DOILC LE MONDE À TOUJOURS ÉTÉ DIRIGÉ PAR DES ORACLES
Voix de la vérité et voix du mensonge, oracles divins ou oracles sataniques, qui vous nie ne se comprend pas lui-même. Sur les pages effacées de l'histoire, écrire un
(l)Nous disons essentiels, parce qu'ils sont la lumière de l'histoire; parce que notre époque, plus qu'aucune autre, se débat contre le surnaturel; parce que, depuis plusieurs siècles, à l'égard du démon et de son action sur le monde, l'éducation même des catholiques est toute voltairienne. La plupart ignorent les faits démoniaques ou les traitent de contes de bonnes femmes. Pour eux, Satan est un souverain détrôné qu'il serait puéril de craindre, et dont 1er mieux est de ne pas s'occuper.
certificat de folie universelle, ou reconnaître qu'à toutes les heures de son existence, sous tous les climats, dans tous les états de civilisation, l'humanité a été dirigée par des oracles, et que les principes inspirateurs des oracles sont inévitablement l'Esprit du bien ou l'Esprit du mal, le Saint-Esprit ou Satan -s -cette alternative impitoyable est un des axiomes de la géométrie morale.
Quant au parallélisme des deux Citésylqjs rapprochements suivants qui en dessinent les grandes lignes, sont désormais hors de contestation.
La Cité du bien a sa religion , dans laquelle rien n'est' laissé à l'arbitraire de lbopime. Elle a ses lois sociales, venues du Ciel et dont Diéù lui-même, rendu sensible au milieu de son peuple, demeure l'interprète et le gardien. Tantôt il parle par ses angeà, tantôt par ses prophètes; d^autres fdis 'par «les sorts et par tes songes. Toujours il autorise sa parole par des miracles, dont il frappe les contempteurs de châtiments exemplaires. Il en résulte que dans l'ordre social, non moins que dans l'ordre religieux, le Saint-Esprit est vraiment Ije prince et le Dieu de la Cité du Ijien.
La Cité du mal a sa religion, où tout est réglé par une autorité supérieure à l'homme. Elle a ses lois sociales, dont le démon lui-même, rendu sensible sous la forme préférée çlu serpent, est l'inspirateur, l'interprète et le gardien. Ses anges et ses devins, les songes et les sorts sont tour à tour les organes de sa volonté. Toujours il autorise sa parole par des prestiges et la fait respecter par des punitions. Il en résulte que, dans l'ordre social, non moins que dans l'ordre religieux, Satan est vraiment, selon le mol de l'Évangile, le prince et le roi de la Cité du mal.
La Cité du bien a son grand prêtre chargé âe diriger
tRAITÉ DU SAIOT-ESPRIT. 427
les ministres sacrés, de régler les cérémonies du culte, de prononcer tan' deriiier ressort sur une foule de questions ><religieusèfe et ' ci viles. I Ce grand prêtre s'appelle tour autour Aiaron, Sântael, 'OniSapi
y. lia' Cité dtf mal aiaùasi' sa&igrdtid prêtre, investi du pouvoir (Finitîêttïes prêtres inférieurs, de présider leurs aesetobiées, de recevoir le* vestales et de les juger, de valider lesàftôptionset tie connaître de certaines causes relative aux mariages, de souverain pontificat de la Èité du hial fut exercé tour à tdutrpâr le grand prêtre iules «César \ par le grand prêtre Tibère, par le grand fcréfre eatigulay par 1q grand prêtre Néron, par le grand prêtre Héliogabale : eette dignité était à vie.
- Là Cité du bien a son incarnation divine, ses sacrifices, ses jeûnes* ses pénitents, ses prières du jour et dé nuit. : '
La Cité du mal a tout cela; sur tous lespoînts du globe. On connaît en particulier les incarnations antiques et les incarnations indiennes, les austérités dès bonzes et des fakirs, les prières des lamas. « A'ia découverte du Mexique', on fut étonné des supplices douloureux que s'infligeaient les prêtres du soleil. Quatre d'entre eux étaient désignés tous les quatre ans, pour faire pénitence durant cette période avec des austérités dont la rigueur fait frémir. Ils s'habillaient comme les plus pauvres. Leurs aliments de chaque jour se réduisaient à une galette de maïs pesant deui onces, et leur boisson à une petite fcoùpe de bouillie faite du même grain. Deux d'entre eux veillaient chaque nuit, chantant les louanges des dieux, encensant les idoles quatre fois, suivant les heures des ténèbres, et arrosant de leur sang les brasiers du temple (1). » Outre cette expiation perpétuelle, il y avait
(i) Acosta, Hist. nat.y etc., t. II, c. xxx.
une pénitence particulière appelée la grande veille, à laquelle tout le monde se soumettait : elle durait un mois. Nous sommes heureux de le dire, cette doctrine avec laquelle on rend compte de tout, et sans laquelle on ne peut rendre compte de rien, n'est pas de nous. En l'exposant, nous ne faisons que résumer l'histoire du genre humain et traduire un des plus savants Pères du Cou- . cile de Trente. Au sein de l'auguste assemblée, le révérend Père, maître Christophe Sanctotius, s'exprimait ainsi : « Satan vit que Dieu avait donné sa loi, et il donna la sienne. Il vit que Dieu voulait être apaisé par des sacrifices, et il en demanda pour lui-même. Il vit que Dieu parlait aux hommes par ses anges et par ses prophètes, lui-même parla par la bouche des idoles. Dieu eut son temple, où accourait le peuple fidèle. Satan s'en fit ériger de magnifiques sur les différentes parties de la terre, où des milliers d'hommes vinrent lui rendre leurs hommages. Dieu eut ses prophètes, que le peuple environna de respect ; Satan eut ses oracles et ses devins, objets de la vénération universelle- C'est à ces médiateurs entre lui et les hommes, qu'il confia le soin de propager sa religion (1). »
(1) Vidit (Satanas) Deum leges imposuisse, et ipse tulit ; sacrificiis coli et placari solere, ipse sibi cultores invenit, qui teterrimas etiam caeremonias edere non dubitarunt. Agnovit item Satanas Deum per Angelos et Prophetas gentes soepe allocutum : ipse similiter per idola responsa dédit. In multis or bis partibus celeberrima deorum tenupla erexit, quo fere omnes certatim ut ad prœstantissimum numen confugiebant. Colebantur et in magna veneratione habebantur vates et divinatores, quibus hœc arcana communicari credebant. Erat apud gentes célèbre quoddam hominum genus ob hanc ipsam cum diis immoi talibus consuetudinem,. hujusmodi Prophetas illis demanda vit, qui suam Ecclesiam propagarenl. Orat. R. P. M. Christoph. Sunctotii. — Burg. ad Patr., Conc. Trid., apud Labbe Collect., t. XIV, 1601.
Quand de tous ces traits épars l'esprit forme un seul ;ableau, on se demande ce qu'il manque d'essentiel à la parodie satanique de Jehovah, Dieu, législateur, oracle 3t gardien de la religion et de la société en Israël?
Il nous reste à montrer que la même parodie se rouve dans Tordre politique.