‹ Traité du Saint-Esprit (volume 2)Chapitre 17 sur 55 · T-ESPR1T · texte numérisé non relu

T-ESPR1T

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Heigné que les démons peuvent enlacer

noetis est humanœ salutis, qu® homini per baptisr; et habet potestatem aliquam in hominem ex hôc toripeccato original^ vel etiam actuali. Unde fconveitptismum expelluntur dœmones per exorefamoa,*.

Ldatur contra impugnationes Dœmonum, qaœ sont "exorcismusordinatur contra impugnitiones teint ab interiori. S. Th.t p. m, q. lsxi, art- 2, corp. et |aipie cents ans, aaint A u g ustin parlait comme saint lui exsufflantur et eioïciiantur, ni pc3 ! ■ ' « linimicaquœ decept hominem. De$ym> '

donnée par le vainqueur même du démon, elle a préparé et r&nis aux mains de l'homme toutes les armes nécessaires pour chasser l'ennemi ou s&piréserver, lui et *le& créatures , de ses perfides attaques. ,

, En. effet, « il y a un livre dont nuï ne peut* sans abjurer la foi, récuser le témoignage ou décliner la compétence : c'est le Rituel romain, l'organe le plus sûr et le plus autorisé de la doctrine orthodoxe, le monument le plus authentique de la tradition. Nonseulement l'existence des démons y est affirmée à chaque page, mais les ruses de Satan, ses manœuvres, ses noires entreprises contre les hommes et contre lès créatures, y sont signalées, minutieusement, je dirais presque décrites (t). » Nul livre né fait mieux conuaître les princes de la Cité du mal dont l'histoire nous occupe en ce moment ; nul ne confirme plus puissamment œ que nous avons dit jusqu'ici et ce que nous dirons encore;.

Le Rituel s'ouvre par des exorcismes sur le nouveau* né, qu'on présente au baptême, et sur les éléments qui doivent servir à sa régénération. L'enfant devient homme et les exorcismes continuent. Toutes les créatures, avec lesquelles il va se trouve^ en contact pendant son pèlerinage, sont infectées. Pour chasser le démon, l'Église exorcise l'eau et la bénit. Eau puissante, qu'elle conjure ses enfants de garder soigneusement dans leurs demeures, afin d'en répandre sur eux et sut tout ce qui les environne. Dans le même but, elle exorcise et bénit le pain, le vin,» l'huile, les fruits, les maisons, les chatnps, les troupeaux. Enfin, quand l'homme est sur le point de quitter la vie, elle emploie

(i) Vie du curé d'Ars, 1. 1, p. 386.

de nouT6lles>' bénédictions, afin de le soustraire aux puissances des ténèbres.

Or , qùei'tenfërme chaque exorcisme? Il renferme tot>is actes de foi : acte de foi à l'existence des démons; acte de foi à leiftr action réelle et permanente, générale et individuelle sur l'homme et sur les créatures; acte de foi sur 4a puissance donnée à l'Église de chasser l'usurpateur (1).

'Et maintenant, s'il y a quelque chose d'étrange, û^stce pas Tinâttdïition avec laqiielïe dès chrétiens, soumis cependant d'esprit et de cœur à la sainte Église, passent à côté de ces exbrcismes, si clairs, si positifs, sans être frappés des conclusions qu'ils renferment ? Aujourd'hui surtout il est nécessaire d'en signaler quelques-unes.

Donc, sans sortir de nos livres liturgiques, Veut-on savoir avec certitude quelle est l'action démoniaque sur l'homme et su* le monde, et de quelles manières elle te diversifie? Ouvrons le Rituel, auquel nous joindrons te Pontifical : cet autre monument non moins officiel de k foi catholique, uet autre trésor non moins précieux de toute vraie philosophie. QiT est-il enseigné dans ces livres?

I}: est* -enseigné que les démons peuvent enlacer

(i) Diabolus hostis est humanœ salutis/quœ homini per baptismum acquiritur ; et habet potestatem aliquam in hominem ex bôc ipebfttlôdMbdltur peccato originaU, vel etiam actuali. Un de fconvenienter ante baptismum expelluntur daemones per exorcismos,.. Aque benedicta datur contra impugnationes Dœmonum, quœ sunt àb exteriori ; séd exorcismus ordinatur contra impugnationes dœmonum quœ sunt ab interiori. S. Th., p. m, q. lxxi, art. 2^ oorp. et ad. 3.— 11 y a quinze cents ans, saint Augustin parlait comme saint Tbomas : parvuli exsufflantur et exorcizantur, ut pellatur ab eis diaboli potestas inimica quœ decepit hominem. De symb., \ib. I, c. i, ad. fin.

236 TRAITÉ DU SAINT-ESPaiT.

l'homme de liens visibles et invisibles, comme un vainqueur peut charger de fers son prisonnier;

Qu'ils peuvent fermer son esprit à l'intelligence des choses divines ;

Qu'ils peuvent corrompre l'eau, et y faire paraître des fantômes, ce qui constitue l'hydromancie ;

Qu'ils peuvent hanter les maisons, les souiller et en rendre le séjour pénible et dangereux;

Qu'ils peuvent répandre la peste, corrompre l'air, compromettre la santé de l'homme, troubler son repos et le molester de toules manières ;

Qu'ils peuvent infester non-seulement les lieux habités, mais les lieux solitaires, y répandre la terreur, et en faire le foyer de maladies contagieuses ou le théâtre de molestations inquiétantes ;

Qu'ils peuvent attaquer l'homme dans son corps et dans son âme, fondre sur lui en grand nombre, se présenter à lui sous formes de spectres ou de fantômes ;

Qu'ils peuvent soulever des tempêtes, envoyer des ouragans, des trombes, des grêles, des foudres* en un mot, mettre les éléments au service de leur haine éternelle;

Qu'ils peuvent prêter à l'homme leur vertu malfaisante, s'emparer de lui, habiter en lui, communiquer à son esprit des connaissances et à son corps des forces et des aptitudes surhumaines ;

Qu'ils peuvent, enfin, le harceler d'une manière- plus terrible dans ses derniers moments; et, au sortir du corps, disputer à son âme le passage à la bienheureuse éternité (1).

De ces enseignements, puisés aux sources les plus

(1) Rituel, passim; Pontifical, surtout la bénédiction des cloches.

pures, résultent deux choses : la première, la certitude d'une action incessante, générale et particulière des démons sur l'homme et sur les créatures ; la seconde, la possibilité de communications directes, sensibles, matirielles, des démons avec l'homme et de l'homme avec les démons. De là, les évocations, les pactes, les obsessions, les possessions, les maléfices, dont l'existence, si souvent attestée par l'histoire ancienne et moderne, sacrée et profane, ne peut être niée sans renoncer à toute croyance divine et humaine.

D'ailleurs, pour quiconque veut réfléchir, ni la difficulté intrinsèque de ces communications, ni les formes étranges qu'elles peuvent revêtir, ne sont un motif de douter. Notre âme n'est-elle pas en communication permanente avec notre corps ? Si l'esprit peut communiquer avec la matière, où serait l'impossibilité radicale pour un esprit de communiquer avec un autre esprit? S'agit-il des formes? Les annales du genre humain ne commencent-elles pas par une manifestation démoniaque? A tous les points de vue, cette manifestation n'estelle pas une des plus étranges? Cependant elle a été admise par tous les peuples. Il n'en est aucun dont les traditions n'aient conservé le souvenir du fait génésiaque, cause première du mal et de tout mal.

Que dis-je ? cette communication primitive, réelle, palpable de Satan avec l'homme, est un dogme de foi aussi certain que l'Incarnation du Verbe. «Pas de Satan, pas de Dieu. » disait Voltaire. Il faut ajouter : Pas de Satan, pas de chute ; pas de chute, pas de Rédemption ; pas de Rédemption, pas d'Incarnation ; pas d'Incarnation, pas de christianisme ; pas dé christianisme, pyrrhonisme universel.

Notre but n'est pas d'expliquer en détail l'action

238 TRAITÉ DU SAINTrESPJEUT.

sensible et multiforme des princes de la Cité du maj sur l'homme et sur les créatures : mais les cîroonsrr tances actuelles ne permettent pas de passer sou*, si* lence certaines manifestaUou^ démonigbqub^ d!aùtant plus dangereuses qu'on s'efforce d'en nier la véritable cause. Nous voulons parler de$ communieatiQns^dkbcâes avec \^ esprits, des tables tournantes et( on tre»(iprati^ ques; qui, iiaguères; ont mis en émoi l'ancien et le nouveau mondé, qui n'ont jamais <^sé et qui aujourd'hui se produisent, ave©: unie reorudescenoe inouïe, . •. ■/■ | -...- ( t Mïr; y

Ce qui nous a le plus étonné à' l'apparition, de ces phénomènes ,: c'est l'éto&nemeat > géa^ral i qu'ifs o&t îpïOr duit. On dirait que, pour les; hommes de c& tenaps,<la raison est frappée d'impuiasoïKe,; la itbéologkïioo! avft|nue , . l'histoire muette, le premier 4ognne de la raipte est que deux maîtres opposés se < disputent |Vhumanitfy <qui vit nécessairement sous l'empire de» l'uti, bu sous l'«mpire 4e d'autre. A la vue du monde. actuel i«îér maneipant: rapidement; du règne* dp christiatiisnity il était Irès-^fecile et très-logique <ie conclure qu'ils tombait avec la même vitesse sous ta règne d» site* msme^ ,>••- ..... :,i - .

Or, Satan est toujours le même, En revepant dans le monde, il revient ayea tous les attributs de «son antique royauté. Oracles, prestiges, manifestation variées, tout le cortège de séductions, signes >et instruments de règne, doitf il avait rempli le monde* ancien, dont il remplit encore le monde idolâtre, devaient nécessairement reparaître dans un monde redevenu son domaine par l'éloignemeni dû christianisme. La raison dit cela, comme elle dit : Deux et deux font quatre, m n

Et la théologie? Il y a six cents ans que l'Ange de

l'école, exposant la doctrine de l'Église, disait, comme son- maître saint Àugufctin : « Les démons sont attiré? par certains genres de pierres, de plantes, de bois* d'anîiùaux, dé chants et de rites, en tant que signes de l'honneur divin dont ils sont très-jaloux. Ils se don* tient pour les âmes des morts. Ils apparaissent souvent sous la forme des bêtes qui désignent leurs qualités. Ils disent quelquefois la vérité pour mieux tromper, et descendent à certaines familiarités, afin d'amener les hommes à se familiariser avec eux (2). » Dans ces quelques, lignes, que nous développerons plus tard, n'avons-nous (pas l'explication, abrégée sans doute, mais exacte de ce qui se passe sous nos yeux? Ainsi parle la théologie.

Et l'histoire? S'agit-il en particulier du bois qui s'anime et qui rend des oracles? c'est un fait démoniaque» dont l'existence, quarante fois séculaire, a pour témoin rOrientet l'Occident* Quoi de plus célèbre, dans ThistoÎBe profane, qo& les chênes dodoniques? et quoi de plus avéré? Si v) comme on voudrait le prétendre, il est faux que jamais, des arbres aient rendu des sons articulés, la croyance soutenue, pendant plusieurs millier? d'années, à ce» fait attesté par les hommes les plnsgra-

(1) Daemones alliciuntur per \aria gênera lapidum, herbarum, lignorum, animalium, carmin um, rituum, non ut animatîa cibis, sed ut spiritus signis, in quantum scilicet hœ*s eis exhibentur in signum divini honoris, cujus- ipsi sunt cupidi. Apud S. Th., i p., q. lltf, art. 5, ad. 5. — Fréquenter daemones simulant se esse animas mortuorum ad confirmandum Gentilium errorem, qui hoc credebant. M. q. 117, art. 4, ad. 2. — fd., id.9 q. lxxxix, art: 8^ ad. 2; id.t 2& 2», q. clx*, art. 2, ad. 3.

(2) Id.9 1 p., q. lxiv, art. 2, ad. 5.— Omnia illa quae \identur esse venialia, daemones procurant, ut homines ad sui familiaritatem attrahant, et sic deducant eos in peccatum mortale. la 2*, q. lxxxix, art. 4, ad. 3.

yes, accompli au milieu des peuples les plus policés, serait plus incroyable que le fait lui-même. D'ailleurs, n'est-il pas mis hors de doute par le livre ofc tout est vérité ? Qui n'a pas lu dans l'Écriture les anathèmes lancés contre quiconque dit au bois de s'animer, de se lever, de parler, comme un être vivant ? « Malheur à celui qui dit au bois : Anime-toi et lève-toi. Mon peuple a demandé des oracles à son bois; et son bâton lui a répondu (1).»

Afin de spécifier déplus en plus la question, s'agit-il des tables tournantes et parlantes! elles sont connues dès la plus haute antiquité. Sur ce phénomène démoniaque, qui ne peut étonner que l'ignorance, nous avons entre autres le témoignage péremptoire de Tertullien. Dans son immortel Apologétique, c'est-à-dire dans un écrit où il ne pouvait rien avancer de contestable, sans compromettre la grande cause des chrétiens; ce Père, né au sein du paganisme et profondément instruit de ses pratiques, nomme en toutes lettres les tables que les démons font parler. Ce qu'il y à de plus remarquable, il en parle non comme d'un fait extraordinaire et obscur, mais comme d'une chose habituelle et connue de tout le monde. Sans hésiter, il désigne par leur nom les agents spirituels du phénomène, certain de devenir la risée de J'empire, si, à l'instar de nos prétendus savants, il avait voulu l'expliquer par des fluides.

Le témoignage du grand apologiste est trop précieux pour n'être pas cité en entier. « Nous disons qu'il y a des substances purement spirituelles, et leur nom n'est pas nouveau. Les philosophes connaissent les démons :

(1) Vœ qui dicit ligno : expergiscere et surge. Habac.y n, 19. — Populus meus in ligno suo interrogavit : et baculus ejus annuntiavit ei. Oseœ, iv, 12.

témoin Socrate lui-même qui attendait Tordre de son démon, pour parler et pour agir. Pourquoi pas? Puisqu'il avait, l'histoire le rapporte, un démon attaché à sa personne, dès son enfance. Quant aux poètes, tous savent parfaitement que les démons dissuadent du bien. En effet, leur travail est de détruire l'homme : Opérât io eorum est hominis eversio. C'est par la perte de l'homme, qu'ils ont inauguré leur malice. Au corps ils envoient des maladies et de cruels accdients ; à lame des mouvements violents, subits et extraordinaires.

« Pour atteindre la double substance de l'homme, ils ont leur Subtilité et leur ténuité. Puissances spirituelles, ils ont toute facilité de demeurer invisibles et insensibles, en sorte qu'ils se montrent plutôt dans leurs œuvres qu'en eux-mêmes. Attaquent-ils les fruits et les moissons? ils insinuent, dans la fleur, je ne sais quel souffle empoisonné qui tue le germe ou empêche la maturité : comme si c'était l'air vicié par une cause inconnue qui envoie des exhalaisons pestilentielles. C'est par la même contagion latente, qu'ils excitent dans les âmes des fureurs, de honteuses folies, de cruelles voluptés, accompagnées de mille erreurs, dont la plus grande est d'aveugler l'homme au point de procurer au démon, par le sacrifice, son mets favori, la fumée des parfums et du sang. -

« Il est une autre volupté dont il est jaloux, c'est d'éloigner l'homme de la pensée du vrai Dieu, par des prestiges menteurs, dont je vais dire le secret. Tout esprit est oiseau : Omnis spiritus aies est. Cela est vrai des anges et des dénions. En un moment ils sont partout. Pour eux tout le globe est un même lieu : Totus orbis Mis locus nnus est. Ce qui se fait partout, ils le savent

aussi facilement qu'Us le disent. Leur volonté est prise pour la divinité, parce qu'on ne connaît pas leur nature. Ainsi, ils veulent passer pour être les auteurs dest choses qu'ils annoncent ; et, en effet, ils le sont souvent dès maux, jamais des biens : Et sunt plane malortim nonnunquam, bonorum tamennunquam. (1) »

Leur célérité» naturelle. est pour les démons un premier moyen de connaître les choses qui se passent à distance, ou qui sont sur le point d'arriver. Ils en est un autre : « C'est la connaissance des dispositions de la Providence au moyen des prophéties qu'ils entendent lire et dont ils comprennent naturellement le sens, beaucoup mieux que nous. Puisant à cette source la notion de certaines circonstances des temps, ils singent la Divinité, en volant l'art de deviner : JEmulantur divinitatem, dura furantur divinationem. Pères et fils du mensonge, ils enveloppent leurs oracles d'ambiguité, lorsqu'ils ne veulent pas, ou ne peuvent pas répondre; de manière que, tel que soit l'événement annoncé, ils puissent défendre leurs paroles: Grésuset Pyrrhus en savent quelque chose (2).

« Leur habitation dans l'air, leur voisinage des astres, leur commerce avec les nues,; sont encore pour eux un moyen de connaître l'approche des événements physiques : pluies, inondations, sécheresses. A ces connaissances étonnantes ils ajoutent, pour s'attirer le culte de l'homme, un artifice plus dangereux: ils se donnent pour guérir les maladies. Que sont les guérisons qu'ils s'attribuent? Ils commencent par rendre l'homme malade; puis, pour faire croire au miracle, ils

(i) Apolog., c. xxn.

(2) L'oracle dit à ce dernier : « Aio te Romanos vincere posse, » ce qui est amphibologique.

prescrivent des remèdes nouveaux et même contraires. L'application faite, ils ôtent le mal qu'ils ont communiqué et font croire qu'ils l'ont guéri (1). »

Pour accréditer la foi à leur puissance et à leur véracité, ils joignent à ces prétendues guérisons des prodiges surprenants. L'histoire du paganisme ancien et moderne en est remplie. Tertullien se contente d'en citer quelques-uns, connus de tout l'empire romain et particulièrement des magistrats auxquels il adresse son Apologétique. « Que dirai-je des autres ruses ou des autres forces des esprits de mensonge ? L'apparition de Castor et de Pçllux, l'eau portée dans un crible, le navire traîné avec une ceinture, la barbe devenue rousse au contact d'une statue : tout cela pour faire croire que les pierres sont des dieux et empêcher de chercher le Dieu véritable (2). »

La puissance des démons sur le monde physique est accompagnée d'une puissance non moins grande sur le monde spirituel. Chose frappante ! ils l'exercent aujourd'hui de la même manière qu'au temps de Tertullien. Alors il y avait des médiums qui faisaient apparaître des fantômes, qui évoquaient les âmes des morts; qui donnaient le don de la parole à de petits en-

(1) Lœdunt enim primo, dehinc remédia pracipiunt ad miraeulam nova sive contraria; post quae desinunt lœdere et curasse creduntur. ApoL, ubisuprà.

(2) Au moment où les Romains gagnaient une bataille en Macédoine, Castor et Pollux, demi-dieux protecteurs des Romains, apparurent à Rome et annoncèrent la victoire. — La vestale Tuscia porta de l'eau dans un panier; sa compagne, la vestale Claudia, traîna au rivage, avec sa ceinture, un navire ensablé dans le Tibre, et portant la statue de Cybèle, la mère des dieux; Domitius, à la barbe blonde, vit sa barbe devenir rouge au contact de la statue de Castor et de Pollux. De là le nom d'Œnobarbus, laissé à sa longue et fameuse postérité.

fànts (4) ; qui opéraient une foule de prestiges en présence du peuple ; qui envoyaient des songes et faisaient parler les chèvres et les tables : deux sortes d'êtres qui, grâce aux démons, ont coutume de prédire l'avenir et de révéler les choses cachées : Per quos et caprœ et mensœ divinare consueverunt (2). »

Telle est la notoriété de tous ces phénomènes, que le grave apologiste les rapporte hardiment, sans phrase, sans précaution oratoire, sans crainte d'exciter un sourire ou de provoquer un démenti, de la part d'un public hostile et moqueur.

Puis, il ajoute : « Si la puissance des démons est si grande, lors même qu'ils agissent par des intermédiaires, comment la mesurer lorsqu'ils agissent directement et par eux-mêmes? c'est elle qui pousse les uns à se précipiter du haut des tours ; les autres à se mutiler ; ceux-ci à se couper les bras et la gorge... il est connu de la plupart, que les morts cruelles et prématurées sont l'œuvre des démons (3). »

(i) On Ta vu vingt fois, au commencement du dernier siècle, chez les camisards, lire l'intéressante et très-authentique Histoire des camisards, par M. Blanc.

(2) Porro si ei magi phantasmata edunt et sane defunctorum inclamant animas; sipueros in eloquium oraculi eliciunt; si multa miracula circulatoriis prœstigiis ludunt; si et somnia immittunt habentes semel invitatorum angelorum et dœmonum assistentem sibi potestatem, per quos et caprœ et mensœ divinare consueverunt, etc. Apol.9 ubi suprà.

(3) Quanto magis illa poteslas de suo arbitrio et pro suo negotio studeat totis viribus operari, quod alienœ prœstat negotiationi... qui sacras turres per volât; qui genitalia vel lacertos, qui sibi gulam prosecat. Ibid. Pluribus notum est dœmoniorum quoque opéra et immaturas > et atroces effici mortes. Id., De anima, c. lvii. — Les prêtres gaulois faisaient tout cela. Les prêtres de Bouddha au Thibet se fendent le ventre. En Afrique et en Océanie, on se coupe les doigts, on se fait des incisions au visage.

Le suicide ! il ne manquait que ce dernier trait pour compléter la ressemblance entre les phénomènes démoniaques du deuxième et du dix-neuvième siècle. Sous peine de renoncer à la faculté de lier deux idées, il faut donc conclure, en disant avec Tertullien : « La similitude des effets démontre l'identité de la cause : Compar exitusfuroris, et una ratio est instigationis (1) .»

(1) Minutius Félix, Arnobe, Athénagore, Lactance, Saint Augustin

et les autres pères de l'Église parlent comme Tertullien. (Voir Bal-

tus, Réponse à V histoire des oracles.) Citons seulement un passage de

saint Augustin : Sciendum nobis est quoniam de divination e

daemonum quœstio. est, illos ea plerumque praenuntiare quae ipsi

facturi sunt. Accipiunt enim seepe potestatem et morbos immittere

et ipsum aerem vitiando morbidum reddere... Aliquando autem

non quae ipsi faciunt, sed quse naturalibus signis futura praenos-

cunt, quœ signa in hominum sensus venire non possunt, anteprœ-

dicant... Aliquando et hominum dispositiones non solum voce pro-

latas, yerum etiam cogitation e conceptas, cum signa quœdam ex

animo exprimuntur in corpore, tota facilitate perdiscunt, atque

hinc etiam multa futura prœnuntiant. De divinat. dœmon., lib. I,

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