‹ Traité du pied considéré dans les animaux domestiquesChapitre 10 sur 29 · RESUME · texte numérisé non relu

RESUME

, Après avoi r fait connaître en détail les diverses parties constituantes du pied, les avoir examinées sous leurs différens rapports de forme, d’étendue, de connexions, de structure et de propriétés, il nous a paru utile de jeter quel- ‘ ques considérations sur l’action générale de ces parties, qui tendent toutes à donner à la région ' digitée la solidité et la souplesse dont elle a besoin. V . ‘ v

* * I JW» ^

Nous ferons d’abord observer que la région- - dactylienne du cheval , étant sans division et sur un plan incline,* ne se trouve nullement

» dans des conditions favorables pour supporter un poids considérable -et résister à des tiraille- . mons^rodigveux. La nature a récupéré ces de- ' ( <S£vâDfagés par la disposition même des os, surtout par là force et la multiplicité des ligamèns; et la direction’ oblique du paturon et de la coufqçpe, ‘ direction si défavorable au premier . abord, facilite les mouvemens de projection du côrps en avant, et concourt puissamment à affaiblir la violence des percussions. Les deux l'ayons qui précèdent. le sabot, et qui ne sont, pour ainsi dire,fqrmés qye d’os et de ligamèns ,

rendent le cheval svelte, lui donnent de la grâce, et plus particulièrement la liberté de porter son corps, tantôt sur les pieds de devant, et tantôt sur ceux de derrière. Sans la flexion du paturon et de la couronne, l’animal ne pourrait jamais ramener tout le poids du corps sur les membres postérieurs, et il se trouverait conséquemment dans l’impuissance absolue de se cabrer, comme aussi d’exécuter certains sauts. La mobilité et l’inclinaison de la région digitée antérieure lui étaient tout aussi nécessaires pour soutenir le corps projeté en avant et empêcher sa chute. Le pied contribue aux mêmes résultats généraux que le paturon et la couronne; il sert à assurer les foulées sur le sol, à rendre les allures aisées et franches; il facilite l’exécution de certains déplacemens qui exigent le développement de grandes forces musculaires, tels que le saut, le galop en deux temps, etc. (i) Le pied ainsi disposé a encore le précieux avantage de faire diverger les percussions, de les annuler jusqu’à un certain point, et de se préserver de leurs influences

(i) Pour de plus amples détails, voir l’article des Altitudes et mouvemens, dans le Traité d’anatomie, vétérinaire. Paris, 1819, tome I, page 4 2 4 et suivantes.

fâcheuses. En supposant que la marche du cheval s’exécute sur un terrain compacte, résisrtant et uni, l’on concevra facilement que l’appui peut seulement se faire par le bord inférieur de la muraille et par la hase de la fourchette, parties exubérantes, qui débordent le centre du pied, et l’empêchent de participer aux foulées. Il est évident alors qu’il y a diffusion dés percussions vers la circonférence du dessous du pied , et cette dispersion se trouve favorisée et considérablement augmentée par la dilatation mécanique du sabot à chaque poser sur le sol , dilatation qui est une conséquence, un résultat de l’élasticité dont jouissent certaines parties du pied.

Dans le cours des descriptions, nous avons dit que le sabot est susceptible de se dilater et de revenir alternativement sur lui-même. Ces changemens d’état, toujours subits et imperceptibles, sont constamment l’effet des foulées sur le sol, ou résultent de la réaction des parties comprimées. Chaque poser du pied à terre produit un choc, dont la violence se trouve toujours subordonnée au poids et à la vitesse du corps incidant ou foulant, à la solidité et à la surface du terrain foulé. Le sol est-il dur et uni , toutes les parties du sabot se dilatent en

même temps, et elles reprennent leur état primitif, dès que la pression cesse d’avoir lieu. Pour produire ce double effet, le bord inférieur de la muraille s’écarte en dehors et cède d’autant mieux , que la sole, disposée en voûte , se prête à cette sorte de mouvement : dans le même temps, la fourchette presse les talons, les refoule en dehors, et complète ainsi la dilatation. 11 est donc évident que chacune des trois parties constituantes du sabot subit un changement, une sorte de mouvement particulier-:

aiusi la sole s’abaisse pour permettre l’écartement du bord inférieur de la muraille, tandis que la fourchette éprouve une sorte de bascule; sa base est repoussée en haut, pour produire l’écartement des talons , et sa pointe se redresse et suit l'abaissement de la sole.

Ces propriétés si remarquables du sabot peuvent être perverties, altérées, même anéanties par uue foule de circonstances. Au nombre des causes préjudiciables à l’élasticité du pied , on doit placer en première ligne la ferrure, pratique si générale et si essentielle pour garantir l’ongle contre une destruction , une usure trop promptes , sur-tout dans les chevaux qui marchent et travaillent sur des chemins pavés, ôu , ferrés ou caillouteux. Le fer', fixé au pied par

le moyen de clous, barre la muraille, la bride et empêche sa dilatation. L’application continuée de cette espèce de soulier amène insensiblement la rigidité des parties et produit par la suite la perte totale de l’élasticité de la paroi et de la sole. En cessant d’être élastique, le pied devient d’autant moins propre à percevoir, à distinguer la solidité des corps; en un mot, le sens du tact, déjà très-obtus chez lui, s’affaiblit ou se perd totalement. La méthode de -ferrer les chevaux contrarie incontestablement les lois de la nature, et elle rend le sabot sujet à de plus nombreuses altérations; mais ces inconvéniens sont loin de contre- balancer les avantages si marqués que l’on retire de son usage, pour prolonger, assurer et rendre plus efficaces les services des animaux monodactyles. Jusqu’à ce qu’il soit bien constaté que les chevaux peuvent se passer de fers aux pieds en tous lieux et pour tous les services, nous devons continuer à considérer la ferrure comme * un mal nécessaire et inévitable; les efforts doi- •

vent seulement tendre à bien combiner son emploi , pour atténuer, autant que possible, ses effets pernicieux.

Page 1