‹ Traité du pied considéré dans les animaux domestiquesChapitre 19 sur 29 · ACC1BEINS OCCASIONS UNIQUEMENT PAU LA FERRURE · texte numérisé non relu

ACC1BEINS OCCASIONS UNIQUEMENT PAU LA FERRURE

Ces aecidens, légers qu graves, dérivent soit de la maladresse ou de l’ignorance du maréchal, soit du peu de soin ou de la paresse que celuici met en pratiquant la ferrure. Les uns sont le produit de l’implantation mal dirigéedes clous; d’autres proviennent de l’application inconsidérée du fer; quelques autres enfin dépendent du mauvais usage du boutoir. Souvent le ferreur ne sé donne pas la peine de parer le pied et attache de nouveaux fers sans abattre le trop de corne. Le sabot; prenant alors trop de volume, surcharge le membre, le rend lourd, sujet à buter, à des efforts de boulet, à être atteint de fourbure, et à avoir la fourchette plus ou moins altérée. D’autres fois le maréchal brûle la corne avec le fer rougi , afin de l’attendrir et de pouvoir parer plus facilement; et lorsqu’il y a beaucoup de pied , il applique plusieurs fois ce fer chaud et qui n’est plus rouge, il le tient long-temps sûr la partie, dans l’intérieur de laquelle il fait pénétrer une telle quantité de calorique, qu’il produit la sole brûlée et détermine une désunion plus ou moins étendue de

l’ongle d’avec le réseaiï'vasculo-nerveux . Parfois il pare inégalement les quartiers, rend le pied de travers et fatigue ainsi les articulations. Souvent il fait porter son fer beaucoup plus sur un point que sur les autres , et détermine des compressions, d’où résultent des claudications et diflërens accidens ultérieurs. Enfin, les inconvéniens qui peuvent être le résultat des mauvaises ferrures sont incalculables : les membres dont les pieds sont continuellement mal ferrés se ruinent, se détériorent, deviennent en proie à des maladies graves , qui se compliquent toujours de plus en plus, et finissent par rendre le cheval incapable de travailler. On ne saurait donc recommander assez de soins et d’habileté dans la pratique de la ferrure , toujours utile ou pernicieuse suivant qu elle est bien ou mal exécutée.

§ i". La piqûre.

En maréchalerie , la piqûre s’entend d’un clou qui, étant enfoncé, atteint le vif, mais que l’on retire avant de le brocher complétementetde terminer la ferrure du pied. Ce genre de lésion donne quelquefois écoulement à tles gouttelettes de sang; il imprime constamment une douleur subite, qui porte l'animal, soit à

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faire des mouvemens prompts et involontaires, soit à boiter, s’il s’appuie sur le pied blessé. Ces signes , plus ou moins apparens, frappent ordinairement le maréchal , qui se hâte d’arracher le corps métallique, ou de déferrer le pied s'il ne peut distinguer celui des clous, qui occasione la douleur que ressent l’animal.

La piqûre peut avoir lieu, lorsque le clou est broché trop gras ; lorsqu’en entrant il rencontre une souche qui le dirige dans le vif; lorsqu’il est mis dans un vieux trou et qu’il prend une fausse route; lorsqu’il est enfoncé sans etre soutenu et qu’il est abandonné par le maréchal; lorsqu’enfin sa pointe, d’ailleurs bien faite, mais tournée en dedans, prend une direction inévitable du côté du vif, qu’elle pénètre. Le fer étampé trop maigre ou trop gras, le pied dont le sabot est faible et desséché, les clous à lame trop mince, ceux dont la pointe n’est pas bien effilée, etc., peuvent encore donner lieu à la piqûre, et méritent d’être pris en grande considération par le maréchal.

L’accident résultant de la piqûre se dissipe ordinairement sans suites fâcheuses ; cependant il produit parfois de la douleur, fait boiter le cheval , et donne lieu à la formation d’un petit abcès, qui , étant négligé, prend de l’é-

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tendue et fait naître diflërens désordres. Dans ces dernières circonstances , la piqûre nécessite à peu près les mêmes opérations et les mêmes soins que le clou de rue pénétrant dans le tissu réticulaire. Faire brèche et pratiquer assez de délabremens pour mettre à découvert tout le mal ; panser suivant l’état de la plaie j savoir prévenir les compressions, les fistules , les caries et les bourgeons charnus ; telles sont les indications prescrites pour le clou de rue , et convenables pour la piqûre (i).

§ 2. L’enclouure.

Même genre d’accident que le précédent, dépendant des mêmes causes et n’en diflféraut qu’en ce que le clou reste implanté dans le pied, L’enclouure est plus ou moins grave selon la nature de la lésion et suivant le séjour que fait le corps vulnérant dans le pied : tantôt elle se borne au tissu réticulaire , et tantôt elle va plus avant dans le vif, et atteint le bord inférieur de l’os du pjed. La matière purulente , venant à se former , peut fuser sous l’ongle , en produire

(i) Voyez ce qui a été dit à l’article du Clou de rue, page 266 et suiv.

Une désunion plus ou moins grande, souiller aux poils et donner lieu à des javarts encornés.

Le cheval dont le pied est encloué ressent subitement, ou seulement au bout d’un certain temps, une douleur qui le porte à feindre ou à boiter, et qui va toujours en augmentant, à moins que l’on ne vienne «à bout de la calmer. Dès que l’on soupçonne la cause de la boiterie, l’on doit s’empresser de déferrer le cheval et de fouiller le pied, pour connaître le point douloureux, s’il n’est point apparent par le sang qui en sort, ou de toute autre manière.

Comme nous l’avons dit plus haut, l’enclouure peut avoir les mêmes résultats que la piqûre, et nécessiter les mêmes opérations et les mêmes soins. Toutes les fois qu’il n’y a pas de foyer purulent, il suflit d’arracher le clou et de calmer la douleur par des cataplasmes émolliens ; l’accident se dissipe promptement et sans suites fâcheuses. Dans le cas contraire, l’on abat la corne jusqu’à la rosée, l’on fait une brèche entre la sole et la paroi , l’on va jusqu’au bourbillon, que l’on découvre bien , et l’on panse avec des étoupes imbibées d’eau-de-vie ou d’essence de térébenthine, s’il y a principe ou formation d’ulcère. Toutes les fois que l’os du pied se trouve carié, la dessolure devient indispensa-

ble , et la plaie doit être gouvernée comme dans le clou de rue, suivi de nécrose du petit sésamoïde ou de l’os du pied.

§3 .La retraite.

Elle ne diffère des deux lésions précédentes que parce qu’elle dépend d’un clou pailleux, quif en pénétrant dans l’ongle, se divise en deux lames , dont une atteint le vif et reste enfoncée dans le pied ; tandis que l’autre branche, sortant au dehors, permet de serrer le clou et de le brocher complètement. La retraite peut aussi avoir lieu lorsque le clou broché rencontre une souche, qu’il dévie et pousse en dedans jusqu’au vif.

La retraite suit la même marche que l’enclouure, elle exige les mêmes attentions, et elle peut faire naître les mêmes accidens. Quand on s’est bien assuré du point où existe la retraite , on doit faire brèche à la paroi avec un rogne-pied , jusqu’à ce que l’on soit parvenu au corps étranger, que l’on retire ; l’on donne ensuite issue au pus qui peut s’étre formé, et l’on panse avec des étonpes chargées des mêmes substances que dans les deux cas précédens.

§ 4- Le pied serré par les clous.

Cet accident survient plus particulièrement dans les pieds faibles et gras ; il se fait aussi remarquer dans les poulains, qui, ayant encore la corne tendre , sont ferrés par des maréchaux inhabiles et incapables d’exécuter une ferrure convenable à la nature de l’ougle.

L’animal dont le pied est serré par les clous témoigne de la douleur, feint ou boite plus ou moins fortement, et indique ainsi la nécessité de le déferrer , de calmer l’irritation, de referrer légèrement et sur-tout de serrer moins les clous. Le pied qui porterait long -temps cette mauvaise manœuvre pourrait devenir fourbu, :

sur-tout si l’on forçait le cheval à marcher suides terrains durs.

§5 .Le pied comprimé par le fer.

Ce genre de lésion est le résultat ou du manque d’ajusture du fer, ou du rebroussement trop fort des pinçons, sur lesquels l’ouvrier frappe à grands coups de brochoir. Le pied ainsi comprimé est d’abord peu douloureux ; mais l’accident produit , au bout de quelque temps, la boiterie, qui va toujours en augmentant, jusqu’à ce que l’on fasse cesser la cause occasio-

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»»ollo . Ces mauvaises ferrures, étant renouvè-' ^

lées, occasionent les oignons, les bleimcs; elles peuvent ujssi donner lieu à la fôurbûre, surtout si le cheval vient à faire une tnarcb^jpnguc sur des terrains durs.

If accident dont il s’agit se reconnaît après avoir déferré le pied, qu£ l’on a soin d’examiner avant de faire usage du boutoir. Le fer peut avoir imprimé une dépression , une sorte d'usure dans l’endroit même où il exerçait une corn-

pression ; en pinçant avec les tricoiSes, l’on s’assure s’il y a ou non de la douleur. Cette première revue petit être infructueuse : l’on s’arme alors du boutoir et l’on pare jusqu’à une certaine .profondeur • l’on sonde de nouveaü avec les trioeises. Le point douloureux étant découvert, l’on enveloppe le pied d’un cataplasnfb^mollient, et on laisse reposer le .cheval deux ou trois jours, jusqu’à ce que la douleur soit entièrement dissipée.

Si le cheval ne faisait que feindre, et que l’on ne distinguât qu’une douleur légère, l’on pourrait referrer de suite à demeure, en ayant soin de corriger les défauts du fer, ou d’en appliquer un autre mieux confectionné, de manière à ce . que le pied fût bien à son aise.

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§ G. La sole échauffée.

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t elle lésion ue'diflere de la précé^nte que parce ^l’cile est porlée à un degré moins élevé; elle reconnaît les mêmes causes, dépend aussi « du fer chaud, que le maréchal tient applîqué sur le pied , et elle provient constamment de la paresse ou de l’inhabileté de l’ouvrier. Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, pour ménager du temps et s’éviter de la peine, certaius maréchaux , ‘

présentent au pied le fer tout rouge , appuient . même dessus avec force, afin de brûler la corne, de l’attendrir et de pouvoir ensuite la parer plus aisément. D’autres, étant peu exercés ou , ,

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; longtemps à voir si leur fer a l’ajusture la tournur£ convenables -, ils tiennent le fer chaud # appliqué au pied, pendant qu’ils se retournent et qu’ils regardent s’il peut aller ; souvent même ils sont obligés de le présenter plusieurs fois et de toujours agir dé la même manière.

Dès que l’on aperçoit un état de gène susceptible de déceler une sole échauffée, il convient d’appliquer sur la partie quelques substances émollientes, de faire ménager le cheval, et même de lui donner quelques jours de repos, suivant que la circonstance l’indique.

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Accident produit par un fer rougi ou simplement chauffé sans changer de couleur, fer que le maréchal tient appliqué sur la sole, dans le des- r •

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se*în dé l’attendrir et de pouvoir eusuite la parer .

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a vit plus d’aisance: alors le calorique, imprimé eu abondance, crispe, oblitère plus ou mouS*^*, .ï- Y.;JB les vaisseaux séreux de la corne, dessèche la |jy'- Ljjj sole , la rend feutrée dans l’intérieur, la soulève quelquefois, et peut même la décoller dans quelques points de son étendue.

On reconnaît que la sole a été brûlée, lorsqu’en parant le pied on trouve la corne d’abord brunâtre, ensuite jaune, enfin criblée de petits f pores ouverts, desquels suinte une humeur sé- * reuse. Si l’ongle a été détaché du corps réticulaire, les endroits où, la désunion existe sont complètement desséAés et ne fournissent pas la rosée, dont il vient d’être parlé.

La sole brûlée, étant négligée, donne lieu à la formation d’un loyer purulent, détache successivement la corne et nécessite par suite l’opération de la dessolure ; elle peut aussi , selon I.afosse, produire la gangrène et faire périr le ’ <■ clicval en très-peu de temps.

Les pieds plats ou combles, sur-tout ceux

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v qui le sont par suite de Courbure, sont trèsexposés à avoir la sole ainsi altérée, principalement si leur ferrure est continuellement pratiquée par des maréchaux ignorans.

Cette affection de la sole requiert toujours * - l’amincissement du sabot , que l’on parera presque jusqu’à la rosée; l’on fera ensuite u^Sge t , , des substances grasses ou mucilagineuses, pour

• . donner de la souplesse à la corne et en déter-

miner un prompt accroissement. Lorsque l’ac- > ^ cident est léger, l’on abat beaucoup moins de

- v** corne que dans le premier cas; on applique

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un fer léger et l’on enduit le sabot avec quelques graisses.

§ 8. La sole desséchée ou le pied altéré.

()n désigne sous ce titre un état particulier * , k . de dureté qu’acquiert la sole, par suite de ce ** que le maréchal pare trop cette partie, chaque fois qu’il ferre le cheval. Cet accident, en général léger, détermine à la longue le resserre- • ment du tissu de la corne et l’astriction de ses . vaisseaux ; il produit une soustraction plus ou • moins grande des fluides nécessaires à l’eutrc-

lien de sa souplesse, et rend cette région dn ' • ^ pied plu?, sensible. Des cataplasmes émolliens, *.*, quelque temps continués, sulfisent pour rétablir

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r la soje dans son état primitif, et redonnerait Hv. P*ed la solidité qu’il avait auparavant.

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§ 9 - Ze p/erf affaibli.

L altération dont il s’agit esttoujours le ré* sultat des jnauvaises manœuvres de l’ouvrier maréchal, qui, chaque fois qu’il ferre* pare trop avant, tait resserrer la corne, rend ainsi le pied sensible, et l’affaiblit soit en totalité, soit partiellement ou des talons, ou delà fourchette, ou de la sole. Le pied aÛ’aibli est plus » ou moins douloureux , ne résiste pas à la marche et devient sujet à la sole foulée, aux bleimes, aux oi*pions , meme à la fourbure. •

' Une ferrure mieux combinée, le repos, l’u- >agc de toutes les substances capables d’apaiser la douleur et de favoriser l’accroissement de 1 ongle , sont les moyens a employer pour prévenir les accidens divers auxquels le pied affaibli est exposé, et pour redonner à la partie sa solidité première#

^io.^Zw coups de boutoir dans la sole.

Suivant l’état de l’instrument et selon la force a\ec laquelle ilVst poussé, les coups de boui. . .. toir*produiserft des blessures légères ou pror fondes, simples ou contuscs. Si la plaie est

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* duellement, de manière à établir une forte pres-

sion uniforme , susceptible d’empêcher la pous- * se des cerises ou d’autres bourgeons charnus.

• . ' ‘ ^ Lorsque, par suite de négligence ou de soins mal

* entendus , l’accident a donné lieu h la format ion d’un abcès , l’on doit se induire comme " ’/ il a été prescrit pour la bleime suppuré.

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