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MALADIES PARTICULIERES AU PIED , DONT QUELQUES-UNES S’ÉTENDENT A LA COURONNE ET AU PATURON.
§ i er i Les,jàvarts.
Lesjavarts sont dès affections très-fréquentes, surtout dans les grandes villes comme Paris; ils se font remarquer soit au pied , soit à la couronne, soit au pli du paturon, et présentent différens caractères , différentes marches, suivant leur siège et selon la nature des tissus attaqués : on les distingue communément en cutané, tendineux , encorné et cartilagineux.
'i°. Le j avai t cutané, que l’on nomme aussi jàvart simple, a été comparé au furoncle de
l'homme , avec lequel il a la plus grande analogie. 11 réside , comme lui , dans )e corps même de la peau , est en général plus commun dans les pieds de derrière, consiste dans la formation d’une tumeur circonscrite, conique, plus ou moins douloureuse; celle-ci s’élève en pointe, prend diverses couleurs, s’abcède, donne lieu à la formation d’une masse filamenteuse , tenommée bourbillon, dont la chute est
nace
plus ou moins lente et difficile. Ces tumeurs furonculeuses se développent dans le pli ou sur les côtés du paturon, et reconnaissent pour causes les boues âcres, les fumiers, les urines dans lesquels marchent ou séjournent trop long-temps les chevaux. Des piqûres , la malpropreté peuvent au$si faire naître le javart cutané , en général plus fréquent dans les pieds de derrière que dans ceux de devant, qui sont moins exposés à l’humidité. Parfois il ne paraît qu’un seul furoncle, d’autres fols il s’en montre plusieurs en même temps , et les premières tumeurs font le plus souvent place à d’autres.
L’expérience prouve que ce renouvellement de furoncles ne discontinue que lorsque la partie est mise et tenue à l’abri des côrps irritaus, ou
qu lense
il s’est formé une plaie ulcéreuse et fistule.
L’état inflammatoire produit la tension , la douleur de la partie; la tumeur furonculeuse offre une base dure, plus ou moins profonde; elle s’élève insensiblement, devient violacée, noirâtre, et finit par abcéder d’elle-même. Le pus qui en découle est d’abord peu abondant, sanguinolent , et le bourbillon ne se détache que peu à peu. Sa chute laisse apercevoir une plaie profonde, qui, étant irritée, devient fistuleuse, occasione l’engorgement de la partie et fait naître les autres variétés de javarts ; mais cette plaie , soignée convenablement , n’a point de suite fâcheuse et se cicatrise en peu de temps.
2 . Le javart tendineux, ainsi nommé parce qu’il réside autour des tendons fléchisseurs , en dedans ou eu dehors de leur gaine, est une véritable tumeur phlegmoneuse, plus grave, plus douloureuse que le furoncle cutané, et qui est située comme lui dans le pli du paturon.
L’engorgement auquel donne lieu le javart tendineux se propage avec plus ou moins de rapidité, embrasse toute la couronne, le paturon , le boulet et souvent une partie du canon. Ce javart est superficiel ou profond ; dans le premier cas, il n’attaque que le tissu cellulaire sous-cutané , qui unit la peau avec les tendons ; il -est dit profond tontes lès fois quel’inflamma^
tion s’empare de la gaine phalangienne, et que le pus auquel elle donne lieu fuse et s’accumule dans k cavité de cette gaine. Dans cette dernière circonstance, la tumeur prend de la gravité; l’animal ressent des souffrances horribles, il tient le pied constamment en l’air, et le plus léger attouchement lui fait éprouver des douleurs extrêmement vives.
Le javart dont il s’agit reconnaît les mêmes causes que le cutané , duquel il n’est souvent qu’une suite ou dégénérescence. 11 se fait distinguer par les fortes douleurs qui l’accompagnent, par la résistance des tissus ou gonflement inflammatoire, par l’état stationnaire de 1 engorgement phlegmoneux, par la fièvre de réaction , qui devient parfois générale et détermine l’anorexie et le trouble dans l’exercice des fonctions.
Cette maladie est plus commune dans les chevaux de trait, surtout dans ceux qui marchent continuellement dans la boue, ou qui habitent des écuries humides, où ils ont les pieds toujours dans le fumier. Elle débute assez souvent par de petits boutons qui s’abcèdent et sont remplacés par d’autres ; la peau du pli du paturon s’engorge, devient rouge, et la douleur ne tarde pas à faire boiter l’animal. Par-
fois i) s’établit des fistules profondes, desquelles sort une humeur plus ou moins épaisse, fétide, puriforme, sanguinolente; d’autres fois, la partie affectée semble comme desséchée : il y a douleur, Chaleur et tension extrêmes, cet état grave se soutient jusqu’à ce que la tumeur soit abcédée et que le pus ait une issue au dehors. Dans certains cas, la résolution s’opère sans suppuration : alors la diminution des symptômes inflammatoires a lieu très-lentement et ne se fait remarquer qu’au bout de plusieurs jours de cette direction favorable. Lorsque le cheval ne peut prendre aucun appui avec le membre malade, et qu’il tient le pied constamment rétracté , il y a lieu de craindre la gangrène, ainsi que la fourbure des autres pieds. En général, la tension et la douleur persistantes annoncent la formation de bourbillons intérieurs, la collection du pus dans la gaine phalangienne et divers ravages consécutifs, tels que la carie des os et des fîbro-cactilages , l’ulcération de quelques ligameus tendineux ou articulaires, etc.
5°. Le javart simple encorné , ainsi nommé parce qu’il a son siège sous la corne, survient le plus ordinairement à l’un des quartiers, s’annonce d’abord par un gonflement inflammatoire et se Jiïanitcsle par la matière, qui fuse,
s’échappe de dessous le biseau désuni d’avec le bourrelet. Cette matière , qui sort de l’intérieur du sabot, ne se présente pas toujours avec les mêmes caractères; parfois elle est homogène, blanche, onctueuse, et constitue uri véritabl'e pus , ayant l’odeur du fromage pourri ; d’autres fois elle est sanguinolente ou grisâtre et mélangée de pus. Dans tous les cas, la maladie détermine une fièvre de réaction d’autant plus forte que la résistance est plus considérable. Le sabot est, chaud, l’animal éprouve beaucoup de douleur, boite plus ou moins fortement, et‘ souvent il ne peut pas s’appuyer sur le pied malade; comme l’ongle produit une pression constante, ces symptômes se .soutiennent pendant l’écoulement de la matière et ne diminuent qu’autant que les tissus intérieurs commencent à u’ètre plus aussi irrités, lorsqu'ils cèdent eux-mêmes Ou qu’on, lés débarrasse du corps comprimant.
Cette affection sous-ougulée peu t être la suite delésions, établies d’abord à la couronne ou au paturon ; elle résulte souvent décernes extérieurs sur le sabot; la ferrure peut également la faire naître. Toutes les fois que le javart encorné n’est que la complication ou l’eflet d’une, maladie primitive , il est facile d’en-établir le dia-
'jy.
gnostic , ainsi que les bases du traitement eu-* ratif. S’il dépend d’atteintes ou (^autres heurts violeits, il débute par la, chaleur de l’ongle et par la douleur intérieure, bornées d’abord à la partie, du sabot où l'irritation a été imprimée. Ces premiers symptômes augmentent d’intensitd , prennen t de l’étendue et rendent la boiterie. toujours’plus forte ; il survient au-dessus du biseau ungOnflertient très-chaud, le poil se hérisse, et le suintement de la matière indique le décollement de la corne. La maladie est peu grave ret sa marche rapide, si l’abcès se trouve peu enflammé et .n’occupe pour ainsi dire que le dessbus du biseau. IL n’en est pas de même lorsque le javart a son siège dans l’intérieur du sabot. Alops la matière éprouve beaucoup de dilhcultés à Se faire jour au dehors; elle fuse intérieurement et produit divers ravages avant de Sorti* du'.côté du bourrelet; parfois elle gagne la -face plantaire du pied et désunit la sole de corne d’avec le tissu villeux; d’autres fois elle se partage en quartier et détermine l’ulcération ^«•.Çbro-cartilage latéral. Ces différons désordres aggravent les douleurs et la boiterie ; la lièvre «locale devient générale et très-forte; il y a diminution ou perte totale d’appétit^ l’animal bat des flancs, maigrit à vue d’œil, et
( rôo )
la gangrène termine quelquefois cette série de désordre.
4 °. Le javart encorné cartilagineux , caractérisé par la carie du fibro -cartilage latéral , quelquefois, mais rarement , par celle du ligament articulaire latéral antérieur, occasioue à peu près les mêmes dérangemens que l’eu*corné simple, situé profondément. 11 détermine, entretient au-dessus du quartier malade une tuméfaction douloureuse , donne lieu à la formation d’une ou de plusieurs fistules , par lesquelles s’échappe une humeur dont la nature varie suivant les désordres intérieurs.
La carie du fibro-cartilage latéral, en général plus commune au quartier interne, n’est, le plus souvent, qu’une suite ou un résultat, soit d’atteintes, soit de javarts primitifs; elle peut aussi être déterminée par des, entorses , des contusions sur le sabot, par des piqûres , des enclouures, des bleimes, des ulcères et par les eaux aux jambes.
La claudication, qui se manifeste dès le principe, augmente en raison de la douleur; parfois les souffrances sont telles, que le cheval est coutraint de tenir le membre malade dans une rétraction permanente, et de ne se porter que iur trois jambes;, celte attitude forcée peut,
en se prolongeant, rendre fourbus les pieds sains, et donner lieu à divers accidens fâcheux. Les fistules qui s’ouvrent au dehors et proviennent des points cariés laissent suinter une humeur fétide, puriforme, souvent grisâtre, sanieuse, ichoreuse, et donnent issue à des parcelles, verdâtres, véritables débris du fibro-cartilage affecté. L’apparition de ces fragmens est un signe certain de l’ancienneté et des progrès avancés de la maladie.
La marche du javart cartilagineux est toujours plus ou moins lente, suivant le tempérament des sujets et selon l’influçnce des causes occasionelles. Les chevaux d’une constitution lâche, qui ont de gros et longs poils, travaillent long-temps avec ces sortes d’ulcères, sur-tout si ces animaux ne font que de légers sei vices, et s ils ont les pieds à l’abri de tout corps irritant. Dans les chevaux fins et chez lesquels la sensibilité est souvent très-exaltée, les progrès de l’affection sont rapides, et les souffrances deviennent aiguës. Le gonflement inflammatoire s’établit promptement à la couronne, et il grossit en peu de jours; la matière ne tarde pas à souffler aux poils (i) ; les
(i) Souffler aux poils est une expression très — usitée en maréchalerie et dans la chirurgie vétérinaire ; on l’em-
fistules paraissent et le décollement du biseau se forme. Dans ces circonstances , les secours doivent être prompts et sagement combinés; sans quoi, la gangrène se déclare et le pied finit par se déchausser (i).
Le javart cartilagineux, aussi aisé à reconnaître, a dit un ancien hippiatre, que difficile à guérir, produit, lorsqu’il est négligé ou mal traité, la désorganisation complète du pied, et entraîne inévitablement la perte de l’ animal. Toutes les fois qu’il est accompagné de vieilles eaux aux jambes, on peut le considérer comme incurable; sa guérison est très-incertaine lorsqu’il y a lésion de la capsule synoviale ou du ligament articulaire, latéral , antérieur, lorsque la peau est désorganisée et que le sabot est désuni dans une grande étendue ■ elle est aussi très - difficile dans les chevaux fins et irritables.
Traitement des javarts. 11 varie suivant le siège de l’altération , selon les causes occasio-
ploie pouT désigner la sortie de la matière iluidc , qui s elèvc de l’intérieur dû sabot, fuse et s’échappe par le biseau désûpi d’avec les parties sous-jacentes.
(j) On dit que le pied se déchausse lorsqu’il y a chute du sabot .
“elles, selou les desordres intérieurs et selon la constitution et 1 âge du sujet. Le javart cutané ne réclame en général que des soins de propreté , qui consistent principalement à ne pas laisser séjourner la partie malade dans le fumier et à la préserver des boues âcres, ainsi que de tous autres corps irritans. Si l’inflammation présente une certaine intensité , elle sera combattue par les bains , par les cataplasmes émoiliens, et par des onctions d’onguent populéum, dont on continuera l’usage, tant que les tissus engorgés présenteront de la tension, tant que la douleur deviendra sourde, aussi long-temps enfin que 1 on aura a craindre la dégénérescence en javart tendineux. Dans cette dernière circonstance, il serait prudent de ne pas faire travailler le cheval et de le tenir à l’écurie, les pieds secs, sur une bonne litière. En persistant dans l’emploi des émollieus, on vient toujours à ' bout d’obtenir la formation du petit abcès, ainsi *9 que son ouverture au dehors ; on a recôurs aux moyens ordinaires pour favori séria suppuration et amener la résolution. Parfois il survient des pousses de. chairs, sortes dè cerises, dont on doit faire l’amputation afin de rendre la plaie
unie; il convient alors d’eqiployèr dans les pan- *
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semens quelques liqueurs spiritueuses ou l’onguent basilicum.
Javart tendineux. Ici , le traitement est plus compliqué , et il doit être varié suivant les cas particuliers qui se présentent. Comme cette variété de javart débute toujours par le gonflement et la douleur, les premiers moyens à employer sont les bains et les cataplasmes émoiliens, dont on continuera l’usage, jusqu’à ce que les tissus soient détendus et que la résolution soit déjà fort avancée. Lorsque l’inflammation est extrême et que la fièvre locale est devenue générale, les topiques caïmans sont iusuflisans; il est nécessaire de seconder leur action par la diète , par les saignées, et les antiphlogistiques. Malgré tout ce que l’on peut faire , la tumeur est quelquefois très-opiniâtre ; elle persiste long-temps sans prendre une direction bien déterminée, et sans qu’il y ait diminution sensible de tension et de douleur.
Quel que soit l’état stationnaire de la maladie, il importe de persévérer dans le traitement calmant, seul capable d’exciter et d’entretenir une marche avantageuse.
Le plus souvent le javart tendineux s’abcède; mais il est des' cas où la résc s’en opère
sans suppuration. Il est to s-difficile
de reconnaître l’existence des abcès I... -
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discuterai pas jusqu’à quel point cette opinion, assez accréditée , peut être fondée; je dirai seulement qu’en plusieurs circonstances, l'incision, trop précipitée, m’a paru plus nuisible qu’utile. ‘ reste convaincu qu’il est plus prudent de n’opérer que lorsque l’intensité de la tumeur n’augmente pas , qu’elle est stationnaire , et que l’on a continué pendant quelque temps l’usage des bains, des cataplasmes émolliens et des onctions de corps gras. La suppuration uue fois établie, les pansemens seront renouvelés selon l’abondance ou la rareté du pus, et les étoupes continueront à être employées sèches, si la plaie est de bonne nature; dans le cas contraire, elles seront chargées de substances propres à réveiller l’action languissante des > parties.
L’abord de la matière purulente dans la gaine tendineuse , qui s’annonce par des douleurs excessives et par une sensibilité extrême, requiert l’ouverture de cette gaine, que l’on effectuera en faisant l’iucision précédemment indiquée. La gaine étant ouverte d’abord à sa partie inférieure, entre les deux brauches du tendon perforé, l’on y introduira une grande sonde cannelée, qui servira à diriger le bistouri, avec lequel on léndra de bas en haut. Malgré cette
ouverture, le pus pourra encore s’accumuler dans la poche que forme cette gaine, derrière le tendon perforant (1) , et il est extrêmement difficile d’empêcher son séjour dans cette cavité profonde, qui s’enfonce jusqu’auprès du petit sésamoïde. Toute contre- ouverture est impraticable pour faire écouler au dehors le pus contenu en cet endroit ; ceux qui ont conseillé ce moyen comme possible et avantageux ont donné la preuve la plus complète de leur ignorance, relativement à la disposition et à . l’état des parties; les injections peuvent seules remplir, jusqu’à un certain point, l’indication dont il s’agit ; elles devront être faites avec toutes les conditions requises , afin d’irriter le moins possible et ne pas augmenter les accidens. Ces injections détersives compliqueront d’autant les pansemens, auxquels il sera procédé comme il a été dit précédemment, et qui seront renouvelés suivant les besoins.
Les fistules blafardes réclament, eu général , l’emploi du cautère actuel, en pointe, chauffé presque à blanc et poussé jusqu’au fond de la cavité. La cautérisation par le feu devient quelquefois nécessaire vers la fin de la maladie,
(i) Voyez page 27. s '
pour produire la fonte de l’engorgemeut; et l’on seconde les effets de ce topique par les vésicatoires ou le mélange du sublimé corrosif avec la térébenthine, suivant les circonstances et selon l’opiniâtreté de la tuméfaction.
Javart encorné simple. Cette troisième variété de javart, dont les ravages sont toujours croissans et très-dangereux , requiert , pour premier moyen curatif, une opération chirurgicale, qui consiste à faire cesser la compression, à borper l’étendue du mal et à faciliter la sortie au dehors de la matière purulente. , Cette opération, que l’on ne saurait jamais faire trop tôt, est simple ou compliquée, suivant le siège et l’étendue du mal. Lorsque le javart ne consiste que dans la formation d’un petit furoncle situé sous le biseau, l’emploi des émolliens et des corps gras suflit le plus souvent pour déterminer uu peu de suppuration et amener une guérison complète. Toutes lesfois que le foyer est profond et que la matière a fusé sous l’ongle, il faut se hâter d’enlever la portion du sabot, qui couvre la lésion et entre-, ' tient une compression dangereuse. Le retranchement dont il s’agit devra, toutefois, avoir un peu plus d’étendue que le foyer purulent, afin que tous les tissus altérés se trouvent à décou-
Di
vert, et que le travail de la suppuration puisse se faire eu toute liberté. Ce retranchement, toujours subordonné aux ravages intérieurs, se pratiquera, ou en long et suivant la direction des fibres dfe'la muraille, comme dans le cas de seime , ou bien en travers, et il ne comprendra alors qu’une part^e*de cette même muraille, du côté de son nnion avec la peau. Ce dernier procédé cause, à la vérité, moins de délabrement; mais il entraîne plusieurs inconvéniens assez graves, et il nécessite souvent une seconde opération. Dans le cas même où l’on parvient à empêcher la pousse de bourgeons charnus, et à obtenir une bonne régénération de’ corne, le sabot ne récupère son intégrité parfaite que par l'effet de l’avalure, dont là marche est toujours très-lente. Dans quelques circonstances, l’opération du javart encorné se complique de l’enlèvement d’une portion ou de la totalité de la sole, qui se trouve soulevée et détachée du tissu villeux.
Le pied sur lequel l’ou se propose d’extirper une partie du sabot doit être préparé d’avance et dispose de la manière la plus avantageuse, pour faciliter l’opération. Ou commencé par assouplir la corne au moyen des bains et des cataplasmes émollienâ; l’on manœuvre ensuite
avec le boutoir, et l’on pare jusqu’à la rosée, afin de reconnaître si la matière ne s’est pas propagée sous la sole. Pour maintenir l’appareil et en faciliter l’applicatiou, l’on confectionnera un fer léger et qui sera*,' suivant les cas, ou tronqué d’une branche, ou échancré dans un point, ou dégagé ctujime pour la dessolure (PI. III , fig. 17 et 21); l’on aura soin de tenir la branche qui reste entière , assez longue et assez relevée pour le passage et le soutien de la ligature : par la même raison , ^ ‘ l’on aura l’attention de ne point abattre l’angle externe de la branche tronquée, et l’on ne perdra pas de vue que le fer doit bien garnir par-tout (1). Si l’opération doit être grave et douloureuse, le malade sera tenu à la diète . pendant un ou deux jours.
Tous ces préparatifs terminés, l’on dispose les instrumens , ainsi que les objets de pansement, et l’on procède après au renversement . du cheval sur un bon lit de paille. L’animal étant abattu et convenablement fixé, l’opéra- ■ » • ■ • • ••
(1) Pour contenir plus sûrement l’appareil , on peut employer un crochet postiche, confectionne aveç im morceau de tôle, et engage, par l’une de ses extrémités, entre le fer et la muraille. • , .. >
teur s’aime d'une rénette, avec laquelle il pratique les tranchées nécessaires pour isoler et détacher la portion de corne dont l’enlèvement a été jugé nécessaire. En ce qui concerne l’exécution de cette première manœuvre, nous nous bornerons à rappeler que les coups de rénette portés de court sont toujours les plus surs, les plus expéditifs, et qu’il importe d’arriver au vif d’abord par le biseau, et progressivement de ce point jusqu’au bord inférieur de. la muraille. L’extirpation de la corne, que l’on effectue à l’aide d’un élévatoire et d’une paire de tricoises, réclame les précautions prescrites, pour ces cas, à l'article des Considérations générales sur les maladies du pied. Le mal étant mis à découvert , l’on coupe toutes les chairs baveuses, filandreuses et de mauvaise nature; l’on couvre la plaie d’un plumasseau , l’on rattache le fer en brochant, autant que possible, les clous dans les vieux trous* et l’on procède à l’application de l’appareil. On peut employer les étoupes sèches, mais il est cèpendant préférable de les tremper dans du vin tiède, ou dans toute autre liqueur plus appropriée à l'état de la plaie; elles se placent beaucoup mieux quand elles sont mouillées que lorsqu’elles sotit Sèches. L’étoupade se fixe au
fistules paraissent et le décollement du biseau se forme. Dans ces circonstances , les secours doivent être prompts et sagement combinés; sans quoi, la gangrène se déclare et le pied finit par se déchausser (i).
Le javart cartilagineux, aussi aisé à reconnaître, a dit un ancien hippiatre, que difficile à guérir, produit, lorsqu’il est négligé ou mal traité, la désorganisation complète du pied, et entraîne inévitablement la perte de l'animal. Toutes les fois qu’il est accompagné de vieilles eaux aux jambes, on peut le considérer comme incurable; sa guérison est très-incertaine lorsqu’il y a lésion de la capsule synoviale ou du ligament articulaire, latéral, antérieur, lorsque la peau est désorganisée et que le sabot est désuni dans une grande étendue : elle est aussi très - difficile dans les chevaux fins et irritables.
*• . . Ae a ' Mt .. .
Traitement des javarts. Il varie suivant le siège de l’altération , selon les causes occasio-
ploie pour designer la sortie dè'la matière Quidc, qui s’élève de l’intérieur dû sabot , fuse et s’échappe par le biseau désuni d’avec les parties sous-jacentes.
(1) On dit que le pied se déchausse lorsqu’il y a chute du sabot.
nelles, selon les désordres intérieurs et selon la constitution et 1 âge du sujet. Le javart cutané ne réclame en général que des soins de propreté , qui consistent principalement à ne pas * laisser, séjourner la partie malade dans le fumier et à la préserver des boues âcres, ainsi que de tous autres corps irritans. Si l’inflammation présente une certaine intensité, elle sera combattue par les bains , par les cataplasmes émoi-' liens, et. par des onctions d’onguent populéum, dont on continuera l’usage, tant que les tissus engorgés présenteront de la tension, tant que la douleur deviendra sourde, aussi long-temps enfin que 1 on aura a craindre la dégénérescence en javart tendineux. Dans cette dernière circonstance, il serait prudent de ne pas faire travailler le cheval et de le tenir à l’écurie, les pieds secs, sur une bonne litière. En persistant dans l’emploi des cmolliens, on vient toujours à * bout d’obtenir la formation du petit abcès, ainsi r ' que son ouverture au dehors ; on a recours aux moyens ordinaires pour favoriserla suppuration • et amener la résolution. Parfois il survient des pousses d& chairs, sortes de cerises, dont on doit faire l’amputation afin de rendre la plaie unie; il convient alors 4’employer dans les pan-
il."
scmens quelques liqueurs spiritueuses ou l’onguent basilicum.
Javart tendineux. Ici , le traitement est plus compliqué , et il doit être varié suivant les cas particuliers qui se présentent. Comme cette variété de javart débute toujours par le gonflement et la douleur , les premiers moyens à employer sont les bains et les cataplasmes émoiliens, dont on continuera l’usage, jusqu’à ce que les tissus soient détendus et que la résolution soit déjà fort avancée. Lorsque l’inflammation est extrême et que la fièvre locale est devenue générale, les topiques caïmans sont insuffisans; il est nécessaire de seconder leur action par la diète , par les saignées, et les antiphlogistiques. Malgré tout ce que l’on peut faire , la tumeur est quelquefois très-opiniâtre ; elle persiste long-temps sans prendre une direction bien déterminée, et sans qu’il y ait diminution sensible de tension et de douleur.
Quel que soit l’état stationnaire de la maladie, il importe de persévérer dans le traitement calmant, seul capable d’exciter et d’entretenir une marche avantageuse;
Le plus souvent le javart tendineux s’abcède; mais il est des cas où la résolution s’en opère sans suppuration. U est toujours très-diflicile
Ue reconnaître l’existence des abcès, lors même qu’ils re’sident daus le tissu cellulaire sous-cutane', et cette difficulté est bien plus grande -
toufes les fois que le foyer purulent est situé •.
profondément. Le précepte général est de prévenir, autant que possible, l’accumulation du • •
pus dans l’intérieur de la partie; l’on remplira
cette indication en pratiquant de bonne heure,
meme avant la formation de l’abcès, une ouverture à la faveur de laquelle la matière purulen te pourra s’échapper au dehors, au fur et à • . mesure qu’elle sera sécrétée. Cette ouverture, qui sera exécutée avec l’instrument tranchant,
consistera dans une incision longitudinale de • . '
dix-huit à vingt-quatre lignes ; elle comprendra • ■ ‘
toute 1 épaisseur de la peau jusqu’auprès des
tendons, et sera faite dans le milieu du pli du ,*
paturon, le plus près possible du pied. Cette
opération , exempte de dangers, est facile à exé- • '
cuter; elle donne écoulement à une certaine *
quantité de sang, et dégorge d’autant la partie .• '■ *
malade. Selon quelques auteurs, l’on ne saurait
opérer trop tôt le javart tendineux : la division des parties par l’instrument tranchant, produisant constamment la détente des tissus cnflam- ' més, devient avantageuse lors même que la tumeur u a point de disposition à s’abcéder. Je ne
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discuterai pas jusqu’à quel point cette opinion, assez accréditée, peut être fondée; je dirai seulement qu’en plusieurs circonstances, l’incision, trop précipitée, m’a paru plus nuisible qu’utile.
# Je reste convaincu qu’il est plus prudent de n’opérer que lorsque l’intensité de la tumeur n’augmente pas , qu’elle est stationnaire , et que l’on a continué pendant quelque temps l’usage des bains, des cataplasmes émolliens et des onctions de corps gras. La suppuration uue fois établie, les pansemens seront renouvelés se- ' Ion l’abondance ou la rareté du pus, et les étoupes continueront à être employées sèches, si la plaie est de bonne nature; dans le cas contraire, elles seront chargées de substances propres à réveiller l’action languissante des , parties.
L’abord de la matière purulente dans la gaine tendineuse, qui s’annonce par des douleurs excessives et par une sensibilité extrême, requiert l’ouverture de cette gaine, que l’on effectuera en faisant l’incision précédemment indiquée. La gaine étant ouverte d abord à sa par lie inférieure, entre les deux brauches du tendon perforé, l’on y introduira une grande sonde cannelée, qui servira à diriger le bistouri, avec lequel on fendra de bas en haut. Malgré cette
ouverture, le pus pourra encore s’accumuler dans la poche que forme cette gaine, derrière le tendon perforant (1) , et il est extrêmement difficile d’empêcher son séjour dans cette cavité profonde, qui s’enfonce jusqu’auprès du petit sésamoïde. Toute contre -ouverture est impraticable pour faire écouler au dehors le pus contenu en cet endroit ; ceux qui ont conseillé ce moyen comme possible et avantageux ont donné la preuve la plus complète de leur ignorance, relativement à la disposition et à l’état des parties ; les injections peuvent seules remplir, jusqu’à un certain point, l’indication dont il s’agit ; elles devront être faites avec toutes les conditions requises , afin d’irriter le
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moins possible et ne pas augmenter les accidens. Ces injections détersives compliqueront d’autant les pansemens, auxquels il sera procédé comme il a été dit précédemment, et qui seront renouvelés suivant les besoins.
Les fistules blafardes réclament, eu général, l’emploi du cautère actuel, en pointe, chauffé presque à blanc et poussé jusqu’au fond de la cavité. La cautérisation par le feu devient quelquefois nécessaire vers la fin de la maladie,
(1) Voyez page 27. ' N '