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L’opération dont il 9’agit est absolument la même que pour la seime ; elle requiert l’ablation des deux côtés de la division, et les pansemens doivent avoir lieu suivant les mêmes principes. Après l’extirpation de la corne, et avant de procéder à l’application de l’appareil , l’on doit avoir la précaution de couper toutes les parties de chair noires et désorganisées , comme aussi de ruginer les caries osseuses.
Toutes les fois que la plaie devient blafarde , bourgeonnée, et que les douleurs sont trèsfortes, l’on doit présumer le développement d’une exfoliation de l’os ou quelques compressions partielles. On favorisera le travail de l’exfoliation par l’emploi de la teinture d’aloès ou d’autres substances plus actives. Si l’on veut hâter la chute de cette exfoliation, l’on pourra tenter d’ébranler, avec des pinces ou avec un autre instrument, la partie osseuse mortifiée; mais cette manœuvre doit se faire avec une extrême délicatesse, parce qu’il est toujours trèsdangereux d’irriter la partie. On fera cesser les compressions partielles par les moyens usités en pareils cas, et que nous avons indiqués dans plusieurs des articles précédens.
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§ 8. Le faux quartier .
Ce litre s’applique à tout quartier du sabot r altéré soit par des fissures plus ou moins profondes, soit par des aspérités qui présentent une certaine gravité; d’autres fois, par le défaut d’épaisseur ou de sécheresse de l’ongle, qui • peut être cassant et comprimer le vif. Les diverses productions de corne qui se détachent et forment des avances irrégulières constituent également le faux quartier. Ce genre d’altération est naturel ou accidentel ; dans le premier cas, il dépend de la mauvaise qualité de la corne du sabot et eu est une suite inévitable et incurable. Le faux quartier est dit accidentel toutes les fois qu’il provient d’une cause indépendante de la nature de l’ongle :
ainsi la fourbure, les javarts encornés, les fistules ou ulcères à la couronne et les mauvaises ferrures, peuvent occasioner l’accident et le rendre plus ou moins grave.
Le traitement du faux quartier varie suivant le degré où la détérioration se trouve portée ; il consiste principalement dans l’usage bien •
raisonné de la ferrure, qui, étant mal combinée et mal pratiquée, aurait les résultats les s plus fâcheux et aggraverait l’altération. Toute*
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les fois qu’il y a possibilité d’établir uii point d’appui sur la fourchette, le faux quartier requiert un fer à planche, qui doit, suivant les cas, ou être raccourci de la branche du côté du mal , ou rester entier des deux branches; l’ajusture consistera toujours à faire porter la planche sur la fourchette et à soulager le quartier altéré, afin de lui laisser la liberté de se raffermir ( PL 111, Jig. 20 et 22 ). Le faux quartier, qui est chassé par uneavalure louable développée au biseau, nécessite de fréquentes ferrures, ainsi que l’application des corps gras ou autres substances capables d’entretenir la souplesse de l’ongle et d’en favoriser l’accroissement. 11 importe aussi de tenir la corne amincie, afin d’empêcher les compressions, qui pourraient retarder ou contrarier la formation du nouveau quartier. Toutes les fois que, nonobstant les bonnes ferrures, le faux quartier continue à être douloureux et à faire boiter le cheval, il faut solliciter la régénération d’une bonne corne par tous les moyens possibles. Pour atteindre ce but, l’on commence par enlever toute la corne altérée et l’on amincit également tout le quartier; on pratique ensuite vers le biseau une entaille transversale de la longueur de ravalurequel’on désire obtenir, on pousse la rénetture jusqu’auprès
du vif sans cependant le découvrir (i), et l’on tient toute la partie opérée toujours enduite de corps gras ou enveloppée de substances de même nature. La x’eproduction de la nouvelle corne se montre-t-elle de bonne nature , il suffira de la favoriser, et le pied reprendra insensiblement son intégrité première. Parfois la maladie est portée à uu tel degré, que les parties sous-jacentes se trouvent elles-mêmes altérées : il faut alors procéder à l’enlèvement de tout le quartier, opération qui s’exécute comme dans le cas de javart encorné et requiert les mêmes précautions et les mêmes soins. Comme nous 1 avous dit précédemment, tout faiix quartier - dépendant de la mauvaise nature de l'ongle n est pas susceptible de devenir bon.; quels quesoient les moyens employés , il ne peut acquérir les qualités qui lui manquent.
§ g. L’avalure ( 2 ).
Lavalure est la régénération apparente et
(1) Toutes les fois qùe le vif est à découvfcrt, il survient «les cerises ; les chairs se boursouflent , détachent la corne et donnent lieu à différons décidons graves, tels quede javart cartilagineux.
(*) ExpVession dérivée d'avaler , terme de marine qui- si-
accidentelle d’uue nouvelle corne dans une partie seulement ou dans toute l’étendue de la muraille ; régénération qui prend le plus ordinairement naissance au biseau, pousse, chasse l’ancienne corne et s’avale en descendant vers le bord inférieur de la paroi. Ce renouvellement corné se fait toujours remarquer par une bosse circulaire, et souvent par une dépression qui existe avec ou sans désunion. Lorsque l’avalure est générale et qu’elle embrasse toute la muraille, on dit que le cheval fait pied neuf, et il fait quartier neuf quand la descente ne se re- marque qu’en quartier. Toutes les fois que l’avalure a lieu d’une manière régulière et. qu’elle s’annonce avec des apparences favorables, ou doit l’aider et en hâter la marche parles ferrures appropriées et souvent renouvelées, ainsi que par l’usage des corps gras.
§ io. La foulure des talons.
Ce genre de lésion reconnaît pour causes les foulées répétées et trop long - temps continuées sur des terrains durs , raboteux , pierreux, et il se fait remarquer principalemenL
gnifie aller en descendant : ainsi l’on dit l'aval d’un bateau qui descend et suiflc-cours de la rivière. •" ■ k
dans les chevaux qui marchent sur les talons. Les branches du fer trop fortes , trop longues et mal ajustées, peuvent également produire la foulure des talons.
Les contusions ou meurtrissures dont il s’agit sont susceptibles , comme l’atteinte sourde , d’occasioner de la douleur, de faire feindre ou boiter l’animal, enfin de donner lieu à des altérations graves, telles que des javarts encornés. Comme les talons exposés à être foulés sont toujours bas et ordinairement accompagnés d’une grosse fourchette , le fer à planche sera le moyen thérapeutique le plus efficace pour guérir et prévenir ces sortes de lésions. L’accident provient-il de la mauvaise ferrure , l’indication est de faire cesser la cause. Pour apaiser la douleur et déterminer la guérison de la meurtrissure, l’on aura recours aux émolliens, aux corps gras ou à tous autres moyens sim- • pies. - • '• •
§ ir, La foutchette échauffée.
• Altération légère, qui n’èst dangereuse qu’au- , tant que l’on n’y porte nulle attention et qu’on laisse subsister la cause occasionelle. Ce genre de lésion consiste dans le suintement d’une humeur puriforme, noirâtre, qui s’accumule,
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séjourne dans le vide de la fourchette et peut produire différons ravages.
La fourchette devient échauffée lorsqu’en « parant le pied on n’a pas soin de la débarras- < ser des productions surabondantes de corne, qui retiennent les matières irritantes dans le fond de sa cavité triangulaire ; elle le devient particulièrement par le séjour des pieds dans des lieux humides et malpropres, sur-tout dans l’urine et dans le fumier.
La première précaution à prendre dans le cas de fourchette échauffée, c’est desoustrairele pied à tout ce qui peut entretenir ou aggraver l’altération. On placera conséquemment le cheval • dans un lieu sec , et l’on aura l’attention de ne . pas laisser séjourner les pieds dans le crottin ou sur la litière chargée d’urine. Si l’altération .. est légère ou qu’elle ne fasse que commencer , . il suffira de dégager du trop de corne le vide de la fourchette et de tenir la partie propre. Lorsqu’il y a nécessité d’arrêter les ravages déjà ■ avancés , il faut commencer par déferrer le cheval ; l’on pare ensuite le pied et l’on abat assez de corne pour mettre bien à découvert les sinus où séjourne la matière, ainsi que les petites cavités d’où elle suinte; l’on peut, après cela , bassiner la partie avec do l'eau fortement vinaigrée ou s
chargée d’acétalc de plomb liquide, et l’on réitère ces lotions une ou deux fois par jour , jusqu’à ce que le suintement soit complètement supprimé. Ce simple traitement suffit ordinairement et produit une prompte guérison. Si le mal a fait certains progrès et que l’on ait à craindre la dégénérescence en fourchette pourrie, il importe de redoubler de soins et de favoriser l’efficacité des moyens indiqués ci-dessus par une ferrure bien appropriée. On fera usage d’un fer à lunette (P/. III , fig. 40), ou simplement à branches raccourcies, et l’on abattra un peu les talons, afin qu’ils 11e participent que légèrement à l’appui.
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« ! •• § 12. La fourchette pourrie.
La fourchette pourrie est une suite de la fourchette échauffée, dont elle ne diffère qu’en ce que l’altération est portée à un degré bien plus élevé. Ainsi que l’indique le titre même , la maladie est caractérisée par une sorte de pourriture qui s’établit à la fourchette; la corne de celle-ci devient molle, filandreuse, peu cohérente, sedétruit insensiblement jusqu’au vif, laisse échapper une humeur noire, puriforme, très-fétide, et dont l’odeur approche de celle du
fromage pourri. A une certaine époque, il s eta- > <t dans Ja partie nia l ade Un prurft corisJd(?
rame, qu, détermine le cheval à battre, à frapper fréquemment du pied contre terre.
La fourchette pourrie, n’étant qu’une dégénérescence de la fourchette échauffée, reconnaît absolument les mêmes causes, se traite de la meme manière et avec les mêmes moyens.
Elle exige seulement des soins plus longs, plus suivis etl usage indispensable d’un fer à lunette ou a branches raccourcies ; on peut aussi employer tres-utilement des poudres dessiccatives . propres a tarir l’écoulement de l’humeur; quelquefois il convient d’avoir recours à l’applica "°" d'un petit appareil qui Mt à p<)u ^ |e nieme que pour la dessolure, et qui consiste dans 1 eYnploi d’étoupes et d’éclisses.
Cet appareil a l’avantage de mettre la fourchette a J abri de l’abord des substances irriantes, et de maintenir en contact les poudres ou autres substances mises en usage. Lorsque les soins et les moyens ci-dessus indiqués deviennent mutiles et que la maladie continue à aire des progrès, l’on doit s’attendre à voir paraître le crapaud, affection que nous allons décrire.
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S i3. Le crapaud et fie par des hippiatres .
Cette affection se manifeste dans les lacunes de la fourchette, qui commence par être échauffée, devient ensuite pourrie, et prend enfin l’état d’un ulcère fétide, auquel on a donné le nom vulgaire de crapaud. Une fois établie, elle change, dénature le tissu des parties, fait des progrès lents, mais toujours croissans, à moins que l’on ne parvienne à l’arrêter dans sa marche et à en obtenir la disparition ; elle détermine la tuméfaction de la fourchette, dont la ' corne , d’abord molle et filandreuse , se charge peu à peu de végétations irrégulières, du fond desquelles suinte une humeur ichoreuse , noire et fétide. Le crapaud offre , en général , des caractères particuliers, qu’il serait difficile de bien définir; il établit, entretient un travail spécial , transforme la corne du dessous du pied et les tissus sous-jacens en une substance spongieuse , comme inorganique , qui produit des racines intérieures , tandis qu’à l’extérieur elle donne lieu à diverses pousses fibreuses. Cette production morbide prend insensiblement de l’étendue, se propage de tous côtés, s’enfonce souvent, à travers les tendons fléchis-
seurs, jusqu’à 1 os du pied, qu’elle altère plus ou moins profondément.
Les premiers symptômes de la maladie sont les mêmes que ceux de la fourchette pourrie, que l’on doit considérer comme étant passée à l’état de crapaud lorsque la fourchette se trouve tuméfiée ou prodigieusement déprimée; que sa corne, devenue molle et filandreuse, fournit des paquets fibreux et noirs; qu’enfin l’humeur excrétée offre une teinte noirâtre et une odeur fétide, qui n’est plus celle du fromage pourri. Parvenue à un certain degré, cette affection occasione la boiterie , qui augmente en raison des désordres, et elle contraint le cheval, lorsqu’il marche, à prendre son appui sur la pince. Au fur et à mesure qu’elle fait des progrès, elle détériore le pied et lui imprime toujours plus de volume. Ainsi les talons s’écartent et se dévient ; la muraille se dilate, se renverse en dehors et se désunit ., ‘ «•' en plusieurs endroits d’avec la sole; en même temps la corne de ces parties se dessèche, se fendille et s’altère de différentes manières. L’excrétion de l’humeur du crapaud augmente en proportion de ces changemens morbides, et il arrive une époque où le dessous du pied présente un aspect hideux et exhale une vapeur ,
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infecte. Le son sourd que rend le sabot quand il est frappé dénote le dessèchement de la paroi et sa désunion d’avec le tissu réticulaire. Lorsque la sole et la fourchette semblent confondues et ne forment plus qu’une seule et même production baveuse, que la peau du paturon offre des ulcérations , et que la claudication est extrême, l’on peut en inférer que le crapaud a poussé de profondes racines, et qu’il attaque ou les cartilages latéraux, ou le tendon perforant, ou 1 os du pied, ou toutes les parties en même temps.
Par suite de ses progrès, la maladie peut se compliquer de poireaux, d’eaux aux jambes, de javarts , donner lieu à des engorgemens considérables , et entraîner la perte de l’animal. Dans quelques circonstances, l’affection est consécutive aux eaux aux jambes , aux javarts tendineux , et à différens écoulement habituels (i).
Le développement du crapaud est toujoursl’ef-
fet ou le résultat d une irritation spéciale, que 1 on attribue le plus communément au séjour
(i) Chabert assurait que le crapaud pouvait être une suite ou dégénérescence de la morve , ainsi que du farcin . Novis, n avons jamais eu occasion de faire ces remarques.
des pieds dans l’urine, dans le fumier, dans les houes âcres. La matière purulente qu’on laisse accumuler dans le vide de la fourchette peut aussi donner lieu à l’ulcère dont il s’agit. Parfois l’affection s’établit sans causes bien connues, que l’on ne peut rapporter qu’à un vice intérieur, qu’à une disposition des parties à contracter ce genre d’altération. Cette dernière remai’que, fortifiée par l’expérience, nous a toujours porté à reconnaître deux variétés de crapaud, l’une accidentelle et l’autre constitutionnelle; et cette distinction nous semble d’autant mieux fondée, que la maladie est toujours rebelle, souvent même incurable, dans les chevaux chez lesquels il existe une idiosyncrasie, soit innée, soit acquise.
En général , les sujets élevés dans des pâturages bas et aquatiques , ou qui habitent des écuries humides , dont le sol est continuellement mouillé et empreint d’urine, sont trèsexposés à contracter le crapaud. Ces circonstances peuvent même faire naître en eux la disposition cancéreuse et imprimer à la maladie tous les caractères de malignité dont il a été question.
Le crapaud peut n’attaquer qu’un seul pied , se montrer dans plusieurs ou à tous les quatre
en même temps , comme aussi ne les affecter que successivement l’un après l’autre; mais c’est toujours aux membres postérieurs qu’il se manifeste en premier lieu, et il n’existe jamais au même degré dans fous les membres : il y en a toujours un plus gravement affecté que les autres. '
La maladie dont il s’agit est l’une des plus opiniâtres et des plus désagréables; Chabert, dans ses leçons, la considérait comme une sorte d’opprobre pour l’exercice de la chirurgie vétérinaire; c’était, selon lui, un écueil contre lequel échouaient tous les efforts de l’art. Différens essais^ suivis avec soin, prouvent cependant que le crapaud non invétéré, ou entretenu par une disposition quelconque, se guérit radicalement et sans récidive. Il n’en est pas de meme lorsque 1 affection est ancienne, compliquée d’eaux aux jambes, dejavarts; quelle est devenue une sorte d’émonctoire naturel, et qu’elle a produit des désordres considérables : dans tous ces cas, la cure est incertaine et trèsrarement ou presque jamais radicale. Si l’on parvient à faire disparaître quelques-unsde ces crapauds, on ne les guérit qu’en apparenc^ ils se mqntrent de nouveau au bout d’un certain temps, sç rétablissent avec plus d’intensité, ou
bien ils font naître des maladies plus fâcheuses, comme la morve, le farcin, etc. ■ '
Avant d’entreprendre le traitement d’un crapaud, et de faire subir au cheval une opération inévitable, il est prudent de prendre en considération toutes les circonstances susceptibles de compliquer la maladie et d’en empêcher la guérison ; il importe sur-tout de bien distinguer la nature de l’ affection , de s’assurer si elle est curable , ou si elle esit dans le cas de résister et de se rétablir. Le vétérinaire ne doit pas perdre de vue què, dans cette occasion comme dans bien d’autres semblables , toute entreprise inconsidérée de sa part^tourne au détriment de sa réputation et lui tait souvent beaucoup de tort.
Lorsque l’état de l’ulcère laisse quelque espoir de guérison radicale, et que l’on est bien décidé à faire des tentatives pour parvenir à ce but, l’on doit commencer par disposer le cheval à subir l’opération dite du crapaud , et qui peut se pratiquer de plusieurs manières. Le procédé ancien , enseigné par Chabert, consiste à enlever tonte la substance végétative , à exécut# successivement la dessolure, l’extirpation du coussinet plantaire, et à pousser le délabrement jusqu’aux extrémités de la substance vé~
gétalive. L'expérience a prouvé que ce mode opératoire produit très-rarement des résultats avantageux; la plaie à laquelle il donne lieu se guérit d’autant plus difficilement qu’elle a plus * • d’étendue; assez souvent elle passe à l’état d’ulcère rebelle, dont on ne peut obtenir la cicatrisation ; et lorsque la cure a lieu , elle n’fest presque jamais radicale: la maladie se rétablit au bout d’un certain temps. L’opération du crapaud doit être simple, se borner à la section de la sole de corne détachée, et ensuite à l’amputation des parties fdandreuses, fongueuses et . sans vie.
Avant d’exécuter cette opération, qui peut se faire, l’animal restant debout, il est nécessaire de parer le pied bien à plat et même jusqu’à la rpsée, de lui ajuster un fer à dessolure et de disposer des éclisses avec une traverse propre à maintenir l’étoupadcr Ce fer, dont le modèle est représenté dans la PL III, Jig. ai, doit être ' très-léger, très-dégagé, et porter quatre à cinq x étampures ; il faut aussi qu’il ait peu d’ajusture et de longues branches propres à faciliter le pansement. Dès qu’il .est préparé, on l’attache au pied avec des clous à lame délicate , et on le'laisse à demeure jusqu’au moment d’opérer l’animal. Quant aux éclisses, elles doivent
être flexibles, au nombre de deux ou de trois, confectionnées de manière à former une plaque, qui s’engage sur le bord interne du fer, dérobe la sole ainsi que la fourchette, et fixe les étoupes. Pour compléter l’appareil, il faut encore disposer des étoupes en plumasseaux et eu bourdonnets, se procurer, dans un vase, un peu d’eau-de-vie étendue dans de l’eau, et confier à un aide les instrumens nécessaires.
Tous les objets ci-dessus étant arranges comme il vient d’ètredit, le cheval étant abattu, ou bien, s’il n’est pas très-irritable, seulement fixé au mur, l’on détache le fer, l’on place une ligature dans le paturon, et l’on procède à l’opération de la manière que nous avons déjà indiquée. Il faut enlever en premier lieu la portion de la sole de corne déjà décollée, et la cou- . per même un peu au-delà de sa désunion. Cette première manœuvre met à découvert toutes les parties fongueuses et filandreuses, que l’on ampute successivement avec une feuille de sauge bien tranchante ; après quoi , l’on procède au pansement.
Dans l'application de l’appareil, il faut constamment commencer par rattacher le fer; après quoi, on couvre toute la surface de la plaie de plumasseaux imbibés d’eau-de-vie ou de
toute autre liqueur spiritueuse. On place d’abord deux longs plumasseaux sur les côte's de la fourchette, puis des petits sur les parties vives» et l’on remplit tous les vides du pied avec d’autres plumasseaux secs, minces, doux , parfaitement unis , bien gradués et rangés de manière à établir la pression la plus uniforme possible. On fixe l’étoupade par le moyen des éclisses et de la traverse, et l’on termine ainsi ce premier pansement, qui ne doit être suivi d’un second qu’au bout de trois à quatre jours. A cette deuxième manœuvre et lorsque les étoupes sont ôtées, la plaie se trouve ordinairement blanchâtre, un peu bourgeonnée et enduite d’une matière puri forme, que l’on essuie bien doucement avec un peu d’étoupes ; l’on enlève même la pellicule blanche qui peut s’êtrè formée, mais on doit le faire avec assez de précaution pour éviter toute effusion de sang. On couvre les points fongueux avec de petits plumasseaux chargés d’égyptiac, tandis que l’on n’en place que de secs par-tout ailleurs; et l’on se dirige, quant au reste, de la même manière que dans l’application du premier appareil.
Les pansemcns suivans doivent se renouveler tous les jours, jusqu’à ce que la corne soit
bien formée et que les parties reprennent une consistance bien décidément louable ; à cette époque, ils doivent être moins fre'qucns et devenir toujours plus rares jusqu’à parfaite guérison. Ils exigent constamment les mêmes soins et les mêmes moyens que ceux que nous avons prescrits pour les deux premiers , et ils requièrent en outre certaines précautions particulières et subordonnées à l’étal du mal. Chaque fois que l’on a découvert la plaie, l’on doit d’abord l’essuyer; puis on procède, avec une feuille de sauge et bien doucement, à l’enlèvement des pellicules , résultats des escarres ; ou • enlève de même les petites couches de corne qui paraissent de mauvaise nature, se détachent facilement, sont peu adhérentes, et, pour ainsi dire , soulevées par la sérosité. On ne doit laisser subsister ces bourgeons cornés que lorsqu’ils sont minces , fermes ; qu’ils tiennent fortement aux chairs et dénotent une bonne <
régénération. Ainsi qu’il a été dit, les points * fongueux doivent être couverts d’étoupes chargées d’égyptiac. Ces fongosités persistent-elles , •
on applique par-dessus une substance caustique d’autant plus forte qu elles résistent davantage, et l’on emploie, dans ces circonstances, soit du sulfate de cuivre (vitriol bleu),soit de la
poudre de Rousseau ; ou bien l’on augmente l’action de l’égyptiac par l’addition du deutochlorure de mercure ( sublimé corrosif). On doit se conduire de même à l’égard de tous les points d’où suinte une sérosité, et chercher constamment à tarir ces sources morbides. Il est nécessaire de persister dans l’usage bien combiné de ces substances, jusqu’à ce que l’on ait obtenu des chairs louables, capables de produire une heureuse cicatrisation. Quant aux cerises, qui surviennent quelquefois et qui sont presque toujours l’effet des pansemeus mal faits, sur-tout des compressious partielles exercées trop fortement, elles doivent être traitées et combattues d’après les principes développés dans les considérations générales sur les maladies. ! . ‘
Lorsque le cheval se trouve atteint de plusieurs crapauds , on ne doit eu opérer qu’un seul à-la-fois, et attendre, avant de. passer à un second que la suppuration soit louable çt peu considérablç ; . il faut aussi que la plaie tende à une cicatrisation prochaine, et que l’animal puisse commencer à prendre un appui assuré sur le pied opéré. La maladie, étant compliquée de jaVart cartilagineux, nécessite cons-
Uniment deux opérations : celle du crapaud , en premier lieu , et l’on ne procédera à 1’aldation du fibro-cartilage ulcéré que lorsque la plaie primitive sera en bonne voie de guérison.
Le procédé opératoire, dont la description précède* ne devient efficace qu’autant que les pausemens sont exécutés avec toutes les précautions requises , et que les pieds malades sont constamment tenus à l’abri de l’humidité, surtout de l’urine et du fumier. Une pression, telle que nous l’avons indiquée, est la première condition à remplir, et sans laquelle la guérison traîne en longueur ou devient impossible. Quant aux soins prescrits pour nettoyer la plaie et pour la débarrasser des matières étrangères ou nuisibles, comme les pellicules des escarres et les couches de mauvaise corne, cette manœuvre exige également de grandes précautions; elle doit s’exécuter de manière à éviter toute effusion de sang et à produire le moins d’irritation possible. 11 convient aussi de visiter fréquemment le cheval à l’écurie, afin de voir si le pied malade ne séjourne pas dans l’urine ou dans les excrémens que l’animal peut avoir rendus, et que l’on aura le soin de faire retirer hors de la litière.
Au fur et à mesure que la guérison avance, le pied reprend insensiblement sa forme naturelle; les talons rentrent pea à peu, et finissent par revenir dans leur état primitif. Cette considération ne doit pas échapper au praticien ; elle indique la nécessité de resserrer les branches du fer, de manière à favoriser cette direction louable et à permettre le rapprochement des talons.
D’après les détails dans lesquels nous avons cru utile d’entrer, le traitement local du crapaud requiert d’abord l’opération chirurgicale, qui cousiste à former une plaie parfaitement unie et égale par-tout ; il réclame , en second lieu, des pansemens méthodiques, dirigés de manière à conserver cette uniformité de la plaie, et à l’amener ainsi jusqu’à guérison parfaite. Cette dernière indication , si essentielle, s’obtient plutôt par des applications bien faites et par des pressions bien établies, que par l’emploi des. caustiques pour détruire les exubérances diverses, et des stimulans pour solliciter la pousse de bonnes chairs.
Cette méthode curative, parfaitement bien raisonnée , et dont l’expérience a confirmé les avantages, n’est qu’une modification de celle
qui a été décrite par Solleysel. Les excellens principes de cet auteur auraient dû être propagés et perfectionnés par nos Écoles vétérinaires. Il en fut autrement jusqu’en i8oj , époque où M. Janné aîné, fils d’un ancien praticien, et alors élève à l’École d’Alfort, fit, en présence des professeurs et élèves de cet établissement, plusieurs applications successives et toutes heureuses du traitement que suivait son père pour guérir le crapaud, et qui différait peu de celui qui est développé dans le Parfait Maréchal de Solleysel. Des résultats aussi marqués ne pouvaient manquer d’exciter l’attention et de provoquer de nouveaux essais , qui , ayant été aussi heureux que ceux auxquels s’était livré l’élève Janné, nous déterminèrent à publier ce mode de procéder contre le crapaud, dont on peut espérer la guérison. Après avoir indiqué le manuel opératoire, en recommandant expressément de ne laisser subsister nulle cavité, Solleysel conseille l’emploi de deux sortes d’onguent, l’une propre à resserrer les chairs, et l’autre, susceptible de les manger, de les ronger. Nous croyons devoir transcrire ici la composition de ces mcdicamens, afin que les praticiens soient à même d’en faire des applications.
Formule pour l'onguent dessiccatif.
Prenez: Miel i livres.
Vert-de-gris (acétate de cuivre brut) en poudre très-fine. ...... . 6 onces,
Couperose blanche ( proto-sulfate de zinc) bien * .
pilée 6 onces,
Litharge (oxide de plomb ' V fondu) pilée très-fin. . . 4 onces *
Arsenic en poudre trèsfine. . 2 gros;
mélangez le tout ensemble , et faites chauffer à petit feu, en remuant souvent, jusqu’à ce que la composition ait une certaine consistance.
Formule pour l onguent caustique.
Prenez la moitié de la première composition, ajoutez 3 ouces de très-bonne eau-forte ( acide nitrique), et mêlez à froid le tout, que l’on conservera dans un pot de grès, pour être employé selon les indications.
On doit persister dans l’usage de l’onguent dessiccatif, tant que la plaie est de bonne nature, et recourir à l’onguent caustique pour re-
pousser les excroissances qui viennent à se développer. L’essentiel, selon l’auteur, est d’établir, à chaque pansement, une bonne compression ,1 et , pour me servir de ses propres expressions, de bien bander le tout avec des éçlisses. i ’
Solleysel se prononce , d’après sa propre expérience, contre la méthode par le feu pu par les caustiques. « Tout homme qui voudra , dit— » il , traiter un fie avec des cautères ou caus- » tiques violens n’en viendra jamais à son » honneur (i). » Il affirme que ces moyens ne procurent pas une guérison radicale et qu’ils rendent la maladie incurable.
Dans les sujets chez lesquels l’on remarque une disposition au crapaud, il importe de combattre cette idiosyncrasie. 11 faut alors combiner le traitement local avec l’administration, à l’intérieur, de poudres diurétiques amères; il est nécessaire aussi , dans ces cas , d’établir des points de dérivation , afin de prévenir toute révulsion fâcheuse , pkr suite de l’application des topiques sur la partie malade. Pour rendre la cure plus complète et plus sûre , l'on pourra
(i) Le Parfait Maréchal, édition de 1775, I re . partie, page 237:.
terminer le traitement par un ou deux purgatifs, donnés eu opiat et à quelques jours de distance l’un de l’autre.
Les détails dans lesquels nous sommes entré nous ont paru d’autant plus utiles, que les vétérinaires ne sont pas tous d’accord sur la préférence qu’ils doivent accorder, ou au procédé conseillé par Chabert et qui comprend l’ablation complète de toutes les productions végétatives du crapaud, ou bien à la méthode de Solleysel, qui consiste à faire le moins de délabremens possible, à établir une plaie unie et à entretenir cet état par une forte compression bien méthodique. La première de ces méthodes thérapeutiques nécessite de grands délabremens, donne lieu à des plaies plus ou moins étendues, profondes, et qui se cicatrisent trèsdiflicilement. Le traitement est alors long, dispendieux et très-incertain ; la guérison , quand on peut l’obtenir, n’est le plus souvent que temporaire, et l’affection se rétablit au bout d’un certain temps. Le procédé de Solleysel, rajeuni en quelque sorte par MM. Janné père et fds, n’a pas les graves inconvéniens du premier, et il produit dans tous les cas une guérison beaucoup plus sûre. Ce procédé, que nous ne saurions trop recommander et qui consiste
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essentiellement dans l’entretien d’une compression bien méthodique , a le double avantage de ne pas occasioner de douleurs particulières et d’amener une cicatrisation aussi prompte que possible. Nous ajouterons, sans crainte d’ètre démenti par l’expérience, que ce procédé est non-seulement le plus simple, le plus sûr , mais encore le plus rationnel et le moins coûteux.
§ 14 . Des bleimes.
On désigne sous ce titre une altération , une meurtrissure établies à la sole des talons , et quelquefois à celle des quartiers , par suite de la marche sur des terrains durs et raboteux; l’accident peut aussi provenir de mauvaises ferrures ou de conformation vicieuse des talons. Dans la circonstance debleime, il s’établit d’abord dans la chair du pied une irritation légère , qui augmente progressivement tant que la partie reste exposée à l’action de la cause occasionelle. Cette irritation, parvenue à un certain degré, détermine de la douleur, et quelquefois une chaleur légère: elle donne lieu à une ecchymose dans le tissu de la corne, et finit souvent par faire naître un abcès qui, étant négligé, amène
des ravages ultérieurs , tels que des javarts et la désunion de toute la sole.
La bleime, dit fafosse, peut être naturelle ou accidentelle : dans le premier cas , elle est le partage et la suite des talons forts ; tandis qu’elle peut être produite accidentellement, surtout quand les talons sont bas, soit par la ferrure ou par tous autres corps étrangers , capables d’exercer une forte compression et de meurtrir le vif de cette partie de la sole (i).
On reconnaît communément trois variétés de bleimes, qui ne sont que des degrés diffërens de la même maladie, et que l’on distingue en foulée , en sèche et en suppurée. ( a ) La bleime foulée , la plus légère , marque le premier degré de l’altération ; elle consiste dans une simple foulure, qui ne laisse d’autre trace de son existence qu’une douleur vive et sourde ; ( h ) la bleime sèche , dans laquelle peut se montrer la même douleur , se distingue soit par des stries ou fdets de sang desséché, soit par une
(t) Cette distinction n’est pas exacte; toutes les bleimes sont constamment le résultat d’un accident extérieur. Lafosse aurait dû se borner à rapporter que certains pieds, tels que ceux à talons forts , sont plus exposés que d’autres à ces sortes d’allérations.
rougeur de même nature, qui se manifestent dans le tissu de la corne; (c) la suppurée, que l’on nomme aussi bleime humide, parce qu’elle donne toujours lieu à la formation d’une certaine quantité de matière purulente, réside sous la corne dans le tissu réticulaire, qui, étaut meurtri, tombe en suppuration : cette bleime soulève l’ongle, fait quelquefois souffler la matière aux poils, donne lieu ou à des javarts encornés , ou au décollement d’une partie plus ou moins grande de la sole. Dans ces cas , elle nécessite le retranchement de la portion de corne détachée et peut rendre l’opération compliquée , suivant les lésions intérieures. ’
Les bleimes, portées à un certain degré, font feindre et plus ou moins boiter le cheval sans lésion apparente, à moins que l’accident ne soit ancien , qu’il n’ait produit la désunion d’une portion de l’ongle et que la matière ne souffle au dehors. Dans tous les cas, on s’assure de l’existence d’une bleime en parant à fond et jusqu’à la rosée; le mal devient visible, ou bien il s’annonce par une douleur vive dans le point où il subsiste. Si , avant de parer , l’on examine la branche du fer correspondante à la bleime, on la trouve souvent comme usée*
quelquefois aussi l’on rencontre des corps étrangers engagés entre le fer et la corne, ou bien des graviers enchâssés dans l’ongle.
Ainsi qu’il a été dit, la bleime se borne parfois à une meurtrissure avec ou sans épanchement de sang, ou bien elle est déterminée par la formation d’un foyer purulent ; elle suppose alors une plus ou moins grande portion de corne désunie d’avec le tissu réticulaire. Dans le premier cas, le traitement est simple; il consiste à bien amincir la corne , sans cependant aller jusqu’au vif; on applique ensuite sur le mal quelques plumasseaux, dont le premier est chargé de térébenthine ; l’on fixe le tout avec une bande, et, pour faciliter les pansemens, on attache un fer tronqué d’une seule ou des deux branches, suivant que la bleime réside d’un seul ou des deux côtés. On doit laissée le cheval en repos et panser le pied tous les jours , jusqu’à ce que la douleur soit complètement dissipée, qu’il n’y ait plus de trace de bleime , et que la corne ait acquis une certaine force. Avant de faire travailler l’animal, on le ferre à demeure, soit avec un fer couvert en mamelles et en éponges, soit avec un fer à planche, qui est beaucoup plus convenable , mais qui ne • 17.
( 2ÔO )
«loit cire employé qu’autant que la fourchette peut fournir un point d’appui.
Toutes les fois qu’il y a foyer purulent et désunion d’une portion de l’ongle, l’on doit se hâter de faire brèche, d’enlever toute la partie de sabot désunie, de couper les chairs baveuses , désorganisées, et de faire une opération d’autant plus compliquée, que le mal a fait plus de ravages. Souvent l’on peut se borner à détruire une partie de la sole , d’autres fois il est indispensable de l’enlever tout entière ; il peut arriver aussi que le mal nécessite en même temps ladessolure, l’enlèvement du quartier, et même l’extirpation du cartilage latéral. Dans cette dernière circonstance , le pied est fort longtemps à guérir; il exige des soins très-suivis et sur-tout bien entendus : la plaie qui en résulte doit être gouvernée de la manière que nous l’avons indiqué à l’article du Javart encorné.
§ i5. Les cerises.
Petites excroissances charnues, hémisphériques, dont la couleur rouge et la forme ronde les ont fait comparer au fruit, duquel elles portent le nom. Elles surviennent dans les parties où le vif est à découvert , deviennent plus ou moins.
grosses et multipliées, sont le produit d’un travail particulier ; et elles dépendent le plus ordinairement des pansemens mal faits et des compressions exercées par la corne au bord ou au pourtour des plaies. Comme ces bourgeons dénotent toujours un état contraire à la cicatrisation, Ion doit employer tous les moyens propres à les prévenir et à les détruire. Lorsque les cerises sont légères et situées dans le milieu des plaies d’une bonne nature , on les fait disparaître par une forte compression que l’on établit par-dessus : ont-elles de l’étendue et une certaine grosseur, il faut les enlever avec un instrument tranchant. Celles qui se remarquent dans les plaies livides ou noirâtres, et qui sont presque toujours bourgeonne’es malgré les soins que l’on apporte, peuvent être combattues avec des substances caustiques, telles que la poudre du frère Corne, l’égyptiac, certains oxides métalliques, etc. Toutes les cerises dépendantes d’une fistule, d’une carie, d’un pincement exercé par la corne, se renouvellent continuellement et ne se guérissent radicalement qu’autant que l’on détruit la cause occasionelle.
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§ 16. L’oignon.
On donne ce nom à une exubérance , en général peu saillante, qui se remarque dans la sole des quartiers et ne survient que très-rarement aux pieds de derrière. Cette bosse, toujours due à une saillie ou tumeur de la face inférieure de l’os du pied, est le plus souvent déterminée par la mauvaise ferrure , qui renverse insensiblement le bord inférieur du dernier pbalangien et rend sa face plantaire bombée dans le point où existe l’oignon. L’altération peut aussi provenir des suites d’une marche forcée sur des terrains durs, raboteux ou caillouteux; circonstance qui établit et entretient une irritation dans le vif, rend la sole battue et fait naître l’oignon.
La ferrure peut seule remédier à cette affection, prévenir les accideus ultérieurs, tels que la bleime suppurée, le javart encorné ou cartilagineux, la fourbure, et mettre le cheval dans le cas de marcher avec assurance ; elle doit être combinée de manière à ce que la partie malade se trouve à couvert et à l’abri des compressions diverses, suites des foulées continuelles. Ici l’on doit parer et ferrer suivant les mêmes principes que pour le pied comble; l’on emploie
un fer dont la branche , un peu tronquée , est assez large en dedans , et porte assez d’ajusture pour couvrir l’oignon. Souvent l’altération est compliquée d’autres accidens, , et requiert un fer couvert à bords renversés. ( PI. III ,Jig. 3 , 4, a3 eta4' ) '
§ 17. La sole baveuse,
État de mollesse plus ou moins grande qu’offre la corne de cette région du dessous du pied ; altération rare , qui survient plus particulièrementdans les pieds faibles, plats, combles et évasés, qui présente souvent des lambeaux séparés par des enfoncemens irréguliers, et qui donne lieu aux bleimes et aux oignons. La ferrure est encore le seul moyen capable de remédier à ces effets fâcheux, en préservant la sole baveuse des compressions douloureuses ; c’est ce que Ton obtient par l’application d’un fer léger et suffisamment couvert. ‘ '
§ 18. La sole battue (1).
On appelle ainsi une altération parfaitement analogue à la bleime sèche , de laquelle elle ne diffère que pardon étendue. Ces deux affections.
(1) Vulgairement, mais rarement, soliature.
presque identiques, reconnaissent à-peu-près les mêmes causes et requièrent les mêmes moyens curatifs. La sole peut être battue, i°. par un fer qui, étant mal attaché, fait ressort, bat le pied , y imprime, y entretient une irritation d’où résultent divers accidens ultérieurs , tels que les bleimes, l’oignon , les javarts encornés, et même la fourbure ; 2°. par un corps étranger engagé entre le fer et la corne. Dans cette dernière circonstance, le cheval, marchant sur un terrain dur et caillouteux , reçoit à chaque foulée sur le sol une impression, qui est transmise à la partie vive du pied par le moyen du corps retenu sous le fer.
Le premier moyen curatif à employer est de faire cesser la cause occasionelle ; l’on pare ensuite le pied, L’on calme la douleur par des cataplasmes émolüens; et s’il y a beaucoup de chaleur, il est plus convenable de faire usage de diverses substances astringentes , comme la suie de cheminée, le sulfate de fer, le vinaigre, etc., afin de prévenir la fourbure.
§ ig. La sole foulée.
La sole foulée est un même genre de-lésion que la bleime sèche, que les talons foulés et la sole battue ; elle reccfrinait , comme ces altérations.
••Olgffe
une irritation primitive, établie dans le tissu réticulaire par suite de marches pénibles et trop long-temps soutenues sur le pavé ou sur des terrains durs et caillouteux. Elle survient presque toujours dans la sole des quartiers, rarement dans celle de la pince , produit plus ou moins de douleur, ^t ce genre de lésion a lieu par suite de ce que le cheval allant pieds nus, le bord de la paroi s’éclate, s’use et se détruit au point que l’appui se fait sur la sole , qui reçoit alors toutes les impressions des corps durs sur lesquels marche l’animal.
La sole foulée peut avoir les mêmes résultats que la sole battue; elle exige les mêmes soins et la même ferrure , qui consiste à parer comme dans le cas du pied dérobé, et à appliquer un fer léger suffisamment couvert, susceptible de garantir la sole et de la mettre à l’abri des foulées sur des corps durs.
§ 20. Les piqûres et autres accidents du même genre.
Ges sortes d’accidens , fréquens et toujours déterminés par des corps aigus ou tranchans sur lesquels lé cheval pose son pied, établissent des lésions différentes , suivant la forme du corps vulnérant, suivant la direction qu’il tient,
selon la force avec laquelle il pénètre et selon la partie de la sole qu’il intéresse.
Les blessures don l il s’agit sont les résultats des clous de rue , des chicots et des tessons divers.
i°. On nomme clou de rue un clou quelconque ou autre corps métallique alongé, que le cheval s’enfonce dans le pied, etfjui, parvenu jusqu’au tissu réticulaire, donne lieu aux désordres ci-dessus signalés. Ce clou , insinué dans l’ongle, peut ressortir immédiatement ou y rester implanté en totalité ou seulement en partie ; il peut de même arriver de prime abord au vif, ou ne l’atteindre qu’au bout d’un certain temps et que par suite de foulées sur le sol, qui le poussent toujours plus avant. Comme la boiterie est le seul indice propre à déceler l’accident, et qu’elle n’a lieu qu’autant que le tissu sous-ongulé se trouve offensé, certains clous de rue peuvent exister sans que l’on s’en doute. Tous ceux qui arrivent subitement au vif produisent immédiatement la boiterie, dont l’intensité est toujours en raison de l’irritation imprimée ; ils déterminent souvent un foyer purulent qui , étant négligé ou abandonné à la nature , devient ulcéreux , soulève la sole ainsi que la fourchette , fait souffler la matière aux poils, et donne lieu à diffé-
rens désordres. Le clou de rue peut être léger
ou pénétrant, simple ou grave; il est situé ou en talons, ou dans la sole, ou dans la fourchette, ou bien il occupe l’une des lacunes du dessous du pied. Il est dit léger toutes les fois qu’il est uni et qu’il ne fait qu’atteindre le vif; on le nomme pénétrant lorsqu’il parvient à une certaine profondeur. Tout clou bien pointu et sans aspérités produit ordinairement des piqûres simples , à moins que par son séjour il ne donne lieu à des ravages ultérieurs; l'affection devient grave lorsque la douleur est vive , ou que le mal est profond et étendu.
Les clous de rue, à pointe mousse, recourbée, garnie d’aspérités ou divisée en lames, sont ordinairement graves et d’autant plus dangereux qu’ils pénètrent plus profondément et qu’ils restent plus long-temps à demeure ; ils produisent des piqûres avec contusion , et ils sout sur-tout à craindre lorsqu’étant introduits à la pointe de la fourchette, ils traversent le coussinet plantaire, le tendon perforant, et qu’ils vont s’implanter dans le petit sésamoïde, ou même dans l’os du pied. L’accident est alors porté à un très-haut degré de gravité; il cause une douleur extrême, contraint le cheval à tenir le pied en l’air; et l’ouverture de la cou-
lisse sésamoïdienne donne lieu à un épanchement de synovie.
En général, les clous de rue sont bien moins dangereux dans les talons que dans la sole ou dans la pointe de la fourchette : ils traversent quelquefois ces premières régions et ressortent daus le pli du paturon , sans qu’il en résulte des suites fâcheuses.
2°. On entend par chicot un morceau de bois pointu, qui s’insinue dans le pied comme le clou de rue, agit à peu près de la même manière, et peut occasioner les mêmes accidens. Les chevaux de chasse sont les plus exposés à être atteints par des chicots , dont un morceau ou un éclat reste souvent enfoncé dans le pied, où il entretient une irritation persistante et qui va toujours eu augmentant. Par leur nature, ces corps produisent toujours des piqûres contuses , dont les suites sont d’autant plus dangereuses que l’on apporte plus de négligence à soigner le pied malade, et qu’on laisse subsister plus longtemps dans l’intérieur quelques éclats ou portions de ces corps.
On peut établir à peu près les mêmes variétés de chicots que de clous de rue, faire les mêmes distinctions et les mêmes observations pour les uns que pour les autres.
3". Les tessons (le verre ou d’autres matières de cette sorte, tels que les silex aigus ou tranchans, produisent des lésions, peu différentes de celles qui sont occasionées par les chicots et par les clous de rue. Suivant leur forme et la force avec laquelle ils sont introduits, ces tessons déterminent des piqûres ou des plaies simples ou contuses, légères ou pénétrantes.
Les accidens dont il s’agit s’annoncent, tant par la claudication et par la douleur qu’ils impriment, que par les désordres auxquels ils donnent lieu. Quand ils sont légers, ils font feindre ou boiter le cheval , le plus souvent sans apparence extérieure de lésion, à moins que le corps vulnérant ne soit encore implanté dans le pied, ou que la blessure qu’il a faite n’ait une certaine grandeur. Lorsqu’il y a formation d’un abcès sous l’ongle , ou que la matière purulente est retenue dans l’intérieur, le pied est alors douloureux et chaud ; quelquefois même il y a boursouflement, soit de la sole, soit de la fourchette, soit des talons, ou bien de ces trois régions en même temps. Les piqûres et exfoliations des tendons occasionent ordinairement un grand engorgement, beaucoup de douleur, et souvent la fièvre locale : si l’expan- sion du tendon perforant a été traversée par le
clou, il y a écoulement de synovie qui entretient la fistule et la boiterie. Toutes les fois que le corps étranger a offensé l’un des os du pied, cet état de gravité se distingue par la douleur vive et permanente, par la rétraction très-forte dans laquelle l’animal tient constamment le pied malade, sans pouvoir prendre dessus le moindre appui ; il se reconnaît d’une manière plus précise par le moyen de la sonde que l’on introduit dans la piqûre, et à l’aide de laquelle l’on s’assure que le fond de la plaie est formé par l’os.
On reconnaît l’existence et la présence des clous de rue ou des chicots, en faisant lever le pied et en le nettoyant avec précaution ; si le corps est dérobé dans la corne, et que sa trace soit peu apparente, il faut déferrer le cheval et parer le pied même jusqu’à fond , non-seulement pour trouver le corps étranger et l’extraire, mais enfcore pour connaître sa route, sa direction , juger de la gravité du mal, ainsi que des moyens à employer pour le guérir.
Quant aux tessons, ils restent rarement implantés dans les pieds ; mais ils peuvent y laisser quelques petits éclats qu’il est nécessaire de retirer d’une manière quelconque, car leur séjour est toujours pernicieux.
Le traitement des accidensdont il vient d’ètre parlé varie suivant le siège, la profondeur, la nature et l’étendue du mal. Lorsque le corps vulnérant borne son action à la corne, il peut entamer, détruire plus ou moins cette substance sans causer nulle douleur, nul dérangement apparent dans l’assurance de l’appui : de même, lorsqu’il ne va pas au-delà du tissu réticulaire ou qu’il se borne au coussinet plantaire , et que , d’après sa forme aiguë ou tranchante, il ne fait , pour ainsi dire , que diviser les fibres sans produire de déchirement et sans séjourner, l’accident n’a aucun résultat fâcheux, et il se dissipe de lui-même. L’expérience journalière prouve qu’un clou bien affilé, qui ne pénètre pas jusqu’à l’os ou jusqu’au tendon, et qui est arraché presque aussitôt après son intromission dans le pied, n’occasione aucun ravage , et que la plaie qu’il forme se cicatrise par première intention ou sans suppuration.
Tous les clous de rue ou chicots qui produisent des piqûres contuses et entretiennent la claudication ; ceux qui séjournent quelque temps, en partie ou en totalité, dans le pied; tous ceux enfin qui ont donné lieu à un abcès intérieur, requièrent l’opération dite du clou de rue , laquelle consiste à amputer toutes les
parties cuntuses et déchirées, et à établir une plaie simple. Cette opération, constamment subordonnée à l’étendue et à la nature du mal , peut être simple ou grave. Dans le premier cas, elle nécessite peu de délabremens, se borne à pratiquer une ouverture infundibuliforme plus ou moins grande, qui suit la direction de la piqûre et en met le fond à découvert. Ce premier mode opératoire convient pour les clous de rue récens et peu pc'nétrans, dont un morceau peut être resté dans le pied, ou qui , quoique complètement extraits, ont donné lieu à un petit foyer purulent et font boiter l’animal. 11 peut s’exécuter à toute heure de la journée , sans qu’il soit besoin d’y disposer le cheval ; il suffit seulement de parer le pied à fond, de bien amincir la corne, sur-tout au pourtour de la piqûre; après quoi, l’on procède à l’opération, d’abord avec le boutoir ou avec la rénette double, et ensuite avec la feuille de sauge, dont on se sert pour couper les chairs ; on applique un fer léger et dégagé; l’on panse avec des étoupes imbibées d’eau-de-vie , et que 1 on maintient en place avec des éclisses ; si la plaie est en talons, on raccourcit les branches du fer, et l’on applique un petit appareil , que l’on fixe avec une bande, et souvent avec des éclisses
en même temps. Lorsque le fer et les éclisses sont convenablement disposés, le cheval peut travailler pendant le temps de la guérison , pourvu qu’il ne marche pas continuellement sur des cailloux ou sur des chemins pavés. Au bout de quelques pansemens, que l’on exécute avec la même précaution que le premier, et seulement avec des étoupes sèches, la cicatrisation se complète et l’ongle reprend bientôt la consistance nécessaire.
L’opération du clou de rue devient grave toutes les fois qu’il y a nécessité d’enlever une grande partie de l’ongle ainsi que des chairs, et de faire une plaie d une certaine étendue. Ces délabremens sont constamment prescrits, soit par la désunion d’une portion ou de la totalité de la sole et de la fourchette , soit par une désorganisation plus ou moins avancée des tissus intérieurs. Les désordres dont il s’agit proviennent de la matière purulente, qui n’a pu se faire jour; ils rendent le pied chaud et doulou. reux, et leurs progrès sont rapides> si l’on ne se hâte de faire brèche et de donner issue au pus. Lorsque, par suite de clous de. rue, de chicots ou de tessons, ,1e mal est parvenu à un tel degré d’intensité qu’il exige une opération grave, l’on ne doit y procéder qu'avec • !■
quelques précautions préliminaires, utiles pour avancer la guérison, et sur-tout pour éviter les accidens fâcheux. Si le cheval est jeune, vif et sur-tout très-irritable, il est prudent de le disposer à subir l’opération, en le tei nant au régime délayant pendant un ou deuxjours, s» cela est possible, et en lui faisant une saignée; il convient aussi d’employer pour la partie malade les bains d’eau tiède et les cataplasmes émolliens. Ces précautions sont inutiles pour les chevaux lourds, et en général pour tous ceux qui sont peu sensibles et dans •' . lesquels l’on n’a pas à craindre une fièvre d’ir-
ritation. Au reste, quelque soit le tempérament du sujet, ainsi que la gravité de l’opéralion à faire, l’on doit toujours préparer le pied d’avauce, le parer bien à fond et lui ajuster un v ' fer dit à dessolurc. Ce fer, léger, très-dégagé et . portant quatre à cinq étampnres ( Pl. III ,
$ Jig. 21 ), doit avoir peu d’ajusture et de lon-
v . gués branches propres à favoriser le pansement.
Ou confectionne ensuite des éclisses en bois et une traverse aussi de bois ou de fer; on se procure les substances médicamenteuses, les < plumasseaux tentes et bourdonnets dont on présume avoir besoin : toutes ces dispositions prises, et l’animal restant debout , autant que . t
cela est possible,, Ton place une ligature dausie paturon, l’on défait le fer s’il a été attaché, et l’on procède à l’opération comme il suit. On commence par enlever, soit avec la feuille de sauge, soit avec le boutoir, toute la corne détachée, que l’on coupe toujours un peu audelà de sa désunion ; cette première manœuvre facilite l’amputation de toutesles chairs altérées, que l’on emporte avec la feuille de sauge. L’opération terminée, l’on couvre la plaie d’un peu d’étoupe, et l’on rattache promptement le fer avec des clous à lame délicate ; le pansement se fait de la même manière qu’à la suite du premier mode opératoire ; après l’étoupade, l’on applique les éclisses ainsi que la traverse,;' l’on défait la ligature du paturon, et l’on abandonne le pied. Les soins subséquens sont les mêmes que pour le javart encorné, les mêmes que ceux qui ont été prescrits dans les considérations générales sur les maladies du pied.
Les clous ou chicots situés à la sole de la pince ou des mamelles vont quelquefois jusqu’à * l'os du pied, qu'ils pénètrent et dans lequel ils laissent souvent quelques parcelles implantées. Cette circonstance exige , outre l’opération précédente, de parvenir jusqu’à l’os, de mettre
h nu le pourtour de la piqûre, d’extraire les parcelles étrangères et de ruginer la place qu’elles ont occupée; après quoi, l’on procède à l’application de l’appareil, et l’on se gouverne comme il vient d’être dit ci-dessus. C’est ici le cas de savoir appliquer les principes que nous avons exposés en parlant de l’cxfoliation des os ; on doit gouverner la plaie de manière à ce que la portion d’os nécrosée ne demeure pas enchatonnée dans les chairs, et pour cela il faut lui tenir une ouverture libre jusqu’après sa chute et son expulsion complète. Cette portion d’os exfoliée est un véritable corps étranger, dont la présence dans l’intérieur des chairs est tou-? jours pernicieuse; elle occasione constamment de nouveaux désordres, et produit quelquefois les plus grands ravages (i).
(l) En 1812 , je fus appelé à Paris pour donner mon avis sur un mal de pied dont était atteint un cheval de selle ap-
parteqant à M. D. L’animal, qui avait été opéré d’un clou -de tue, était en traitement depuis environ deux mois : la
sole , considérablement boursouflée , présentait à l'un des
quartiers une fistule d’où sortait une matière puriforme , épaisse et sanguinolente. Je conseillai une nouvelle -opéra-
tion, le proprietaire ÿ consentit et me pria de l’exécutet.
Après avoir enlevé la sole et'toulcs les chairs boursouflées , je découvris une exfoliatid» ayant Je volume } et la forme
Lorsque la sole se trouve soulevée en plus grande partie par la matière , il faut disposer le pied à la dessolurc et à l’enlèvement de toute la partie. 11 convient, à cet effet, de commencer par parer à plat, amincir un peu la sole et la fourchette, en ayant la précaution de ne pas trop les affaiblir; après quoi, l’on continue à abattre le bord de la paroi jusqu’à la rosée ; l’on termine cette manœuvre préparatoire en détruisant complètement les deux arcs-boutans. Le pied ainsi disposé , l’on confectionne un fer à des-solure, tel qu’il a été dit précédemment {PL 111, Jig. 2 1 ) , et on l’attache avec des clous à lame délicate. Après s’ètre procuré tous les autres objets de pansement, tels qu’éclisses , traverses, plumasseaux, etc., ainsi que de l’eaude-vie étendue dans une certaine quantité d’eau , l’on abat le cheval, ou bien ou le fixe debout,
d'un haricot, et présentant dans son milieu une petite cavité noirâtre , qui était bien évidemment la trace de la pointe du olou. Avec des soins et des pansemens suivis , le cheval guérit en quinze jours et fut, au bout d’environ trois semaù nés, dans le cas de reprendre son service ordinaire. Les faits de cette sorte ne sont pas rares ; je ne cite celui-ci que pour mieux faire sentir l’importance de ne pas laisser dans l’intérieur des chairs les ex folia fions tant des os que des tendpns.
ce qui est préférable ; on déferre et on procède à Ja dessolure. L’opérateur s’arme d’une feuille de sauge, avec laquelle il désunit complètement la sole d’avec le bord inférieur de la paroi (i). S’étant ensuite muni d’un élévatoire ou simplement d’un rogne-pied, il le pousse, l’engage sous la sole de pince, qu’il tâche de soulever , eu prenant un point d’appui sur le bord de la muraille : lorsqu’il est parvenu à en désunir une certaine portion, il l’élève le plus qu’il est possible, afin de la faire saisir avec les tri— coises, qui doivent toujours être confiées à un aide habile et capable d’en faire l’usage convenable. Cet aide renverse et tire eu arrière la corne qu’il tient avec les tricoises ; dans cette action, il doit agir avec une force toujours soutenue, tirer alternativement de côté èt d’autre, jusqu’à ce que toute la plaque soit enlevée. L’opérateur facilite cette extraction de la sole et de la fourchette avec son élévatoire, ou avec une feuille de sauge double, dont il se sert pour couper les divers lambeaux de corne qui se séparent de la plaque arrachée et restent
(.1) Pour opérer ceUe désunion , quelques praticiens conseillent la rénette , qui tait des plaies conlusts et aggrave.les douleurs.
fixés à la chair du pied. Cette manœuvre terminée , l’on coupe tous les lambeaux et les petites portions de corne qui font saillie, et l’on rend la plaie le plus uniforme possible. Ladessolure, pratiquée à la suite des clous de rue, s’exécute toujours avec facilité, parce que la corne, déjà désunie parla matière, s’enlève pour ainsi dire d’clle-même. La sole étant extirpée, l’on coupe les parties altérées et l’on termine ainsi 1 opération , qui doit être immédiatement suivie de l’application du fer et de l’appareil, à laquelle application l’on procède comme il a déjà été expliqué.
Les clous de rue qui pénétrent jusque dans le tendon perforant, et ceux qui vont j usqu’au petit sésàmoïde, nécessitent non-seulement la dessolure, mais encore l’extirpation totale ou partielle du coussinet plantaire (corps pyramidal). Dans le premier cas, cette extirpation, toujours précédée de la dessolure, est facile à exécuter , et l’on y procède de la manière suivante. L’o-< pérateur, tenant à pleine main une feuille dé sauge double , l’enfonce dans la base du coussinet plantaire, qu’il coupe en travers , et dont il exécute la désunion d’avec la peau, qu’il cherche à raénager'-le'plus pôssiblc. Dans cette rrianœuvrèV*il doit toirjours'êtré le' maître dè son ins-
trument , et se méfier des mouvemens que peut faire l’animal. Cette désunion opérée, il incise le côussinet sur le côté qui se trouve supérieur; il le saisit ensuite avec une érigne, le tire en bas ou en arrière suivant le point ou est implantée l’érigne : en le renversant ainsi , il a la facilité d’agir avec sa feuille de sauge qui lui sert à inciser, jusqu’à ce que le corps soit entièrement détaché des parties auxquelles il est accolé. Cette extirpation terminée , il met bien à découvert l’expansion du tendon perforant, afin de voir la lésion dont il peut être atteint et juger de sa gravité. Si ce tendon n’a été offensé que légèrement, il suffit d’enlever les bords filandreux du point altéré et de faire une entaille unie. S’il a été complètement traversé, l’on agrandit un peu l’ouverture, que l’on soigne comme dans le cas précédent ; et si le clou a atteint le petit sésamoïde, l’on peutfaire au même tendon une incision longitudinale, afin de mieux voir l’endroit où le clou a pénétré et pouvoir rugincr avec facilité.
Le fond de la piqûre étant ainsi mis à découvert , l’on s’assure s’il reste encore dans l’os quelques parcelles du corps vulnérant; on les retire et 1 on termine par ruginer le point altéré. Pour l'appareil et les pansemens, on se
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(-2ÔI )
gouverne comme dans les circonstances precedentes j mais l’on a de plus à craindre l’exfoliation du tendon , qui peut avoir les mêmes suites que celle de l’os du pied.
L’extirpation partielle du coussinet plantaire est la plus usitée, et l’on doit la préférer autant que les circonstances peuvent le permettre. Elle suffit même dans le cas de clou de rue pénétrant jusqu’au petit sésamoïde, et elle a l’avantage de simplifier l’opération, de rendrqla cure moins longue, et de ne pas donner liçji au rapprochement trop fort des talons. L’extirpation complète du coussinet plantaire, laissant une sorte de vide , amène ordinairement ce dernier résultat, que l’on ne peut empêcher même par des clous brochés en talons , comme le prétendent quelques praticiens. Ainsi , il est * toujours avantageux de ménager la base de ce » corps , afin de pouvoir tenir les talons écartés et prévenir leur resserrement , qui rend quelquefois le pied douloureux et fait boiter le cheval. D’ailleurs , l’amputation seulement de la partie antérieure du coussinet plantaire est presque toujours suffisante pour suivre la trace du clou pénétrant même jusqu’à l’os petit sésamoide. L’extirpation de ce corps en entier ne peut donc être nécessitée que lorsque sa subs-
tance est altérée et désorganisée en majeure partie.
Toutes les variétés de clous de rue peuvent être opérées, d’après l’un des quatre procédés que je viens d’exposer. Toutes se réduisent, soit à une simple ouverture infundibuliforme prolongée jusqu’au fond de la piqûre; soit à l’enlèvement de la corne désunie et à l’amputation des chairs contuses ou désorganisées ; soit à la dessolure, qui laisse à découvert toutes les parties altérées et que l’on emporte ; soit enfin à la dessolure suivie de l’extirpation totale ou partielle du coussinet plantaire. En général , ces sortes d’opérations de pied exigent, comme plusieurs autres, beaucoup de dextérité, des connaissances anatomiques, et surtout de la promptitude. Quelque habilement exécutées qu’elles puissent être, elles ne deviennent efficaces qu’autant que les plaies qui en résultent ont été rappelées à l’état de plaie simple , qu’elles sont bien gouvernées et pansées méthodiquement jusqu’à pai’faite guérison. . • i • >. -V*'* •
§ 2 1 . La vieille, boiterie et plus généralement
la claudication de vieux, mal.
La* vieille boiterie dépend presque toujours d’une doulrtlr .établie dans* le pied, ef qui est