre de telle nature que la majeure partie de la branche apparaît.
1072. — La partie du rameau de la plante sera plus obscure qui sera plus éloignée de ses extrémités, l’arbre étant d’uniforme distribution de rameaux.
Tu feras entre les plantes qui sont dans les digues du chemin les ombres solaires toutes discontinues, à l'exemple des places des branches dont elles dérivent.
Les paysages sont clairs en principe, puisque tu vois entre la cime des arbres et des prés et autres espaces et intervalles des plantes ; mais quand tu commences à perdre ces intervalles par la distance, tu vois seulement la ramification des arbres, qui, encore qu’ils soient de la même couleur queles prés, por tent plus d'ombre vers le centre de l’arbre que ne fait le pré par son épaisseur et diminution : de là arrive cette obscurité, qui peut encore par la distance s’éclairer et se convertir en la couleur de l'horizon.
1075. — Les nuages qui se mêlent à l'air, en s’abaissant grossissent de façon, que les rayons solaires en resplendissant sont interposés entre le soleil et l’œil.
Mais si l'œil s’interpose entre le soleil et le nuage, le nuage paraît obscur, et cette obscurité est d’autant plus forte, quand elle est plus basse, comme il est prouvé. L'un et l’autre nuage restent obscurs en tant que nuages; quand se trouvent, l’œil le soleil et les nuages, mais le nuage interposé entre le soleil et l'œil, et par quelque espace, écarté de l’œil, participera bien à la splendeur du soleil et d'autant plus qu’elle sera voisine du corps solaire ; et les édifices de la cité paraîtront, en ce cas, d'autant plus obscurs qu’ils seront placés dans le plus éclatant nuage, parce que alors ils paraîtront plus voisins du soleil. C’est pourquoi, ce nuage étant de grosseur uniformément
1073. — Paillot de Montabert dit qu'aucune trace de pinceau, aucun corpuscule de couleur ne doivent apparaître dans le ciel d’un tableau, que la touche doit être fondue, surtout dans la partie azurée, afin de donner l’idée de l’espace éthéré; il a raison, et Claude Lorrain le démontre.
Il y a encore un autre point : c’est la forme concave de l’espace, ce qui dépend du dessin des nuages.
difforme, c’est-à-dire d'autant plus gros qu'il approche plus de la terre et prend d’autant plus la splendeur du soleil qu'il est bas. Pour cette cause, les édifices parallèles, tours et clochers qui s’y trouvent, paraïîtront tantôt d’autant moins grands, qu'ils paraïîtront plus voisins, par leur base. Cela est nécessaire, le corps obscur paraît petit, quand il est placé dans un air plus lumineux. La raison se trouvent dans la 32° de ma perspective.
1074. — Les parties ombreuses des paysages éloignés participent davantage de la couleur azurée que la partie éclairée. Cela se prouve par la définition de l’azur, en quoi se change l'air privé de couleur qui, s’il n'avait les ténèbres au-dessus de lui, resterait blanc, parce que, en soi, l’azur de l'air est composé de lumière et de ténèbre.
Je dis des paysages à l’orient, par rapport à ton œil, au lever
du soleil, ou bien avec les nuages et autres vapeurs lourdes interposés entre le soleil et l’œil, qu’ils seront beaucoup plus clairs vers le soleil et moins brillants dans la partie opposée, savoir l’occidentale, mais sans nuage ou vapeur; la partie orientale ou mieux celle qui s’interpose entre le soleil et l’œil, sera d’autant plus obscure qu’elle sera plus voisine de l'œil. Et cet accident arrivera dans cette partie qui sera plus voisine du soleil savoir, quiparaît plus sous le soleil; et dans les parties opposées, ce sera le contraire en temps clair, et en temps nébuleux le contraire des beaux temps.
Les arbres vus de dessous et contre la lumière, l’un après l’autre voisinant, la dernière partie du premier sera trans-
parente et claire en majeure partie et se détachera sur la partie obscure du second arbre, et ainsi feront tous successivement, qui seront situés dans les conditions susdites.
1075. — De la partie ombreuse transparente des arbres la plus obscure est la plus près de toi.
1076.— La ramification de l’ormemontre sa maîtresse branche sur son front et les plus petites sont la première et l’avantdernière, quand la maîtresse branche est droite. La naissance d’une feuille à l’autre est la moitié de la plus grande longueur de la feuille; parfois elle manque, parce que les feuilles forment l'intervalle qui est environ, au tiers de la largeur de la feuille.
1077. — L’orme a ses feuilles plus épaisses à la cime de la branche qu’à sa naissance et leur largeur varie peu et garde un même aspect.
Dans la composition des arbres touffus, sois averti, de ne pas trop de fois repéter la même couleur d’une plante qui a pour champ la même couleur de l’autre plante; varie par du plus clair, du plus obscur ou du plus vert.
b.. La feuille pousse toujours directement vers le ciel. Ainsi elle peut mieux recevoir, sur toute sa surface, la rosée, qui par un lent mouvement, descend de l'air. Les feuilles sont en mode de compartiment sur les plantes, de facon à ce que l’une occupe l’autre le moins possible, avec un espacement l’une sur l’autre, comme le lierre qui couvreles murs et cela sert à deux causes : alléger l’intervalle, que l'air et le soleil puissent y pénétrer, ensuite, que la pluie qui tombe sur la première feuille puisse couler encore sur la quatrième et la sixième des autres arbres.
1078. — Les feuilles du noyer sont distribuées sur tout le ramicule de l’année et d’autant plus distantes l’une de l’autre eten plus grand nombre, quand la branche d’où est né le
rameau est plus jeune; elles sont d'autant plus voisines à leur naissance et moins nombreuses, quand le ramicule où elles naissent est un peu plus vieux. Les fruits naïssent à l'extrême du ramicule et les rameaux les plus grands sont au-dessous de ceux d’où ils sont nés. Cela vient du poids de son humeur, plus apte à descendre qu'à monter : c’est pourquoi les branches qui naissent au-dessus et vont vers le ciel sont petites et déliées. Quand le ramicule regarde vers le ciel, ses feuilles se dilatent à son extrémité avec une division égale avec leur cime, et si le ramicule regarde à l'horizon, les feuilles restent hérissées et cela vient de ce que les feuilles universellement tendent à incliner leur face vers la terre.
1079. — Le soleil étant à l'orient, toutes les parties éclairées des plantes sont de belle verdure, parce que le soleil étant à moitié d’horizon, c’est-à-dire à sa moitié orientale, les feuilles sont transparentes.
Dans le semi-circuit occidental, la verdure a triste couleur, sous l'air humide et troublé de couleur de cendre obscure et ne peut être transparente comme dans l'oriental, où elle est claire, et d’autant plus qu'elle est plus humide.
La transformation de l’air dans le corps des plantes et la transformation des plantes dans l’air à longue distance ne se démontrent pas à l’œil, parce que, où 1l faut de leffort pour tout comprendre, on trouve encore de la difficulté aux parties; mais fais un mélange confus qui participe de celui qui a plus grande importance.
Les transformations de l’arbre sont des particules d’air
éclairé, qui sont sensiblement plus petites que la plante et se perdent de vue plus vite qu’elle : mais par nécessité,
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il se fait un mélange d'azur et d’obscur dans l’arbre ombreux, qui concourent ensemble à l’œil qui le voit.
La partie de l’arbre qui sera moins transformée sera celle à . laquelle s'oppose directement, entre l’arbre et l’air, une plus grande quantité d’autres arbres.
1080. — L'œil placé droit à la fuite du vent ne verra jamais aucune feuille des plantes, sinon à l'envers, sauf celles dont les rameaux sous l’action du vent le regarderont, ou les feuilles de laurier et autres qui ont forte jonction.
1081. — Beaucoup plus clairs paraissent les arbres et plus près, si on les regarde derrière la fuite du vent, que vers sa venue, car chaque feuille est plus pâle à l'envers qu’à l'endroit; et qui la regarde derrière la fuite du vent la voit renversée; et qui la regarde au sens du vent la voit ombreuse, parce que ses extrémités se plient, s’ombrent vers son milieu et en outre se voient par l'envers de son endroit.
Les arbres les plus courbés par la percussion du vent sont ceux dont les branches sont plus longues et plus déliées comme les saules et semblables.
Si l'œil se trouve entre la venue et la fuite du vent, les arbres paraïîtront avoir des rameaux plus épais à la venue du vent qu’à sa fuite : car le vent qui frappe la cime de ces arbres vers luitournés, donne la protection aux autres rameaux plus puissants d’où ils se font épais et de peu de transparence, mais les rameaux opposés frappés par le vent, qui pénètre par la transformation de l'arbre, reviennent au centre de la plante et se dilatent.
1082. — Des plantes d’égales grosseur et hauteur, celle qui fut le plus pliée par le vent, sera celle dont les extrêmes rameaux latéraux sont ramenés vers le milieu de la plante : cela est causé par l'éloignement des rameaux, faisant bouclier contre la venue et la percussion du vent.
Les arbres les plus hauts sont les plus pliés par la course du vent; les plantes aux feuilles épaisses offrent aussi plus de prise à la percussion du vent.
Dans la grande forêt et dans les blés et les prés, on voit l'onde formée par le vent qui ne diffère pas de ce qu’on voit sur la mer et les plages.
La plante qui fera l'ombre la plus obscure, sera la plus épaissement feuillue, comme le laurier et semblables.
La rectitude des branches, qui ne sont pas alourdies par le poids des feuilles et des fruits, se dirige toute vers le centre de la ramification.
1083. — Toutes les grosseurs de rameaux que chaque arbre met, année par année, étant chaque année mis ensemble, seraient égales à la première tige. |
Les tiges des vieilles plantes, nées dans les lieux humides et sombres, toujours se couvrent de mousse verte.
L'arbre plus jeune a l’écorce plus lisse que le vieux. Les . branches supérieures ont plus de feuilles que les inférieures.
Les parties extérieures des forêts ont leurs pentes plus abondantes en feuilles que celles de l’intérieur.
Les fonds d’une forêt ne seront pas assez herbeux, qui seront plus épais.
La facon de composer, en peinture, le fondement de la couleur des plantes quisouvent nous trompe, comme tu le vois, est de choisir une nuit un peu claire, parce que tu la verras également d’une couleur obscure transformée à la clarté de l'air; et aussi tu verras leur simple figure précise, sans impédiment de variées couleurs, claires ou obscures.
f) De la ramification des plantes, aucune n’est aiguë, aucune ronde. |
g) La plus grosse cime de la ramification des arbres porte les plus grandes feuilles, en plus grande quantité que n'importe quelle autre extrémité de branche.
Toujours les cimes des ramifications s'emplissent, les premières, de feuilles.
h) Les plus grosses cimes de rameaux sont maîtresses des majeurs rameaux de l'arbre et aussi les plus subtiles cimes de ces rameaux sont plus éloignés d’êtremaitres de tels rameaux.
Des rameaux ou bien de leurs plantes, certains ne sont pas conduits à terme par la nature; d’autres sont arrêtés par manquement naturel; les uns se dessèchent tout entiers ou en partie, les autres manquent de leur faîte normal que doit faire la main de l’homme, d’autres encore sont rompus par la foudre, les vents ou la tempête.
Les arbres qui naissent près de la mer et exposés au vent, sont tous pliés et ils croissent ainsi, sans se modifier.
Des herbes, les unes sont à l'ombre et les autres à la lumière; et si l’œil est vers l'ombre, il verra l'herbe ombreuse avoir pour champ la clarté de l’herbe éclairée ; et si l'œil est vers la lumière, 1l verra l’herbe éclairée avoir pour champ l’obscurité de l’herbe ombreuse.
De la clarté des feuilles, les unes ne l’ont que par transparence, d’autres sont interposées entre l'œil et la lumière, et d’autres la reçoivent de la simpleillumination de l’air, d’autres du lustre qu’elles recoivent.
1084. — La feuille transparente montre une plus belle couleur qu’elle n’a à son naturel, celle éclairée par l’air montre une plus vraie couleur ; le lustre participe plus de la couleur de l'air, qui se reflète dans la densité de la surface de la feuille, que de sa couleur naturelle.
1085. — La feuille qui sera de superficie grenue, ne reçoit pas de lustre, le gazon qui manque d'ombre sera plus rare et plus délié.
1086. — Des feuilles de l'herbe, la plus découpée sera celle
la plus proche de sa semence; et la moins découpée sera plus voisine de sa naissance.
1087. — Ceux qui ne veulent pas se fier entièrement à
1087. — Le réalisme peut-il aller plus avant dans l’échantillonnage du ton? Faire le ton sur la feuille même ! Léonard n'est-il pas allé un peu loin?
La feuille tenue à la main et sous l’œil n’a plus qu’un vague rapport avec la coloration de l’arbre qui, à une certaine distance, génère ses propres ombres en subissant les réflexes de l’air et des nuages.
Je serais d’avis que la feuille fût dessinée individuellement comme étude,
leur jugement, ni contrefaire les vraies couleurs des feuilles, doivent prendre la feuille de l’arbre qu'ils veulent imiter et sur elle faire leur mélange : et quand cette mixtion n'offrira plus de différence de couleur avec la feuille, alors tu seras certain que cette couleur est d’entière imitation de la feuille; et tu peux faire de même pour une autre que tu veux imiter.
car sa forme, quoique imperceptible à la distance ordinaire, doit être bien connue de l’artiste, mais pour la coloration dans le plein air, il n’y a pas d'indépendance et il s’en faut qu’on doive traduire tout ce qu’on per-
soit.