STRLCTLIUE ORGANIQUE DU PIED
.Le pied du cheval et celui des autres monodactyles offrent, dans teur composition , deux os, un appareil ligamenteux , un coussinet plantaire, un tissu réticulaire, des vaisseaux, des nerfs, enfin une enveloppe cornée.
§ i. Os du pied.
Ils sont au nombre de deux, dont un principal, recouvert par l’ongle, est le dernier phâlangien y l’autre , situé hors de rang et posé en travers à la face postérieure de l’articulation du premier avec l’os de la couronne , se nomme petit sésamoïde , et sa face externe forme une coulisse, sur laquelle glisse l’expansion tendineuse du musçle perforant ou grand fléchisseur.
(a). Du dernier phalangien, ou l’os du pied.
Le dernier phalangien, ou, plus communément, l’os du pied (Pl. Y’.,fig. x, 3 et 4, d, c\ a une conformation analogue à celle du sabot qui le renferme , et 'auquel il sert de base ; il produit, avec le second phalangien et le petit sésamoïde, une articulation de charnière, af-
fermie par un appareil ligamenteux, dont nous donnerons une description particulière. Cet os, éminemment poreux et dépourvu de cavité médullaire, porte une multitude de conduits plus ou moins gros, qui proviennent des deux trous inflexesdesa face plantaire, et s’ouvrent au dehors dans les divers points de sa surface antérieure : les plus considérables de ces conduits se remarquent à son bord inférieur ou tranchant. Tous ces canaux livrent passage à des divisions artérielles et nerveuses, qui s’anastomosent , s’associent dans l’intérieur même de l’os, d’où elles s’échappent ensuite pour se ramifier dans le tissu réticulaire.
Sa face supérieure et articulaire (fi g- i, a), incrustée d’une lame cartilagineuse, présente deux cavités creusées d’avant en arrière ; l’interne, un peu plus grande, est séparée de l’externe par une petite éminence, et ces cavités reçoivent les condyles du second phalaugien.
Le rebord antérieur de la surface diarthrodiale porte dans son milieu un prolongement, véritable biseau pyramidal, qui affermit puissamment l’articulation, empêche toute luxation en avant de l’os de la couronne, et donne implantation à l’expansion du ligament tendineux ,
formé par les muscles extenseurs. Ce rebord ,
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demi-circulaire et raboteux, se prolonge vers les talous et se termine de chaque côté près de l’origine du fibro-cartilage latéral, dont il va être parlé bientôt. Tout près et en avant de la protubérance du talon , l’on voit une petite fosse, destinée à l’implantation des fibres du ligament latéral antérieur du pied. Le bord postérieur de la même surface articulaire paraît comme refoulé dans le milieu, où il présente uue facette transversale, qui correspond au petit sésamoïde, et s’articule avec une pareille facette de cet os.
La face antérieure de l’os du pied (Jig. 1 , b ) , sur laquelle s’adapte la paroi du sabot, est convexe d’un côté à l’autre, et s’évase du bord supérieur vers l’inférieur, mais plus sensiblement en pince qu’en quartiers. Parsemée d’aspérités, de trous nombreux , qui la rendent comme poreuse, sur-tout le long du bord inférieur , elle présente des sortes de végétations irrégulières, de lamelles ou d’aiguilles superposées, et elle se trouve divisée dans son plan médian par une dépression généralement peu marquée. Du côté du prolongement fibro-cartilagineux , l’on voit une scissure transversale, qui , formant la continuité du trou pratiqué à la base de ce prolongement, se dirige d’arrière en avant sur le quar-
tier, et loge l’artère préplantaire ( fig .
La face inférieure ou plantaire de l’os du pied ( fig. 3, a ) correspond à la sole çt à la fourchette, et se trouve partagée transversalement par une petite crête semi-lunaire en deux parties, distinctes par leur étendue et leurs usages ; l’antérieure , plus grande, est une surface concave, légèrement poreuse, qui suit la direction de la sole, à laquelle elle est unie au moyen d’un tissu serré. La partie située en arrière de la crête est raboteuse, inégalement concave, et pourvue à ses côtés de deux grands trous indexes ; ces trous s’avancent dans l’intérieur de l’os, se courbent transversalement de dehors en dedans, se réunissent , se continuent ensuite par des divisions multipliées, qui aboutissent à la surface extérieure de l’os, et ils livrent passage à l’artère et au nerf plantaires.
Dans le reste de son étendue, cette partie pos-
( i ) Au-dessous de la scissure transversale et vers le talou,
' l’on remarque une éminence spongieuse , allongée , que Bracy— Clark désigne par le terme de palilobc, et à laquelle il n’attribue aucun usage particulier. Le même auteur nomme fosse riticuiairc une dépression transversale, située en bas . du biseau du bord supérieur, et occupée par le tissu feuilleté, plus épais en cet endroit que partout ailleurs. " *??***'
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térieure de la face plantaire donne attache à diverses productions ligamenteuses , telles qu’à l’expansion pyramidale du tendon perforant, aux fibres courtes et multipliées qui fixent le petit sésamoïde à l’os du pied.
Le bord inférieur ou tranchant de l’os du pied correspond à la commissure de la paroi et de la sole, en suit les contours, et se termine de chaque côté à la base du fibro-cartilage. Les trous nombreux dont il est criblé, le rendent irrégulièrement découpé et dentelé, et cette disposition semble offrir plus de fixité à la sole charnue, légèrement attachée à la surface plantaire. Les éminences dites patilobes occupent les extrémités de ce même bord inférieur, où elles donnent attache aux fibres du cartilage la- . . téral de l’os.
Les prolongemens fibro-cartilagineux , plus communément les cartilages latéraux, véritables dépendances de l’os du pied , s’élèvent de ses parties latérales et postérieures, s’épanouis- - sent en éventail, contractent diverses connexions, donnent à l’os des propriétés particulières, et favorisent d’une manière spéciale l’élasticité générale du pied. Ces expansions cartilagineuses sont d’autant plus importantes à connaître quelles deviennent sujettes à de nom-
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breuscs altérations morbides , et que l’on est
souvent obligé de les amputer ou d’y porter le cautère; elles débordent le sabot, montent jusqu’au voisinage de 1’articulation du paturon avec la couronne , et sont un peu plus grandes dans les pieds de devant que dans ceux de derrière (i).
Nous reconnaîtrons à chaque cartilage une base, deux bords, distingués en supérieur et en inférieur, deux extrémités, dont, une antérieure et l’autre postérieure, une face externe et une face interne.
i°. La base, partie inférieure par laquelle le prolongement procède du talon de l’os , offre une multitude de fibres, qui affectent différentes directions, et sont très-nombreuses vers l’extrémité du bord tranchant de l’os, où elles offrent des attaches multipliées à l’éminence patilobe. Ce mode de réunion des parties établit un centre particulier de mouvement du fibro-cartilage sur l’os qui lui donne naissance, mouvement qui cesse d’avoir lieu lorsque la base de ce fibro-cartilage acquiert beaucoup de dureté ou qu’il passe à l’état osseux.
2 °. Le bord supérieur, mince, contourné en dedans et légèrement échancré selon sa lon-
.(i) De meme que les deux quartiers du sabot , le cartilage latéral externe est toujours mi peu plus fort que l’interne.
gueur, embrasse l’os de la couronne, contre lequel il est fixé par un tissu lamineux, abondant et résistant.
3°. Le bord inférieur, très-épais et très-libreux , établit une sorte de continuité du bord inférieur de l’os, d’où il tire son origine; du côté interne et près de ce bord osseux , il semble se confondre avec les fibres du ligament tendineux postérieur, et il fournit au coussinet plantaire une multitude de colonnes fibro-cartilagiueuses.
4°. L’extrémité ou partie antérieure s’avance jusqu’au ligament latéral antérieur, et lui est si intimement unie, qu’elle semble se confondre avec lui. Supérieurement, et vers le milieu du second phalangien, elle fournit un petit prolongement, sorte d’appendice arrondi, appliqué sur l’extrémité supérieure du ligament latéral antérieur et fixé au ligament tendineux antérieur (i). L’union de toute l’extrémité anté-
(l) Ce prolongement, par lequel le fibro— cartilage Se trouve attaché à l’expansion pyramidale, formée par les tendons extenseurs, est d’autant plus important à connaître, que son ablation , lors de l’opération du javnrt cartilagineux, exige certaines précautions, et que l’ enlèvement de ce prolongement peut être aisément oublié,- ce qui, dans cc cas, n’est pas sans inoonvénfepl.» u • » • , v , •
rieure du fibro-cartilage avec le ligament late'ral antérieur se fait par des fibres courtes, très-fortes, et qui vont de l’une à l’autre partie. Souvent le ligament acquiert une texture cartilagineuse, qui procède toujours de dehors en dedans , et semble provenir du fibro-cartilage. Le développement cartilagineux dont il s’agit, donne à la partie une dureté très-remarquable, 1a rend susceptible de la même carie que le fibro-cartilage de l’os , et complique singulièrement l’opération du javart cartilagineux. Ce genre d’altération du ligament se fait remarquer plus généralement dans les chevaux usés, dont les pieds ont été détériorés par la ferrure et le travail. \* A *• •
Vf 5°. L’extrémité postérieure , large , évasée et très-fibreuse, s’applique contre la base du coussinet plantaire, l’embrasse et s’y maintient attachée par une multitude de prolongemens fibro-cartilagineux , ainsi que par un tissu lamincux extrêmement dense. Ce mode d’union est „tel, que le coussinet plantaire ne forme, pour ainsi dire, avec les deux prolongemens pha- • larigiens, qu’un seul et même corps, dont l’usage essentiel est de donner au pied une certaine souplesse, et de contribuer efficacement à son élasticité.
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6° La surface externe, irrégulièrement convexe, parsemée de trous et de scissures diverses , soutient un réseau veineux , très-anastomotique, formé par les veines superficielles, et d’autant plus développé , que l’alflux du sang dans l’intérieur du pied a été plus vivement excité et que les vaisseaux ont été plus distendus par l’accumulation de ce fluide. Cette surface est recouverte supérieurement par la peau , et dans le reste de son étendue par la corne de la paroi j ses adhérences ont lieu d’abord avec le derme, au moyen d’un tissu lamineux abondant, mais court et serré vers le bourrelet, secondement avec le sabot par le tissu réticulaire. *
7 °. La face interne, inégalement concave et diversement unie aux parties quelle recouvre , adhère à la portion de la membrane capsulaire, qui occupe l’intervalle du ligament latéral antérieur au postérieur, et forme , lors de la flexion o du pied, un boursouflement plus ou moins considérable, qu’il importe de ménager lorsque ' l’on pratique l’ablation du prolongement fibro- ; cartilagineux. Un réseau veineux, formé par les veines profondes qui s’élèvent de l’intérieur du pied, se trouve accolé à la face interne du prolongement fibro -cartilagineux , et a pour soutien le tissu lamineux , abondant et dense ,
qui fixe le cartilage aux parties sous - jacentes.
Si, après avoir fait connaître en détail les différons rapports et connexions des prolongeraens de l’os du pied, nous jetons un coupd’œil sur la structure organique de ces fibrocartilages, nous verrons quelle n’est pas la même dans tous les points, et qu’elle éprouve des changemens, suivant que le pied est plus ou moins fatigué et détérioré par les mauvaises ferrures ou par toute autre cause. Le cartilage latéral du pied, tendre, très-souple et très-fibreux dans le jeune poulain, perd de sa flexibilité avec l’âge, acquiert insensiblement de la dureté, et passe même à l’état osseux:
ces altérations si remarquables, et qui s’établissent plus tôt ou plus tard, sembleraient n’ètre qu’accidentelles et occasionnées sur-tout par la ferrure. La plus grande dureté de ce cartilage s’observe vers sa base et à peu près dans sa moitié antérieure; la partie la plus fibreuse et la plus flexible existe en talon , sur-tout au bord inférieur du prolongement. Nous avons aussi fait remarquer que l’on rencontre, à la réunion du cartilage avec l’os, une multitude de fibres courtes, et que ce point fibreux est évidemment un centre de mouvement. Si l’on coupe
par tranches , par lames successives très-minces , la portion la plus consistante du prolongement phalangien , au fur et à mesure que l’on approche de la surface interne, les fibres deviennent plus apparentes, plus multipliées, et la dureté est conséquemment moins grande.
L’ossification accidentelle dont est susceptible le fibro-cartilage , procède constamment de la substance même de l’os, qui semble alors acquérir de l’étendue aux dépens de son prolongement. Assez ordinairement, ce travail n’a lieu qu’en dehors , et n’occupe que la face externe du cartilage; d’autres fois, l’ossification s’avance én transformant toute l’épaisseur de la partie : lorsqu’elle ne monte pas d’une manière régulière, et qu’elle ne forme qu’une couche extérieure, cette lame osseuse peut masquer les points cariés, rendre l’opération du javart compliquée, et nécessiter des précautions que nous ferons connaître plus loin.
(b). Du petit Sésamoïde , os accessoire du pied.
Le petit sésamoïde, vulgairement I’oj tiaviculciire, I’oj de la noix (PI. 1 "., Jig. 2), complète la surface par laquelle le pied s’articule avec la couronne ; c’est un petit os transversalement allongé, un peu aplati de dehors en de-
dans, dont les extrémités sont comme refoulées en haut, et qui est fixé de tous côtés par un appareil ligamenteux.
Sa face externe et postérieure , légèrement convexe de haut en bas , séparée au milieu par une petite crête, est incrustée d’une lame cartilagineuse et forme la dernière coulisse, sur laquelle glisse le tendon perforant.
Sa face interne , diarthrodiale et bi-concave, termine postérieurement la surface articulaire du pied.
Son bord supérieur, épais et pourvu de diffe'rens petits trous, donne implantation aux fibres d’une production jaunâtre, de même nature que le ligament tendineux postérieur, dont elle semble même n’être qu’une dépendance. Cette production très-remarquable monte en s’amincissant jusqu’au niveau de la coulisse, qui est formée par la protubérance postérieure et supérieure de l’os de la couronne; après un trajet de 5 à 6 lignes, elle atteint le tendon perforant, l’embrasse et se confond avec lui. Le ligament dont il s’agit, concourt ■« d’abord à raffermissement de l’os en place; il sépare la petite coulisse sésamoïdienne d’avec la gaine phalangienne; et comme il adhère par sa face antérieure ou interne au ligament cap-
sulaire de l’articulation du pied, il maintient ce ligament , le porte en haut dans les instans d’extension, lui permet, lors de la flexion, de se boursoufler et de loger une grande quantité de synovie. Le côté interne du bord supérieur du petit sésamoïde est dénué de fibres, et forme une marge articulaire.
Le bord inférieur de l’os offre deux facettes transversales et très-distinctes : l’une , diar throdiale, s’adapte à une pareille facette du bord articulaire postérieur de l’os du pied; l’autre facette, externe et raboteuse, fournit des points multipliés d’attache à un ligament court et épais, qui s’insère inférieurement au dernier phalangien , par-dessous l'expansion pyramidale du tendon perforant.
Ses extrémités latérales , tubéreuses et déprimées du côté du bord inférieur, paraissent comme contournées en haut , et donnent attache aux ligamens latéraux postérieurs.
En complétant la cavité articulaire bi-concave , dans laquelle s’emboîtent les éminences condyloïdës du second phalangien, le petit sésamoïde consolide d’une manière très-remarquable l’articulation phalangienne du pied; il s’oppose sur-tout à la luxation en arrière de l’os de la couronne, auquel il sert de point
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d’appui dans tous les mouvemens et attitudes où le pied pose sur le sol et y prend son point fixe.
§ 2 . Appareil ligamenteux du pied.
Cet appareil se compose des ligamens articulaires latéraux , du ligament capsulaire et des ligamens tendineux , tant antérieur que postérieurs. • '
(a), Des Ligamens articulaires latéraux.
Ces ligamens sont au nombre de quatre, deux de chaque côté, et se distinguent en antérieur et en postérieur. Le ligament latéral antérieur, soit interne, soit externe ( Jig.5 et 6,b, b) y est couché obliquement de haut en bas et d’avant en arrière , sur le côté de la face antérieure de l’articulation phalangienne, et im-: médiatement à l’extrémité antérieure du prolongement fibro- cartilagineux. Il est blanc, gros, court* a une texture fibreuse, qui est dense, serrée, et devient parfois cartilagineuse; supérieurement, il s’attache dans une fosse située sur le côté du condyle du second phalangien , et il s’implante inférieurement dans la fosse raboteuse , qui se trouve près du talon et de l’origine du fibro-cartilage de l’os du pied.
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Ce ligament, dont les fibres sont d’autant moins longues, qu’elles sont plus intérieures, est
essentiel à l'affermissement de l’articulation;
l’expérience prouve que, lorsqu’il a été amputé en totalité ou en grande partie, le cheval reste boiteux, même après la guérison la plus parfaite du javart cartilagineux.
Le ligament latéral postérieur (fig. 6, c ) , situé plus profondément, eu arrière du précédent, et sur le côté de la face postérieure de l’articulation du pied, correspond à peu près au milieu du cartilage latéral, duquel il se trouve isolé par la base du coussinet plantaire. Plus long, mais moins gros que le ligament latéral antérieur, il s’attache supérieurement aux éminences latérales de l’articulation des os de la couronne et du paturon, d’où il descend obliquement de haut en bas et d’avant en arrière, pour s’insérer à l’extrémité du petit sésamoide.
(b). Du Ligament capsulaire.
Il circonscrit toute l’articulation du pied avec l’os de la couronne, forme une bourse ou réservoir, unique, proprè à sécréter, résorber et contenir la synovie, dont la quantité 'est en raison de la fréquence et de l’étendue des mou-
vemens. Cette bourse synoviale adhère antérieurement à l’expansion pyramidale des tendons extenseurs; de chaque côté, aux bgamens latéraux, ainsi qu’à une partie du fibro-cartilage, et postérieurement elle est unie au ligament sésamoïdien supérieur. La partie de cette capsule , recouverte immédiatement par le fibro-cartilage et qui s’étend d’un ligament latéral à l’autre, donne lieu, lors de la flexion du pied sur la couronne, à un boursouflement d’autant plus remarquable , qu’il peut être facilement offensé pendant llopération du javart cartilagineux. L’expérience démontre que ce boursouflement, que l’on fait disparaître en tenant le pied dans un état d’extension, peut parfois acquérir beaucoup do volume, et parvenir à la grosseur d’un œuf de poule.
Le ligament capsulaire de la dernière articulation phalangienne offre la même composition que les autres ligamens du même genre ; il est formé de deux couches ou lames iutimement unies, dont l’externe, fibreuse et blan-
che, s’attache aux bords des marges articulaires, tant supérieures qu’inférieures, et donne à la bourse synoviale la force dont elle a besoin ; la lame iuterue, line et séreuse, forme la surface libre, exhalante et inhalante de la poche.
(cj. Du Ligament tendineux antérieur.
Étant un prolongement des muscles extenseurs, dont les tendons se réunissent à l’extrémité inférieure du canon, le ligament dont il s’agit (PL Y%,Jig. 6, a) se trouve appliqué immédiatement sur la face préphalangienne du paturon et de la couronne, s’élargit en descendant , et forme une expansion pyramidale , qui s’insère au biseau du bord antérieur de l’os du pied. Vers le ipilieu du paturon, il reçoit, de chaque côté, une forte bride ligamenteuse , qui provient des grands sésamoïdes , se confond avec lui et concourt à augmenter la force , qui lui était nécessaire pour maintenir les deux dernières articulations phalangiennes et les empêcher d’être forcées. Avant son insertion à l’os du pied, il se réunit de chaque côté au ligament latéral antérieur, ainsi qu’au prolongement fibro-cartilagineux, de manière que toutes ces parties semblent confondues et ne former qu’une seule et même enveloppe.» • • •.
(d). Des Ligainens tendineux postérieurs.
Très-différens des tendons extenseurs, qui se réunissent en une seule production pyrami-
dale, les ligamens tendineux postérieurs sont au nombre de deux, distingués en externe ou perforé et en interne ou perforant; ils restent exactement séparés l’un de l’autre, et un seul d’entre eux s’insère à l’os du pied. Ces ligamens postérieurs, gros, épais, superposés, et engainés l’un dans l’autre, sont fixés aux os par une multitude d’attaches ; ces liens propagent d autant leur force et les mettent dans le cas de soutenir tous les os phalangiens, surtout de résister au poids du corps , qui tend continuellement à forcer les articulations.
Sur les grands sésamoïdes, le perforé offre un anneau , dans lequel s’engage le perforant ; vers la partie inférieure du paturon, ce même ligament perforé se bifurque et fournit deux grosses branches, qui s’insèrent de chaque côté aux extrémités de la protubérance postérieure du secoud phalangien ; ces branches restent cependant réunies par une large production, qui s’épanouit sur l’expansion du perforant.
Le ligament interne, beaucoup plus gros , d’un tissu extrêmement dense et serré, descend, sous le précédent, jusqu’à l’os du pied, et s’implante, par une expansion pyramidale, à la crête semi-circulaire de sa face plantaire. Avant sa terminaison au dernier phalangien, ce tendon
passe et glisse sur trois coulisses successives ; l’une , supérieure , est formée par les grands sésamoïdes; la seconde , par la protubérance postérieure du deuxième phalangien, et la troisième par le petit sésamoïde. Depuis la première jusqu’à la seconde coulisse, il est lubrifié par la synovie accumulée dans une grande gaine , dont nous parlerons plus loin.
Ces tendons, enchaînés ensemble, sont maintenus à la face postérieure de toute la région digitée par trois brides ligamenteuses distinctes. La première , large enveloppe , retient les tendons dans la coulisse des grands sésamoïdes et s’at- , tache aux parties latérales de cçs os. Les deux nqtres brides constituent des lienÿ étroits, qui proviennent des parties latérales de l’os du paturon : l’une de ces brides, supérieure et implantée aux tubérosités latérales de l’extrémité supérieure de l’os , se dirige en travers et se contournesur le tendon perforé, où elle seiermine ; la bride inférieure est un ligament plus épais et plus important, qui prend son origine aux éminences inferieures du même phalangieo , et s’insère sur l’expansion pyramidale du tendon perforant. Ce dernier ligament se réunit t avec celui du côté opposé et forme une large enveloppe. Toutes les brides d’un côté se ren-
contrent avec celles du coté opposé ; leurs fibres s’entrelacent étroitement et se confondent avec celles des tendons. Ces liens latéraux fortifient puissamment ces tendons ; i|s leur donnent une propriété très - remarquable, celle de résister aux extensions forcées des os, et d’empêcher que ces tiraillemcns si violens et si brusques ne se propagent supérieurement à la substance cliaruue des muscles.
La gaine plialangienne , commune aux deux ligamens tendineux postérieurs , s’étend des grands au petit sésamoïde, dans le pli du paturon ; elle commence au-dessus des grands sésamoides, derrière le canon, par un anneau qui entoure le tendon perforant; sur la coulisse de ces mêmes os, elle se contourpe sur le tendon perforé, mais ne l’embrasse pas complètement; au niveau de la protubérance postérieure de l’os de la couronne et sur la face externe du perforant , elle se trouve exactement close par l’expansion fibreuse , qui réunit les branches du perforé; fle ce premier point de terminaison elle se continue par-dessous le tendon perforant et descend jusqu’au bord supérieur du pétit sésamoïde , où elle présente un véritable cul-de-sac et se trouve séparée de la petite coulisse, sésamoïdieo ne par le ligament transversal,
dont il a déjà été fait mention. Cette gaine, fortifiée de chaque côté par les productions ligamenteuses , qui s’attachent aux parties latérales des grands sésamoïdes et des deux premiers phalangiens, est d’autant plus importante à connaître, qu’elle devient fréquemment le siège d’abcès extrêmement douloureux : sa synoviale forme quelquefois, en haut et en bas des grands sésamoïdes, des boursouflemens, tumeurs molles, que l’on désigne vulgairement sous le nom de molettes.
La coulisse du petit sésamoïde, dont il a d’éjà été parlé et qui se trouve sous l’expansion du perforant, est une petite cavité synoviale, transversale, close de toutes parts et exactement séparée, tant de la grande gaine phalangienne, que de l’articulation du pied avec la couronne. Quoique très-profonde, elle est fréquemment ouverte par les clous de rue, accident généralement grave et qui donne lieu à l’écoulement de la synovie (x).
(«) Les clous de rue pénétrons, qui donnent lieu à l’é- ' panchcment de la synovie, ne vont pas, comme on le prétendait autrefois, dans l’intérieur de l’articulation du pied ; ils ne'pourraient y parvenir qn’en traversant le petit sésa-
moide, et un tel accident paraît impossible. - ,
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§ 3. Coussinet plantaire.
Le coussinet plantaire, communément le corps pyramidal {PI. Il , fig. i,c), et que l’on nomme aussi la fourchette molle ou de chair, est une production fibreuse, mollasse, fixée entre les fibro-cartilages et appliquée à la face externe de l’expansion du perforant. Ce coussin central donne de la souplesse aux parties postérieures du pied, sert efficacement à leur élasticité ainsi qu’à l’écartement des talons , et il modère la violence des percussions.
Composé d’un tissu fibreux blanc, dans lequel se remarquent divers prolongemens fibrocartilagineux , le coussinet du pied présente deux faces, dont une externe et l’autre interne, uue base et un sommet. La face externe soutient l’expansion réticulaire de la fourchette et présente deux éminences disposées en V, .
séparées l’une de l’autre par une cavité triangulaire, le tout étant destiné à s’emboîter d’une manière intime avec les éminences et les cavités correspondantes de la fourchette de corne.
La face interne du coussinet adhère immédiatement à l’expansion du tendon perforant, et lui est unie par un tissu lamineux, dense et trèsabondant.
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La base du corps pyramidal est recouverte * eu haut et en arrière par la peau ; sur ses côtés elle se réunit avec les fibro-cartilages de l’os du pied : en haut et vers le pli du paturou , elle est soutenue par deux fortes brides ligamenteuses, qui sont implantées à l’os du paturon.
Sa pointe se termine dans le milieu même de la face plantaire du pied, à laquelle elle est fixée par un tissu court, serré et très-fort.
La substance du coussinet, blanche et élastique, offre une grande résistance et ne parait pas sensible, ainsi que le prouvent diverses expériences : elle est formée d’un tissu lamineux et filamenteux , qui soutient diverses granulations adipeuses , et elle n’est pénétrée que par un petit nombre de vaisseaux et de nerfs. Il est constant que le coussinet du pied peut se régénérer et reprendre, au bout d’un certain
temps, son état premier d’intégrité.
§ 4 - Tissu réticulaire.
Le tissu réticulaire (Jig- i , d, d), et plus communément la chair du pied, •forme une . ex- . paiision membraniforme, vasculo-nerv/euse, et située immédiatement sous l’ongle, avec lequel elle contracte des adhérences très-fortes, et différentes suivant les parties auxquelles elle cor-
respond. Cette couche sous-ongulée s’étend et s’enracine sur toute la face antérieure du dernier phalangien, se contourne au-dessous du pied et se propage sur toute la face plantaire. On la divise communément en chair cannelée de la paroi , chair de la sole, chair de la fourchette et chair du bourrelet.
i°. La chair cannelée, mais, mieux, lamellée ou feuilletée, est la partie la plus épaisse, la plus vasculaire et en quelque sorte la plus organisée; Bracy-Clark la nomm e tissu podophylleux : elle occupe toute la face antérieure de l’os du pied et se prolonge sous les talons, en suivant les contours de la paroi.
Sa surface externe rougeâtre ou blanchâtre , suivant la nature ou la quantité du. sang accumulé dans les vaisseaux, porte une multitude de lamelles longitudinales, rangées parallèlement les unes à côté des autres, et disposées comme les feuillets d’un livre* découpés au même niveau. Ces petites- lames, dont le nombre a été déterminé à environ cinq cents , s’engrènent avec de pareils feuillets du sabot. Les lames les plus larges- se trouvent en pince, et les plus étroites sont celles qui i-ésident Vers le pourtour des talons.
Sa face interne tierft à la face préplantaire
par une multitude de fdamens divers , qui s’insinuent dans l’os, s’y enracinent et établissent entre les parties une union tellement intime, que la chair ne peut être détruite que par arrachement ou par excision. Vers les talons, le tissu réticulaire se confond avec les parties molles , V. f rsans qu’il soit possible de découvrir des traces * de séparation. ■ ' •'
Sa substance constituante, formée d’un tissu inextricable, serré, ferme, résistant et un peu élastique , a plus d’épaisseur en pince et en mamelles qu’aux quartiers et en talons. Par le lavage et la macération , elle se dépouille de sa partie colorante et devient blanche ; les injections bien combinées font pénétrer dans son intérieur une grande quantité de liqueur, qui dilate ses vaisseaux et les développe. La texture de cette substance sous-ongulée résulte de l’entrelacement des vaisseaux et de nerfs nombreux , qui s’associent d’une manière toute particulière.
2 °. La chair de la sole, ou, mieux, le tissu villeux (0, présente, lorsque la corne a été nouvellement arrachée, une surface noirâtre ou
(i) De ■vilio.tus , couvert de papilles doutes, ou de poils fins, qui rendent la surface veloutée.
blanchâtre , suivant la partie correspondante du sabot, et elle semble garnie d’un velouté court, rare, et doux au toucher. Par sa face interne, elle est fixée à l’os du pied; mais cette adhérence est bien moins forte que celle de la chair feuilletée avec la surface préplantaire du même os. Cette seconde portion du tissu réticulaire du pied offre la même structure organique que la chair feuilletée, et elle n’en diffère qu’en ce que sa face externe est dépourvue de lamelles, qui sont remplacées par divers petits filamens.
5°. La chair de la fourchette, deuxième partie du tissu réticulaire villeux, se montre sous les mêmes aspects que la chair de la sole , et donne lieu aux mêmes considérations. Nous ferons seulement remarquer qu’elle se confond avec la partie contre laquelle elle est appliquée, d’où il résulte évidemment que cette chair de la fourcBette est formée de deux parties superposées , le coussinet plantaire qui en constitue la base, et le tissu réticulaire qui l’unit à la corne. • *
4°- La chair du bourrelet , dernière production du tissu réticulaire villeux , revêt le cordon circulaire que forme la peau à son uniotji avec l’ongle , et qye Bracy-Clark désigne sous
le nom de cutidure : elle diffère des chairs
de la sole et de la fourchette non-seulement par sa disposition générale et son union intime avec la peau, mais encore par sa texture plus ferme et plus serrée, ainsi que par les fdamens plus longs qui se font remarquer à sa surface interne et s’insinuent dans des trous correspondans de la gouttière cutigérale du bord supérieur de la paroi.
§ 5. Vaisseaux et Nerfs.
Les vaisseaux et les nerfs du pied régnent de chaque côté de la région digitée , sont disposés régulièrement en dehors comme en dedans-, s’unissent, s’accolent sur les parties latérales des grands sésamoïdes , où ils sont superficiels , et d’où ils descendent en s’enfonçant un peu jusqu’au pied, dans l’intérieur duquel ils pénètrent par plusieurs di^ionâv-
i°. L’artère latérale , généralement petite , mais ayant des parois épaisses (Jîg. 2 , d, d ; fiS- 5 > a, a) se trouve, en abordant sur le côté du bourrelet, située par-dessous le nerf et en arrière de la veine ; le long du paturon elle fournit plusieurs rameaux, que l’on peut distingueren antérieurs et en postérieurs : les premiers sont eh plus grand nombre et se contournent
sur la face préphalangienne ; l’un d’eux forme l’arcade du paturon ; un autre , plus inférieur i et plus gros, se réunit avec celui du côté op- ' posé, lionne lieu à l’arcade de la couronne, située immédiatement sous le bourrelet. Parmi les rameaux postérieurs on distingue, t°. ceux qui vont à la face postérieure du boulet et se ramifient dans le tissu du fanon; a°. plusieurs divisions déliées, qui se terminent au pli du paturon; 3°. enfin , un rameau qui va au coussinet plantaire.
Parvenue sous le corps pyramidal , contre l’extrémité du petit, sésamoïde, l’artère latérale se partage en deux branches remarquables ; l’une, antérieure ou préplantaire , passe dans le trou du talon de l’os du pied, rampe dans la scissure transversale de sa face antérieure et fournit successivement diverses ramifications courtes et très-anastomotiques, qui > pénètrent le tissu feuilleté (Jïg. 3, a, a ). La branche inférieure ou l'artère plantaire (Jig. 4, e, e ) s’enfonce dans l’intérieur de l’os du pied à la faveur du trou inflexe de sa face inférieure, suit la direction de ce trou , se contourne conséquemment de dehors eu dedans, et s’anastomose avec la plantaire opposée. Cette arcade intérieure fournit deux divisions principales,
qui s’avancent de chaque c 6 té vers le bord tranchant de 1 os et donnent les divers rameaux • anastomotiques, qui s’élèvent de l’intérieur de l’os et gagnent le tissu réticulaire. Près ef avant l’origine des deux branches plantaires , l’artère latérale laisse échapper, i°. un petit rameau, qui se dirige de dedans en dehors et se termine par des ramuscules dans le coussinet plantaire, ainsi que dans le tissu réticulaire du dessous du pied ;
2°. un rameau transversal et anastomotique,' qui règne le long du bord supérieur du petit sésamoïde (fig. d, d) el forme une petite , arcade profonde.
2°. Les veines du pied. ( fig . 2 , c, c ) sont très-nombreuses, très-anastomotiques, prennent, par l’effet du service et de la marche, un * développement considérable, et elles deviennent parfois variqueuses. Elles émanent du • tissu réticulaire par des radicules, hmombr aides, forment diverses inflexions, des arcades et un reseau anastomotique; qui occupe toute la partie supérieure et antérieure du pied. Çe réseau veineux fournil à chaque fibro-cartilage de l’os du pied deux couches, l’une éxterue çt l’autre interne; et ces expansions vasculaires communiquent de l’une à l’autre , et sont réunies par les veines, qui constituent Tarcado coronaire du
bourrelet (jftgi 2). Toutes les veines du pieds’ér lèvent de 1 intérieur du sabot par deux branches, qui Correspondent, dans l’ordre de la circulation, aux artères plantaire et préplantaire; ces branches se réunissent au-dessus du fibrocartilage pour 11e former qu’une grosse veine, qui monte à coté et en avant de l’artère latérale {Jî§' 2 > c > c )> e t reçoit plusieurs ramifications provenant des parties circonvoisines (1).
3 °. Les nerfs, cordons considérables, suivent, accompagnent les vaisseaux, forment à peu près les memes divisions que les artères, et pénètrent avec elles dans l’intérieur du pied. Comme la section ou plutôt l’amputation d’une partie de ces cordons a été conseillée pour remédier aux boiteries occasionnées par un resserrement du sabot, il importe de donner quelques détails concernant leur trajet, et leurs principales divisions sur le côté de la région digitée. Vers le haut du boulet et au point où <"• les vaisseaux et les nerfs s’accolent ensemble, *; le cordon est uuique, situé par-dessus l’artère , /
■il) Le point d'embranchement de la veine préplantaire ’ O avec la plantaire varie prodigieusement; du côté externe, •'-* '
il est presque toujours plus haut, plus éloigne du fibro-caplilàgé/qyc du coté interne