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un peu en arrière de la veine et immédiatement sous la peau; après un très-court trajet, et sur les parties latérales des grands sésamoïdes, il se partage en deux branches inégales. La postérieure, la plus grosse, suit l’artère latérale, en se . déviant un peu en arrière, et descend avec elle . jusque dans l’intérieur du pied; l’antérieure, la plus petite, se dirige d’abord en avant et s’applique sur la veine, qu’elle accompagne jusqu’au sabot; après avoir dépassé le boulet, elle devient plus oblique et donne successivement différens petits rameaux, qui se contournent sur lrf^ face préphalangiennc, et dont le plus gros gagne l’arcade coronaire.
§ 6. L'Ongle ou la Corne.
La corne du pied (PL II, Jîg. e, f ) forme ‘ une enveloppe inégalement dure et épaisse,*. * ■) accolée à toute la surface du tissu réticulaire et unie supérieurement à la peau. Cette enveloppe, susceptible de régénération et d’un accroissement continuel, représente, quand elle est détachée*, une boîte, que l’ôn nomme sàbot, dont la conformation extérieure détermine celle du pied, et dont la concavité renferme le plus grand nombre des parties qui ont fait le sujet des cinq paragraphes précédens. . \ * r . ,
Les deux sabols d’un bipède , soit antérieur, soit postérieur, sont parfaitement semblables entre eux ; mais le sabot des pieds antérieurs , comparé à celui des postérieurs , est généralement plus évasé, plus compacte; ses talons sont aussi plus gros et plus écartés.
Cette boîte, intimement liée avec les parties soutenues, présente, lorsqu’elle en est séparée, une grande cavité intérieure, dont l’ouverture, évasée et supérieure , est tournée en haut et en arrière; dont le fond étroit, angulaire et antérieur , correspond à la commissure de la paroi et de la sole; dont la surface antérieure et supérieure décrit une concavité parfaitement analogue à la convexité extérieure de la mu- ' raille; dont le plancher inférieur forme une Surface très-inégale , où l’on voit diverses éminences et cavités.
On distingue au sabot trois parties : la paroi ou la muraille, la sole et la fourchette. Ces parties, dont nous avons déjà parlé en décrivant la ( forme extérieure du pied, diffèrent entre elles, non-seulement par leur disposition respective, par leur consistance, leur épaisseur et leurs usages, mais encore par la nature du solide qui constitue chacune d’elles. En effet, le sabot est évidemment composé de trois sortes de
corne, simplement accolées ensemble, et qui se séparent l’une de l’autre par la macération long-temps continuée dans l’eau.
i°. La paroi ou la muraille, dont nous avons déterminé les contours et la forme extérieure, tient une direction oblique de haut en bas , d’avant en arrière, et elle s’éloigne de la perpendiculaire plus dans les pieds antérieurs, qui^ daus les postérieurs. Son inclinaison, toujours plus forte en pince, diminue latéralement jusqu’aux talons, mais d’une manière inégale ; car le quartier interne se rapproche plus de la perpendiculaire, parfois même son bord inférieur rentre en dedans. Postérieurement et de chaque ’ côté, la paroi se contourne de dehors en dedans , comme nous l’avons dit précédemment , et elle décrit ainsi le talon. Après cette inflexion, elle se continue à la face inférieure du sabot • , ' par un prolongement, sorte d’appendice pyramidal, qui suit le côté de la fourchette, se J réunit par sou extrémité avec le prolongement opposé, et constitue l’arc-boutant (barre ou bordure).
Toute la face interne de la paroi est garnie de feuillets longitudinaux ( tissu kéraphylleux de Clark), qui s’enfoncent, s’enchâssent entre les lamelles de la chair cannelée, et contrac-
tent avec elles une adhérence intime, mais susceptible d’être détruite par arrachement, par inflammation, et, dans le cadavre, par la macération et par la décomposition des parties. Ces feuillets se font également remarquer aux talons et aux arcs-boutans; ils sont seulement moins larges et s’engrènent, comme les précédens, avec de pareilles lamelles du tissu réticulaire.
Le bord supérieur de la muraille , découpé en biseau aux dépens de sa lèvre interne, est çreusé en gouttière, forme la cavité cutigérale, qui reçoit le bourrelet (la cutidure) de. la peau,, et s’unit intimement avec lui. Cette cavité cu- . tigérale, communément le biseau, se trouve fortifiée, bordée en dehors par la bande coronaire ou le periople, production de la fourchette, qui semble être une véritable continuité de l’épiderme, et dont la corne, bien plus tendre que celle de la paroi , à laquelle elle adhère fortement, est susceptible de s’exfolier et de se détacher. La même cavité cutigérale est parsemée de petits trous, qui livrent passage aux fdamens de la chair du bourrelet cutané.
La corne de la paroi, filandreuse et trèsconsistante, est plus épaisse à sa partie anté-
rieure que dans le reste de son étendue; et cette épaisseur, plus grande vers le haut de la pince , diminue progressivement de chaque côté jusqu’aux talons , mais le quartier interne est toujours plus faible et moins contourné que l’externe. Au bourrelet et aux talons, elle offre une certaine flexibilité, tandis qu’elle est résistante et très-compacte partout ailleurs. Sa dureté, très-considérable à l’extérieur, diminue insensiblement de la face externe à la surface interne, de manière qu’à une certaine profondeur le solide présente de la souplesse, qui augmente suivant que les points sont plus rapprochés du tissu réticulaire sous-jacent (i). La texture de la corne de la paroi se rapproche infiniment de celle des crins; elle dérive de la cohésion intime de fibres longitudinales, parallèles entre elles; et cette texture fibreuse, apparente dans beaucoup de pieds , se manifeste bien davantage par les fentes longitudinales qui s’établissent fré- , quemment à la muraille.
(x) Quelques auteurs ont divisé l’épaisseur de la paroi en partie morte, partie demi-vive et partie vive, comme si ce solide était réellement composé de trois couches superposées et distinctes. Une telle division , purement arbitraire, ne peut donner que des idées fausses , et n’offre d’ailleurs nulle application particulière à la chirurgie » ’
a 0 . La sole, qui se trouvé, comme nous l’avons déjà expliqué, favorablement disposée pour l’entretien de l’élasticité du pied, sur-tout pour modérer la violence des percussions, présente, à l’intérieur du sabot, une surface trèsporeuse et inclinée de tous côtés vers le bord inférieur de la paroi , avec lequel elle se réunit à angle aigu. La corne qui la constitue, ne laisse pas apercevoir cette trame filamenteuse, si marquée dans la muraille; mais elle donne lieu aux mêmes considérations, en ce qui concerne sa consistance , qui augmente graduellement de l’intérieur à la surface externe , où le solide, privé de vie et desséché, s’enlève par écailles et par lambeaux furfuracés.
3°. La fourchette fait la clôture du dessous du pied, sert de clef à la voûte décrite par la sole, tient les talons écartés, et s’unit à l#couche réticulaire du coussinet plantaire. Étant séparée des autres parties du sabot, elle représente un corps pyramidal, bifurqué, fournissant supérieurement et de chaque côté une expansion fibreuse, qui couvre les talons et se continue par une bande circulaire sur le biseau de la paroi. La partie principale, centrale, fixée entre les arcs-boutans, offre, à sa face interne, poreuse •comme celle de la sole, des cavités et émi-
neuces exactement moulées sur la fourchette charnue, et opposées aux éminences et aux cavités de la surface extérieure. Ainsi, cette face - interne laisse apercevoir, i°. deux grandes éminences longitudinales, disposées en V, correspondant aux lacunes de la sole et formées par la commissure de cette dernière partie avec les branches de la fourchette; 2 °. une grande cavité pyramidale et opposée aux branches extérieures; 5°. une protubérance odontoïde, qui s élève du milieu de la cavité précédente, et à laquelle Clark a donné le nom d ' arretc-four- • chctte. Les prolongemens supérieurs et latéraux
de la fourchette, qui semblent être de véritables productions épidermiques, fournissent aux talons une couche fibreuse, épaisse, que l’on a désignée, dans ces derniers temps, par l’expression #e glomes ( glomi furcales). Le prolonge- ’• •. ment ou la bande corouaire (le périople ), qui . entoure Je bord supérieur de la paroi, et dont il a déjà été fait mention, est une continuité des glomes latéraux et sert à les réunir.
. . La corne de la fourchette, molle et flexible, paraît être formée de fibres parallèles, bieù \ moins cohérentes que celles de la muraille , et
susceptibles de s’écarter par l’effet de diverses ’ . •
circonstances, qui rendent alors la surface ex-
térieure de la partie, filandreuse, parsemée de lambeaux, etc. / '
La corne, détachée du pied et plongée pendant un certain temps dans l’eau , devient souple et prend toutes les formes qu’on veut lui donner. Dans l’animal vivant , elle s’amollit par l’usage continué des substances grasses, aqueuses et mucilagineuses ; elle se dessèche, se durcit à l’air, devient cassante et se fendille.
Les animaux nés et élevés dans des pays bas et humides, tels que les chevaux hollandais, ont le sabot peu consistant et très-évasé ; le contraire a lieu chez les sujets originaires des contrées méridionales. La corne de ceux-ci est gé- ■ néralement très-dure, parfois môme resserrée au point de comprimer les parties vives sousjacentes, et de faire boiter l’animal. Un ongle noir, luisant , compacte et sans altérations extérieures, est une des qualités précieuses dii 7 cheval; un sabot terne et évasé accompagne , d’ordinaire une constitution molle et lâche. Les pieds blaucs sont en général moins bons, moins bolides que ceux qui sont noirs. * «
Ainsi que nous l’avons développé à l’article ' • des Tegutncns (i ), l’ongle est susceptible de rér
(l) Anatomie des animaux domestiquer, ouvrage ij^j* '
■ cité*, tom. TI, pag. 53? et suivantes»
génération , a pour foyer central de sensibilité, de nutrition et de reproduction , le tissu réticulaire qui est par-dessous. Il n’offre , dans le principe de sa reproduction, qu’un suc glutineux, se montre par un ou par plusieurs points dans la surface dénudée de corne , acquiert peu à peu de la consistance, et prend l’apparence d’une substance blanche. Celle-ci va toujours en augmentant , tant en consistance qu’en épaisseur et en étendue, devient roussâtre, et Cnit par prendre les caractères qui lui sont propres.
La corne ne jouit que d’une vitalité trèsobscure et ne parait pas sensible; mais l’expansion réticulaire sous-jacente supplée à cette insensibilité, et perçoit les impressions un peu fortes produites à la surface extérieure du sabot. Suivant leur nature, et selon les points où elles sont imprimées, ces impressions déterminent le toucher, ou bien elles établissent un • mode d’action, qui, suivant ses degrés et sa durée, donne Heu à des changemens de différens genres, à des altérations plus ou moins grandes.
Tels sont les effets ou résultats fâcheux des fers mal appliqués, posés trop chauds, et qui pro- • duisent des compressions partielles; des clous qui serrent trop ou pénètrent le vif; des.corps -
durs qui s’enchâssent dans les lacunes du dessous du pied ; des marches continues et forcées sur des terrains durs, caillouteux; des brûlures trop profondes, que l’on fait quelquefois au sabot dans différentes vues, etc.
La corne n’est pas caduque, sujette à la mue, comme les poils des chevaux et les bois des cerfs; elle persiste toute la vie, à moins qu’une circonstance accidentelle n’en produise l’enlèvement ou la chute. Elle n’a pas de grandeur déterminée; elle augmente toujours, et prend de l’accroissement, jusqu’à ce qu’elle tombe ou que l’animal meure. Dans la paroi, elle s’allonge par son bord inférieur, et ne parvient qu’à un certain degré d’épaisseur. L’accroissement de la sole et de la fourchette cornées se fait en épaisseur; mais ces parties se détruisent par la face externe, pendant qu’elles puisent les sucs nutritifs par la face opposée. Après avoir acquis une certaine pousse, la corne de la fourchette devient filandreuse à l’extérieur, et tombe par lambeaux ; celle de la sole se dessèche, s’exfolie, se réduit en poussière, en lames friables, farineuses, etc.