‹ Traité du pied considéré dans les animaux domestiquesChapitre 14 sur 29 · MALADIES DÛ PIED · texte numérisé non relu

MALADIES DÛ PIED

Cüsaffections, nombreuses el variées, peuvent être déterminées par la marché continuée suides terrains secs, durs, caillouteux et raboteux; par le choc, le contact des corps extérieurs, et même des pieds entre eux; parla déviation de quelques rayons ou jointures supérieurs; enfui,' par la ferrure (i). Les unes, telles que les oignons et lesbleimes, n’attaquent que certaines régions du pied; tandis que d’autres, comme la fourbure, peuvent non-seulement occuper tout le pied , mais s’étendre à la couronne et au paturon, Plusieurs se guérissent promptement , et -né sont dangereuses qu’autant qu’elles sont négligées ou mal traitées ; quelques-Uues sont opiniâtres et ne dispa-

“ * . • ^ jf •/ * •, *

(l") Nous démontrerons aillèurs que la ferrur.e fait naîlre

la plus grande partie de ces alterations , et qu’elle occasionne presque toujours les plus graves.

-if)

rainent qu'avec, (les -soins bien suivis et longtemps continués; eniin il en est qui résistent à tous les moyens que l’on peut mettre en usage, et qui finissent par détériorer entièrement le pied. Certaines lésions restent latentes plus ou moins de temps, tandis que d’autres se font apercevoir dès le principe de leur développement.

U est souvent difficile de reconnaître le siège dès maladies du pied, et dans certaius cas il de-

vient impossible de parvenir à cette découverte. Toutes les fois que le mal réside dans cette région du membre, le cheval, tenu eu main et exercé tantôt au pas, tantôt au trot, ne fait pas un appui franc et égal sur toute la surface plantaire du sabot; certaines foulées sont subites, ou se font principalement sur la pince, ou bien elles ont lieu sur un quartier plus que sur l’autre. Parfois, l’animal fait un appui plus fort en talons , comme cela arrive daus le cas de fourbure. Cette connaissance première, étant acquise, laisse-encore à découvrir le point douloureux et la nature de l’aflèction. Pour parvenir à ce but, l’on déferre d’abord le cheval, puis on regarde si-le fer qu’il portait ue produisait pas quelque compression oü gêne capable • d’occasioner la b.oiterie; après cet examen, l’on prend une paire de tricoises, avec lesquelles on

pillée;' on s<fn<h> tout le pied (j). Si l’on veut fopïJUer .^üs.gttfupnlou^qpient, il (àutlracfUjéaiçuceft par .abattre-' de la corne' et parer phis outrions a\an(, Aiîvaut i’intènUon qu’on aura,' ôu de mettre^ dqcôuyert toute la paVtiê qflcns«e, ou seulement d’amincir la corne, jtisqu’a ce quelle sfoit souple *et que l’Qp puisse resonder aveç plus ^avantage. Toptés ceé' recherchés sont* parfois irilrnetuëuses., et Ton ne trouve mdle trace.de lésion; dans ce cas, if convient • d’abandonner le piecT pour .deux Ou tçoLs jdyfs ’ et de l’envelopper pendant ce temps d'un cataplasme émollient, afin d’assouplir l'ongle et df • rendrç plus sùresdes nouvelles recherches'.'

Titesqu^ touies le£ altérations dcmandenT -le •secours de usage des instrument dé

•ferj ure, sur-tout eplui d^ boutoir, dont bp se sert non-seulement-poiu- {tarer et pour disposer.'

pied à recevoir lè,î£î>ëLà subir uneppèi-.,^ tidn quelconque, mais encore pour abaitre-Ve'

. («) LYxprgssym <Jc sonder le pieft, tièi-nsitée en manéchileriè et'dans lâ chWgie vétérinaire, cttcmpla^c -anfigoré 'signifie ■ slrfctemcnt p^r^comprimer lé f ihd.

par; tous W«H%èn* posées., ej plÛ.^rtiçutièrétaent eh'. le . pifoanl avérés Jrû^jrfftiac dé^.y^ir k!p,',i u f '

Jâureux-, ct^ar ronséqucnt.le ^e Ju niai " * : .

Jâureujr, ct^ar ronsé.

I MLïrJ 98 > .

trop de corne, qui, clans. les plaies, suites des operations, n’établit que trop souvent des compressions partielles, fait n^iti'e des' fîstnles , divers bourgeons charnus, et retarde ainsi ou empêche complètement la cure* La majeure partie de ces affections reqpieri une ‘ferrure particulière, soit pour assurer autant que possible

îa marche du cheval, soit pour faciliter les pan-

semens ; quelques-unes, qui ne peuvent guérir sans dé gitands, délabremCns, demandent beaucoup de dextérité et des connaissances anatomiques très-exactes. „ > - , -

Les operations nécessitées par les maladifs de pied ne sauraient en général .être faites trop tôt; les piqûres, les retraites les euclouurés , les clous de -rue, exigent toujours de promptes ouvertures, à l’effet d’éviter l’accumulation du puS, ou d,e s’opposer à ce que. celui qui existe déjà ne cause de plus grands ravages intérieurs. Quant aux soins que demandent les.ç//lamùrèS ( 1), on peut les diviser éç Ceux qui

, (0 .Cette exprtsÿfon , quoique pet» u9itée'en littérature , mais fréqiie ruine pt" eiuploVcê en rhinirgie , désigne 1«s effets de "l’action êV-ntamcf : sois acception doif "s’entèiiifrc (Liur le. même sens que lesniTits f/nVurey de hcüler de piquer, ctjç - * v - **»■**'

piéèèd«nUl l op'éralîon * ceux que l'on doit apporter en la pratiquant, enfin ceux qui doivent. être continués jusqu’au rétablissement complet du pieds ‘Les attentions à avoir,- avant üde'*op|ânation quelconque, s’étendent àr ranimai, ainsi qu’aux objéts divers dont ou doit se prémunir d’avancé. En. général,- les opérations légères^et peu douloureuses peuvent être pratiquées à toute heure de la journée, sans qu’il soit besoin d’y disposer le cheval. Quand la maladie doit entraîher un grand délabrement", susceptible d’occasionèr. 3e la fièvre f d’exciter le malade à ge tourmenter fortement, à se dé - -* battre et à •«? 'défendre-, il. est indispensable ; p*Ç)ur opérer, que l'animal soit à jeun ,-et qu’il aiC» été préparé par un régime de quelques jours.

Certains chevaux, lourds et généralement peu sensibles, subissent les opérations même les plus grades, sausy avoir été préparés et sans en ressentir dut dérangement notable dans l’exercicê de leurs fonctions. Il n’eu est pas de mênfe-des jeunes animaux, sur-tout des chevaux vife'etteP lement irritables qu’ils ne peuvent soscîrtir rete-i nus par des liens., et encore bien moins supporté/ lpfe instrumens traitcbaqs. Les grandes pîaiès, exécutées sans quelques précautions premières, celles Sur-toUt-qu’ôn pratique dansues j5alties.'ou

fa sensifeilité est très - exaltée , leur»softt lôu^ jours dangereuses, et* ne leur deviennent que trop souvent funestes. On ne saurait donc ap- • porter trop d'attention, pour, (Kspôser les sujets ... d’un tel tempérament aux opérations qu’ils ont h* subir». Le? bainS , jet les 'cataplasmes émoflfens •fur la partie malade, combinés avec uf» régime ‘«fêlay.aàt,* qjjêl’ofidfait ol^ryâViilja^itoal pendant lfesdeux*ou trois jours quif réc'èdent Celui de l’opératiôii , sout les moyens efficaces par • lesquels on prévient orïfcnffiremeut la fieyre l.o- ^ cale. <Gettç réaction , toujours à craindre, "peut devenir 'générale , ‘empêcher la suppuration et donnèr-lieu à différeus actîidenÿ funestes.. Dpns tous les cas, il est eage.et d’une bonne méthode de disposer d'avance , e't même dès Ja veille v si cela est jpoâçiblq, le pied' malade; on. doit le • parer et le ferrdr suivant j’apéralion que l’on nrnnose de nratièuér : aprè& quoi, o»ren-

Uoe.précautron d’un autre £enrq,, que r pas oublie r.le vétérinaire ayant de se nrèttiy'on -œu\ ( ré^,p’e6t «fiwrauper* et- de tenir .apprêté ;

tôht’ae qui -doit' <teipp£fier' rappaçeilà àpplî-

qiiep, ainsi oùel& ips$rurngiis*tf aitts&mbjets nécessaires’,* Presque toutes les plaies dont d

ioi ; ■

s agit demandent pour pansement, t2. un .fdr approprie; a", des étoupés-disposées en plumasseaux., eri teWtes etJiQurdontlets. de diverse» fraudeurs ; ÿ°. les mëdicamens, dorit on charge le* plus souvéritJés premières étoupes, ôifque l’on porté immédiatement sur la plaie; 4 0 . une lçiigue bpnde ou ligalure, roulée pât* lés deux bouts e{ destinée à fp&er l’étoupade(v). Dans la dessolure Synpje., on contient en' placeles plumasseaux gu moyen du fer 'dit à dessolure (PI. llfjjig. 21 ), et de dedx éclisses de bois, maintenues pdr une traverse,' qui passe sur les branches du fer- Dans les cas d’enlèvement de la sole et* duyjuarlitîr en même temps, ou fait ùsagd d’éolisses et de ligatures. .Poûjr compléter Iç pansement, il est pécessâtié de disposer lui morceau dé-toilfe assez grand pour 'couvrir tout le pie’d opér'é’, et de sé procùreç utie ficelle mi une ligature pour assujettir cette; enVeloppè..

Autant.queleS' circonstances peuvent le permettre, il est dvantagçux d’opçijer les animaux

debout, en les attachant; simpîeifterit au mur,

• f . • ’ . • • ~ ju , • }• ‘

9 (-0 rûar de, plus amples détails sur ‘«es objets dc.panÿc-’

-uitDûr , *\>yez P Esfai shr les- appareils et les bà/ittagès , par Bourgelat, <}ui se trouve dans la librairie 4^ Madame Ha-

ou ou les fixàut dans un travail, ou cir-les faisant tenir en main : par cette pratique, on les

débarrasse plus promptement,* on* leur évite sur-tout dés efforts violens, qui ont. toujours le grave ûicouvénient d’augmeifter les douleurs et de rendre les opérations plus dangereuses-. On peut. en agir ainsi pour la saignée en pince, pour la'seime.eusiillet, pour lesbleimês, poulies clous de r.ue , chicots et tessons,diVers r qui ne pénètrent pas au-delà -du tissu réticulaire. La dessol urè simple peut aussi avoir lieu de la même manière, sur-tout quand la sole est en partie .soulevée par la matière purulente. Le licol ordinaire ou dê force*, la plate-longe ; l 'entra- ■ von et le- torche-nez . sont les instrumens ordi- • paires dont on se sert pour attacher les animaux et tés contenir. L’usage de ces instrumens est trop conuu, pour qu u soit necessaire d,etjtrer dans, quelques détails à cet égard, détails que l’on trouvera d’ailleurs dans l’ Essai sur les appareils et sur les bandages , par Bourgelat.

Beaucoup de dieyaux ne sauraient être opérés debout, sans les plus’ grands danger^ pour eux-mêmes, ainsi que pour r opérateur et lés*. aides; il est conveuable et prudent de les abattre, c’est-à-dire de leS renverser et les fixer sur un lit de paille ou siir un sol tellement

doux, que l'animal ne puisse pas s’ÿ blesser ; ou doit en agir de la sorte pour toutes les operations qui exigent certains délabrcqiens et beaucoup de. précautions'. On parvient à renverser le cheval sur le lit* disposé ù cet efletj en employant ou les entraves seules, ou bien les entraves, avec la plate-longe., oii la plate-louge seule, ou simplement le bridou sans nul autre lien. >

i°. Emploi des entraves Seules . Les entraves, dont on trouvera une description détaillée dans .l’ouvrage précité de Bourgelat, se composent de quatre entravons et d’uu lac. Çes. diverses pièces servent à rapprocher les. quatre piçdà et à faire perdre l’équilibre à l’animal; mais, pour effectuer le renversement du cheval, il faut le secours de plusieurs, aides , dont un, placé à la ‘tête,* empêche ceUë-ci de se heurter sur. le soif un second, tenant la queue, attjre sur le * lit le. su jet, «lès <ju’il commence à perdre l’équilibre; deux ou trois autres tirentau-lac et.rap- • prochenf les membres; l’opérateur," placé contré- l’épaule, pousse d’üne 'main l’animaL- sur le lit , pendant que , de «Vautré , il saisit le lac et aide au' rapprochement des. quatre extrémités. Telle est, en abrégé , la màqière ordinaire d’abattre le cheval avec les entraves.

IVous.n entrerons pas dans d autres détails siir ce procédé si généralement usité; noils, ne. levons même rappelé que pour expliquer la méthode par laquelle l’opérateur peut , quand il se trouve seul et ^ans aides, parvenir à renverser et lixer l’animal. Le sujet conduit et attaché puès'du lit , il lui met lès entraves,. comme à.

1 ordinaire, et Oxfe le lac passé dans les quatre entravOfis à un poteau, à un anneau ou à tout autre corps. Ces premières dispositions faites , il «e place contre lp cheVî\l, du côté sur lequel*, il a l’intention dç le toucher, et) lui rapproche le plus possible les membres; il saisit ensuite, d’une main , la queue, et, de l’autre,.la crinière, qt demne immédiatement* un coup ' • de pied à l’apimal,' pour le déterminer à se por- . ter en avant. En cherchant à opérer’ ce moüv.emeut, le çhgval se trouve emp'ètrë; dans les efforts qu’il fait pour se. dégager, il perd l’équilibre, et l’opérateur saisît oe^td circonstance pour le r'enyerser. Lorsque le spjet risque de se’heurter.la tête côntre'.le mur-ou le poteau auquel il est attaché , il est prudent,' après que' ' l’on a mis Iqs entraves ’et fixé le lac, de le détacuer et même de l’eloigner de tout corps cou- •"" lequel il pourrait se faire du mal. On court la'tête'îvec la main, qui saisit la ccinièée • •

tr.e

tient

et la rêne du bridou en même tqmps. La manœuvre dontil s’agit, peut se faire en employant seulement trois entravons , deux au bipède anterieur, et’ un troisième, qui porte le lac au pied postérieur ,' du côté sur lequel le malade dplt être abattu. jCe dernier mode de procéder m’a même paru le plus expéditif et le plus sûr pour couche» le cheval sur, le lit.

2°. Emploi des entraves avec la plate-longe.

Le secours de la plate-longe pôdr ramener le cheval, sur le lit, dès" qu’il Commence à perdre l’équilibre, est d’un avantage incontestable, et peut’pardr à bien des aecidefis. Certains chevaux, vifs; inquiets ou impatiens, se livrent à dés mouvemens>violèns au moment où ils sentent leurs membres attirés par des lien»; ils s’élèvent en s élançant hors du lit ;. ils se jettent sur le pavé ou sur la terre avec une force que rien ne peut vaincre ; souvent ils vont se fieur-v ter, s’assommer contré les murs, où bien ils tombent sur la tête, et se luxent l’encolure. La . plate-longe est un puissant auxiliaire pour côntenir ces animaux, effrayés ou médians, les renverser sur le lit ét leur éviter quelqu’un des accïdens précités : noùs dirons même que son emploi est , dans tous les, cas, une précaution sage. Après le placement dçs entraves, on em-

. brasse le, milieu du jcorps avée'la jdate-lpnge,

. 'ijue l’orf.domrhet à des aides > qui tircutd.u coté • du liteau sigual donné, pendant que ceux qui

sontplacés au lac çt àla queue agissent ph même

, tepips.;- • ,. * , ■* . • y \

' / 5°., Emploi de la' plate-U/rige seule. Il y a des

chenaux tellement médians et si farouches , .

;qu us ne veulent se. laisses ni, toucher ni mêipe

approcher-, et aüXqiipls' il serait impossible de

mettre des entravons. Aveo deui* platesJonges-,

on parvient à les renyerseV sûr t lfe litlpéépâré ,

on leur met ensuite. les : entraVes, et Qfntles fixe

. comme il convient pour ^opération à leur Taire -subir. L’une de ces plates-longes doit être employée pour empêcher, cornmé av’eC les entraves, l’animai de s'élancer hors du dit'; l*au\re plate-longe est préposée à Mfèir avec un nœud coulant le pâiu'con antérieur du côté sur lequel on désire coucher le sujet. CeWe dernière platelonge .est d’abord étendue par terre, êt'l^nœud coûtant formé du côté de son œil est déployé' en cercle d’une certaine grandeur. Lç cheval, amené sur le terrain pat un oh plusieurs aides, suivant sa méchanceté ou ses emportemensV ' * est coyd(uit ccmtre la piate'-lofigei et mar^euVcé jusqu’à ce qu’il me^te le pied antérieur désigné

dans le cercle du nœud coulant. En tirant promp-

tement et de bas en haut 1 autre extrémité de la plate-longe,. l’on ■ l'ait monter et L’on serre le

• nœud coulant ati-dessus du sabot, et le membre se trouve ainsi pris par le lien. La seconde plate-longe esf ensuite passée;à travers le corps, avec ou sans nœud cpulaht. L’animal étant place le. plus près possible de la litière du lit, l’ope-

* rateur donne lé signal pour que tous les aides

agissent simultanément. La plate-longe qui embrasse le corps sera tirée en dedans-du lit, pendant que celle- du paturon sera portée eu arrière et à l’opposé de la première, afiu de fléchir le membre et de lui faire perdre son appui. Lorsque la manœuvre est exécutée avec adresse et ensemble, l’on parvient à renverser du premier coup le çhaval et à le faire tomber sans accident. Mais si l’on est obligé de renouveler .cette manœuvre, qui u'aura pas d’abord rempli le but, le sujet devient pl&s. emporté, plus furieux , et il est .alors plus difficile de Fabattre. . ’

4°- Emploi et un bridou ou licol.' (I g quatrième et dernier procédé ne peut guère être mis en usage que pour les poulains encore jeurùcs et indomptés : il bousiste à plier l’encolure eh arrière et au coté opposé à celui sur . lequel On Veut faire tomber l’animal; l’on tire

; .. C ïoS") . • •

for tentent Jà tête vers Je garrot et- l’on forpe le , sujet à tourner sur ses jarrets. Celui-pi hp tarde • pas à s’açculeiv, et il se fjénverse après quelques (ours , ’souvçnt niêmq jès Ip premier. Un sçùj’ homme suflit pour cette manœuvre hardie j.-il.

,se place contre l’épaule, saisit les deux rênes *• dp, bridon op la longe du licol , passées dii doté opposé , çt il agit comme il est dit ci-de’ssns. V Cp moyeu, très-expédiéif, n'entraîne nul danger .pour l’aninjal, qui. tombe doucement et sans se faire aucun njal> mêiTie en se rënversàntrsùr le pavq ou sur un. terrain dur et inégal y mars’il.a le grave inconvénient, *db forcer les' jarrets et les reins : il Aë pourrgit,'pas convenir po.uc les

Apres s être rendu maîtrè de 1 animal,

• •' ' tt .* . . ‘ '* ‘ •

avoir ote. tous ses moyens de defepse , 1 opérateur fixe le'membre malade de manière à ce qu’il puisse agirlibremèntet en toute sûreté^ tant pour inciser et couper que pour appli quer -l’appareil convenable. D défache le fer, , s’il ne l’a. pas fait, avant de coucher le cheval ; il coupe les, crins , si .cela est' nécessaire', et il passe dans le paturduurtê ligaturé ou une .grosse , fi’cellé,' assez fortement serrée pour qu’ellerpuisse faii'e fonction de tourniquet et interceptér la cif- .

culationqlu sang: Ces précautions prises,' ii j* ocèdê à l'opéra tlop , çn cqnxtnen^aut par séparer jusqu’à fond la pprtion de corne qu'il se propose d’extirper, et qu’il détache aussitôt "après avec le secours (Ton éjévatôije-, d’une paire de tricoises et d’une, feuille dé sauge double. L 'extraction de cette portion de l’ongle sûflTif quel-

qyerois' popr raelfre tout le mal a découvert,

saàs qu’il soit besoin d’alîèr pluaava’nt. •Souvent ellp n esf que le prélude clé grands délabremeus, néoessités par l’étendue où par, la profondeur tle la lésion; l’ongle enlevé, l’bji est obligé de prolonger les ipcfsipjis . de faire de nouvelles ■ entailles çt d’amputei* plusieurs des parties renfermées dans lç sabot;, quelquefois même il est .nécessaire de débrider, .et de parvenir jusqu a ’ -Tos du piqd. pu jusqu au. petit sésamoïdej que J’oh rugine du que l’on cautérise dans les points OÙ il.sonVété at’taquës.' • • V . ' ’ V . 1

to ^ teSk les operations.de pied exigent l’emploi d’ une force plus ou moins grande - •et suffisante pour surmonter laVésistance qu’opposent quelques parties,- telles que la corne et •lés cartilages latéraux de l’os du pied.-Cette

résistance, venant à cesser toiit à coup, .pro- ' duit l’égarement de l iustrumçnt .tran,cli’an\ / qui,, étant porté. dans les parties molles., peut

Die

rt

y fsiçe de longues et profondes blessures. L’opérateur doit avoir la précaution dç tenir constamment son instrument de court , comme de ne jamais le pousser avec force , sans avoir préalablement pris un ‘point d’appui, qui le mette dans le cas d’en être toujours - le maître, de pouvoir borner son action à volonté et de le retenir dès que la résistance cesse d’avoir lieu. L’enlèVement de la portion de corne qui dérobe le mal, n’exige* pas moins" de soin et d’attention. Si, après avoir saisi le lambeau corné avec les tricoises, oïl le tire aVec trop thé force et de précipitation, au lieu de se désunir uniformément d’îtvcc les parties' sous-jacentes, il les entraîne, les-arrachè, et’dépôuillè ainsi l’os du pied; d’autres fois, comme dans la dessolure, la corhe se divise et Se déchire ellemême ; . elle forme des débris, qui restent fixés au tissu réticulaire et que fou est oltligéjt’asjj- •• putèr après coup. Ces. iucônvénien^ n’ont pas lieu lorsque l’opérateur, après avoir détaché lui-même un bout de l’bugle qu’il fait tenir par un aide avec les tricoises, recommande d’agir tout doircemént en renversant la corne et on*

• la tordant légèrement, tantôt d’un côtp , laqfôt de" l’autre; pendant que lui-même, armé die sou çlévatoirè et.de sa feùillc do sauge, 'aide à

soulever., cop^c tous les déehircmcns qui com,mencent à se former, et ve'ille à ce que le décof lement sé Continue d’une manière 'uniforme.

Dans toutes les fircon&^nÇes dont il s’agit, le vétérinaire contractera l’habitude des précautions propres à prévenir, les accidens de tous genre??, de ne jamais paraître embarrassé tçt d’agir toujours avec vitesse, et dextérité. Tout en prenant le temps et les soins nécessaires pour ménager certaines parties , dont la section pourrait-êlre nuisible et dangereuse, il ne perdra pas de viie qu’il y a'de gra’ndç iiicbnvénîens a prolonger inutilement les opérations, tant par rapport aux,suites fâcheuses qui peuvent en résulter, que pour ranimai, qu’il' ne faut pas faire souffrir sans nécessité. Il doit sur - tout avoir l’attention de ne. pas irriter les plaies, soit en passant continuellement les doigts dessus , 9oit en les lavant long‘ 7 temps avec de l’eau froide.

Apres avoir termine son opération, il couvrira la plaie’ d’uu peu d’étoupe, rattachera, le fer en brochant, les clous dans les anciens trous, afin de ne point.étonnçr, ébranler le sabot, qui, n’étant plus dans son intégrité, demande beaucoup’ de ménagement : il essuiera tout donfeprnent la plaie et procédera de .suite au pansertient} il aura soin de placer gradùellefhent les

plunïa6^eaax ,’ et de tclfe maniéré qu’il n’y ait aucun -vjdé et £[ue là ^pression puisse s’exercer bieh égaletnçnt par-tout ; il fixera ensuite l’étoupade avec la bande roulée , 6èrrera également chaque tour, eii ayant L’attentjon dé rî-’en passer aucun sur les parîies molles, crain te d’y établir une compression dangeyêuse. Dans ce premier pansement, l’on fait habituellement usage de l’eau-de-vie étendue dans une| certaine qüantité d’eau ou de virç chaud ; les premières étoupes, imbibées fie cette liqueur! se; placent beaucoup. mieux. Quand le sujet opéré est d’un tempérament mou et peu- sensible, il est préférable et plus avantageux de.'metfre les plumasseaux secs; , il cohvieut même quelque-, fois de les charger d’essence de térébenthine ou de teinture d’aloès. Par leur nature ou par leur état, certaines plaies' exigent fieruploi ihr substances, soit dessiccatives, soit eaustiquy ,

dont on modère ou dont on augmente l’activité

suivant les circonstances. L’emploi de cçs sitb 4 stances est indiqué dans lés càs de crapaud, de. carie, de chairs baveuses, que l’on n’a pas pu emporter et qu’il est nécessaire de détruire! ' Après l’application de l’appareil et de son en- .• veloppe, l’on défait la ligature du paturon, l’on frotte un peu la partie, afin de rétablir la'/cir'- 1

culatiou, on délie le cheval et on le fait relever.

Ij animal opéré peut etre èn sueur, éprouver dé légers tremblemens dans les muscles, se trouver défaillant, chanceler, avoir l’air épouvanté, etc. ûn doit commencer par le rassurer et par le bien bouchonner ; on le conduit ensuite a 1 ecune, et ou 1 attache au râtelier en éloignant de lui toutes sortes d’alimens. Au bout dun peu de temps et lorsqu’il a repris sa tran- ‘ -

quillité, on luj fait une saignée, afin de prévenir les accidens ultérieurs , sur-tout la fièvre : cette précaution ne doit pas être négligée dans * '

les chevaux fins, très - irritables , et qui ont . .

éprouvé de grandes douleurs ; tandis quelle est /• " '

inutile <111115 les animaux qui, par leur tempé— *■*»' t

■1 aillent , supportent avec moins de souffrance les opérations et se tourmentent peu. ' 'flb ,

Le premier appareil, disposé et fixé comme il » * ■

.a été dit, doit se lever dès qu’il s’est établi dans la

• partie un travail particulier, et que la suppura- • Jt

tion est eu activité, ce que l’on reconnaît par la

matière purulente, qui fuse et s’échappe par les

bords de 1 étoupade. Le pus reste plus ou moins

de temps à se former, selon la nature des tissus, . .

selon la gravité de la plaie, suivant l’âge et la V* ! . C

constitution de l’individu, enfin selon la saison ' »

; et la température atmo'sphériqüè. Dans les fortes • .

chaleurs de Fété ,% il paraît ordinairement au troisième -ou cinquième jour; tandis qu’en hiver sa sécrétion tarde bien plus long-temps h avoir lieu; elle n’est communément établie que du cinquième au huitième jour, et quelquefois même plus tard (i). L’enlèvement des étou-pes au deuxième pansement doit se faire avec précaution , afin de rie pas déranger les- derniers plumasseaux, encore collés sur la plaie. 11 faut laisser ces plumasseaux en place, en appliquer de secs par-dessuS y et terminer ce pansfc-

mentcominelepremier.Souyentonestcontralnt

de déroger à cette règle générale, et de laisser moins d’intervalle entre les deux premiers pansemens : cela a lieu toutes les fois quels cheyal souffre considérablement et qu’il tieirt-çonstamment en l’air le pied opère , sans pouvoir prèn— dre dessus le moindre appui.. Cet état douloureux, déterminé, soit par' une qorripression trop forte j soit par une fièvrè locale suscepti- ■

(i) Les plaies légères’, pelles que les clous de rue, operees • de bonne Kèure et seulement en pratiquant une ouverfuro infundihulil'oçme', guérissent sans suppurer : le travajl de la cicatrisa tîon's’aiiuônce,'-i 0 . par la couleur vermeille de la plaie; 2 °. par une hujneur purilornÆ, qui, en s'échappant , détache les étoupea.”* 4 ’ ' * •%»% . .*

l.le d’amener la mortification , indique la nécessite de desserrer un peu la ligature,- ou d’enlever tout l’appareil , afin d’employer les divers moyens propres à prévenir la gangrène et à borner ses progrès, si elle existe déjà. Dans ce dernier cas , on coupe les parties frappées de mort, et l’on peut même les brûler avec un fer rougi au feu ; mais cette cautérisation ne doit être mise en usage qu’avec beaucoup de circonspection et seulement chez les chevaux' vieux ou d une constitution peu irritable. Après avoir détruit avec l’instrument tout ce qu’il est convenable d’amputer, l’on couvre la plaie de plumasseaux, chargés de substances capables de . ranimer lés forces vitales et de s’opposer à la mortification. ?

Quoi qu il en soit dé cës exceptions et de bien d’autres qu’ü serait trop long de rapporter ici, la marche la plus ordinaire des plaies résultant des opératiohs de pied est de tendre a la guérison. Au renouvellement du premier appareil , la partie est toujours plus ou moins bourgeonnée, blafarde et enduite d’une humeur purulente, blanchâtre. Cet état, qui peut en imposer au jeune praticien et être regardé comme de mauvaise nature,, se trouve totalement changé au troisième ou quatrième panse-

ment; la surface de la plaie devient vermeille et uniforme ; le pus prend une couleur blanche et une consistance visqueuse. Les moyens d entretenir et de favoriser ce travail si salutaire dépendent des soins subse'queus, bien entendus, et continués jusqu a la cicatrisation parfaite. Taut que l’entamure présente les apparences d.ont il vient d’être parlé, les pansemens doivent se faire avec des étoupes sèches, être exécutés ^vec les mêmes précautions que dans le premier appareil, et être renouvelés en raison de la quantité du pus qui s’accumule sous letaupade. A l’époque où-la Suppuration est bien développée, il est utile de panser une fois par jour, et même deux fois, si la. matière purulente est sécrétée en grande abôndance, Lorsque le mal tend à une guérison-prochaine et que la suppuration s’aftaiblit, les pansemens doivent être moins fréqueus et devenir insensiblement plus rares, jusqu'à ce qu ils cessent . tout-à-fait , et que la partie puisse être abandonnée à elle-même.

Pour faire les divers pansemens avec toute la régularité convenable et afin de pouvoir établir une pression unifôrme , l’on doit toujours commencer parrcmplu' toutes les cavités, d’abord les plus profondes et graduellement les plus- super-

füfc

ftciell.es; l’on place ensuite les plumasseaux, en employant toujours les plus petits et successivement en se servant de plus grands, jusqu’au dernier, qui doit couvrir tous les autres. On maintient en place cette étoupade avec la ligature , ou avec des éclisses, suivant l’opératjon qui a été exécutée. • .*

Il ne suffit pas de bien disposée tout cet appareil , il faut encore avoir la plus grande attention de garantir le mal de toute impression ‘ <* fâcheuse. Une foule de circonstances peuvent irriter cette plaie et la faire changer de nature: c’est ce qui a lieu lorsqu’elle reste découverte et trop long-temps exposée à l’action immédiate de l’air; lorsque, pour la nettoyer, la débarrasser du pus ou d’autres matières étrangères, on a l’imprudence de la laver et de verser par-dessus beaucoup d’eau ; ou bien lorsque , dans les pansemens, on emploie inconsidérément des substances , qui établissent un autre mode d’action. Les coups , les atteintes portées sur cette entamure, ainsi que les morsures que se fait l’animal lui-même, produisent des effets également fâcheux. Les compressions cxercéës, soit par l’étoupade mal appliquée ou mal fixée, soit par quelques portions de l’ongle , sont de toutes les causes nuisibles les plus fréquentes et

les plus, à craindre. Elles font d’ordinaire naître des cerises ou autres bourgeons de même nature; quelquefois elles donnent lieu â des fistules, ou bien elles font devenir la plaie livide, noirâtre et ulcéreuse. La première indication à remplir dans ces cas est de faire cesser la cause pccasionelle, de porter plus de soinè ù faire les pansenlfens, et d’enlever ou d’amincir la corne qui gène quelquefois les parties molles. Comme l’extirpation de l’ongle produit constamment une' grande irritation, elle ne doit être pratiquée qu’a'utant qu’elle est urgente, et .qu’il n’y a pas d’autre moyen de faire cesser la compression. Les cerises récentes, cellès qui se sont formées d’un pansement à l’autre , disparaissent presque toujours par une pression forte; quand, au lieu de décroître, elles augmentent et prennent une teinte livide , il est couvenable alors de les amputer avec l’instrument tranchant, de mettre toute la surface de la plaie au même niveau , et d’appliquer un appareil dont les plumasseaux .soient gradués de manière à ce que la pression soit portée à un degré plus considérable. Tous ces moyens sont parfois inutiles; de nouveaux bourgeons charnus repoussent sans cesse, et la corne continue à presser, à irriter ; il faut alors abattre

la partie ongulée , qui fait compression ; si la corne est nouvelle et encore tendre, il suffira de l’amincir jusqu a ce qu’elle ne forme plus qu’une croûte molle.

Les plaies compliquées de fistules, ne guérissent qu’autant que celles - ci disparaissent radicalement , et que leur cicatrisation procède du fond. Ces siuus plus ou moins profonds , droits ou tortueux , peuvent dépendre et être entretenus, par un mauvais état de la plaie, par une compression extérieure, par un point .interne d’irritation. Faire cesser ‘toute compression, ranimer la plaie quand elle est livide ou noirâtre, la calmer lorsqu’elle est enflammée, rouge, accompagnée de tuméfaction et de chaleur : telles sont les indications à remplir dans les deux premiers cas. Les fistules qui tiennent soit à une altération particulière, soit à la carie d’un os ou d’un cartilage , soit à un corps étranger, retenu entre les chairs, introduit du dehors ou formé intérieurement, comme les portions exfoliées des os; ces fistules, dis-je, exigent constamment la destruction de la cause occasionelle. Toutes les fois que les circons- , tances le permettent, il est utile de débrider

de tous côtés et de mettre à découvert le- fond

delà fistule, afin d’atteindre le pointd’irritatiou,

le détruire d’une manière quelconque et déterminer, par là, une bonne cicatrisation. Lors- < que, sans de grands dangers, on ne peut pas employer l’instrument tranchant, ou qu’il n’est possible de le porter que jusqu’à une certaine profondeur , on tâche d’élargir la fistule restante, et de l’agrandir assez pour y introduire des bourdon nets chargés de substances dessiccatives ou caustiques. On aura la plus grande attention de l’entretenir dilatée, jusqu’à la sortie ou la destruction complète du corps irritant,

• qui , une fois recouvert par les chairs , fait naître de nouvèlles fistules et nécessite de nouvelles opérations. ,

La plaie compliquée étant ramenée à l’état simple, il suffit d’entretenir çet état, et la guérison ne tarde pas à avoir lieu. Lorsque la cicatrisation-est avancée, que la douleur est dissipée , et que le cheval commence à . se servir librement de son pied malade, il convient de ferrer à demeure (i),.de mettre l’animal au labour, ou à tout autre travail léger, sur un terrain doux. Loin d’être préjudiciable, cet exer-

(i),On ferre ;Vdcmeute toutes les foi? que lé fer doit rester en place jusqu’à son usure complète , ou du moins tresnvancéc. . - . -, '

cice devient au contraire fort salutaire; il entretient l’individu en santé, dédommage* dés frais de nourriture et de pansement; il .avance considérablement et rend même plus assurée la cure de la maladie. L’expérience journalière prouve que tout cheval qui reste dans l’écurie jusqu’à la disparition complète du mal est sujet à etre atteint de diverses autres affections ; il guérit de son pied malade plus difficilement que lorsqu il fait quelque service, ou qu’il est abandonné dans une pâture. L’animal , mis au travail, exige encore des soins et doit être pansé tous les trois à quatre jours, jusqu’à ce qu’il n y ait plus de plaie et que la corne soit bien consolidée. La cure est très-souvent longue et difficile à obtenir ; il subsiste pendan l long-temps un petit point d’où suinte une humeur ou séreuse ou purulente»; et ce restant de plaie, étant négligé, peut donner lieu à la formation d une fistule et établir de nouveaux désordres. Dès que 1 écoulement ou la sortie de la matière cessera d avoir lieu, l’on couvrira l’ouverture extérieure de la cavité avec des poudres dessiccatives de résine, d’alun, etc;, et l’on continuera 1 usage de ces substances jusqu’à ce que la dessiccation soit complète. Tant que le sabot n a pas repris son épaisseur et sa dureté natu-

relies j il est nécessaire de préserver le pied de tout accident ultérieur, soit par une ferrure bien appropriée, soit par l’emploi des substances grasses , dont on enduit la corne , adn de la tenir souple et l’empêcher de se resserrer.

•Les maladies du pied , qui pourraient se réduire à quelques chefs principaux , ont été multipliées- par une foule de dénominations vulgaires, dont plusieurs ne font qu’en indiquer le siège ou la cause; d’autres n’qxpriment qu’un degré particulier d’une altération, désignée sous d’autres noms. Ces dénominations , tout impropres qu’elles sont, forment cependant la seule langue, reconnue dans le commerce et dans l’exercice de la médecine des animaux domestiques. Pour en opérer les changemens et leur substituer des expressions scientifiques, à la hauteur des connaissances actuelles de la médecine humaine, il eût fallu tout refondre, et le Traité du pied n’aurait plus été alors à la portée des praticiens; il n’aurait même plus eu le précieux avantage de mettre les élèves vétérinaires en rapport avec les notions routinières que possèdent généralement les personnes qui conservent, élèvent des chevaux , ou qui en font le commerce. Mais , me dira-t-on, la réforme dont il s’agit est déjà accomplie, puisqu’elle vient

d’être publiée, même présentée comme un langage adopté dans* les Écoles vétérinaires; et l’édition que vous donnez aujourd’hui va paraître suranuée. Il est vrai qu’un ouvrage qui n’en est encore qu’à son premier volume, renferme une nouvelle nomenclature des maladies des animaux domestiques, sans que les noms consacrés par l’usage soient accolés a vie les nouvelles expressions, toutes tirées du grec et plus ou moins composées. Nous ferons d’abord observer que cette refonte ne peut être considérée que comme un simple essai, dont le temps prouvera .les avantages ou les inconvéniens; nous dirons ensuite qu’un livre doit toujours être rédigé dans le but de son utilité directe , pour le plus grand avantage de la science, et qu’il doit être mis à la portée du plus grand nombre de lecteurs supposés : tel est l’esprit d’après lequel nous nous sommes guidé. Si, mettant de côté toute crainte d’une innovation générale dans la pathologie vétérinaire , nous cherchons à reconnaître l’utilité qui pourrait résulter de l’adoptiôn de la nou* velle. méthode nominale, pour les maladies du pied, les raisons se présentent en foule pour nous convaincre que les inconvéniens l’emporteraient sur les avantages.

Une discussion approfondie sur le mérite ou les défauts de la nomenclature pathologique , publiée récemment, serait ici superflue; elle nous éloignerait d’ailleurs de notre sujet. Je ferai une simple réflexion , et je demanderai si des expressions grecques , substituées à des noms sanctionnés par le temps, rendront plus facile"! etude des maladies des bestiaux ; en un mot, si cette révolution, entreprise, nous n en pouvons douter, dans l’intérêt de la science, produira des résultats aussi heureux que ceux qui ont été apportés par certaines nomenclatures à la médecine humaine, qui puise ses grandes sources dans des auteurs grecs. Je conviens que le langage de quelques parties de la médecine vétérinaire, sur-tout celui des maladies, est hérissé de mots barbares -, de termes bas et ignobles; mais qu’importe que les mots usités paraissent manquer de noblesse , s ils n’ entraînent avec eux aucune idée fausse, et s’ils peuvent être employés sans de graves inconvéniens? Les mots nouveaux ne devraient être créés que lorsque des idees nouvelles, mal indiquées par les. anciens, les ont rendus presque indispensables ; une expression nouvelle devrait toujours être le signal, l’hiéroglyphe d’une découverte et n’être légitimée que par elle. Par

( ia 5 )

leur défaut même de signification, les anciens mots ont pu se plier aux progrès de la pathologie et prendre, à chaque époque, la valeur des idées qu’on attachait aux choses qu’ils servent à exprimer. Tout en admettant la nécessité d’une réforme dans la nomenclature pathologique, nous pensons que ces changemens ne devraient s’opérer qu’au fur et à mesure que de nouvelles connaissances seraient ajoutées au domaine de la médecine vétérinaire. Le langage , étant ainsi rétabli graduellement , deviendrait plus sayant, plus facile, plus utile et plus assurç.

ARTICLE PREMIER

MALADIES DE LA C.OTIIONXE ET DV PATL’UOÎV.

§ i. Les atteintes.''

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On comprend sous ce titre les diverses contusions et meurtrissures , faites avec ou sans déchirement, et produites, soit par l’un des autres pieds, soit par un corps étranger, soit enfiu par un autre cheval qui marche derrière ou tout à côté. Suivant leur violence et leur siège, les atteintes peuvent être (a) simplex, quand la contusion est légère et que la’ douleur sié dissipe d’elle-même eu peu de temps; *»' *..*

(b) sourdes, lorsque la douleur est vive, profonde

et persistante : cette sorte de lésion a presque * , ' * . toujours lieu au talon ou près des quartiers ;

le tendon est quelquefois contus, ferru et plus ou moins maltraité ; (c) encornées , lorsque la contusion a été imprimée sur le sabot, Vers le biseau; celles-ci, généralement très-douloureuses, peuvent faire naître les javarts encornés ou cartilagineux ; ( d ) compliquées , toutes les fois qu’elles sont accompagnées de l'altération de plusieurs tissus.

Les causes de ces différentes atteintes sont, comme, nous l’avons dit précédemment, les coups de pied que l'animal reçoit ou qu’il se donne lui-mômé. Ainsi , toutes - celles de ces lésions qui Se montrent au côté interne de la région d'rgitée , doivent être attribuées au pied opposé, et ces accideus, indices de faibl'esge , •se font remarquer plus commuhénîeut dansles poulain’s, ainsique dans les chevaux «ujets a se couper, à s’entre-tailler. Les atteintes situées au talon où près des quartiers des pieds antérieurs, sont occasionées par les pieds postérieurs , et elles ont lieu plus particulièrement dans les, chevaux forgeurs. Celles qni sont situées aux mêmes endroits dans les pieds de derrière, provienne ht de ce que les’ chevaux

marchent tout près et à Ja qiîeuç les un S des autres. Enfin les atteintes qui se manifestent aq côté externe ou à la partie antérieure des pieds, ont lieu dans les écuries où les animaux, placés‘les'.uns contre les autres, ne sont sépai és.;hi pàr des barres , ni par des stalles.

: Da ( ns > cas d’atteintes , la première indication à remplir est d’aviser aux moyens d’en empêcher de nouvelles; l’on s’occupe ensuite du traitement curatif, qui varie constamment, suivant la gravité du mai et selon les . suites qu’il importe de prévenir. Si la douleur est forte et récente , 1 on aura recours aux astringens, susceptibles de faire avorter l’inflammation toujours à redouter ad pied, on la réaction est énorme, en ràisoh cfe la résistance produite par le sabot. Si l’accident date de plus de vingtquatre genres, Jes'astringens sont contre-indiques; l’on emploiepa.lé^ caïmans, tels que le repos à. l’écune sur une bonne litière, la saignée les cataplasmes émolliens sur la partie ma-

ade, etc. Sites nioyens deviennent insufiisans,

atteinte fait alors éclore un javart ou la Courbure, affections auxquelles il sera consacré des articles particuliers.

-’Uplnpyt de^ttejntçs ne réclament \ue de Idgeps ^oirft- de prdp^tf'ët de* prévoyance.

.-Quand elfes proviennent de ce que le cheval forge' ou l’attrape, l’on doit recourir à la •ferrure prescrite pour ces cas très- ordinaires. Sont-elles dues au* approches d’autres chevaux f il serai' facile dj^ porter remède en disposant les animaux de manière k ce qu’ils ne se blesâent plus. Mais*ces précautious né sont malheureusement pas exécutables daus toutes les circonstances, et l’on n’a pas toujours lès moyens de pouvoir isoler les chevaux , comme il convîen- •* drait; c’est ce qui arrive dans les corps de ca-.

"et à la promenade.

§ a. Les èncTievétmres (i).

• tC' »*'“ ' **••* '• ' * 'A -' 1

;Ces lésidns surviennent au. pli du paturon, sëi produites par la longe* du licol, dans laquelle le- cheval se prend, s’embarçasse et

(i) Enchevêtrure , expression dériv.ùe de clutvëlrà, licol',

(juelqiù^ai^ une' chaîne «Le ,fer.|lBJç^''<!V Tlerrtye*ï cas , le 'ehcva^s-’cnclîevêtté'.raiyïiaciit ynrcc <|itflî» citatae , .1» Valson de soivpoid», ut testé ^àçnïis lâche - ; eÛe produit des

elles se manifestent par une plaie ou par une meurtrissure transversale. Souvent elles se bornent à une simple excoriation de la peau, et n’ont aucune suite fâcheuse; d’autres fois elles sont profondes, vont jusqu’au tendon fléchisseur, produisent beaucoup de douleur., déterminent un engorgement considérable et mettent l’animal hors d’état de travailler. Elles ne sont dangereuses et ne donnent lieu à des accidens graves, qu’autant qu’elles sont négligées ou que la malpropreté et un mouvement trop longtemps continué viennent à irriter la partie.

En entretenant ainsi les plaies produites par enchevêtrures, ces circonstances peuvent les faire dégénérer en ulcères , donner lieu au développement de crevasses profondes, douloureuses et rebelles. Parfois la cicatrisation de ces sortes de plaies laisse des traces désagréables et occasione des durillons, des cordons transversaux , dénués de poil.

plaies peu profondes et ne fait qu’excorier la peau. Il n’en est pas de même de la longe de corde , dans le tissu de laquelle il entre du crin ; scs lésions, plus ou moins profondes, sont toujours meurtries, envenimées, suivies d’un engorgement considérable, et elles guérissent très-difficilement.

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§ 3. Les eaux aux jambes.

Ce titre exprime une affection cutanée , érysipélateuse , qui s’établit d’abord à la face postérieure de la région digitée , se propage insensiblement, occupe toute la surface du paturon et de la couronne , monte souvent au-dessus du boulet et passe fréquemment à l’état chronique. Les eaux aux jambes s’annoncent par le hérissement des poils et donnent lieu à un engorgement rougeâtre, à la superficie duquel s’établit bientôt un suintement d’une humeur séreuse et limpide dans le principe, mais qui ne tarde pas à devenir âcre , fétide , grisâtre ou verdâtre, sanieuse, même puriforme. La rougeur, la chaleur , la douleur et le gonflement dénotent le début de l’affection, début qui s’accompagne souvent d’une démangeaison plus ou moins forte. Au fur et à mesure que l’engorgement augmente et se propage, tant ep haut qu’inférieurçment, dans l’intérieur même du sabot, la peau acquiert de l’épaisseur, se couvre de bourgeons, de verrues, de poireaux, et se crevasse en différens points; le suintement devient toujours plus considérable et plus fétide; les poils semblent s’alonger et tombent en plusieurs endroits ; la corne s’assouplit, se

gonfle, se détaché des parties sous-jacentes et offre diverses altérations, telles que seimes, fourmilières, etc. Il arrive une époque où l’engorgement est énorme, parsemé de fistules profondes, d’excroissances tubéreuses; la peau a une apparence lardacée, est blanchâtre, rugueuse, et ne porte plus que quelques longs poils disséminés çà et là; l’intérieur du sabot laisse fuser une matière ichoreuse et la partie exhale une odeur iufecte. L’affection se complique d efics, de crapaud, de poireaux, de grappes, de javarts ,- l’animal ne peut bientôt plus traîner le membre malade, et la désorganisation devient Complète.

Dans le commencement des eaux aux jambes , la douleur est quelquefois si vive, que le cheval ne peut s’appuyer sur le pied malade ; il lève l’extrémité très-haut, la tient rétractée, et le plus léger attouchement lui fait éprouver des souffrances horribles. Le contraire a lieu dans certains chevaux, qui marchent et continuent leur service sans que les eaux aux jambes produisent en eux des dérangemens bien notables. Souvent l’animal ne boite qu’à froid, et il se redresse en s’échauffant par l’exercice. Arrivé à un certain degré, l’engorgement rend la boiterie persistante, fait dépérir le malade,

dont la marche devient de plus en plus embarrassée, et qui se trouve hors de service longtemps avant d’être usé. « La progression des » symptômes, dit M. Huzard, n’est pas tou- » jours la même; elle est plus ou moins rapide » selon le tempérament, les dispositions du » sujet , la nature des saisons et celle des acci- » dens qui donnent lieu à la maladie. Mais w elle n’est communément à son dernier période » qu’au bout de trois, six ou neuf mois, et quel- « quefois même une ou plusieurs apnées (i). »

Les eaux aux jambes peuvent ne paraître d’abord qu’à une seule extrémité; mais elles ne tardent pas à se déclarer au pied opposé, de manière qu’elles surviennent presqu’en même temps dans les deux membres , soit antérieurs , soit postérieurs. Ceux-ci en sont plus fréquemment affectés , par cela même qu’ils se trouvent plus exposés aüx causes qui font naître ces sortes d’altérations, toujours plus opiniâtres, plus difficiles à guérir chez eux que dans ceux de devant. Parfois , elles sont si rebelles , qu’elles résistent aux traitemens les mieux combinés; elles persistent malgré tout et elles finissent par

(l) Essais sur les eaux aux jambes des chevaux, par ' M. Huzard, vétérinaire,- à Paris. Brochure in- 8 °, 1784, page 1 1 .

former un exutoire naturel, dont la suppression ne serait pas sans danger.

Les causes de cette maladie sont externes ou internes, accidentelles ou constitutionnelles : on doit considérer comme causes externes , i°. le séjour trop prolongé des pieds dans l’humidité , surtout dans le fumier , dans les boues âcres et corrosives; 2°. la nature des eaux, dans lesquelles on fait passer habituellement les chevaux , ou avec lesquelles on lave leurs jambes (i). Les causes internes, que l’on peut regarder comme constitutionnelles, dépendent d’un état particulier des tissus, d’une tendance innée ou acquise à cette affection, que la moindre circonstance fait éclore. Ainsi les chevaux

(1) L’eau séléniteuse des puits, que l’on emploie toute froide pour laver les pieds, comme cela se^pratique communément à Paris, produit souvent de tels effets. A Niort, l’eau des rivières des Deux-Sèvres, d’où le département tire son nom , quoique bonne pour abreuver les animaux , fait naître durant l’hiver des eaux aux jambes, dans presque tous les chevaux que l’on a l’imprudence d’y faire passer plusieurs jours de suite. Aussi, pendant tout le cours de l’hiver, les corps de cavalerie en garnison dans cette ville sont-ils obligés, pour éviter ces accidens, de ne pas conduire les chevaux à la rivière, et de les faire boire au quartier, dans des baquets disposés à cet effet .

hollandais, flamands, etc., sont très-sujets aux eaux aux jambes et en sont fréquemment attaqués. Les mêmes dispositions se font remarquer dans tous ceux qui, comme les précédens, ont les pieds évasés, des membres gros et chargés de poils, une peau épaisse, un tempérament lâche. Certaines eaux aux jambes sont périodiques } elles disparaissent pour ainsi dire d’elles-mêmes et se rétablissent à des époques plus ou moins régulières. Ces retours, susceptibles de rendre la maladie persistante , même incurable , tiennent à des causes accidentelles , que l’incurie ou l’imprévoyance laisse subsister. Les saisons humides et froides favorisent le développement de l’affection , qui devient conséquemment plus commune en hiver, surtout dans les grandes villes, où la boue des rues est très -irritante.

Quant au traitement, il varie suivant la nature et l’état des eaux aux jambes , selon l’âge et le tempérament de l’individu malade. Toutes les fois que l’affection , purement accidentelle et indépendante de la constitution du sujet, ne porte pas une date ancienne et qu’elle se montre pour la première fois , sa guérison est prompte et facile ; elle peut même être spontanée et ne réclamer, dans tous les cas, que de légers soins,

qui consistent h calmer l'inflammation et à tenir la partie propre, à l’abri de l’humidité. Les eaux aux jambes invétérées , toutes celles qui sont compliquées de poireaux, de fies, etc., peuvent être généralement considérées comme incurables : si , par cas fortuit, l’on vient à bout de les faire disparaître, elles se rétablissent bientôt et pour toujours. Les baius et les cataplasmes émollicns, les lotions et onctions astrin- • * * *

gentes, les vésicatoires, le mélange du sublimé avec la térébenthine, le feu, les dérivatifs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, sont les moyens communément employés pour combattre la maladie. Ces divers remèdes, sagement combinés , procurent le plus souvent une guérison radicale, et les eaux aux jambes disparaissent sans récidive.

Tant que l’affection est récente et à l’état inflammatoire , l’on doit se borner à l’usage des caïmans sur la partie ; si le mal ne cède pas, ou s’il augmente sensiblement, il convient d’administrer en même temps les diurétiques^ Dès que l’inflammation est apaisée, il faut reepurir aux astringens , dont l’aqtivité doit toujours èire-proportionnée à l’opiniâtreté de la maladie. L’extrait et la pommade de Saturne (acétate de plomb), l’alun (sulfate acide d’alumine) dis-

sous dans du blanc d’œuf, sont les substances > les plus propres à remplir l’indication dont il s’agit. Quelques praticiens mélangent l’acétate de plomb liquide ou extrait de Saturne avec l’huile de pied de bœuf, dans la proportion d’un tiers d’extrait sur deux d’huile. Ce mélange adoucit la peau, fait tarir l’écoulement, détermine la cicatrisation des crevasses , et produit une guérison complète, pourvu que l’on ait l’attention d’en favoriser les effets par les exutoires , les diurétiques et les purgatifs (i). Après que les eaux aux jambes ont été complètement dissipées, il reste assez souvent un engorgement chronique , désagréable à la vue et qui peut gêner la marche de l’animal. On le combattra par le feu , par les vésicatoires, ou mieux, par un mélange de sublimé corrosif en poudre (deuto-chlorure de mercure) avec la térébenthine (2), mélange qui irrite moins la peau que les mouches cantharides, et agit plus efficacement sur les engorgemens indolens. Toutes

(1) Pour rendre ce mélange plus actif, il suffît d’augmenter la dose de l’acétate f de plomb liquide.

(2) La proportion ordinaire est d’un gros pour une once et demie de térébenthine fine. Le mélange se fait dans un vase aveu une spatule de bais, et l'application doit avoir

les fois que les eaux auxjambes sont anciennes, il faut commencer par établir un point de dérivation au moyen de sétons; après quoi, l’on combine l’emploi des topiques astringens avec l’administration, à l’intérieur, des substances diurétiques , telles que le sel de nitre ( nitrate de potasse) avec la résine en poudre (i). Il est même nécessaire , si l’affection est grave et opiniâtre, d’administrer les poudres amères avec les diurétiques, comme aussi de donner de temps en temps des purgatifs, qui doivent, dans tous les cas, compléter le traitement.

Les préparations antimoniales, martiales, sulfureuses, mercurielles et autres, sont également conseillées pour combattre les eaux aux jambes ; on peut les combiner ou les faire alterner avec les poudres diurétiques et amères.

En résumé, le traitement des eaux aux jambes doit varier, suivant la marche de la maladie.

lieu immédiatement. Si l’on veut rendre ce mélange plus actif, il suffit d’augmenter la dose du sublimé ; mais il y aura risque de produire la chute des poils.

(i) On peut donner, chaque jour, l’animal étant à jeun, deux onces de chacune de ces substances , avec lesquelles on compose des opiats. Les proportions doivent cependant varier, suivant la grandeur et la force du sujet.

selon l’état où elle se trouve lorsque l’on entreprend sa guérison, selon le tempérament et l’àge du sujet : dans tous les cas, il importe de ne pas perdre de vue que les diurétiques et les purgatifs doivent presque toujours seconder l’action des topiques; que ces derniers, sans leur secours, deviendraient le plus souvent infructueux; que la cure radicale des vieilles eaux aux jambes est très-diflicile et qu’il est quelquefois dangereux de les faire cesser. Nous renvoyons , pour de plus amples détails, à l’excellent ouvrage, déjà cité, dans lequel M. Iluzard père a considéré la maladie sous tous ses rapports.

§ 4 - L es fi cs -

Par cette expression, dérivée du latin ficus , on doit comprendre les diverses excroissances charnues, dont la forme approche de celle de la figue. Ces bourgeons arrondis, plus ou moins gros, élevés et multipliés, et dont quelquesuns sont étroits à la base , se manifestent à la surface du paturon et de la couronne, soit dans une partie seulement, soit dans toute l’étendue de ces régions : les fics sont quelquefois disposés en tas, et forment une masse charnue et bourgeonnée , que l’on nomme communément

grappe ; plusieurs de ces boutons portent une pellicule grisâtre (i)j quelques-uns laissent suinter une humeur séreuse , âcre et fétide. ' Les fies sont très-fréquens chez l’âne et le mulet; ils indiquent constamment une désorganisation plus ou moins avancée de la peau , et sont ordinairement une suite des eaux aux jambes, qu’ils accompagnent le plus souvent; dans ce dernier cas, ils constituent une affection très-rebelle et rarement guérissable. Ils demandent les mêmes soins , le même traitement que les eaux aux jambes, et ils exigent presque toujours, ou l’amputation , ou la cautérisation , ou la ligature.

§ 5. Les poireaux ou porreaux.

Absolument de la même nature que les fies , ils n’en diffèrent que par la forme, qui leur est propre. Dans le poireau , les excroissances ou bourgeons charnus portent à leur surface, ou seulement à leur sommet, soit des filamens, soit des lambeaux divers , soit de petits tubercules plus ou moins nombreux ; et les filandres qu’on y remarque donnent à ces corps une

(l) Lafossc.

certaine ressemblance avec la bulbe ou la tige d’un poireau (i).

De même que les fies , les poireaux surviennent au paturon et à la couronne , sont des suites ou complications des eaux aux jambes et requièrent les mêmes moyens curatifs.

§ 6. Les crevasses ou mules-traversines.

Ces divisions cutanées, plus ou moins nombreuses et profondes, sont le plus ordinairement transversàles ; elles se montrent à la peau du pli du paturon, ainsi qu’à celle du boulet, et indiquent constamment un état ulcéreux.

Les crevasses précèdent parfois les eaux aux jambes , les compliquent toujours , et elles exigent un traitement particulier, susceptible de les ramener à l’état de plaies simples et d’en produire la guérison radicale. Les cataplasmes émolliens , les lotions et les bains doivent d’abord être mis en usage et continués pendant

C 1 ) Presque tous les auteurs confondent les fies avec les poireaux ; quelques-uns appellent fies la maladie du pied désignée par le nom de crapaud. J’ai cru devoir distinguer ces deux affections, suivant le sens même de l’expression que chacune d’elles porte , et j’ai suivi en cela l’exemple de Ruini.

quelque temps, eu ayant soin de tenir l’animal en repos, surtout à l’abri de toute humidité. Si ces moyens caïmans ne suffisent pas, l’on aura recours aux astringens , même aux vésicatoires; la cautérisation est quelquefois nécessaire pour déterminer la cicatrisation des ulcères rebelles. De même que daus les eaux aux jambes , il importe de favoriser l’effet des topiques par l’administration, à l’intérieur, de

poudres diurétiques, amères et purgatives.

§ 7. La crapaudine.

La crapaudine consiste dans un engorgement chronique, situé à la partie antérieure de la couronne , accompagné du hérissement des poils, et souvent du décollement du biseau d’avec le bourrelet (cutidure). 11 y a suintement plus ou moins abondant d’une humeur âcre et fétide, qui donne lieu à la formation d’une matière desséchée, croûteuse et accumulée à la base des poils (1).

(1) D’après une distinction vulgaire, que nous croyons devoir rapporter, la crapaudine constitue des teignes , lorsque les poils sont irrégulièrement hérissés, qu’ils portent une gale, scchc ou humide ; elle forme des peignes, toutes

L’affection dont il s’agit peut exister avec ou sans les eaux aux jambes , être compliquée de fies, de poireaux; elle est aussi susceptible d’occasioner des seimes, la fourmilière, le javart cartilagineux, et d’amener la détérioration complète du pied. Elle exige les mêmes soins et à peu près le même traitement que les eaux aux jambes, avec lesquelles elle a la plus grande analogie, et dout elle n’est même qu’une variété ou une dépendance.

. § 8. Les molettes.

Ce terme est employé dans le commerce des animaux pour désigner de petites tumeurs synoviales, qui se développent au pourtour du boulet et dépendent de la distension forcée de la capsule synoviale, soit de la gaine phalangienne, soit de l’articulation du paturon avec le canon , et parfois des deux cavités en même temps. Ces tumeurs, dont les unes sont latérales et les autres antérieures, annoncent constamment la fatigue des articulations, la ruine

les fois que les poils se redressent comme les dents d’un

peigne ; et ceux-ci se divisent, de même que la gale , en peignes secs et en peignes humides.

du cheval , surtout si celui-ci a dépassé l’âge de six à sept ans. Les molettes latérales, dites simples quand elles ne se montrent que d’un côté, et chevillées lorsqu’elles existent eu dedans comme en dehors , sont beaucoup plus fréquentes et acquièrent aussi plus de volume que les molettes antérieures , généralement rares.

ba formation de ces vésicules accidentelles est constamment due à la synovie. Dans les extensions violentes, cette humeur se trouve pressée, subitement chassée et refoulée en masse contre les parois de la cavité qui la contient. Ce refoulement , renouvelé , finit par produire l’écartement, la dilatation des parties de la capsule, qui n’ont point de soutien et sont dépourvues d’appuis susceptibles de leur donner la force nécessaire de résistance- Aussi, lesmolettes ne s’établissent-elles que dans les endroits où la capsule synoviale ne se trouve pas bridée ; dans les points seulement où elle a la liberté de s’étendre et de former des espèces de varices.

L’accroissement de ces tumeurs est, en général, plus lent dans les chevaux âgés que danà les poulains , chez lesquels elles 'ne sont graves qu’autant que ces jeunes animaux -ne sont pas ménagés.

Les molettes latérales se montrent d’abord au-dessus du boulet, entre les cordes tendineuses et l’os du canon, et elles dépendent de la capsule articulaire, qui peut acquérir en cet endroit une dilatation considérable. En prenant de la grosseur et de l’étendue, elles se compliquent de l’expansion de la synoviale tendineuse; et quand elles se fout remarquer au bas du boulet, elles sont dues à cette dernière capsule, qui fait boursouflement entre les deux brides latérales de la gaine phalangienne. Les molettes antérieures , toujours forméès par la capsule articulaire y se manifestent ou dans le milieu de la face antérieure du boulet, entre les deux tendons extenseurs, ou bien sur les côtés de ces mêmes tendons, en avant des ligamens latéraux.

Le traitement de ces tumeurs doit varier suivant le degré de l’altération et selon l’âge du sujet. Les molettes des vieux chevaux doivent être attaquées par le feu, par les vésica- • toires, et l’on peut en effectuer la ponction, que l’on nç doit cependant pratiquer qu’à la dernière extrémité, attendu que l’oilverture devient presque toujours fistuleuse. La cautérisation sera secondée ou par des emplâtres vésicans ou par le mélange de sublimé corrosif et de

térébenthine, précédemment indiqué pour résoudre les engorgemens indolens, qui subsistent après les eaux aux jambes.

r Les astringens et le repos suffisent le plus souvent pour dissiper les molettes des poulains. Une dissolution d’alun dans des blancs d’œufs, avec les coquilles écrasées, le tout fortement battu ensemble, est le topique le plus efficace, celui que 1 on doit employer de préférence. Si deux ou trois applications de ce médicament ne font pas disparaître les tumeurs, il faut recourir au mélange de sublimé corrosif avec la térébenthine (i).

§ 9 . L’ effort de boulet. ' '. . .

L effort de boulet, que l’on nomme aussi

mémarc/iure , entorse, réside dans l’articulatipn du paturon avec le canon, dont les ligameus latéraux ont éprouvé des tiraillemens subits, des distensions plus ou moins fortes, souvent accompagnés de la rupture de quelques fibres.

laissant séjourner quelque temps les pieds dans rnrioo dej’homme, l'on parvient à faire disparaître les molettes; mais elles se rétablissent bientôt

Dans cette dernière circonstance, la douleür est aiguë , le cheval boite considérablement,. ne s’appuie même que faiblement sur le membre, et reste très-long-temps malade. L’entorse est quelquefois si violente, qu’une partie des ligamens tendineux, latéraux et capsulaires se trouve déchirée en même temps. Il y a alors une sorte de luxation, ou mieux apparenëe d’une luxation : le boulet semble renversé en avant, et l’animal ne peut plus se servir du membre. L’accident, porté à ce degré, doit êtrè considéré comme incurable, et le sujet liofs de tout service quelconque.

Les causes les plus ordinaires des mémarchures sont lés faux pas, les faux appuis, les glissades les chutes que fait le cheval, les efforts violens qu’il déploie pour détourner de court subitement et sans changer son allure, pour sfe débarrasser des liens qui le retiennent , pour retirer son pied enfoncé dans une cavité quelconque ou engagé entre des pierres, Les efforts de boulet sont fréquens dans les' corps de cavalerie, suj’-tout à la suite des graudes manœuvres; le$chévaux de chasse ctde çarrosse y sont aussi tres-exposes. . , ' •

Les entorses sont des açcrdeus commun émeut . graves, d’autant plus fàclieux , qu’ils ont leur

siège dans des tissus blancs, dont l’inflammation est toujours lente, et qui, une fois qu’ils*

ont été détendus, reprennent difficilement leur

force, leur tonicité primitives. Ces sortes de lésions impriment des douleurs sourdes , occasionent des boiteries, qui se manifestent immédiatement ou seulement au bout de douze, vingtquatre a quarante-huit heures, deviennent continues- ou intermittentes, et persistent plus ou

moins de temps. Le plus souvent, la partie malade est chaude et engorgée; parfois il n’y a ni chaleur, ni douleur, ni engorgement, et la mémarchure ne se fait remarquer que par la claudication. Cette dernière circonstance, signalée par Latosse, n’est même pas rare, et il est constant que des efforts de boulet, dont l’existence ne saurait être révoquée en doute, font boiter le cheval , sans nulle autre apparence que 1 irrégularité de la marche.

Les ni éma reliures légères guérissent, pour ainsi dire, d’elles-mèmes , ou n’exigent que le repos; celles qui sont graves durent très-longtemps, et occasionent parfois des boiteries que l’on ne peut parvenir à faire disparaître.

L immersion de la partie malade dans l’eau la plus froide possible peut être avantageuse,'

iô. '•

pendant les vingt - quatre premières heures de l’accident; mais elle serait nuisible, si elle était continuée plus long -temps. Au bout de vingt-quatre à trente heures, l’inflammation est déjà établie, plus ou moins avancée, et un astringent, tel que l’eau froide, irriterait alors et augmenterait le mal. La seule indication à remplir à cette époque est de calmer la douleur^ d’apaiser l’inflammation, ce que l’on obtiendra par l’emploi des bains chauds, des cataplasmes émolliens, des onctions d’onguent populéum, et par le repos sur une bonne litière, sur-tout si l’animal éprouve de grandes souffrances. Il irtiporte de continuer ces divers moyens caïmans, jusqu’à ce que l’inflammation soit dissipée. Dans ces circonstances, l’on peut employer les saignées locales en pince, qui dégorgent les vaisseaux et peuvent produire d’heureux changemens. Lorsqu’il ne reste plus que la boiterie, sans douleur apparente, il faut avoir recours aux frictions spiritueuses, au feu , aux vésicatoires, ainsi qu’au mélange de sublimé corrosif avec la térébenthine, moyens que ton renouvellera et combinera suivant l’opiniâtreté de la maladie et sa résistance à la

guérison .

§ io. La Jormc.

La forme a son siégé sur les parties latérales de la couronne, près de son articulation avec le pied; elle survient indistinctement au côté interne ou au côté externe, et se montre quelquefois aux deux en même temps. Cette tumeur, toujours accidentelle, molle dans son principe, prend insensiblement de la dureté, et finit par passer a l’état osseux; parvenue à ce dernier degré, elle gêne les mouvemens, détermine la boiterie, donne naissance à diverses autres altérations, telles que l’ossification du fibro-cartilage latéral du pied; et comme elle fait toujours de nouveaux progrès, elle amène promptement la ruinfe des extrémités. En prenant du volume et de l’étendue, elle gagne la face antérieure de la couronne, tiraille lqs tendons des muscles extenseurs, et entretient des douleurs vives , qui préjudicient d’autant à la marche du cheval. Des coups portés sur la couronne, certaines distensions forcées des ligamens articulaires, sont les accidens auxquels on attribue communément le développement de la forme; mais ces causes ne sont le plus souvent que présuméés.

Jusqu à présent , nous ne connaissons nul

moyen de guérir la forme passée à l’état osseux ; la cautérisation , communément employée, ne fait que ralentir ses progrès (r). Quand la tumeur est encore molle, l’on peut en espérer la guérison , sur-tout si l’on fait un usage bien raisonné et sagement combiné des frictions spiritueuses ou mercurielles, du feu, . des vésicatoires, du mélange de sublimé avec la térébenthine.

§ 11 , Les fractures du premier et second

pfuzlangien.

Nous n’entrerons dans aucun détail particulier sur ceé sortes d’accidens , communs à tous les os ; nous dirons # seUleme»t qu’il n’est •pas toujours possible d’en obtenir une. guérison parfaite et‘que lèur traitement peut souvent occasioner des ’ dépensas bien supérieures à la valeur de l v animal. Lorsque la fracture est simplé, l’on peut en espérer la guérison, et si le cliçval présente ùpe certaine valeur, on doit

(i) Un moropan de sublimé corrosif, appliqué et maintenu sur l’exostôse ifiise A nu,,, pourrait bien en déterminer la fonte; mais il serait impossible de borner l’action de cette substance, dont les ravages seraient plus dangereux que la. maladie cllc-mcnie. ' ' "• '

la tenter avec espoir de spccès, à moins que l’animal trop vif, trop impatient , ou méchant, ne permette pas l’emploi dés bandages convenables pour ces sortes de cas. Toutes les fois que l’accideut se trouve compliqué et que l’os est brisé en plusieurs parties , ce que l’on # reconnaît à la crépitation , la cure ne peut être qu’incertaine, longue, dispendieuse et incomplète ; Le traitement né ferait alors qu’augmepter les pertes, et il vailt miéux faire abattre le . sujet. Les belles jumens susceptibles d’être employées avantageusement à la reproduction méritent cependant quelques Sacrifices, et elles ne devraient être abandonnées -qu’autant que la solution de continuité ne laisserait aucune espérance de guérison , même incomplète.

Mettre les abouts de la fracture en contact immédiat , içs maintenir ainsi rapprochés et empêcher tout mouvement les uns sur ou contre> les autres, telles sopt les indications à remplir pour parvenir à guérir celles de ces fractures dont on entreprend le traitement. Ainsi, après avpir réduit la fracture et avoir mis toutes les parties dans Leur position naturelle, l’on a re- Coprs à un appareil propre à les tenir fixes : l’on place d'abord dés plumasseaux de cliarpie , bien gradués et imbibés d’uue liqueur fortifiante ou

stimulante (i); toutes les cavités étant remplies, et l’étoupade assez épaisse pour prévenir les compressions partielles, on applique les attelles, disposées à cet effet, et que l’on couvre avec d’autres plumasseaux imprégnés de blanc d’œuf. On peut se dispenser de faire usage d’attelles : alors la couche formée par la filasse chargée de blanc d’œuf aura une certaine épaisseur. L’albumen de l’œuf agglutine les fibres de l’étoupe, qui acquièrent, en se desséchant', une consistance considérable , et forment une enveloppe compacte et très - solide (a). Cette sorte d’étui, de boîte moulée sur la partie, s’obtient aussi par le moyen du plâtre , convenablement préparé et employé. Quelques praticiens consolident l’apparéil avec une couche de poix , par-dessus laquelle l’on met une étoupadej mais cette substance résineuse ne remplit pas aussi bien le but que le blanc d’œuf frais et le plâtre. Nous nous bornons à ces con-

(1) On emploie dans ces circonstances soit du vin tiède, soit de l’eau-de-vie affaiblie par de J’eau^, et les étoope;

mouillées sé placent beailçoup mieux.qae lorsqu’elles .sont sèches. ,* *• .

(2) Pour donner à eette couche extérieure une durotv

très— remarquable , l’on .n’a qu’à délayer un' peu de-chaux

vive avec le blanc d'oeuf et employer le mélange.

sidérations; nous négligeons conséquemment tout ce qui concerne les précautions à prendre pour que l’appareil ne se dérange pas , ou pour suspendre le malade, si le cas l’exige; nous ne parlerons pas non plus de l’époque où l’on pourra enlever le bandage, ainsi que des soins que pourra exiger la partie après la soudure des pièces osseuses : ces détails sont les mêmes que pour toutes les autres fractures, et il serait superflu de les reproduire ici. v , •

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