DÉFECTUOSITÉS DU PIED
Ces défauts de conformation ou de structure ont fait donner au pied des dénominations particulières , dont la plupart sont tirées de la nature même du vice existant, tandis que d’autres ne font qu’exprimer le degré où l’altération se N trouve portée. Avant de parcourir la nomenclature de ces difformités, nous commencerons par rappeler les caractères assignés à tout pied réputé beau et bon. Ces considérations premières serviront de base aux développa miens dans lesquels nous entrerons^ et elles rendront les descriptions plus exactes, plus in-' telligibles.; ■ -
Le pied bon et bien conformé est celui dont la grandeur, l’iUclinaison et la direction se trouvent dans de justes proportions avec les autres parties du corps, et au même degré dans le bipède latéral droit que dans le bipède latéral gauche, dont l’ongle est liant et compacte sans être
cassant; dont la paroi, un peu luisante, offre un aspect fibreux et une surface unie; dont les talons, assez écartés l’un de l’autre, dépassenl un peu la fourchette; dont la surface plantaire est creuse dans le milieu, tandis que toute sh circonférence déborde d’une manière à peu près égale. Le cheval pourvu d’un tel pied, et étaut bien*constitué d’ailleurs , marche avec assurance sur toute sorte de terrain, travaille et habite aussi bien dans les endroits humides que dans les lieux secs. 11 est facile à ferrer, et garde ses fers, quand ils sont bons et bien at- ' tachés, jusqu’à leur usure complète.
« Un volume justement proportionné, une » forme régulière, une consistance solide et » néanmoins douée de souplesse , un tissu lisse » et uni, sont en général, dit Bourgelat, les • qualités que l’on recherche dans le pied et » qu’il doit présenter (i). » Pour déterminer d’une manière aussi rigoureuse que possible le volume du pied, le même auteur a pris pour base première la hauteur du corps de l’animal , et il suppose un sabot bien conformé, étant paré, comme il doit l’être, pour être ferré sui-
(l) Essai théorique et pratique sur la ‘ferrure , ouvrage cité dans l’introduction; édition de i 8 i 3 , puge 106.
vaut Fart. Il assigne ensuite les dimensions respectives de chaque partie du pied, et il entre, à cet égard, dans les plus grands détails. On reproche à Bourgelat de n’avoir établi ses proportions géométrales que dans le cheval de manège, dont le pied est si différent de celui du cheval de trait ou de carrosse. Ces mesures sont assurément susceptibles de modifications, peut-être même qu elles ne trouveraient pas , tant dans le cheval de selle que dans celui de trait, une seule application complète; mais elles indiquent le type d’un pied bien conformé, parfaitement en harmonie avec les autres parties du corps ; elles fixent les points de départ, et, sous ce double rapport, leur utilité ne saurait être contestée.
Tout pied dans lequel les caractères précédemment énoncés ne se trouvent pas réunis et sont sensiblement intervertis, est dit défectueux; et cet état, toujours porté à différens degrés, peut être naturel ou acquis. Dans le premier cas, il dépend d’une conformation vicieuse, soit du sabot lui-même, soit des rayons et jointures supérieurs; ou bien il provient de la nature même des parties constituantes. Les défectuosités sont acquises , toutes les fois qu’elles sont dues à des causes accidentelles.
Les difiérens vices du pied peuvent être légers ou graves et s’accompagner de diverses altérations plus ou moins préjudiciables. La ferrure est le moyen le plus efficace, le plus généralement employé pour modifier ou corriger les inconvéniens des pieds difformes. Quand elle est appliquée avec intelligence et adresse, elle assure la marche du cheval, le redresse même, s il ne boite que légèrement , et elle prolonge «l autant ses services. Comme les ferrures pathologiques ne peuvent être bien raisonnées et avantageusement employées, qu’autant que le vétérinaire possède les principes sur lesquels repose la bonne méthode de ferrer les pieds ayant toutes les qualités requises, nous avons cru, pour cette raison, devoir consacrer un article au développement de cette méthode.
Nous ne ferons que résumer les principaux procédés de ferrure, et ce tableau, quelque concis qu’il soit, rendra plus complète cette deuxième édition du Traité du pied.