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pour produire la fonte de l'engorgement; et l’on seconde les effets de ce topique par le9 vésicatoires ou le mélange du sublimé corrosif avec la térébenthine, suivant les circonstances et selon l’opiniâtreté de la tuméfaction.
Javart encorné simple. Gette troisième variété de javart, dont les ravages sont toujours croissans et très-dangereux , requiert , pour premier moyen curatif, une opération cliirurgicale, qui consiste à faire cesser la compression, à borner l’étendue du mal et à faciliter la sortie au dehors de la matière purulente. , Cette opération, que l’on ne saurait jamais faire trop tôt , est simple ou compliquée , suivant le siège et l’étendue du mal. Lorsque le javart ne consiste que dans la formation d’un petit furoncle situé sous le biseau, l’emploi des émolliens et des corps gras suffit le plus souvent pour déterminer uu peu de suppuration et amener une guérison complète. Toutes les fois que le foyer est profond et que la matière a fusé sous l’ongle, il faut se hâter d’enlever la portion du sabot, qui couvre la lésion et entretient une compression dangereuse. Le retranchement dont il s’agit devra, toutefois, avoir un peu plus d’étendue que le foyer purulent, afin que tous les tissus altérés se trouvent à décou-
( 1 % ) * vert, et que Je travail de la suppuration puisse sç faire eu toute liberté. Ce retranchement, toujours subordonné aux ravages intérieurs, se pratiquera, ou en long et suivant la direction des fibres dfe'la muraille , comme dans le cas de seime , ou bien en travers, et il ne comprendra alors qu’une partje*de cette même muraille, du coté de son union avec la peau. Ce dernier procédé cause , à la vérité, moins de délabrement ; mais il entraîne plusieurs inconvéniens assez graves, et il nécessite souvent une seconde opération. Dans le cas même où l’on parvient à empêcher la pousse de bourgeons charnus, et à obtenir une bonne régénération de corne, le sabot ne récupère son intégrité parfaite que par l'effet de l’avalure, dont la marche est toujours trèsJente. Dans quelques circonstances, l’opération du javart encorné se complique de l’enlèvement d’une portion ou de la totalité de la sole, qui se trouve soulevée et détachée du tissu villeux.
Le pied sur lequel l’on se propose d’extirper une partie du sabot doit être préparé d’avance et disposé de la manière la plus avantageuse, pour faciliter l’opération. Ou commence par assouplir la corne au moyen des bains et des cataplasmes émollicnd; l’on manoeuvre ensuite
avec ‘le boutoir, et 1 Ton pare jusqu'à la rQséç , afin de Veconnaitre si la matière neü’eét pas propagée Sous la sole. J’oiîr .wdntemB- Pajpipa'r' reil et en faciliter l'application, l’oÉ Confectionnera un fer léger et~güi sera^ suivant, les cas, ou tronqué d’une branche, ou écbimcfé dans un point , oü dégagé (&pméigtotir la des T solure [PL III, fig. iyet ar^j lmAUŸa’vsèïn de tenir la branche’ qîfi- reste entière , ass'ee longue et assez , relevée .pour le passage et le soutien de la ligature : par la même jaisOh^ l’oïi aura l’attention de neppint ab^treTàrfgîfc ' externe de la branché .tronquée, et l$ôti ne perdra pas de vue que le fer "doit bien garnir par-tout (i). Si l’opèratié^t doit .être grave* et douloureuse, le malade seVa tenu à lak'dreté .pendant un ou •?>'’
Tous ces préparatifs terminés, l'on dispose lesinstrumens , ainsi que les objets de pansement, et l’on proéçâe après au renversement du cheval sur un bon lit de paille.. L'animal -
étant abattu et convenablement; fixé, l’opéra*-
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(i) Pour contenir plus sûrement l’appareil, on peut employer un crochet postiche , confectionné avec un morceau de tôle, et engagé, par l’une dé ses extrémités, entre le fer et la maraille.
teur s’arme (l’une rénette, "avec laquelle il pratique les tranchées nécessaires pour isoler et détacher la portion de corne dont l’enlèvement a été jugé nécessaire. En ce qui concerne l’exécution de cette première manœuvre, nous nous bornerons à rappeler que les coups de rénette portés de court sont toujours les plus sûrs, les plus expéditifs, et qu’il importe d’arriver au vif d’abord par le biseau, et progressivement de ce point jusqu’au bord inférieur de. la muraille. L’extirpation de la corne , que l’on effectue à l’aide d’un élévatoire et d’une paire de tricoises , réclame les précautions prescrites , pour ces cas , à l'article des Considérations générales sur les maladies du pied. Le mal étant misa découvert, l’on coupe toutes les chairs baveuses, filandreïlses et de mauvaise nature; 1 on couvre la plaie d’un plumasseau , l’on rattache le ter eu brochant, autant que possible, les clous dans les vieux trous*, et l’on procède à l’application de l’appareil. On peut employer les étoupes sèches , mais il est cependant préférable de les tremper dans du vin tiède, ou dans toute autre liqueur plus appropriée à l’état de la plaie ; elles se placent beaucoup mieux quand elles sont mouillées que lorsqu’elles sont Sèches. L’étoupade se fixe au
moyen d’une longue ligature ou autre bande de toile, avec laquelle on fait plusieurs tours, qui doivent être disposés et serre» de manière à établir une pression uniforme, sans laquelle l’operation pourrait devenir infructueuse. On enveloppe tout cet appareil avec un morceau de toile, que l’on contient par une autre ligature* et 1 on fait relever le cheval , auquel on prodigue les soins convenables. A moius de circonstances accidentelles, ce premier appareil ne doit être levé que lorsque la suppuration est en pleine activité. Pendant les chaleurs de l’été, l'intervalle du premier au second pansement ' . n’est, en général, que de trois à cinq jours;" tandis qu en hiver il peut se. prolonger jusqu’au sixième ou huitième jour, et quelquefois davantage. Pour les pansenaens ultérieurs, ils ne doivent être renouvelés que lorsque le pus, accumulé sous l’étoupade, ou d’autres circonstances particulières en prescrivent la nécessité.
Le vétérinaire ne doit pas "perdre de vue que, si’ les pansemens ont le précieux avantage de déterger la plaie, ils ont aussi le grave incon- '■ veuient de l’irriter ; ils peuvent déranger le travail salutaire de la nature et lui faire prendre une direction fâcheuse \ sur-tout si çe travail ne fait que commencer à -s'établir. .*;.•• ‘
Les cerises, les pousses partielles d’une nouvelle corne, sont les circonstances qui contrarient le plus souvent la suppuration de la plaie. Dès l’apparition des cerises , il faut porter tous ses soins à détruire les compressions, qui ont fait naître et peuvent entretenir ces sortes de végétations morbides; si la surface de la plaie change de nature, prend une teinte livide, violacée, se charge de bourgeons, l’on tâchera de la ramener à son état primitif par l’emploi de la teinture d’aloès et d’autres substances, et l’on apportera la plus grande attention à ce que l’appareil appliqué sur la partie exerce une pression forte et égale par-tout. A l’égard des nouvelles productions de corne, il importe de ne pas leur laisser prendre trop d’épaisseur, trop de consistance, parce quelles déterminent des compressions, qui peuvent donner lieu à divers accidens : 1 on aura donc 1 attention, a chaque pansement, de les amincir avec l’instrument tranchant; l’on prendra garde de ne pas aller jusqu’au sang , et l’on gouvernera la plaie de manière à ce que cette nouvelle couche s’étende Uniformément.
Les javarts dont l’opération n’entraîne que le retranchement d’une petite portion du sabot, sur-tout lorsque cette opération ne met
pas à découvert le fibro-cartilage latéral du . pied, peuvent guérir, comme la seime, par l’application méthodique d*un seul appareil , qu’on laisse en place jusqu’à ce que la surface de la plaie soit recouverte par une nouvelle couche de corne. Toutes les fois que l’on se trouve forcé de mettre à découvert une partie du cartilage latéral, la maladie se complique tôt ou tard de la carie de ce prolongement de l’os du pied, et cette complication si fâcheuse ne se montre parfois qu’à l’époque où la guérison paraissait complète. La peau se trouve-t-elle détériorée soit par l’opération mal pratiquée ^ >
soit par l’application inconsidérée du .feu ou de substances caustiques , la cure sera longue et imparfaite. Dans ces circonstances, la peau np se réunit qu’incomplétement avec l’ongle ; il se forme souvent un faux quartier; d’autres fois il' s’établit, au-dessus du sabot, une tumeur, sorte de forme, qui porte un préjudice considérable au pied et nécessite la cautérisation par le feu* "
On préviendra ces suites fâcheuses, tant en ménageant bien la peau lors de l’opération,^ qu’en faisant les pausemens avec soin et méthode, en établissant une pression convenable, et eu tenant la partie à l’abri de toute irritation quelconque. ', 7 *
Javart encorné cartilagineux. La cnre de cette dernière variété de javarts est parfois fort simple, et n’exige que la cautérisation du point carié; mais elle nécessite le plus souvent des délabremens considérables, des pansemens long-temps continués et les mieux combinés; dans quelques cas, elle devient impossible ou incomplète , nonobstant les soins prodigués.
Ainsi , le traitement des javarts cartilagineux repose sur deux méthodes distinctes, le procédé par la cautérisation et celui qui consiste dans l’extirpation , l’ablation de tout le fibro-cartilage affecté. Ce dernier est , aujourd’hui, le plus général, presque le seul usité dans la chirurgie vétérinaire; les caustiques et le feu ne sont communément employés que dans le principe du mal , comme des essais dont l’application inconsidérée ne contribue qu’à aggra-' ver la maladie, à retarder sa guérison et à la rendre quelquefois impossible. Ces considérations nous Ont déterminé à ne parler de la cautérisation qu en dernier lieu , qu’après avoir décrit le procédé à suivre pour effectuer l’enlèvement du fihro-cartilage latéral avec les instrumeus tranchans.
Procédé par ablation. Il suppose constamment une double amputation, requiert en prc-
mier lieu l’opération du javart encorné simple , c’est-à-dire le retranchement du quartier du sabot qui couvre le cartilage à enlever. Cette première opération effectuée comme il a été prescrit , l’on procède à la désunion de la peau d’avec la partie du fibro-cartilage qu’elle recouvre , et l’on se sert pour cela d’une feuille de sauge double, sa convexité étant tournée en dehors : l’on commence par enfoncer entre ces * parties l’instrument , que l’on porte ensuite tantôt en avant, tantôt en arrière, jusqu’à ce. que l’on soit parvenu à découvrir toute la surface du fibro-cartilage. En exécutant les mouvcnrens en arrière, l’on doit avoir la précaution de pencher en dedans le tranchant de Pin^ trumeut , afin d’éviter la section de la peau ; on aura également soin de ne pas trop agir de ,1a pointe, sans quoi l’on court risque de l’enfoncer, à travers le tégument. Le fibro-cartilage .étant complétemeutmis à découvert, l’on en execute l’ablation avec des. feuilles de sauge ‘simples -(i) et avec le secours d’une pince à
£1) Il importe d’avoir (leux sortes de feuilles de sauge .^impies: les unes, fortes, servent - à amputer la majeure pai*' tje du cartilage; les autres, petites, minces cl étroites, sont très-avantageuses lorsque l’on arrive contre la enjisille synoviale et le ligament articulaire latéral antérieur,
dents de souris; l’on se sert aussi d’une ou de deux érignes plates et boutonnées^ avec lesquelles on fait relever la peau, afin d’avoir plus d’aisance pour opérer. On commence ordinairement par abattre toute la partie postérieure du cartilage, que l’on ampute en deux ou trois coups d’instrument et que l’on peut préalablement séparer de la partie antérieure par une incision longitudinale, faite avec un bistouri droit , suivant la direction de la face postérieure du paturon, afin d’avoir plus de facilité pour l’enlever. On coupe ensuite par tranches successives la partie antérieure restante, l’on engage d’abord la feuille de sauge sous son bord supérieur, et par un mouvement court et brusque, exécuté en demi-cercle, de haut en bas et de dedans en dehors, l’on enlève une première tranche ; l’on continue de même pour les tranches suivantes, jusqu’à Ce que l’on approche du ligament latéral antérieur et de la capsule articulaire; il faut alors agir avec beaucoup de précaution et amputer par lames plus ou moins minces. Pour rendre cette dernière manœuvre moins dangereuse , l’on fera tenir le pied fortement étendu et porté du côté opposé à celui sur lequel on opère. Par cetteposition, la membranearticulairc se trouve
alongée et ne fait plus de boursouflement ; le ligament lafliral devient aussi plus distinct. Toute l’attention à avoir, en exécutant cette ablation, est de respecter la capsule synoviale, ainsi que le ligament latéral antérieur : on sait que ces parties adhèrent étroitement au fibro-cartilage , et que là où finit celui-ci , se trouvent immédiatement soit le ligament, soit la capsule. 11 faudrait donc borner l’amputation au point de réunion ; mais comme il n’est pas aisé de s’arrêter précisément à ce point, et qu’il est toujours dangereux d’aller au-delà, il vaut mieux laisser quelques parcelles ou lamelles de cartilage, qui se détruisent par l’effet de la suppuration. D’ailleurs l’enlèvement complet de la substance cartilagineuse qui tient à ces parties demanderait beaucoup de temps et ne prolongerait pas l’opération sans les dangers précités. Pour pousser l’amputation aussi près que possible du ligament et de la membrane, l’qn se sert de petites feuilles de sauge, dont on doit être bien assuré, afin de ne pas les égarer, lors même que l’animal fait des mouvemens brusques, contre lesquels il importe d’être toujours en garde.
Le manuel que nous venons de décrire n’est pas tellement rigoureux , qu’il ne soit
susceptible de quelques modifications. Ainsi l’on peut, comme il a été dit, enlever la partie postérieure du fibro-cartilage , sans la séparer préalablement de la partie antérieure, dont l’extirpation exige toujours des précautions particulières. Au lieu d’emporter à chaque coup de feuille de sauge une tranche de cartilage, on peut le faire à plusieurs reprises, et l’on se sert alors d’une pince à dents de souris , pour saisir et tirer en dehors chaque portion cartilagineuse que l’on ampute.
Lorsqu’il ne reste plus que quelques parcelles de cartilage , qu’il serait trop long ou dangereux d’enlever , l’opération est complète; mais, si on laisse subsister des portions entières de cette substance , l’on peut s’attendre au développement de nouvelles caries, qui nécessiteront une nouvelle opération. Il est d’observation générale que la suppuration ne détruit les parties cartilagineuses restantes qu’autaut qu’elles ont très-peu d’épaisseur.
L’opération achevée , l’on couvre la plaie avec des étoupes sèches , et l’on attache à quatre clous le fer, que l’on a préparé d’avance et qui a été tronqué de la branche correspondant au côté malade (PL III, fig. 17). Le fer fixé au pied, l’on procède immédiatement au panse-
ment, qui a lieu de la même manière que celle qui est prescrite pour le javart encorné simple, et l’on emploie, si on le juge à propos, un crochet postiche pour maintenir plus sûrement l’étoupade.
L’application de ce premier appareil n exige qu’une seule précaution particulière , .c est de coucher la peau immédiatement sur la surface delà plaie, ou de ne mettre par-dessous qu’un plumasseau très-mince. Le vide formé par la destruction du fibro-cartilage semblerait, au premier abord , devoir être rempli par les étoupes ; mais ce mode de pansement donne toujours lieu à de gros bourrelets , qui empêchent le rétablissement parfait du sabot et entretiennent des altérations plus ou moins préjudiciables. Le premier appareil ne doit etre levé, comme il a déjà été dit, que lorsque la suppuration est en pleine activité ; les pansemens seront faits et renouvelés, d’après les réglés établies dans le traitement du javart encorné simple. Parmi les accidens que l’on a le plus à redouter pendant la période de suppuration , nous citerons la perforation de la capsule synoviale; complication fort grave et dont il sera parlé un peu plus loin. /
La chirurgie vétérinaire doit aux Lafossc
père et fils d’avoir fait les premiers un emploi judicieux du procède opératoire, que nous venons de faire connaître ; s’ils ne sont pas les inventeurs de ce procédé, ils ont le mérite de l’avoir perfectionné et d’en avoir constaté les avantages. Lafosse fils conseille de ne pas enlever tout le quartier du sabot, et de n’en retrancher que la largeur d’un pouce du côté du biseau ; Solleysel avait établi le même principe, en recommandant de ne jamais débander l’arc formé par la muraille. Le retranchement de tout le quartier augmente ’ncontestablement les délabremens; mais cette méthode, qui ne retarde pas la cure, a le précieux avantage de faciliter l’opération et d’éviter des compressions pernicieuses.
Le même Lafosse recommande très-expressément de ménager le ligament latéral antérieur, et il déclare, avec raison, que l’amputation plus ou moins complète de ce ligament rend le cheval pour toujours estropié. Cet habile praticien aurait dû dire aussi que le même ligament acq^ier J, dans quelques circonstances, une texture fibro-cartilagineuse, et que, parvenu à cet état, il est susceptible de la même altération que le fibro-cartilage latéral.
L’ouverture de la capsule articulaire est, en
général, regardée comme un accident grave , le plus souvent funeste. Il est essentiel d’entrer sur ce point dans quelques détails, afin de bien préciser les cas où cette sorte de complication peut avoir les suites les plus fâcheuses , et ceux où elle ne préjudicie pas sensiblement et ne devient que rarement dangereuse. Toutes les fois que la lésion a été produite par l’instrument tranchant, pendant l’opération, l’on peut obtenir l’occlusion parfaite de la capsule, en ayant soin de comprimer convenablement la membrane offensée, afin d’empêcher l’introduction de tout fluide dans l’intérieur de l’articulation. Chabert conseillait d’employer dans ces circonstances une pâte camphrée, et de l’appliquer immédiatement sur l’ouverture.
L’expérience prouve qu’un simple tampon d’étoupe sèche est préférable, et qu’il remplit parfaitement le but : ce tampon , assez gros et assez ferme pour produire une forte pression partielle, tient la membrane synoviale appliquée, comme collée contre les os, et favorise ainsi sa cicatrisation ; mais il iftÿorte que ce genre de compression soit continué pendant un certain temps, et il est facile d’en concevoir la raison. Aussi, doit-on avoir les plus grandes précautions, lorsqu’on lève les appareils, de ne
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pas déranger ce tampon, ou de le remplacer immédiatement si , nonobstant tous les soins apportés pour le conserver en place , il vient à tomber et à suivre les autres étoupes. L’application du tampon ne contrarie nullement la marche de la plaie principale, et elle consolide, au bout d’un temps plus ou moins long, la réunion des bords de l’ouverture. 11 faut observer que cette cicatrisation est toujours d’autant plus difficile à obtenir, que l’incision faite par l’instrument tranchant offre plus d’étendue; il peut même arriver que la grandeur de l’entamure ne permette pas l’occlusion de la poche synoviale, et qu’elle rende inutiles tous les soins employés. Le dérangement fréquent de l’étoupade, sur-tout du tampon; certains mouvemens brusques ou trop violens et diverses autres circonstances, sont également susceptibles d’empêcher cette occlusion. Dans ces cas , l’accident est fort grave : non-seulement les bords de l’ouverture ne se rapprochent pas, mais ils s’écartent toujours de plus en plus. La synovie s’épanche au dehors; la matière purulente aborde dans l’articulation, y séjourne et altère les surfaces diarthrodiales des os. Il devient alors bien dillicile, pour ne pas dire impossible, d’arrêter les ravages inté-
rieurs, qui se font remarquer par l’aspect même que prend la plaie, par la nature de l’humeur qui en découle, par les douleurs excessives, qui forcent le malade à tenir le pied dans une rétraction permanente. Les pansemens les mieux combinés sont rarement couronnés de succès; le plus souvent ils ne font que retarder la perte de l’animal, que l’on est obligé de faire sacrifier ou qui succombe par suite de la gangrène. On doit mettre sur la même ligne et considérer comme aussi graves les ouvertures de la capsule articulaire , qui sont l'effet de la suppuration et surviennent à diverses époques.
La capsule articulaire forme quelquefois un boursouflement plus ou moins considérable , que l’on doit toujours respecter, et qui rend conséquemment l’opération plus délicate. Ces tumeurs hémisphériques, que nous avons rencontrées plusieurs fois, et dont une pouvait av^ir la grosseur d’un œuf ordinaire de poule, disparaissent par l’effet d’une pression bien méthodique, et ne retardent pas la guérison de la plaie. Elles peuvent être recouvertes d’un amas de graisse, et se dérober ainsi à l’œil; l’opérateur doit donc se méfier de la présence de ces pelotons graisseux , et se garder d’y porter l’ instrument tranchant, avant de s’ètrc assuré
s’ils enveloppent ou non la capsule synoviale (i).
Tous les préceptes exposés par Lafosse pour effectuer l’enlèvement du fibro-cartilage latéral sont judicieux et généralement adoptés; mais cet auteur n’a pas parlé des circonstances susceptibles de compliquer l’opération et de nécessiter des précautions particulières On regrette sur-tout qu’il n’ait rien prescrit sur ce qu’il convient de faire lorsqu’il y a ossification plus ou moins avancée du fibro-cartilage. Cette complication est cependant fréquente, et il importe de fixer les idées à cet égard, afin que le vétérinaire ne se trouve pas embarrassé quand il rencontre, pour la première fois, ces sortes d’anomalies.
La transformation dont il s’agit procède constamment, comme il a déjà été dit page i8, du milieu du bord inférieur, par lequel le fibro-cartilage fait continuité avec l’os du pied ,
(1) Le premier boursouflement de eettc nature que j’ai eu occasion de rencontrer m’a tellement trompé, que j’ai ohvcrt la capsule articulaire : heureusement l’accident n’a pas eu de suite fâcheuse , et le cheval a été rendu , parfaitement guéri, a son propriétaire, notaire à Ville - Parisis", sur la roplc de Meaux. >
et elle a lieu de différentes manières : le plus ordinairement elle se fait d'après un ordre régulier ; elle monte, en occupant toute l’épaisseur du fibro-cartilage ; d’autres fois elle se développe et s’étend par des filamens ou lames osseuses , disposées en aréoles , dont les
interstices sont remplis d’une matière cartila- 1 • • • gineuse.Daus quelques cas, l’ossification ne fait
qu’occuper la surface externe du prolongement, qui se trouve alors composé de deux couches, l’une externe, osseuse, et l’autre, interne, cartilagineuse.
Toutes les fois que l’ossification ne fait que pénétrer le cartilage latéral et que la conversion ne s’opère que d’une manière imparfaite, il importe d’extraire tot^te la partie ostéû - cartilagineuse , saHS quoi, l’opération devient infructueuse. Lorsque la guérison semble avancée, il survient presque toujours, de nouvelles fistules, et. la maladie se reproduit avec une nouvelle intensité. L’enlèvement-de • cette production ostéo-cartilagineuse s’exécute avec différens instrumens , tels que la rénette , la gouge, la scie semi-circulaire', le rogne-pied et les pinces à bec de eorbin. L’ablation doit être poussée jusqu’à l’endroit où 1 ossification se trouve parfaite, et l’on aura la précaution
de ne laisser subsister ni restant de substance cartilagineuse, ni pointes dures sur le bord de l’os. Si l’ossification s’est effectuée d’une manière régulière, et que le restant de la substance cartilagineuse ne soit pas mélangé avec de la matière osseuse, l’on se conduira d’après les règles ordinaires, et Ton amputera toute la * partie du fibro-cartilage non ossifiée (i).
Procédé par la cautérisation. Les anciens bippiatres n’employaient, dans les cas de javart cartilagineux, que le feu ou les caustiques, qu ils combinaient et variaient, suivant la gravité et 1 étendue du mal. Ces méthodes curatives ont été à peu près les seules suivies jusqu’aux Lafosse père et fils, qui ont adopté et fait prévaloir le traitement par le moyen de l’ablation du fibro-cartilage latéral. Dans un mémoire publié en i8a3 et réimprimé en i8a5j nous avons fait connaître en détail les procédés que suivaient les hippiatres antérieurs aux Lafosse, pour parvenir à guérir les caries du cartilage latéral ; moyens qui consistaient dans • l’emploi du feu et des caustiques. Nous ne rap-
(i) Le fibro-cartilage complètement (fensformé en substance osseuse n’est plus susceptible de carie : jusqu’à présent nous n’en connaissons point d'exemple.
pell'erous pus ici les considérations dans lesquelles nous sommes entré à çe sujet, nous nous bornerons à indiquer les règles qu’il convient d’observer, en attaquaut le javart cartilagineux par la cautérisation , soit actuelle, soit potentielle.
Les caustiques et le feu, appliqués immédiatement sur le fibro-carlilage, déterminent l’ex- # foliation delà partie qu’ils touchent, ou mieux des bords de la cavité qu’ils pratiquent; ils doivent conséquemment détruire les points carrés, toutes les fois qu’ils sont portés sur ces points et qu’ils y produisent une action suffisante. Mais ils u’agissent que partiellement, et leurs effets sont toujours bornés; ils ne changent pas la disposition de l’organe à contracter de nouvelles caries; on pourrait mçme avancer qu’ils augmentent cette disposition, en excitant ]Tafilux des liqueurs daps la partie malade, et en produisant une inflammation intense. Ce simple exposé prouve que la cautérisation ne peut de- ' venir efficace que dans quelques circonstances, cl qu’elle doit être employée avec disceme-r ment. L’expérience a constaté qu’elle réussit beaucoup mi(4fc en talon qu’à la partie antérieure du fibro^catyilage , où la sensibilité et lés mouvcmens sont plus forts. *-
Le cautère en pointe est le seul convenable, tant pour agrandir les fistules que pour porter le feu sur les points cariés; l'on s’en sert aussi pour opérer la résolution ou borner les progrès de certaines tumeurs, qui surviennent à la couronne par suite du javart, et que l’on attaque quelquefois avec le cautère cutellaire. L’action du feu sur les caries du cartilage latéral est toujours très-incertaine, et La fosse a parfaitement raison de dire qu’elle ne devient avantageuse que lorsque l’altération réside à la pointe du talon. 11 est constant que la cautérisation potentielle offre plus de chances favorables, et qu’elle mérite la préférence sous tous les rapports. Le dcuto-chlorure de mercure est le caustique le plus ordinairement employé et le plus propre à remplir l’indication dont il s’agit. Pour exécuter ce genre de cautérisation, l’on prépare d’abord un morceau de sublimé corrosif, que l’on taille en un cône de la longueur de cinq à six lignes, et de trois à quatre lignes de diamètre vers sa base. On élargit la fistule, soit avec le cautère à pointe, soit avec le bistouri, de manière à ce qu’elle permette le passage du caustique, qu’il importe d’enfoncer jusqu’au point carié. Le morceau de sublimé étant parvenu au fond de la fistule et
sur le fihro-cartilage, l’on tamponne l’ouverture extérieure avec des étoupes imbibées de vin chaud, afin de contenir en place le caustique; l’on enduit de graisse tout le sabot, ainsi que la couronne; l’on applique quelques plumasseaux par-dessus le tampon, et l’on place la ligature. La présence du corps étranger dans l’intérieur du pied augmente bientôt la douleur première , le gonflement , la tuméfaction à la couronne, et donne lieu à une série de phénomènes plus ou moins graves. Aussi, est-il nécessaire de tenir le cheval au régime, même de lui tirer du sang, si les souffrances, qui vont en prenant de l’intensité jusqu’à la formation de l’escarre, deviennent considérables.
Au bout de cinq à six jours, on procède à l’enlèvement du premier appareil, et, en ôtant les étoupes, l’on doit prendre garde de ne pas déranger le tampon, qui maintient le caustique. On se bornera donc à enlever les plumasseaux, à laver la partie avec du vin chaud, à nettoyer tout le pied; l’on fera ensuite le pansement, comme la première fois, et l’on continuera de la même manière jusqu’après la chute de l’escarre. Cette dernière production se manifeste d’abord par un cercle, que circonscrit une surface terne, de la grandeur d’environ
une pièce de cinq fraucs; la ligne circulaire devient de plus en plus apparente, et la partie circonscrite acquiert une teinte noire; enfin, la séparation de la partie morte s’opère insensiblement d’elle -même, et l’escarre finit par être expulsée. La chute de cette sorte de bourbillon n’a lieu ordinairement que du dixième au quinzième jour après celui de l’application du corrosif : on peut la solliciter en ébranlant la masse avec des pinces à dissection ; mais cette manœuvre doit se faire avec la plus grande délicatesse; car toute irritation un peu forte retarde la cure , et peut rendre la plaie de mauvaise nature.
La partie morte, étant tombée, laisse à découvert une plaie simple, vermeille, et qui se cicatrise promptement; elle n’exige que des pausemens ordinaires ; mais, s’il y a tuméfaction de la peau , l’on fera usage de la teinture d’aloès, dont on chargera les premiers plumas- ® seaux* Lorsqu’il se déclare une nouvelle fistule, sigue certain d’une nouvelle carie, il faut recommencer la même cautérisation, ce qui prolonge considérablement le traitement et détermine souvent à recourir à l’ablation du fibro-cartilage.
Les soins à donner à l’animal opéré varient ,
suivant le tempérament et selon l’état de la partie malade. On ne doit pas perdre de vue que les sujets irritables exigent plus de soins que les gros chevaux de trait, dont quelques-ups se ressentent à peine de l’action du caustique. Ces animaux peuvent même continuer à travailler, on doit seulement les employer de préférence à la charrue ou à la herse.
Au résumé, les procédés curatifs que nous venons de faire connaître en détail ont chacun leurs avantages et leurs inconvénieus. Toutes les fois que l’opération est bien faite, et que les pansemens sont suivis avec tous les soins requis, l’ablation produit une guérison radicale. Mais ce mode de traitement nécessite des délabremens considérables, qui ne peuvent avoir lieu sans de grands dangers; la moindre circonstance est susceptible de donner une mauvaise direction à la plaie ; la cure est , en général, longue, difficile à obtenir; le pied ne récupère son intégrité première qu’au bout d’un ® temps très-long; souvent même il reste pour toujours faible et altéré. La cautérisation par le deuto-chlorure de mercure est une méthode simple, facile à erhployer; elle n’exige aucun délabrement et ne détériore même le sabot qu’antant qu’elle est inconsidérément renouvelée ;
lorsqu’elle es! suivie de succès , la guérison est prompte, parfaite, et le pied se trouve de suite en état de remplir ses fonctions. Malheureusement l’application des caustiques n’a de résultats bien avantageux que dans le cas de fistules sises èn talon; elle est toujours incertaine lorsque l’ulcération se trouve en avant de cette partie. Ainsi que nous l’avons fait remarquer, la substance portée immédiatement sur le point malade fait bien disparaître la carie, mais elle ne change pas la disposition du fibro-cartilage à de nouvelles altérations de même nature ; tout semble prouver - , au contraire, qu’elle l’augmente. De là, la formation d’autres fistules, qui se montrent pendant ou peu après la guérison de celles qui ont été attaquées par le deuto-chlorure de mercure. Une première cautérisation , étant infructueuse, eu nécessite conséquemment une seconde, parfois une troisième, une quatrième, etc. La maladie, traînée ainsi en longueur, occasione des frais, indispose les propriétaires, et fait souvent rejeter le blâme sur le vétérinaire qui a conseillé le procédé. Ces inconvéniens ne sont cependant pas les mêmes à la campagne que dans les grandes villes. La cautérisation me semblerait devoir être tou-
jours tentée pour les chevaux de trait, que l’on
a la facilité d’employer à de légers travaux de culture , tels que le hersage , le labour, etc. La chance est toute dans l’intérêt du propriétaire, qui,' pouvant faire travailler ses animaux, n’a point de frais particuliers à supporter et peut éviter une opération grave, à laquelle il est toujours temps de recourir. Ce mode de traitement, néanmoins, aurait tous les inconvéniens que nous avons signalés dans les chevaux qui, en raison des localités ou de leur conformation et de leur tempérament, ne sauraient être employés avec utilité, en attendant les résultats de la cautérisation. Dans ces dernières circonstances, on ne doit jamais balancer à donner la préférence à l’opération par ablation , à moins que la carie ne réside en talon, où elle cède assez ordinairement à l’action des caustiques.
§ 2. L'étonnement de sabot.
Par ce titre , l’on exprime upe sorte d’ébranlement, de commotion imprimée au tissu réticulaire, et déterminée , ou par un coup violent sur le sabot, ou par un heurt trèsr-fort contre un corps dur, et souvent par les coups de brochoir que porte le maréchal pour abattre les - pinçons" du fer , pour brocher les clous et les riter. Cette dernière manœuvre devient
sur-tout dangereuse quand le pied est faible et délicat.
Cette affection est une variété, un genre particulier de fourbure; elle se manifeste par une douleur vive, par la chaleur, d’abord partielle, puis générale du pied, quelquefois aussi par un son sourd que fait entendre le sabot frappé avec le brochoir ; elle fait feindre ou boiter plus ou moins fortement l’animal, suivant le
degré où elle se trouve portée.
Les étonnemens légers de sabot causent peu* de douleur, se dissipent promptement, se guérissent d’eux-mêmes, ou par les moyens les plus simples. Ceux qui débutent avec des symptomes graves sont dangereux et peuvent avoir des suites fâcheuses ; ils exigent conséquemment des secours prompts et efficaces. Si l’accident est récent, l’on avisera aux moyens de faire avorter l’inflammatioo , ou de la dissiper si elle ne fait que commencer, par l’emploi des substances fortement astringente^. On enver.
loppera le pied malade avec un cataplasme, composé de suie de cheminée, délayée dans du vinaigre et incorporée avec du blanc d’œuf;
1 on pourra aussi plonger le pied dans de la terre' glaise, détrempée avec du vinaigré ou du sulfate de fer, comme il sera expliqué à l’article Four-
bure. La saignée locale , et pratiquée à la pince, peut, en dégorgeant les vaisseaux, favoriser Faction des astringens, assurer la résolution et prévenir toutes suites fâcheuses.
Si la douleur et la chaleur sont considérables, et que l’on ait à craindre la fourbure , il est important de favoriser Faction de ces substances par des frictions au genou ou au jarret du membre malade, frictions dont l’emploi sera jalus amplement détaillé dans l’article qui suit.' L’étonnement peu intense , mais établi depuis plus de vingt-quatre heures , requiert seulement l’usage des bains chauds et des cataplasmes émolliens. Quand il est grave et négligé, il ne tarde pas à dégénérer en fourbure ; parfois il produit le décollement d’une partie plus ou moins étendue du sabot , ou bien il donne
lieu à la gangrène. v
§3 .La fourbure ( 1 ).
Elle consiste dans une inflammation plus pu moins intense du tissu réticulaire , s’établit con-
(I) Les anciens hippiatres écrivent forbure , forboiture , jourboituré. Ne pourrait— on pas en conclure que le terme fourbure a été admis parce que la maladie se fait remarquer par ui^e boiterie excessive ?
séquemment entre deux corps compactes et résistans, pénètre l’un de ces corps , l’os du pied , et imprime diverses altérations, qui ne tardent pas à se communiquer au sabot. Cette affection est toujours l’effet d’une irritation première , d’où résultent d’abord accumulation de fluides dans la partie , puis changement d’action , nou- •
velle sécrétion , et tous les phénomènes inflammatoires. Dès le principe, il s’établit une douleur profonde, vive, qui augmente avec plus ou moins de rapidité, se propage aux parties supérieurès , gagne insensiblement tout le membre et donne le plus ordinairement lieu à une Gevre générale. La maladie, continuant à faire des progrès, détermine l’engorgement du tissu réticulaire, l’atonie des vaisseaux séreux qui pénètrent la corne , enfin la désunion partielle ou totale du sabot.
Certaines fourbures ont une marche lente et graduée , sont peu douloureuses , ue deviennent pernicieuses qu’à la longue etqu’autant.que l’on n’y porte pas remède; tandis que d’autres, aussi rapides dans leur début et leur marche que dangereuses dans leurs résultats, parviennent, en peu de temps, à leur plus haut degré d’intensité et ne deviennent que trop souvent funestes à l'animal. 11 était donc utile pour la
pratique de reconnaître deux sortes de fourhures, l’une aiguë et l’autre chronique. Dans le premier cas , l’affection s’accompagne de douleur locale très-forte, de fièvre générale, d’anorexie complète, d’abattement, et elle réclame des secours aussi prompts qu’efficaces. Étant abandonnée à elle-même, elle ne tarde pas à produire les désordres les plus fâcheux, tels que la chute du sabot , la mortification des parties, ou bien elle donne lieu à la formation d’une nouvelle substance fibreuse, lardacée, qui s’établit immédiatement sous l’ongle et prend différens états; parfois il se fait un épanchement de fluides séro-sanguinolens , qui s’accumulent entre les feuillets de chair et ceux de corne, se dessèchent avec le temps ou deviennent purulens et fusent sous la sole. La fourbure chronique , dont les progrès sont toujours lents et plus ou moins obscurs, amène à la longue la détérioration du pied; elle fait naître soit la fourmilière, soit le croissant, soit le faux quartier, soit des cercles; elle donne lieu à la déviation de la sole, à sa séparation d’avec la muraille ; et ces altérations peuvent exister plusieurs ensemble ou toutes en même temps.
En général , les pieds gras , faibles et évasés , surtout quand ils sont plats ou combles, sont
les plus exposés à la fourbure , et l’on doit mettre en seconde ligne les pieds k sabot petit, serré et très-compacte ; mais la maladie devient toujours plus grave, plus aiguë dans les derniers, et la fièvre de réaction y est toujours plus intense.
Les causes de la fourbure doivent être rapportées , dans tous les cas , ou à des accidens extérieurs, ou à l’usage inconsidéré de certains alimens et de certaines boissons. Ainsi, la maladie peut être déterminée par une marche longue et forcée / surtout sur des terrains durs, pavés ou caillouteux ; être le résultat d’un séjour trop prolongé dans l’écurie ; dépendre d’un appui forcé, trop long-temps continué, et nécessité par un pied malade , que le cheval tient.en l’air pendant qu’il se porte constamment sur les pieds sains , qui s’échauffent insensiblement et finissent par tomber fourbus. Les fourrages très-substantiels ou très-échauflans, comme les grenailles , certaines plantes vertes, que l’on administre aux animaux sans précaution , donnent également lieu à la fourbure : les boissons froides et crues, administrées aux chevaux, surtout quand ils ont chaud, les arrêts subits de transpiration , les ferrures qui serrent et compriment le pied, peuventencore l’occasioner.
Elle attaque tantôt un seul pied, tantôt les deux de devant ou ceux de derrière, et quelquefois tous les quatre en même temps , ou successivement l’un après l’autre. 11 est des cas où elle parvient, en vingt à trente heures, au plus haut degré de son accroissement ; d’autres fois elle n’arrive à cet état qu’après quinze, vingt et même trente jours.
Considéré en repos , le cheval fourbu parait souffrant, il a une attitude incertaine, et ses aplombs sont différemment faussés; s’il est malade des pieds antérieurs, ceux de derrière se trouveront portés en avant et rapprochés du centre de gravité. Le contraire aura lieu si les pieds postérieurs sont attaqués. Par ces différentes positions, l’arymaL cherche à se soustraire à la douleur; il surcharge les membres sains, afin de soulager les malades. Lorsque le sujet est fourbu des quatre pieds, il vacille, tremble, tient ses membres écartés, et reste fixe dans cette attitude. La marche du cheval fourbu est toujours difficile, et l’appui se fait principalement en talon , où la douleur est moins forte. Quand il est malade des quatre pieds, il n’ose bouger de place, crainte de tomber; s’il peut marcher, il va en chancelant et en tremblant. La maladie n’est-elle que légère , même
sans chaleur bien marquée au sabot , elle se décèle par l’allure de l’animal , qui semble marcher sur des épines et s’appuie plus fortement en talon. '
La fièvre locale , qui accompagne la fourbure, est d’autant plus dangereuse , que le sabot oppose une résistance extrême au gonflement in* flammatoire, résistance qui devient la cause essentielle de la déviation et de la déformation de l’os du pied. Pendant toute la période de l’inflammation , les pieds conservent une chaleur et une douleur plus ou moins fortes, qui se font aussi remarquer au paturon et à la couronne, où elles sont presque constamment accompagnées d’engorgement. Parfois les muscles situés à la face rotulienne du fémur, ainsf qfie ceux qui occupent l’in tervalle triangulaire formé par le scapulum et l’humérus, éprouvent un tremblement qui ne se calme qu’avec les douleurs aiguës. V' ’ *.
« • Les signes qui anüoncent la fourbure dif- » ferent suivant le degré du mal et ses progrès ; » elle est accompagnée de fièvre ou elle existe » sans ce symptôme; dans l’une ou l’autre de » ces circonstances , la marche de l’animal iu- » dique son existence d’une manière non équi- » voque. Si la fourbure attaque les deux extré-
» mités antérieures, les postérieures sont plus » engagées sous le corps ; elles supportent » d’autant plus le devant que les douleurs des » pieds malades sont plus fortes et plus aiguës ; » la translation des membres antérieurs s’o- » père lentement, difficilement et douloureu- « sement.
» Le jeu des extrémités postérieures est » d’autant plus contraint qu’elles sont plus en- » gagées sous le corps; et leur avancement » sous le centre de gravité est toujours en rai- » son du poids qu’elles sont nécessitées de sup- » porter. Cette surcharge qu’elles éprouvent » rend leurs actions pénibles et incertaines.
» Lorsque la fourbùre attaque les extrémités . » postérieures, le poids et les forces sont dis- » tribués d’une manière diamétralement op- » posée; c’est le devant qui supporte la plus » grande partie de la masse ; les jambes anté- » .rieures sont inclinées de devant en arrière; la » croupe est soulevée; le cou et la tète sont » portés en contre-bas ; la marche , dans cette » position , est encore plus pénible et plus dîf- » ficile (i). » Les membres antérieurs sont
(l). Instructions et observations sut 'les maladies des animaux domestiques , article Fourbure , tome II, page 53.
obliges de supporter la plus grande partie de la masse du corps; ils tremblent, ils vacillent et éprouvent bientôt eux-mêmes les effets de la fourbure. Aussi la maladie est-elle considérée comme infiniment plus dangereuse lorsqu’elle affecte d’abord les pieds postérieurs, attendu que ceux de devant ne tardent pas à éprouver le même sort.
La fourbure, prise à temps et traitée comme il convient, résiste rarement aux moyens mis en usage; mais quand elle est parvenue à certains degrés, il devient impossible de parer aux désordres imprimés ou déjà avancés; l’on ne peut que les retarder ou les atténuer. Son intensité est telle parfois, qu’elle rend inutile tout traitement quelconque; elle continue à faire des progrès et finit de la manière la plus fâcheuse. Dans tous les cas, la médication doit avoir pour but de diminuer l'afflux des humeurs vers la partie irritée, de solliciter le dégorgement des vaisseaux subjugués, de rétablir l’action naturelle des tissus. Les efforts doivent tendre sur-tout à faire avorter l’inflammation commençante, comme aussi à prévenir l’engorgement d’une expansion membrani forme (le tissu réticulaire), maintenue entre deux corps durs, qui s’opposent à son gonflement.
La fourbure dépend-elle d’une autre maladie , on doit commencer par combattre l’afléction primitive , détruire la cause qui , l’ayant fait naître, peut l’entretenir, l’aggraver et la rendre incurable. Le premier secours à donner à un pied fourbu est de desserrer le fer et de ne l’attacher qu’à quatre clous ; l’on place ensuite l’animal sur une bonne litière; on le met à l’usage de l’eau blanche, et on le tient à un régime d’autant plus sévère, que les symptômes de l'affection sont plus graves. S’aperçoit-on du début de la maladie, l’on doit aussitôt recourir aux bains d’eau froide : à cet effet, l’on conduit le cheval à l’abreuvoir ou à la rivière , et on le retient le plus long-temps possible dans l’eau. A l’écurie, l’on peut employer des fomentations d’eau salée, ou acidulée ou chargée de substances ferrugineuses, sur toute la partie inférieure du membre malade, et l’on a soin d’envelopper tout le pied avec des cataplasmes restrinctifs, composés, comme il a été prescrit à l’article de l’Étonnement de sabot. Si les vaisseaux , quoique gorgés de sang, n’ont pas encore perdu leur force de tonicité, l’on doit se hâter d’évacuer le fluide qu’ils contiennent de trop, et s’opposer à un nouveau surcroît; de là, l’indication des saignées répétées
à la jugulaire, et des astringens autour du pied. Quelques praticiens ont obtenu des avantages marqués de la saignée en pince, qui produit, comme nous l’avons dit dans le paragraphe précédent, une évacuation directe du fluide accumulé dans le système vasculaire du pied.
Quelquefois l’inflammation devient stationnaire et opiniâtre; les frictions spiritueuses et irritantes autour de la couronne, du paturon et du boulet, ainsi que les Scarifications pratiquées au-dessus du bourrelet, ont été conseillées par plusieurs praticiens pour combattre cet état toujours fâcheux.
Les dérivations que l’on détermine par les frictions irritantes sont assurément les meilleurs moyens à employer pour triompher des fourbures intenses, suites de marches ou d’autres violences extérieures; mais ces frictions faites à la couronne et au paturon se trouvent trop rapprochées du siège de la maladie ; l’expérience a constaté qu’elles sont bien plus avantageuses quand elles sont pratiquées au jarret ou au genou, et qu’elles se bornent autour de ces articulations. On peut employer à cet usage soit l’huile essentielle de térébenthine ou celle de lavande, soit la teinture de cantharides , sui- ; vant l’engorgement que l’on désire obtenir, et
qui, une fois établi, fait cesser l'inflammation du pied. Il est bon et même nécessaire de faire précéder ce traitement par une forte saignée à la jugulaire , comme aussi d’en favoriser l'efficacité par le renouvellement de la saignée et par l’usage des cataplasmes astringens au pied affecté. Si le cheval est tellement méchant qu’il ne veuille ni supporter ni se laisser appliquer de cataplasmes, l’on peut pratiquer, à l’endroit où il pose les pieds quand il est attaché à l’écurie, un grand trou, dans lequel on met de la terre glaise délayée, avec du vinaigre ou avec une solution de sulfate de fer. Un baquet, ou une barbotoire, ou une augette en pierre , enfoncés en terre à rez le sol, conviendraient sûrement mieux pour cet usage ; mais il est rare d’avoir à sa disposition quelqu’un de ces objets. On Laisse séjourner les pieds malades dans la terre détrempée, et l’on ne change le cheval de cette •place que pour le faire reposer pendant la nuit; s’il souffre beaucoup et qu’il ne puisse pas se coucher, il est inutile de le déranger, et il demeurera, les pieds plongés dans la glaise, jusqu’à ce que les symptômes aient perdu de leur gravitét Comme il importe d’entretenir l’état mou et la température froide de cette terre glaise , l’on aura soin d’ajouter de temps
en temps une certaine quantité de la liqueur ci - dessus indiquée , que l’on versera en fomentation sur les parties supérieures. Ce genre de bain sera bien plus avantageux que les cataplasmes astringens, qui se dessèchent promptement et cessent alors d’enlever la chaleur de la partie; il suffit souvent pour faire dissiper, en fort peu de temps, l’inflammation et rétablir l’état naturel.
Pour faire apprécier les bons effets du traitement de la fourbure par les frictions faites au genou ou au jarret, et combinées avec l’immersion des pieds malades dans la terre glaise, je pourrais rapporter un grand nombre de faits que j’ai eu occasion de recueillir; je me bornèrai à transcrire l’observation insérée dans la première édition de ce Traité, page i4g.
Le 18 mars i8i3, le nommé Barier, voiturier, à Antony, près Sceaux» vint me consulter pour un cheval de trait, qui manifestait tous les symptômes de la fourbure aux quatre pieds ; il était triste, marchait avec difficulté, ne mangeait presque pas et souffrait depuis les premiers jours du mois. Je conseillai au propriétaire de nous confier l’animal en traitement , et de le laisser dans les écuries de l’École; an
lieu de se rendre à mon avis, il reconduisit chez lui le cheval, qu’il ramena avec infiniment de peine le 21. A cette époque, le malade ne pouvait presque plus se soutenir; les pieds, sur-tout ceux de devant, étaient extrêmement chauds; il se trouvait atteint d’une fièvre générale, tres-forte, refusait de manger, même de boire, et son état fort grave laissait peu d’espoir de guérison.
Dès le jour même de son admission aux hôpitaux, il fut déferré des quatre pieds, puis fortement frictionné aux genoux et aux jarrets avec l’huile essentielle de lavande. Le 22, renouvellement de frictions, cataplasmes astringens aux quatre pieds, lavemens nitrés, et un opiat composé de poudres de gentiane et de réglisse incorporées dans du miel. Ces divers moyens, continués jusqu’au 28, ne produisant pas de changemens bien marqués , je me décidai à changer le traitement. Les frictions d’essence de térébenthine furent substituées à celles de lavande; l’on cessa les cataplasmes, et les pieds malades furent plongés dans la terre glaise , détrempée avec du vinaigre et avec la dissolution de sulfate de fer; mais l’on persista dans 1 usage des lavemens et des boissons ni-
( aog )
très. Les frictions, renouvelées pendant trois jours consécutifs, déterminèrent des engorgemens considérables. Dès le i". avril, la chaleur des pieds parut moins forte et le cheval moins souffrant; ce mieux se soutint et alla en augmentant de jour en jour. Le 3 avril, il fut possible de faire sortir et promener un peu le malade sur un terrain doux; la boiterie diminua promptement, puisqu’elle n’ex’istait déjà * plus le 5 , et qu il fut possible de referrer le surlendemain l’animal , qui fut rendu au pro- * priétaire le 8 avril.
Les fourbures occasionées par le séjour à 1 écurie ou par l’usage de certains alimens doivent être combattues, non-seulement par la saiguée et par les topiques que nous venons de faire connaître, mais encore par l’administration, à l’intérieur, de substances capables d’exciter vivement le canal intestinal et de produire une dérivation favorable. Les lavemens et les purgatifs, combinés suivant la gravité de la maladie * et selon le tempérament du sujet , rempliront le plus souvent l’indication dont il s agit. L’eau froide, fortement salée, et donnée tant en lavement qu’en breuvage, amène parfois d’heureux résultats; elle doit même être • ; •
( aïo )
préférée aux purgatifs, toutes les fois que l’on .
aura à redouter l’action de ces derniers raédi-
camens sur la muqueuse intestinale.
Les anciennes fourbures sont toujours rebelles , souvent même incurables. On peut en tenter la guérison par des frictions résolutives et légèrement irritantes, au boulet, au paturon et à la couronne, par des cataplasmes émolliens et un peu résolutifs autour du pied ; .
par l’administration , à l’intérieur, de médita- . mens choisis, combinés et proportionnés à l’état de l’animal malade. S’il y a faiblesse, les amers et le quinquina peuvent être avantageux ; s’il existe de la fièvre et beaucoup de chaleur intérieure, l’on aura recours aux délayans et aux antiphlogistiques. Toutes les fois qu’une nouvelle substance, fibreuse ou couenneuse, s’est formée sous l’ongle, et qu’elle tend à soulever la corne et à dévier l’os phalangien , il devient urgent de débarrasser le pied de cette production accidentelle et de pratiquer, à cet effet, une opération chirurgicale. On diminue avec la râpe, avec la rénette oblique et autres instrumens , l’épaisseur de la muraille, que l’on . amincit jusqu’à ce qu’elle soit très-flexible et ne puisse plus faire qu'une faible résistance. En ayant bien soin d’entretenir la souplesse de la
( aI1 .)
paroi, l’on parvient à rétablir l’os du pied dans sa position naturelle ; une bonne reproduction de l’ongle se développe du côté du biseau, au fur et à mesure qu’elle descend; elle chasse et détruit la substance accidentelle , qui formait corps étranger. Si cette substance sous-ongulée était desséchée, ce que l’on distingue parle son creux que rend le sabot quand on le frappe avec nn brochoir, il faudrait couper ou râper toute l’épaisseur de la partie antérieure de la muraille., enlever ensuite avec précaution la partie desséchée jusqu’auprès du vif, qu’il importe de respecter et de ne pas découvrir. Ce .procédé opératoire est, à la vérité, plus long et plus diflicilé; mais il a le précieux avantage de hâter la guérison et d’en assurer le succès.
La fourbure ancienne qui a produit de grands désordres doit être classée au nombre des affections incurables ; elle peut bien ne pas être mortelle, mais elle rend le cheval incapable . un service quelconque ; elle détériore toujours de plus en plus le pied, fait naître ou la fourmilière, ou le croissant et divers autres accidens graves.
§ 4* La fourmilière ( i ) .
Elle s’annonce par une bosse , qui s’établit à l ! extréraité inférieure de la pince, prend insensiblement de l’accroissement et produit la déformation successive du sabot. Toujours dépen- ' dante d’une altération du tissu réticulaire sousjacent, elle est une suite ou de fourbure, ou • de la sole brûlée par le fer chaud, tenu trop long-temps appliqué sur le pied. Parvenue à un certain degré , la fourmilière se complique de cercles et d’autres altérations du sabot. Le pied, déprimé en quartiers, s’alonge ci) pince, dont le bout se relève, se contourne eu haut, tandis que, du côté du biseau, elle offre un enfoncement et semble commerefoulée en dedans.
La bosse de la fourmilière, plus ou moins grosse et étendue, est une sorte de nécrose;" elle provient du développement d’une substance cornée, qui se forme accidentellement sons l’ongle primitif, le soulève et le pousse en dehors , en même temps qu’elle dévie en arrière et
(l) L’altération dont il s’agît a été désignée par le terme de fourmilière , en raison des trous et cavités multipliés que présente la corne intérieure , et qui contiennent toujours un peu dé sang desséché. .. v .
en bas la pointe de l’os du pied. La protubérance dont il s agit suppose conséquemment deux sortes de corne superposées: l’une, ex- '
térieure , plus ou moins dessechée et très-compacte, fait partie intégrante du sabot; la seconde, qui est le produit delà fourbure, isole la première couche de 1 os du pied , et devient un véritable corps étranger qu’il importe de détruire d’une manière quelconque. La corne intérieure n a point d’organisation déterminée ; c est une matière dure, informe, pourvue de diverses cavités, qui la rendent comme spongieuse ou vacuolaire , et qui renferment une substance molle, parfois dessechee : dans ce dernier cas, le sabot, frappé avec, un brochoir, rend * •***■-'
• un son particulier. Cette production morbide, ' qui n’est dans le principe qu’un fluide exhalé dans les aréoles du tissu réticulaire, prend un certain accroissement et passe successivement de l’état mou à l’état corné. En chassant l’os du pied en bas et en arrière , elle détermine par- , fois la désunion en pince de la sole d’avec la *
muraille , et la maladie se complique du croissant. v - '
Les fourmilières légères et peu éteudues ’J»
guérissent d’elles-mêmes et se dissipent par avalure; il importé Cependant de favoriser leur
chute par des ferrures , renouvelées souvent et exécutées de manière à distribuer l’appui eu quartiers, ainsi que par l’application, autour du pied, de substances grasses susceptibles d’as- , souplir l’ongle et d’en activer la pousse.
La maladie, existant avec nécrose, requiert l’enlèvement de toutes les parties mortifiées, afin de favoriser la formation d’une bonne corne • et de donner à l’os du pied la facilité de reprendre sa position naturelle. Avant d’effectuer l’opération, l’on prépare un fer, échancré en pince {PL III ,Jig. 26), et dont l’entaille soit proportionnée à l’étendue de la portion de muraille que l’on se propose d’abattre. On procède à cette opération, comme il a été expliqué pour la fourbure ancienne, et l’on soigne les ’ pansemens de manière a pouvoir obtenir une guérison par première intention.
§ 3. Le croissant. .\ -
Le croissant se montre à la sole de pince, qui forme une exubérance, occasionée soit par • la fourmilière elle -même, soit par une production accidentelle/ développée enthe la sole de corne'et l’os du pied. Dans le premier cas , le plus ordinaire, l’altération est p/oduite et entretenue par le dernier phalangjen, dont l'a
pointe, poussée en bas et en arrière, presse la sole, la force à céder et la maintient soulevée. L’accident , porté à uu certain degré , gène prodigieusement la marche ; l’animal, ne pouvant s’appuyer que sur l’extrémité de l’os du pied, éprouve des douleurs excessives et ne peut faire aucun service. La seconde variété de croissant, due à une substance morbide formée sous la sole de pince, ne se rencontre que rarement : elle dévie l’os du pied dans un sens contraire à celui qui est déterminé par la fourmilière, le chasse en avant et en haut, le presse contre la pince de la muraille, qui résiste ou ne cède que très-peu.
■ Au fur et à mesure que le croissant fait des progrès , les autres altérations du pied s’aggravent dans les mêmes rapports : ainsi , la paroi se dessèche, devient de plus en plus déprimée, les cercles s’y multiplient et la rendent rugueuse; à Une certaine époque, les articulations phalangiennes se trouvent très-faussées , et l’animal est hors de tout service quelconque.
Le croissant, suite de fourmilière; disparaîtra dès que l’on parviendra à faire cesser la cause occasionelle ; tous les soins doivent donc se porter à traiter et à guérir la maladie primitive, qui a fait le sujet dç l’article précédent.
La seconde espèce de croissant requiert une operation chirurgicale , qui consiste à retrancher toute la corne exubérante, même une partie de la pince, si le cas l’exige, et l’on coupe ensuite toute la production accidentelle sous-ongulée. Avant de pratiquer cette opération, l’on aura la précaution de confectionner un fer propre à faciliter les pansemens et à maintenir l’appareil; ce fer devra avoir peu d’ajusture, un certain degré de couverture, les branches minces, droites, même un peu relevées, et il portera, en dedans de la pince, une entaille proportionnée à l’étendue de la portion de corne qui doit être enlevée. Avant d’abattre le cheval, l’on parera à fond le pied malade, dont la corne aura été préalablement assouplie; l’on pourra même faire toutes les rénettures nécessaires , que l’on ne complétera cependant qu’après que l’animal sera entravé et convenablement fixé. La corne, étant enlevée par les procédés ordinaires, laisse à découvert la substance morbide , que l’on coupe avec la feuille de sauge , en ayant soin de rendre la plaie aussi unie que possible. Comme l’application de l’appareil doit toujours être précédée de celle du fer, l’on couvre d’abord les parties vives ayec îles éloupcs, l’on attache
le fer à six clous, trois à chaque branche, et le pansement a lieu immédiatement. L’étoupade, maintenue en place au moyen de trois éclisses et d’une traverse, ne sera levée que lorsque la sécrétion du pus sera bien établie, et les pansemens ultérieurs auront lieu d’après les règles prescrites pour les autres plaies du pied.
§ 6. Les seimes.
L’expression de seime est employée pour désigner les fissures pu solutions de continuité très-éti'oites qui s’établissent sur la paroi, suivent la direction de ses fibres, et se distinguent, d’après leur position, en soies ou seimes en pied de bœuf, et en seimes quartes ou en quartiers. lia première variété se fait remarquer le plus souvent aux pieds postérieurs, et elle devient très-fréquente dans les chevaux rampins. Les seimes quartes attaquent plus particulièrement le quartier iuterne des pieds de devant, parce qu’il est le plus faible et conséquemment le plus exposé à ces sortes d’accidens. En général, lés sabots aridès, secs et Cassans sont très-sujets aux fissures de la muraille, qui se fendille continuellement. A peine a-t-on fait disparailre'jnne division, qu’il s'en
déclare de nouvelles; et ce renouvellement a lieu principalement dans les chevaux qui ont le pied gras ou peu consistant, et que l’on con- . duit dans des contrées dont la température atmosphérique, étant beaucoup plus élevée, produit le dessèchement, le retrait du tissu ongulé, et dispose ainsi le sabot aux fissures (i). Cette » dernière circonstance, confirmée par l’expérience, explique pourquoi les seimes se manifestent en grand nombre dans les chevaux de cavalerie qui font campagne ou de longues routes pendant les fortes chaleurs de l’été, et dans des coutrées très-exposées aux ardeurs du ♦ soleil. -* ••...••
Les altérations dont il est question ne reconnaissent pas toujours pour cause primitive la mauvaise nature de l’ongle ou la conformation vicieuse du pied; elles peuvent encore être déterminées par des plaies à la couronne , ou . par des javarts mal guéris. La mauvaise habi- ■ tude de certains ouvriers maréchaux de râper
(l) Plusieurs des vétérinaires qui suivirent, en 179®’ f’ ar " niée française en Égypte m’assurèrent, a leur retour en France, que les pieds des chevaux amenés d’Europe étaient presque tous affectés de fissures,' auxquelles on ne portait remède que lorsque ces divisions étaient parvenues au vif.
la paroi dispose aussi le pied aux fissures. Certaines seimes incomplètes et, pour ainsi dire, superficielles ne produisent nulle douleur, nul dérangement notable ; d’autres , profondes , parviennent jusqu’au vif, attaquent parfois l’os du pied, y impriment leurs traces et occasionent des claudications plus ou moins fortes.
Pour parvenir à faire disparaître ces divisions accidentelles et rétablir l’intégrité de la muraille, l’on est toujours obligé d’en venir à une opération chirurgicale, que l’on désigne sous le nom d 'opération de la seirne, et qui se pratique de deux manières : ou en faisant une simple brèche vers le biseau , ou bien en retranchant les deux bords de la fissure, depuis le haut jusqu’en bas. Le premier procédé, le plus simple, et que l’on désigne par le terme vulgaire d 'opération en sifflet, consiste à faire une entaille en forme de V, dont la pointe inférieure est aiguë ou arrondie et répond à la fissure restante. On se sert à cet effet de rénettes droites et obliques, et l’on pousse la coupe plus ou moins avant , suivant la profondeur de la solution de continuité, qu’il s’agit de détruire par le moyen d’une régénération uniforme de corne. Pour obtenir cette régénération, il est essentiel do rénetfer jusqu’à la disparition coin-
^ "(■ 220 ) plcte de la fissure, sur-tout vers le biseau, d’où doit procéder l’espèce d’avalure propre à consolider le sabot. En opérant de cette manière pour guérir la seime, l’on peut amincir la * corne jusque tout près du vif; mais il importe de ne pas aller au-delà : autrement, l’on pro- • duit une plaie susceptible de compressions, • de cerises et autres accidens fâcheux. Ce mode opératoire 11e peut conséquemment convenir que pour les fissures incomplètes et qui n’ont qu’une certaine profondeur. Lorsque la portion du sabot amincie conserve beaucoup de cousis- • tauce, tout le pansement se borne à l’emploi d’un corps gras sur la partie et autour de la couronne: ces onctions, susceptibles d’empêcher la secheresse de l’ongle et de favoriser 1 accroissement de la nouvelle corne, doivent être continuées tous les jours, jusqu’à ce que le pied soit très-solide et presque rétabli dans son état naturel. Si l’on a poussé la brèche jusqu’auprès du vif, et que la couche de corne soit très-flexible , il faut ménager le pied et employer un petit appareil pour mettre la partie à l’abri du contact des corps extérieurs : l’on remplit la cavité avec des étoupes, dont les premières sont chargées d’axonge ou de toute autre substance graisseuse, et l’on maintient ces
éloupes en place avec quelques' tours de ligature passée sous les éponges du fer.
Quelques vétérinaires ne continuent pas l’entaille jusqu’au fond de la fissure : après avoir rénetté à une certaine profondeur, ils appliquent une pointe de feu sur le biseau, détruisent ainsi toute la solution de continuité, et excitent en même temps une bonne reproduction de corne. Dans ce cas, le sabot conserve toute sa solidité, et l’on * 1 n’a besoin d’aucun pansement} l’on se borne à faire quelques onctions, pour hâter, comme il a été dit, l’accroissement du nouvel ongle (i), et l’on peut faire travailler le cheval immédiatement, sans crainte d’accidens ultérieurs.
Ainsi que nous 1 avons déjà lait remarquer,
l’opération en sifflet n’est avantageuse pour les
(i) Les anciens hippiatres cautérisaient, ou plutôt, scion leur propre expression , barraient la seime par l’application de deux à trois S de feu, mis en travers et à un pouce environ de distance les uns des autres. Ce mode opératoire , si susceptible de produire l’inflammation du tissu réticulaire, ainsique la détérioration du sabot, ne pouvait avoir d’efficacité qu’autant que la cautérisation supérieure se trouvait près du bourrelet et qu’elle détruisait la fissuré à sa naissance. Depuis Lafosse , l’on a renoncé à, cette pratique dangereuse, et qui n ! eSt plus employée aujourd’hui que par quelques maréchaux ignorans.
seimcs en pince qu'autant que ces fissures sont incomplètes et presque superficielles; mais elle convient parfaitement pour les seimes en quartier, lors même qu elles son t profondes et qu’elles vont jusqu’au tissu réticulaire. Dans cette dernière circonstance, il importe d’appliquer une pointe de feu sur le biseau, afin de détruire l’empreinte de la division qui pourrait exister au bourrelet.
L’opération de la séime par retranchement des deux bords de la division devient, dans tous les cas, un moyen sûr de guérison, a moins que le traitement de la maladie ne soit commis eh des mains tout-à-fait inhabiles. Ce procédé opératoire, plus compliqué que le premier, s’exécute de la même manière que celui qui a été prescrit pour l’ablation du quartier dans le cas de javart encorné. On commence par faire les rénettures nécessaires, après quoi ou effectue l’enlèvement des deux portions de corne 'désunies* et que Po’n arrache en même temps. Cette portion du sabot, étant détachée, laisse à détoùvert une plaie, que l’on débarrasse des fragmens de corne susceptibles de produire des compressions , et L’on procède immédiatement, à l’application du premier appareil. • ; * . V ’ ‘ V
Avaut d’entreprendre l’operatron de Ja seimc, d est essentiel de ferrer le pied, dans Je but •’ <" non-seulement d’assurer l’appareil, mais eu*
* core f our m eMre le cheval en état de marcher et même de continuer son service après qu’il
. a été opéré. Le premier procédé opératoire n’exige qu’une ferrure ordinaire; l’on aurâ seulement l’attention de faire garnir le fer dans les points correspondans à la division, V •
comme aussi de tenir les branches minces et ’ ^ i ' |
droites pour le passage de la ligature , s’il est -• . * ^ *
nécessaire d’en employer. La seime existe-t-elle -
en pince, l’on abattra les- talons, afin de repor- . ter l’appui en arrière et de soulager la pince.
Lorsque l’on est dans l’intention de faire l’ablation des deux bords de la fissure, il faut préparer et ajuster un fer sans crampons, et échaucré sur le bord externe , à l’endroit v correspondant au retranchement de l’ongle
(PI. III, fig. a6) ; sur chaque côté de l’entaille, i ’ * • 3
on lève un pinçon , utile pour soutenir la partie • 1
• de-la muraille qui reste fixée au pied. Au lieu de fer échancré, l’on peut employer un fer mince et prolongé en pince, qui sera plus facile a exécuter et deviendra même plus avantageux.
L opération en sifflet s’exécute sans qu’il
zadt
* (as-
soit nécessaire de déferrer le pied; tandis que celle par retranchement des bords de la division requiert d’abord l’enlèvement du fer, que . l’on rattache après l’extraction de la portion ongulée. Le fer étant replacé et fixé, comme il convient, l’on effectue le pansement avec des • ctoupes disposées d’avance, et dont les premières sont imbibées de vin tiède ou d’eaude - vie étendue dans de l’eau. On place d’abord des tentes contre les bords de corne, et on les arrange de manière à ce qu’elles produisent une pression forte et parlâitement égale; on continue le pansement avec des bourdonnets et des plumasseaux, et l’on termine par l’application de la ligature, en croisant chaque tour, pour que l’appareil soit plus solidement fixé. Si le cheval opéré doit travailler, l’on consolidera les tours de bande avec un ou deux crochets postiches, qui auront été préparés d’avance pour cet usage. Ce premier appareil, étant disposé bien méthodiquement , peut demeurer en place jusqu’à ce que la plaie soit couverte d’une couche de corne. La formation de cette couche si avantageuse constitue une cicatrisation par première intention ; elle s’annonce par la diminution de la douleur et de la chaleur qui existaient auparavant dans la partie
malade; par l’appui, qui devient peu à peu plus franc, plus assuré; enfin, par l’état de 1 appareil, qui demeure collé sur la plaie.
Les fissures occasionées et entretenues par des ulcères à la couronne se reproduisent presque toujours après qu’elles ont été opérées; leur guérison ne devient radicale qu’autant qu’on fait cesser la maladie essentielle, à laquelle il faut d’abord s’attacher.
§ 7. Les excroissances cornées en dedans du sabot.
Ces productions n ont été observées jusqu’à présent qu a la face interne de la muraille, où elles forment des protubérances inégales’ plus ou moins grosses et prolongées, dont les unes sont irrégulièrement arrondies, tandis que d’autres s’alongent en colonne ; celles-ci occupent parfois toute la hauteur de la muraille et s’étendent du biseau au bord plantaire. Ces sortes de tumeurs, généralement plus fréquentes dans les pieds antérieurs que dans les postérieurs, se manifestent en pince aussi bien qu en quartiers, mais plus souvent au quartier interne; elles sont rares en mamelles et n’ont pas encore été remarquées en talons; elles peuvent exister avec ou sans altération extérieure.
être simples ou compliquées do fissures, de carie de l’os du pied, etc. , porter des cavités intérieures et être fistuleuses.
M. Vatel , professeur à l’École royale vétérinaire d’Alfort, a le mérite d’avoir, le premier, appelé l’attention sur ces hypertrophies, qu’il désigne sous le nom de kéraphjllocèles , et sur lesquelles il annonça, en 1825, une série d’observations pratiques (1). Dix de ces observations, publiées dans le Recueil de médecine vétérinaire (2), nous ont fourni les principaux matériaux d’après lesquels nous avons rédigé cet article. Les excroissances cornées , suites de seimes profondes ou de pressions exercées par des pinçons trop forts et trop serrés, étaient connues depuis long-temps , et l’on savait que . le moyen curatif consistait uniquement dans l’enlèvement de la portion de muraille qui portait ces tumeurs; mais nous n’avions pas de notions particulières sur ces pousses en quartiers et en mamelles. En faisant connaître, d’après des faits exacts, ces productions morbides , en indiquant sur-tout les procédés à suivre pour
(l) Rapport des travaux scientifiques de l’Kcole royale vétérinaire d’Alfort, 1825.
(a) N°». de janvier et de février 1828.
parvenir à la découverte de celles qui sont latentes et ne s’annoncent par aucune lésion extérieure, M. Vatel a rendu un véritable service à la médecine vétérinaire.
Le développement des pousses dont il s’agit provient incontestablement d’une irritation spéciale du tissu réticulaire, foyer central de vitalité et de nutrition de la corne: mais la cause de cette irritation , d ou résultent un changement d’action de la partie offensée, et, par suite, les divers phénomènes maladifs , n’est pas toujours appréciable. Si les seimes profondes, les forts pinçons, même les mauvaises ferrures, sont regardés comme susceptibles de produire de tels changemens, plusieurs excroissances cornees tiennent a des circonstances absolument inconnues. En prenant de l’accroissement , les tumeurs dépriment la chair cannelée, l’altèrent insensiblement; elles s’enfoncent dans la substance même de l’os, et s’y forment des loges pai ticulieres ; elles occasionent des boiteries plus ou moins fortes , qui diminuent ou se dissipent momentanément par l’effet de l’assouplissemgnt de l’ongle. La région où elles ont leur siège est toujours plus chaude , plus douloureuse que le restant du sabot. Souvent il y a gonflement à la couronne et parfois renverse- . ... V ’ v |5.
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ment en dedans de la partie du biseau qui correspond au mal. Dans quelques cas, le quartier affecté se déprime , tandis que la pince semble s’alonger. La plupart des excroissances sont accompagnées de fissures internes, qui s’avancent plus ou moins dans l’épaisseur de la muraille et s’étendent suivant sa longueur.
Il est quelquefois très-difficile, même impossible, de s’assurer de l’existence des hypertrophies, qui ne se montrent, à l’extérieur, par aucun signe propre à les faire distinguer. Le plus souvent, la douleur et la chaleur du sabot, même la tuméfaction de la couronne , ne sont ni assez prononcées, ni assez bornées pour qu’il soit possible d’en tirer une induction sûre; elles peuvent d’ailleurs annoncer une toute autre lésion que celle d’une tumeur cornée. Il faut avoir recours au boutoir, parer le pied à fond et y procéder avec la plus scrupuleuse attention. Toutes les fois que la tumeur se prolonge au bord inférieur de la muraille , on la rencontre à une certaine profondeur; assez souvent elle se fait sentir par une résistance qu’elle présente au boutoir, et contre Jaquelle l’opérateur est obligé d’employer plus de force. Étant coupée au niveau des autres parties, cette colonne cornée forme une petite surface
circonscrite, rayonnée et prolongée de la paroi dans la sole; d’autres fois, les premières apparences sont de petites fissures, qui laissent suinter une humeur noire ou sont desséchées : ces premiers indices de la maladie doivent déterminer à fouiller plus avant, et à faire les brèches nécessaires pour suivre la trace de l’excroissante, et en reconnaître la gravité. Si l’écoulement de l’humeur noire fournie par les premières fissures découvertes augmente à mesure que l’ou abattra du pied , il y a certitude de kéraphyllocèle fistuleux, et l’on ue tarde pas à faire pénétrer la sonde dans sa cavité, qui renferme toujours une humeur noire très-fétide. La colonne qui ne porte pas de cavité intérieure offre un tissu serré, trèscompacte, et se fait distinguer par une dureté . particulière. Quant aux kéraphyllocèles incomplets et plus ou moins éloignés du bord plantaire de la paroi, nous 11e connaissons encore aucun moyen de constater leur existence, à moins qu’ils 11e finissent par produire des altérations extérieures, capables de les déceler.
Le traitement de la maladie dout il est question consiste uniquement dans le retraucheuieut ou l’enlèvement de, k portion du sabot à laquelle tient la' bos^ qn™dl corps étranger.