‹ Traité du pied considéré dans les animaux domestiquesChapitre 12 sur 29 · COURT EXPOSÉ DES PRINCIPES DE FERRURE · texte numérisé non relu

COURT EXPOSÉ DES PRINCIPES DE FERRURE

La ferrure , qui est l’art d’appliquer méthodiquemeut des fers aux pieds des animaux susceptibles d en porter, n’a pas seulement pour but de s’opposer à l’usure, à la destruction de

l’ongle , elle remédie , comme nous veuons du le dire, aux défauts de conformation et aux vices de structure; elle contribue, dans un grand nombre de cas, à la guérison des maladies du pied , et rentre alors dans la classe des

moyens thérapeutiques.

Cette importante pratique , dont 1 origine est perdue dans le vague des temps , n’a commencé à faire le sujet d’études exactes que vers le milieu du siècle dernier; et ce n’est qu’à partir de cette époque, quelle a été convertie eu un art raisonné, basé sur la structure organique du pied. Lafosse père et fds, Bourgelat, Chabert et, plus tard, Goluer, sont, parmi nous, ceux qui s’en sont spécialement occupés, et l’ont ameuée au degré de perfection où elle se trouve aujourd’hui.

Examinons d’abord quels sont les principes émis par chacun de ces auteurs, nous jetterons ensuite un coup-d’œil sur 1 état de la feriuie ' en Angleterre, et nous indiquerons, en dernier lieu, les préceptes qui, selon nous, doivent guider dans l’application de la ferrure.

Dans sou mémoire, publié en 1754, Lafosse père développe la ferrure telle qu il la concevait, d’après l’étude spéciale qu’il avait faite de la structure du pied , et des phénomènes qui ^

s'y passent lots des foulées sur le sol. Sans démontrer d’une manière précise l’élasticitp du sabot, il fait très-judicieusement remarquer que, dans l’état normal, les talons et la fourchette servent de point d’appui au cheval ; il veut , conséquémment , qu’èn le ferrant l’on dérange le moins possible l’ordre naturel.

D’après ce principe, il recommande seulement de diminuer la longueur du pied, de ne point parer la sole , de respecter les talons, ainsi que les arcs-boutans et la fourchette, d’appliquer . des fers étroits, très-courts, sans ajusture et à éponges minces. Cette méthode, fondée sur l’ordre et l’arrangement des parties constituantes du pied , mérite la plus grande, attention ; nous démontrerons ultérieurement

combien elle est rationnelle, et quels avaç— tages elle présente comparativement a tous les autres procédés. Dans ses écrits, Lafosse Dis n’a fait qu^ donner plus de développement aux principes de ferrure établis par son père, et n’a point introduit de méthode parti- -culière.

Quoique Bourgelat ii’eùt pas fait d études pratiques én maréchalerie-, il nous a cependant laissé un travail fort remarquablc..snr là ferrure, et dans lequel il développe des prin-

cipes souvent opposés à la théorie de Lafosse. Après avoir indiqué les règles à suivre dans l’action de forger et de ferrer, il prescrit des mesures géométrales, desquelles il résulte que le fer doit être distribué, par les étampures , en neuf parties égales. Il recommande de parer le pied également par-tout, et d’appliquer des fers dont les éponges soient très-prolongées ; il veut, en outre, que le fer soit ajusté de telle sorte, que la pince soit relevée et les branches légèrement abaissées. Ce mode d’ajusture, dite en bateau , a pour but principal d’établir, lors du poser, une certaine vacillation , et de ramener le point d’appui au centre du pied , et non pas sur les talons et la fourchette, ainsi que lé veut Lafosse.

En parlant de l’organisation de la corne, Bourgelat y distingue trois parties, la vive, la demi-vive et la morte. Selon lui , la circulation s’opère dans la première, une simple transsudation a lieu dans la secoude , et la troisième est entièrement sèche; il pense que l’accroisse- ' ment s'effectue seulement dans la partie vive , et que les deux autres sont, pour ainsi dire, chassées par une action mécanique; et il ajoute que l’accroissement du sabot doit être d’autant plus rapide, que les parties morte et demi-

\*vc y ont moins d’étendue. D’après lui, l a corne pousserait d’autant plus vite, que l’ongle serait plus aminci, et que la partie vive offrirait par conséquent aux fluides moins d’obstacles a vaincre. Partant de ces principes, il consedle, lorsqu’un quartier est plus bas que autre, d’amincir le moins élevé, comme aussi d abattre les talons toutes les fois que la pince est trop longue , afin, dit-il, de déterminer les

* SC P ° rter dans la P artie plus’ affaiblie, qu’ils pénétreront d’autant plus facilement, qu’il j aura moins de parties morte et demi-vive. Malgré tout le respect dû à la mémoire du célèbre fondateur de nos Écoles vétérinaires, il est impossible d’admettre de tels préceptes, encore moins de faire l’application

UUC theor,e T" repose sur des bases purement imaginaires. La saine pratique réprouvera également cette longueur de branches, susceptible de fatiguer les talons, et de faire naître diverses altérations; cet excès d’ajust»re, si propre à écraser les quartiers et à rendre les pieds dérobés; enfin, cette distribution du 1er en neuf parties, distribution qui reporte trop les étampures en talons, et expose les animaux à être blessés.

S il est vrai , comme l’opinion s’en est pro-

pagée jusqu’à nous, que Bourgelat rédigea son Traité de ferrure d’après les leçons dictées par Chaberl, son élève, et qui devint son successeur (i), il est difficile de concevoir la publication des principes insérés dans cet ouvrage, et dont nous venons de présenter une esquisse.

Chabert possédait les connaissances les plus positives eu maréchalerie ; et il était assurément l’homme le plus capable de bien diriger la plume de Bourgelat. Il est à regretter que ce praticien si éclairé n’ait rien écrit sur cette branche importante, qu’il enseigna avec tant de distinction. Sa théorie s’éloignait autant des préceptes de Lafosse que de ceux de Bourgelat. Chabert avait étudié avec soin tout ce que présentaient de vicieux ces deux méthodes, et il avait reconnu qu’un juste milieu entre elles était la bonne voie à prendre pour atteindre le but désirable.

Dans ses Tableaux synoptiques sur la ferrure, le professeur Gohier a senti qu’il était impossible de suivre entièrement la méthode de Bourgelat. Peut-être aurait-il dû s’en éloigner davantage. Toutefois, on doit lui savoir gré

(i) Voyez le Discours prononce par M. Iluznrd père, sur la tombe de Cliabci t , le 10 septembre 1 8 1 4 ■

des changemens qu’il y a apportés. Ou voit avec satisfaction qu’il a corrigé la distribution géométrale des étampures, et qu’il n’admet poiut le procédé du fondateur des Écoles, dans la manière de parer les pieds. Si la ferrure qu’il indique n’est pas toujours exempte de reproches, elle est assurément préférable à celle de Bourgelat , et elle se rapproche beaucoup de la théorie qüe professait Chabert.

Les principes de ferrure établis par les Lafosse ont été diversement modifiés chez nos voisins de la Grande-Bretagne, où la méthode française parait aujoud’hui sè propager avec plus ou moins de modifications. Dans le développement de son système de ferrure, M. Coleman pose en thèse générale, que l’on doit constamment conserver au pied la forme circulaire qu’il présente dans l’état de belle nature.

Il recommande de parer beaucoup en pince et fort peu en talons, et pour contre -balancer la perte de corne en pince, laisser les talojus libres, et permettre à la fourchette de partici- . per à l’appui; il conseille l’application d un fer raccourci aux deux branches, très -épais en pince , et diminuant insensiblement jusqu à l'extrémité des branches. Cet auteur considère . la fourchette comme étant destinée à maintenir-

les talons écartés, à donner du ressort aux mouvemens de l'animal, et à modérer efficacement

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la violence des percussions. Eu résumé , la méthode du professeur anglais se rapproche des principes de Lafosse ; elle n’en diffère qu’en ce que le fer a trois fois plus d’épaisseur en pince qu’en éponges; vice capital, qui met l’animal sur un plan incliné , rejette tout l’appui sur la fourchette, fatigue nécessairement les tendons et les ligamens.

Après avoir passé en revue les différentes méthodes de ferrer, chez la plupart des nations, M. Goodwin, autre auteur anglais, n'hésite pas à accorder à la ferrure française la préférences ' qu’elle lui semble mériter sous tous les rapports. Le mode d’ajusture est le seul point qui lui en paraisse blâmable ; aussi propose-t-il d’en substituer un autre diamétralement opposé :

ainsi, il recommande de rendre convexe, de dedans en dehors, la face supérieure du 1er, tandis que l’inférieure sera concave. L’auteur affirme que, depuis loug- temps, il emploie cette ferrure, et qu’elle a le grand avantage de S’opposer au resserrement des pieds, altération qu’il désigne sous le nom de contraction.

M. Goodwin consacre un chapitre de son ouvrage à l'examen de la méthode du profes-

seur Coleman , contre laquelle il se prononce-. On a tort, d’après lui, de chercher à faire marcher les chevaux sur la fourchette : si cet organe avait une telle destination, il déborderait les talons dans l’état normal du pied. Il s’appuie de l’autorité de Bracy-Clark , pour combattre l’opinion de Coleman et de ses partisans, tels que Freeman, With, Peal et autres. Un seul fait suffira pour mettre M. Goodwin en défaut, et le combattre avec ses propres armes.

11 déclare et affirme que la fourchette ne doit point servir d’appui au cheval ; puis, il conseille le fer à planche , et le recommande comme étant convenable non-seulement dans les circonstances de maladies, mais encore pour tous les cas ordinaires. Est-ce que l’auteur attribuerait au fer à planche d’autres usages que celui d’établir un point d’appui sur la fourchette?

Nous nous bornons à ces considérations sur l’état de la ferrure tant en France qu’en Angleterre, et nous passons aux inconvéniens inévitables de l’application des fers aux pieds des chevaux, inconvéniens que nous avons déjà signalés, mais qu’il importe de reproduire ici, afin de mieux faire apprécier le système aeluel de ferrure à Paris.

Avant d’avoir été soumis à l’usage de la fer- ,

rure, le sabot du cheval jouit d'une élasticité très-remarquable, toujours plus grande aux talons et à la fourchette, et quia pour but de modérer ou d’annuler les effets des percussions sur le sol, comme aussi de faciliter les mouvemens de progression. Nous avons déjà dit que l’emploi continué des fers affaiblit promptement cette élasticité, la détruit plus ou moins complètement, donne au pied une rigidité spéciale , qui le rend sujet aux resserremens et à de nombreuses altérations. Nonobstant ces inconvéniens, la ferrure est une méthode dont nous avons fait connaître les avantages et dont nous avons prouvé toute la nécessité. Ce principe admis, tous les efforts doivent tendre non à éviter cette pratique, mais à la rendre le moins préjudiciable possible. Nous ne pouvons partager l’opinion de M. le professeur Grognier, qui prétend que la mode et le luxe ont seuls introduit J’usage de ferrer les cltcvaux , et qui ose affirmer qu’un temps viendra où l’on abandonnera cette pratique (i). Nous pensons, au contraire, que la ferrure est née de la nécessité, et qu’elle durera tant qu’il y aura de grandes cités , des

(l) Notice historique et raisonnée sur C Bourgelat , |»ag: 142 et 143. W

- routes pavées , terrées, et des chemins raboteux. \ ' * . .

Divers moyens, tels que le fer à double , charnière, de Bracy-Clark , et le fer articulé, ont été proposés pour conserver au sabot? son état primitif d’intégrité, et pour éviter les accidens de ferrure. Jusqu’à présent , l'expérience, n’a confirmé l’avantage d’aucune de cçs'noiî-yeiles inventions , et nous en somrûes toujours réduits à appliquer sous les pieds des chevaux un fer formé d’une seule pièce. ,

De tout ce qui précède , ne sommes-nous pas naturellement conduits à tirer cette juste con>séquence, que la méthode de ferrure la moins- • préjudiciable aux fonctions du pied mérite la préférence sur toutes les autres? Nous avons

démontré et l’expérience & confirmé que lés principes de Lafosse*sont les mieux raisonnés: s’il^ n offrent pas une application rigoureuse dans tous, les tas, ils nouant, avec quelques modifications prescrites par les localités, renr*- . plir le but , c’est-à-dire assurer la marche dû cheval , en nuisant lemoins possible à l’élasticité du pied. En effet, la ferrure de Lafosse , non modifiée, expose les talons, sur-touf quand ils sont un peu bas et faibles, àtetre foulés ,.con-r tus, à devenir douloureux* etpeurtfaire bcfiiér

l'animal; et cet inconvénient est gr^ve pour les chevaux qui travaillent sur le pavé ou sur des terrains durs, raboteux et pierreux. Il était donc nécessaire de corriger un tel vice, et l’on y est parvenu, en employant des fers assez allongés pour garantir les talons sans les fatiguer. Il a été également reconnu que ces fers, étant légèrement couverts, et ayant une certaine ajusture, détériorent bien moins le pied. Par ces changemeus, la pratique des Lafosse se rapproche sensiblement de la théorie développée par Bourgelat. P. Chabert paraît avoir, le premier, indiqué un juste milieu entre ces deux méthodes ; mais cet habile praticien conseillait trop d’ ajusture et trop de garniture aux . fers de devant.

Au fur et à mesure que ces différens vicey^ ont été aperçus, on s’est occupé d’y remédier, et la ferrure a successivement reçu des modifi- *. cations, qui l’ont rendue plus rationnelle, et par conséquent moins nuisible. C’est sur-tout à Paris que ces améliorations ont été le pjus sensibles, aussi croyons-nous devoir faire con- • * naître brièvement les principes que l’o» suit dans celle capitale, où, de l’avis même des . anglais Goodwin et Sewell, on pratique la meilleure ferrure. *

Le fer quç l’on fabrique dans les principaux ateliers de Paris est beaucoup plus long que celui de Lafosse, et plus court que celui de Bourgelat ; il est légèrement couvert ; ses élampures, également distantes l’une de l’autre, sont un peu éloignées des éponges; son épaisseur est la même par-tout; et ses branches, un peu moins couvertes que la pince, diminuent insensiblement de largeur jusqu’aux éponges, qui présentent une surface assez étendue pour donner au fer une garniture suffisante, sans qu’il cesse de poser à plat sur les talons ; avantages que n’offre pas le fer confectionné selon la méthode de Bourgelat. Il est sans doute inutile de faire remarquer que ces principes s’appliqüent particulièrement aux fers de ^levant. Quanta ceux de derrière, ils sont pltis épais en pince qu’en éponges; les élampures, distribuées également sur chaque branche, • laissent, dans le milieu du fer, un espace qui permet d’y établir un prolongement, que l’on rabat sur la corne, et que l’on désigne sous le - ■' nom de pinçon; enfin, on relève souvent, à l’extrémité des branches, des espèces de crochets, que l’on nomme crampons. Cette dernière pra- • tique, si contraire aux principes que nous avons . • éuïis'j doit paraître blâmable ; mais si l’on se .

rappelle les fonctions des membres postérieurs; si l’on réfléchit qu’ils sont destinés à pousser la masse du corps en avant, et que, dans le moment de la percussion, le principal point d’appui s’effectue sur la pince, on sera bientôt convaincu que les crampons sont moins nuisibles qu’on ne le soupçonnait d’abord. Cette pratique vicieuse peut, d’ailleurs, être justifiée par la nécessité d’affermir la marche des animaux qui vont avec vitesse ou conduisent de pesaus far- * deaux sur des routes ferrées ou pavées. .

Avant d’appliquer un fer, il faut disposer le pied qui doit le recevoir : on diminue d’abord la longueur de l’ongle, on abat un peu la pince, * puis on pare le pied à plat, également partout; on a le soin de ne point creuser la sole, d’abattre peu les talons, et de respecter les arcs-boutans , ainsi que la fourchette.

L’ajusture doit être légèrement relevée en . pince et se perdre insensiblement dans les branches, qui ne doivent jamais plonger eu talons; . cette ajusture doit être donnée de telle sorte , que le fer présente une surface plane inférieurement.

Lorsque le fer est fixé au pied, il faut que les éponges dépassent de deux à trois ligues la fourchette, afin que, dans le raomeut où le cheval pose son pied sim- le sol , les talons $’a-

baissent et concourent, en même temps que la fourchette , à foire l’appui .

Nous terminerons cet article par rappeler, en peu de mots, certaines règles générales de maréchalerie , desquelles on ne doit jamais s’écarter. La plus importante, sur laquelle repose tout l’art du maréchal, est de confectionner toujours le fer pour le pied, et jamais le pied pour le fer. Il importe aussi de .ne pas * appliquer le fer chaud sur le sabot : cette habitude vicieuse fait souvent naître des p’hlegmasies latentes, que l’on combat d’autant plus difficilement, qu’on les ignore. Enfin, il ne fout jamais se servir de la râpe qu’avec la plus grande circonspection : cet instrument est fatal entre les mains des maréchaux; son emploi, le plus souvent inconsidéré , détériore l’ongle, et occasione, à lui seul*, une foule de maladies. A ces préceptes de maréchalerie, nous ajouterons que les pinçons trop forts et inconsidéré- , ment rebroussés peuvent occasioner des accidens graves. Étant trop serrés, ils produisent des compressions fâcheuses, donnent lieu à des excroissances cornées, etc. L'habitude vicieuse qu’ont certains ouvriers de frapper à grands coups de brochoir , pour les relever et les incruster, détermine parfois un étonnement de sabot, eta.. . '<• \ ,*• ■* ’ ‘ • -*

§ i' r . Pied grand.

Les pieds grands , dont le sabot bien conformé d’ailleurs réunit toutes les autres qualités requises, ne peuvent causer de préjudices qu’autant qu’ils sont beaucoup trop volumineux ; ils ont alors les inconvéniens de rendre les animaux lourds et pesans, d’user beaucoup, • de se déferrer, et d’être très-sujets à la fourbure. Lorsque leur volume n’est pas excessif, ils présentent des avantages marqués pour certains services : ainsi, les fyeds grands et creux sont recherchés dans les chevaux de carrosse , sur-

•tqjif dans les jumens destinées à la production deé mulets (r).

Les pieds grands, dont la corne n’a pas toute la consistance requise, résistent bien moins que les premiers, et ils se détériorent par une foule de circonstances; ils sont assez souvent larges et étendus ; parfois leur paroi, déformée sur le devant, leur donne l’apparence de l’ecaille d huître. Çes pieds, plus ou moins évasés, sont le partage de la plupart des chevaux du Nord, et ils conviennent parfaitement dans les ■ •' • ■■■■ ; ■■ ■ ■ ■— - ■

(i) L’expérience a constaté que ces jumens donnent des mulets dont le pied n’est presque pas rampin.

pays bas, humides, dont le sol offre, en général , peu de consistance ; ils donnent à l’animal • une plus grande assiette, augmentent la surface ' d’appui, et, par là, rendent la marche plus assurée sur les terrains mouvans.

La ferrure des pieds grands doit être calcu- . lée, d’après le volume et l’état de la partie, selon le service auquel le cheval est soumis, et • suivant la nature même de l’ongle. Le sabot est-il bon d’ailleurs? a-t-il la solidité convenable? La ferrure ne demande nulle précaution particulière; l’on évitera seulement l’emploi des fers trop lourds, qui écrasent le pied , font naître des seimes, et augmentent la disposition à la fourbure. Les inconvéniens de ces • * fers lourds sont bien plus grands, plus prompts et plus nombreux pour les sabots dont la corue est tendre.

§ a. Pied plat (i).

Le pied est plat, toutes les fois que la sole, au lieu de former une certaine concavité, se trouve à peu près au niveau du bord inférieur 1 * de la paroi et de la base de la fourchette. Dans cet état des parties , l’appui peut se propager ■

(i) Solleysel l’app eüe pied. plein.

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sur. toute la surface plantaire, faire naître et entretenir une irritation , qui ira toujours eu augmentant, et produira divers accidens, tels que la sole foulée, des oignons, des bleimes, et, le plus fréquemment , le pied comble.

La ferrure seule fournit les moyens de conservation de cette sorte de pied; elle seule peut ■ prévenir les suites fâcheuses ci-dessus signalées; son but doit toujours être d’éviter toute compression partielle quelconque , et de mettre la sole à l’abri des foulées sur le terrain. L’action de parer se fera à plat; l’on aura la précaution de ne pas affaiblir la sole ; l’on ménagera la fourchette, et l’on n’abattra de la muraille que le strict nécessaire pour détruire les bavures, mettre le pied droit, et faire por- •’ 1er le fer. Si la corne est tendre ou cassante,

1 on ne fera usage que de clous à lames délicates; dans tous les cas, on aura soin de donner au fer la couverture, l’épaisseur et l’ajusture que pourra réclamer l’état de l’ongle et. de la difformité elle-même.

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• ^ §3. Pied comble.

Il ne diffère du pied plat que parce que l’alv'

... tération est portée à nn plus haut degré. Ici, la sole se trouve ou complètement au niveau

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du bord intérieur de la nuiraille, ou bien ellu ^ déborde et dépasse plus ou moins. Le pied n’est jamais comble naturellement ; il ne le de- ï ' vient que par accident; presque toujours par ' défaut de soins et d’attentions à corriger, ar- . reter, quand il n’était encore que plat, cette" •dnection si fâcheuse de la sole à se dévier.

Le pied comble est une altération grave, .

dont les progrès, toujours croissans, ne peuvent être que ralentis par les bonnes ferrures, et en ménageant , autant que possible, le cheval; elle finit, plus tôt ou plus tard, par détériorer complètement le sabot, et par mettre I animal dans 1 impuissance de continuer soir service.

Les sabots combles, dont la paroi est déprimée en écaille d’hultre, sont, én général, faibles, et se ruinent promptement, sur-tout 's‘L/ le cheval travaille sur le pavé, sur des terrains * durs ou caillouteux. Ces sabots, qui ne con- , viennent guère qu au labour, ont presque tou- • jours une fourchette grasse avec des talons bas, sont sujets à forger, à s’atteindre, quelquefois? même à s’entre-tailler. . *" * .

Toutes les fois que l’altération du pied comble n’est pas parvenue à un trop haut degré, lit . ferrure peut maintenir le cheval droit et uü

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état de faire un service. Les indications à remplir sont à peu près les%iè mes que pour le pied plat : tout doit être calculé et combiné de ma-

nière à reporter l’appui du fer sur le bord de la paroi, et à garantir la sole bombée. Les différentes variétés de fers couverts trouvent leur application aux pieds combles. Pour les premiers degrés d’altération, le fer simplement couvert et approprié au cas particulier remplira le but. On le garnira d’une plaque de tôle, ou, pour me servir de l’expression usitée, on l’entôlera, si le pied est très-sensible, et que l’on veuille mettre le cheval dans le cas de supporter la marche sur dès terrains compactes et pierreux. Lorsque le bord de la muraille se trouve presque dérobé par la sole , il faut recourir au fer très-couvert, mince et à bord renversé. Au reste, la ferrure des pieds •combles varie et exige autant de précaution» particulières, qu’il se présente de cas particuliers. Nous ne pouvons pas entrer dans tous ces détails, et nous nous bornons à indiquer: les bases de cette ferrure. WW

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§ 4. Pied petit.

Cette conformation, opposée au grand pied, se montre fréquemment dans les chevaux fins,

originaires des contrées méridionales^ sur-toul dans ceux que l’on élè# à l’écurie ; elle diminue l’étendue de l’appui sur le sol, et devient ‘ plus ou moins préjudiciable, suivant qu’ellé est compliquée d’autres défauts, tels que les

taIons serrés, la paroi cerclée, la faiblesse de C ongle , etc.

La ferrure doit varier et être combinée suivant le genre, le degré et même le nombre des altérations qui accompagnent la petitesse du sabot. Toute l’attention doit se porter à mettre le pied à son aise, et l’ou y parviendra, en employant un fer léger, que l’on fera garnir le plus possible, à moins que le cheval ne soit sujet à se couper.

Si 1 ongle a des dispositions à devenir aride et cassant, il faut faire usage des corps gras sur la couronne, et éviter toutes les circonstances capables de dessécher la corne.

§ 5. Pied encastelé (i).

' » L encastelure est une défectuosité des quarïî^ delà muraille, q^i, ayant une hauteur démesui ée, et étant toujours plus serrés du côté du

(i) Expression dérivée de castellum , château -fort et de la prépositiop -c>i dedans. .*

biseau, produisent une compression plus ou moins douloureuse et étendue. Le resserrement est quelquefois plus sensible vers le talon, et la douleur y est alors plus marquée. Cette conformation vicieuse, presque exclusive aux chevaux fins, dont le sabot est petit et compacte, porte les plus grands préjudices au service, non-seulement parce qu’elle ne peut pas être corrigée, mais encore parce qu’elle cause une irritation persistante, qu’augmente le plus léger travail; elle met le cheval, d’abord, sur les épines, le fait ensuite boiter de plus eu plus et finit par lui rendre la marche insupportable ou par le faire tomber fourbu. L’encastelure peut bien être un résultat des mauvaises ferrures ; mais elle est , le plus ordinairement , naturelle et dépendante de la construction même du sabot.

La défectuosité dont il s’agit n’altère pas très-sensiblement la forme extérieure du pied ; elle peut même, lorsqu’elle n’est pas à un trèshaut degré, échapper à l’œil de l’acquéreur, sur-tout si l’animal marche franchement et ne témoigne nulle souffrancq.

Une ferrure méthodique soulage le pied encastelé^ le met dans le cas de remplir plus on' moins bien son service ; mais elle ne le, rétablit

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jamais dan.s un état d’intégrité parfaite. Le ménagement des talons et des quartiers doit constamment être le but de cette ferrure, qui consiste à parer bien à plat , à ne pas abattre les arcs-boutans, à employer un fer léger et à branches raccourcies. Quelques praticiens conseillent l’application d’un fer à planche, dont la traverse, large, et portant sur la fourchette, garantirait les talons, et tendrait même à lçs écarter. ( PL III, fig. 6.)

Certains maréchaux ont l’habitude de ferrer en bec de flûte; ils laissent déborder un peu de paroi , de manière que leur fer, qui peut être aussi à planche, se trouve comme incrusté des deux côtés, tient les quartiers écartés et les presse en dehors. Le fer à planche ne convient qu’autant que la fourchette permet d’y établir un point d’appui ; quand elle éprouve de la douleur et que les talons en ressentent aussi, on ne peut pratiquer que la première ferrure, qui consiste dans l’usage d’un fer plus ou moins court, suivant les circonstances (i). ;

Pour favoriser l ? effet de la ferrure appropriée , au pied encastelé , et tenir le cheval dans le cas

fi) Je n’ai pas cm devoir parler ici du 1er à crémaillère,’ son usage est réprouvé par lestons praticien*. }***

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de faire du service, il faut éviter tout ce qui peut resserrer la corne, et il convient de graisser souvent le sabot avec de Fongueiit de pied ou avec du saindoux. Lorsque tous ces moyens deviennent inutiles, et qu'il n’est plus possible

• de maintenir le cheval droit, le pied doit être . considéré comme incapable de servir, et la

I nourriture de l’animal est en pure perte. »

§ 6. Pied à talons serrés.

r Ce pied diflêre du précédent en ce que le • resserrement du sâbot se borne aux talons ; ceux-ci, en général, sont petits, contournés . •èn dedans et très-rapprochés l’un de l’autre.

, Cette alteration, moins grave que l’cncaste— .* Jure, avec laquelle elle ne se trouve que trop .. . souvent réunie, s’observe également dans les chevaux fins, rend le pied peu propre à résister long-temps sur les terrains durs et raboteux. De même que l’encastelé, le pied à talons serrés ‘ . est très-sujet à devenir rampin; il a souvent la ' fourchette maigre et peut facilement être serré '* ou P'qué; il réclame la niême ferrure et les «t mêmes ménagemens que l’encastelé ( fig 5

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'ifq- ikéctytrofo.* *

Ce pied a une conformation telle, qu’il èsj déprimé sur les parties latérales de la paroi et plus ou moins allongé en pince. Cette défec- • ' tuosité, portée à un haut degré, constitue le l>iedj)wlongé , dont les faces latérales sont tou-, jours altérées par des cercles et diverses dépressions. Le pied étroit a le plus souvent les talons serrés, il est sujet aux seimes, aux faux quartiers et à devenir rampin.

Si la ferrure ne peut pas prévenir les suites fâcheuses de cette défectuosité , elle sert au moins à les retarder, à rendre les effets moins pernicieux, parfois même elle arrête la direc- r - . tion vicieuse de l’ongle. Le but de cette ferrure * doit être de diminuer l’accroissement de la pince, de donner de la liberté aux quartiers et " d’en favoriser la nourriture. Pour remplir ces ’ 1 indications, on emploiera un fer court en pince où il portera au pinçon, qui s’incrustera dans la corne; ce fer garnira, autant que possible, sur les quartiers, et ses étampures seront réparties , suivant les endroits de la muraille

où les clous pourront être brochés (Pl. III,

. § 8. Pied cerclé.

Cette altération de l’ongle, toujours accidentelle et trop souvent incurable, se manifeste à la surface de la muraille par des cercles transversaux plus ou moins nombreux, placés les uns au-dessusdes autres. Ces anneaux, d’autant plus préjudiciables qu’ils sont plus gros, et séparés les uns des autres par des sillons plus profonds, émanent constamment du biseau, forment autant d’avalures qui descendent peu à peu et vont se perdre au bord inférieur de. la paroi. Us sont ordinairement remplacés par de nouveaux, qui se développent au tnênle endroit et éprouvent les mêmes changemens. Assez souvent, le sabot cerclé comprime les parties sous-jacentes et fait boiter l’animal; cela arrive sur-tout lorsque les cercles sont nombreux, très-rappVochés, que le pied est, eu outre, étroit et allongé. La défectuosité dont il est question peut être le résultat de la foùrbure et accompagner le croissant :

les anneaux résident alors dans le milieu de la patoi, plus ou moins déprimée en forme d’écaille d’huître , et ils ne disparaissent qu’autant que l’altération première vient à être détruite.

Le pied cerclé peut récupérer son état d’in-

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légrité ; et sa tendance vers la guérison s’annonce par les cercles nouveaux , qui sont toujours plus petits et moins nombreux que les anciens. Dès que l’on s’apercevra de cette disposition favorable, on devra employer tous les moyens pour la faciliter et l’activer. On mettra en usage les corps gras capables d’assouplir l’ongle, et l’on emploiera une ferrure légère, que l’on pratiquera de manière à ce que le pied soit parfaitement à sou aise.

Lorsque les cercles proviennent d’une altération intérieure et persistante, ils se reproduisent continuellement et deviennent incurables. * . - • ‘

§ g. Pied creux et à talons hauts.

Ici, la sole est plus enfoncée que dans l’état ordinaire; la cavité plus ou moins profonde qu’elle laisse apercevoir peut être étroite ou évasée. Le premier état du sabot creux accompagne constamment l’encastelure ou les talons serrés, et semble même u’ètre qu’une suite de ces vices de conformation : mais le pied creux , dont les talons, quoique hauts, sont solides et suffisamment écartés , est une conformation avantageuse et recherchée dans les chevaux de carrosse. « Le pied creux, dit Solleysel, est une » bonne remarque pour les chevaux de car-

» rosse ! il faut, sur ce, noter que ceux qui » vendent les chevaux, pour leur faire paraître » le pied bon, le font creuser par le maréchal » le plus qu’ils peuvent, et laissent la sole trop » faible; et là-dessus on se peut tromper: car » le pied doit être creux sans que la sole soit » trop affaiblie (i). »

Les pieds creux dont la fourchette est baveuse sont sujets aux ulcères de cette partie et deviennent parfois rampins. La bonne ferrure prévient ordinairement ces aceidens; sou but doit être de rejeter l’appui en arrière, pourvu que les articulations supérieures le permettent : a cet effet, 1 ou abattra les quartiers et les talons le plus possible, même jusqu’au sang, et l’on appliquera un 1er à lunettes, qui garnisse en pince et rejette l’appui en talons. '

§ io. Pied à talons bas.

Cette conformation, qui met le cheval dans le cas de forger et de s’atteindre, est d’autant plus préjudiciable, qu’elle est portée à un degré plus élevé et qu’elle est accompagnée d une fourchette maigre. Dans ce dernier cas, les talons, étant faibles, appuient trop sur le sol et

(0 Lt Parfait Maréchal , 4' édit., tom. IT, p. ' 7 5.

sout sujets aux foulures. Cet inconvénient, assez grave, peut donner lieu à des accidens encore plus fâcheux ; il requiert une ferrure susceptible de garantir les talons et de les mettre à l’abri des foulées sur le sol. Un fer demi-couvert est !e plus propre, même le seul capable de remplir cette indication. Beaucoup de' praticiens font lever des crampons aux fers de derrière. Comme le cheval dont les talons sont bas est toujours long-jointé, la ferrure à crampons relève bien les talons et corrige , jusqu’à un certain point, le défaut; mais elle fatigue considérablement les articulations et concourt

à la ruine des membres.

§11. Pied à talons faibles.

Des talons petits eUtrop flexibles constituent ce genre de défaut, qui. est, presque toujours, accompagpé d’une fourchette grasse et réclame les plus grands soins. La ferrure de ces pieds devra toujours avoir pour but.le soulagement des talons, et devra être exécutéè avec autant d’adresse que de méthode ; pour peu qu’elle soit négligée et impropre, l’animal ne tardera pa» à devenir boiteux, et la foulure continuée . des talons déterminera la fourbure.

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Le fer à planche et à branches raccourcies sera ,C1 d un em P ,oi avantageux, et l’on fera en sorte que sa traverse prenne un point d’appui sur la fourchette, pourvu que l’état de celle-ci le permette.

§ 12. Pied à fourchette grasse.

On désigne sous ce titre tous les pieds dont la fourchette est plus grosse et plus molle que dansl état naturel. Ce défaut, ordinaire dans les sabots mous, évasés, plats, combles et à talons bas, dispose à la fourchette échauffée, pourrie, au crapaud, et ces altérations se développeront

d’autant plus sûrement, que l’animal habitera des lieux plus humides.

La ferrure la mieux exécutée ne suffit pas pour parer aux suites fâcheuses d’une fourchette grasse. Les soins de propreté , les lotions fréquentes de substances dessiccatives, sur- tout 1 attention de tenir les pieds secs, de ne pas les laisser séjourner sur le fumier, dans l’humidité, sont les seuls moyens capables de rempli r ce but. Souvent ces moyens deviennent infructueux : la fourchette se pourrit , le crapaud se développe , malgré tout ce que l’on a pu faire et employer.

5 i 3. Pied à fourchette maigre.

Cette altération , entièrement opposée à la précédente , se fait remarquer plus particulièrement dans les pieds encastelés, serrés, etc. ; elle dénote, comme le dit très-judiciéusement Solley sel , un sabot sec , aride , susceptible de resserrement, et de mettre l’animal hors de tout service quelconque. Les corps gras et la ferrure ne peuvent que retarder lés suites toujours graves d’un .pied qui a une fourchette maigre et par trop déprimée.

§ i4- Pied mou ou gras ( 1 ).

Les caractères de cette sorte de pied se tirent de l’état même de la corne, qui n’a pas Ja dureté requise, est souple et trop humectée. Une telle enveloppe,, en lui supposant même une épaisseur drdinaire, ne peut que faiblement défendre les parties contenues contre les chocs extérieurs, sur-tout contre les foulées

continuées êur des terrains durs et pierreux ;

, (1) Le pied mou est , d’après Bourgelat , le même défaut que le pied gras ; Lafosse assimile le pied gras au pied faible. L’acception du premier de ces auteurs est la plus exacte, parce qu’elle dérive de l’état même de l’ongle.

aussi le pied gras est-il très-exposé à être serré et piqué, à être affecté de bleimes, d’oignons, et à deveuir facilement fourbu; sa conservation exige des soins continuels, une ferrure légère et l’emploi de clous à lame déliée. Le défaut que nous signalons complique souvent celui des pieds larges, plats ou combles.

§ i 5 . Pied faible.

Le peu d’épaisseur et de dureté de la muraille établit le défaut dont il s’agit. Ces sortes de pieds sont toujours sensibles , très-sujets à être serrés , piqués , encloués , atteints de bleimes ou d’oignons,* et à^devenir fourbus; ils ne résistent que peu*de temps sur les terrains dur», et exigént la même ferrure, les mêmes attentions que les pieds gras.

§ 16. Pied dérobé.

Le pied dérobé se distingue par des éclats accidentels, qui ont lieu au bord inférieur de la muraille, et déterminent une plus ou moins grande perte de corne. Les sabots arides et desséchés éprouvent presque toujours ce genre de destruction , qui peut aussi se manifester dans les bons pieds, lorsque l’on emploie des

clous beaucoup trop forts ou que l’on broche trop maigre. Parfois, les éclats de corne sont si étendus et si avancés, qu’ils ne laissent presque plus de place pour brocher des clous.

La ferrure peut toujours être employée avec avantage pour le pied dérobé. Étant bien combinée, elle parera aux plus grands inconvéniens, et elle maintiendra le cheval en état de faire son service; elle ramènera même le sabot dans son intégrité, si celui-ci n’a été altéré qu’ accidentellement, par l’ignorance des ouvriers maréchaux. Le pied dérobé nécessite un fer ordinaire , avec ou sans pinçon ( Pl. III , Jig. ii et 12), et dont les étampures soient disséminées, suivant les points où les clous peuvent être enfoncés. Il conviendra, en parant, de faire tomber, si cela est possible, tous les éclats de corne, afin de déterminer un accroissement uniforme de l’ongle, de rétablir plus promptement et d’une manière plus régulière l’intégrité du sabot (1). Il faut aussi brocher

(1) Quelquefois les éclats sont portés si avant, qu’il est impossible de les faire disparaître tous. Dans ces circonstances, il faut se borner à râper un peu , et s’il n’y a pas assez de corne pour attacher solidement le fer, on attendra quelques, jours- pour ferrer le cheval.

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les clous le plus haut possible, et 11e relerrer que quand il y a nécessité bien Reconnue. On sollicitera la souplesse de l’ongle par des onctions fréquentes de corps gras à la couronne et à toute la surface du sabot.

§ 17. Pied .rampin.

Le pied, ou mieux le cheval rampin, est celui eh qui la muraille se trouve redressée, plus ou moins rapprochée de la perpendiculaire et même reportée en avant, de manière que le bord supérieur de sa pince soit plus avancé que l’inférieur. Cette direction yicieuse, à laquelle participent toujours lès rayons supérieurs, est naturelle ou acquise; elle ramène constamment l’appui vers la partie antérieure de la paroi, et, suivait ses degrés, le cheval marche plus ou moins sur la pince, .'est plus, ôû- moins pincarçL (1) èt parfois meme il pose sur la face antérieure du sâbot.

La conformation dont il s’agit est très-ordinaire', même; naturelle, dans les mulets; elle suppose alors dés talons hauts, qui rejettent

- . (i) Pinça rd, dérive de pince ; cheval qui marche sur la pince du pied.

1 appui en pince, à laquelle on remarque toujours une grande épaisseur. En général, les animaux monodactyles , naturellement rampins, marchent avec assurance, jouisseut même d’une plus grande force pour le tirage, surtout pour porter le bas dans les pays moutùeux, escarpés ; s’ils sont peu propres à la selle , c’est parce qu’ils ont les réactions très-dures, et qu’ils fatiguent beaucoup le cavalier. Le cheval devenu rampin par la ruine des membres ou par toute autre cause, n’a jamais la pince plus forte que dans l’état ordinaire, et ses talons peuvent être hauts ou bas, forts ou faibles.

Dans cette dernière circonstance, l’animal bute

continuellement; la faiblesse de ses extrémités antérieures l’expose à se bouleter , à se couronner, à se couper, à s’entre-tailler, même à s’abattre. Ces sortes de pieds rampins detnaudent constamment une ferrure capable de leur donner la solidité dont ils manquent, et de rendre leur marche plus assurée. L’indication à remplir est de conserver la pince et de rejeter l’appui en talons, lesquels doivent être abattus et parés à fond, s’ils sont hauts et capables de contrarier la diversion, qu’il importe d’obtenir. Le fer convenable pour ces cas ( PI . III, Jig. i5 et i/ t ) doit être court, mince aux éponges* avoir

la pince prolongée, relevée, quelquefois même terminée eu pointe.

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§ 18. Pied panard.

Défaut d’aplomb, toujours dépendant d’une fausse direction des rayons supérieurs, et qui se manifeste à la pince, tournée plus en dehors que dans l’état normal. Le cheval panard peut avoir un très-beau et bon pied ; mais il se berce en marchant, est exposé à s’entrë-tailler, aux atteintes, aux javarts cartilagineux, et il exige une ferrure propre à le mettre à l’abri de ces acéidens.- Il faut parer à plat , et l’on doit avoir grand soin de ménager le quartier interne, qui, lorsque le pied est levé, paraît toujours plus haut que l’externe, et en impose ainsi aux personnes peu exercées. Comme le cheval panard se coupe en talon, et que le quartier interne est toujours surchargé, un fer ordinaire, dont l’éponge interne est plus courte et plus épaisse que l’externe, produit communément des avantages marqués. Bourgelat conseille de ne pas raccourcir la branche interne , et de lui donuer seulement l’épaisseur nécessaire pour que , lors des foulées sur le sol , l’appui se fasse uniformément à toute la surface plantaire.

• ; §r 1 9 * Pied, cagneux.

Le cheval cagneux est l’oppose' du panard ; la pince de son sabot est tournée en dedans, et les articulations des genoux'ou des jarrets sont trop écartées l’une de l’autre. Cette interversion d'aplomb expose l'animal à, se 'couper, tantôt de la pince, tantôt de la mamelle, et parfois du'quartier.’ .

La ferrùre’difïêre de celle des pieds panards, eu ce qu’il s’agit de f rëiïiplir des indications contraires : on laissera donc la branche externe plus forte que l’interne;* et si le cheval s’entretaille, l’on aura soin dé* ne pas faire garnir le fer dans les endroits où le pied d’un côté blesse l'autre,

§ 20. Pied de travers.

Une hauteur inégale ou une inclinaison trop forte dans l’un des quartiers détermine le pied de travers. Cette défectuosité, d’autant plus préjudiciable qu’elle est* portée à un plus haut degré, se fait remarquer assez souvent dans les poulains que l’on exerce, trop tôt et que l’on fait travîiller sur des terrains durs, raboteux et parsemés de trous; elle peut aussi être occasionée par les mauvaises ferrures. Cette alté-

ration, grave dans les chevaux d.’un certain âge, peut se corriger, ou au moins diminuer considérablement par l’usage continué, des bonnes ferrures. '

§ ai. Pieds inégaux. «

Les pieds sont inégaux, toutes les fois qu’il y

a disproportion bien sensible de volume ou de forme entre le pied droit et le pied gauche, soit de devant, soit de derrière. La ferrure est alors subordonnée aux difformités ou altérations de chaque sabot, et doit être combinée de manière à rendre l’appui égal dans les quatre pieds. «. - , *

§ 22. Pied-bot.

'■ ' , . • ** »'*.•. - * Ce pied, qui suppose une torsion du sabot, soit en dedans, soit eri dehors, ne s’observe que très-rarement, parce que les animaux* étant incapables de travailler, dès le moment même où le pied commence à prendre cette difformité, spot sacrifiés avant que l’altération soit corpplète. La torsion qui produit le piedbot peut être plus où moins forte et prolongée, être coo géniale op accidentelle. Toutes les fois que la difformité proyient de naissance, le sabot est alongé et contourné comme la corne

d’un bélier. -Le vice de conformation est in—

dnbitablément le résultat d’une maladie qu’a éprouvée le fœtus. Mais quelle est la cause de cette affection? Nous l’ignorons, et nous n’entrerons dans aucune discussion à ce sujet. Les cabinets de l’École royale vétérinaire d’Alfort renferment un pied-bot de cette sorte ; le squelette duquel il fait partie appartenait à un poulain de dix à douze mois, qui n’avait que trois extrémités, et que l’on avait conservé pour l’exposer à la curiosité du public. Le sabot, fort long, ressemble à une corne de bélier, et présente les mêmes rugosités.

Le pied peut devenir bot par suite de fourbure , renouvelée ou entretenue chez les jeunes }>oulains; mais il n’acquiert jamais ni la longueur ni la forme du pied-bot de naissance.

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