‹ Traité du Saint-Esprit (volume 2)Chapitre 7 sur 55 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

(SUITE DU PRÉCÉDENT

Nouvelles preuves de la réparation du niai et de la possibilité du salut pour tous les hommes. — Doctrine catholique : la circoncision, la foi, le baptême. — Quelle foi nécessaire au salut et à la rémission du péché originel. — Doctrine de saint Augustin et de saint Thomas. — Des enfants morts avant de naître. — Des adultes. — Résumé des preuves et des réponses.

« Être sauvé, enseigne la théologie catholique, c'est être incorporé à Jésus-Christ, le nouvel Adam. Même avant F Incarnation du Verbe et dès l'origine du monde, le salut n'a été possible qu'à cette condition. Il est écrit : Il ri y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes pour se sauver. Mais, avant l'incarnation, les hommes étaient incorporés à Jésus-Christ par la foi à son avènement futur. De cette foi la circoncision fut le*signe. Avant la circoncision, c'est par la foi seule et par le sacrifice, signe de la foi des anciens pères, que les hommes étaient incorporés à Jésus -Christ. Depuis l'Évangile, c'est par le baptême. Le sacrement même de baptême n'a donc pas été toujours nécessaire au salut ; mais la foi dont le baptême est le signe sacramentel a toujours été nécessaire (1). »

On le voit, la circoncision n'était qu'un signe local et

(1).... Etideo licet ipsum sacramentum baptismi non semper fuerit necessarium ad salutem; fldes tamen, cujus baptismus sacramentum est, semper necessaria fuit. S. Th., m p. q. lxviu, art. l,côrp.

passager. Exclusivement propre à la race juive, il n'était nullement obligatoire pour les autres peuples. L'application même ne s'étendait qu'aux fils et non aux filles des Hébreux, Pour l'expiation du péché originel, les nations étrangères à la postérité d'Abraham demeuraient, comme les juifs eux-mêmes à l'égard des filles, soumis à la condition primitive de la loi de nature, la foi manifestée par le sacrifice.

« Le temps antérieur au Messie et le temps postérieur, dit un savant commentateur de saint Thomas, sont entre eux comme l'indéterminé au déterminé. Avant la circoncision, il n'y avait, pour remettre le péché originel, aucun sacrifice déterminé,/ni quant à la matière, ni quant au temps, ni quant au lieu. Les parents pouvaient, dans ce but, offrir le sacrifice qu'ils voulaient, quand ils voulaient et où ils voulaient. La circoncision détermina la nature et le temps du sacrifice, par lequel les fils des Hébreux devaient être purifiés de la tache originelle.

« Le huitième jour après la naissance était fixé pour cette purification, qui ne pouvait être anticipée. Si, avant cette époque, il y avait danger de mort, les parents étaient replacés dans les conditions de la loi de nature et pouvaient purifier l'enfant par un autre moyen. Ce qui fait dire à saint Thomas : « Comme avant l'institution de la circoncision la foi seule au Rédempteur futur suffisait pour purifier les enfants et les adultes, il en était de môme après la circoncision. Seulement, avant elle, aucun signe spécial, témoignage de cette foi, n'était exigé. 11 est cependant probable qu'en faveur des nouveau-nés en danger de mort, les parents fidèles offraient quelques prières au Seigneur, ou employaient certaine bénédiction ou quelque autre signe de foi, » comme les adultes le faisaient pour eux-mêmes et

comme on le pratiquait pour les filles, qui n'étaient pas soumises à la circoncision (1). »

Quelle est cette foi qui, chez les Juifs, antérieurement à la circoncision, et chez les Gentils, jusqu'à l'Évangile, suffisait pour incorporer les hommes au second Adam? Elle consistait essentiellement dans la croyance plus ou moins explicite d'un vrai Dieu, rédempteur du monde : croyance manifestée par un signe extérieur, sacrifice, bénédiction, prière (2). Or, qui pourrait prouver que cette foi imparfaite, Dieu ne l'avait pas conservée chez les païens au degré suffisant pour le salut? En ce qui regarde l'existence d'un seul Dieu : « Jamais, dit saint Augustin, les nations no sont tombées si bas dans l'idolâtrie qu'elles aient perdu la notion d'un seul vrai Dieu créateur de toutes choses (3) . »

(i) ... Ante vero octavum diem in casu necessttatis remittebantur parentes ad legem naturœ, ut scilicet per aliud sacrificium providere posseot masculo. Unde S. Thomas, p. m, q. lxx, art. 4 ad 2 : a Quod sicut ante institutionem circumcisionis, sola fi des Christi futuri justificabat tam pueros, quam adultos : ita etiam etcircumcisione data. Sed antea non requirebatur aliquod signum protestativum hujus fidei, quia non du m homines fidèles seorsum ab infidelibus cœperant adunari ad cultum unius Dei. Probabile tamen est, quod parentes fidèles pro parvulis-natis, et maxime in periculo existentibus, aliquas pièces Deo fondèrent, vel aliquam benedictionero eis adhiberent, quod erat quoddam signaculum fidei, sicut adulti pro seipsis preces et sacrificia offerebant : » Prout etiam parentes pro filiabus quae non erant subjectae sacramento circumcisionis. Viguier, Instit., c. xv, § 2, vers. 3, p. 458.

(2) Fides autem nostra in duobus principaliter consistit. Primo quidem in vera Dei cognitione, secundum illud Heb., xi : Accedentem ad Deum oportet credere quia est. Secundo, in mysterio incarnations Christi, secundum illud Joannis xiv : Creditis in Deum et in me crédite. S. Th., 1* 2", p. clxxiv, art. 6, corp.

(3) Gentes non usque adeo ad falsos Deos esse delapsas, ut opinionem omitterent unius veri Dei, ex quo est omnis qualiscumque natura. Contr. Faust., lib. XX, n. 19 ; id., LactanU De^errore.

Quant au Dieu rédempteur, Notre-Seigneur n est-il pas appelé le Désiré de toutes les nations (1)? Ou ne désire pas ce qu'on ne connaît pas et ce dont on n'a pas besoin. Avec la conscience de leur chute, toutes les nations de l'ancien monde, les Gentils aussi bien que les Juifs, avaient donc la foi au Rédempteur futur.

Sur cette consolante vérité, écoutons l'incomparable saint Thomas. Après avoir rappelé que Dieu veut le salut de tous les hommes, il ajoute : « Or, la condition nécessaire du salut, c'est l'Incarnation du Verbe. Il a donc fallu que le mystère de l'Incarnation fût connu de quelque manière dans tous les temps et par tous les hommes. Cette connaissance, toutefois, a varié suivant les temps et les personnes. Avant de pécher, Adam eut la foi explicite du mystère de l'Incarnation, en tant que destiné à la consommation de la gloire éternelle, mais non en tant que destiné à la délivrance du péché par la passion du Rédempteur...

« Après le péché, le mystère de l'Incarnation fut cru d'une foi explicite, non-seulement quant à l'Incarnation du Verbe, mais encore quant à la passion et à la résurrection, qui devaient délivrer l'homme du péché et de la mort. Autrement les hommes n'auraient pas figuré d'avance la passion de Jésus-Christ par des sacrifices, soit avant, soit après Moïse. Les plus instruits connaissaient parfaitement la signification de ces sacrifices. Les autres, croyant ces sacrifices institués de Dieu luimême, avaient par leur moyen une connaissance voilée du Rédempteur futur. Plus obscure dans les temps reculés, cette connaissance devint plus claire à mesure que le Messie approchait.

(i) Movebo gentes, et veniet Desideratas cunctis gentibus. Aggh, 8.

« S'agit-il des païens? la révélation du mystère de l'Incarnation fut faite à un grand nombre. Témoin, entre autres, Job, qui dit : Je sais que mon Rédempteur est vivant. Témoin la sybille citée par saint Augustin. Témoin cet antique tombeau romain, découvert sous le règne de Constantin et de l'impératrice Irène, dans lequel on trouva un homme, ayant une lame d'or sur la poitrine avec cette inscription : Le Christ naîtra dune vierge, et moi je crois en lui. 0 soleil, tu me reverras sous le règne de Constantin et d'Irène. S'il en est qui furent sauvés sans cette révélation, ils ne le furent cependant pas sans la foi du Médiateur. Sans doute ils n'eurent pas la foi explicite, mais ils eurent la foi implicite en la divine Providence, croyant que Dieu était le libérateur des hommes, par des moyens à lui connus et manifestés à ceux que son esprit avait daigné en instruire (1), »

De plus, on trouve, à toutes les époques et sous tous les climats, l'usage des sacrifices, des purifications, des adorations, des prières, conservé chez les peuples païens comme chez les Juifs. Qui pourrait affirmer

(0 Via autem bominibus veniendi ad beatitudinem est mysterium incarnationis et passionis Christi. Dicitur enim Act. iv : non est aliud nomen datum hominibus in quo oporteat nos salvos fieri. Et ideo mysterium incarnationis Christi aliqualiter oportuit omni tempore esse credîtum apud omnes : diversimode tamen secundum diversitaiem temporum et personarum... Dicendum quod multis gentilium facta fuit revelatio de Christo... Si tamen aiiqui salvati fuerunt, quibus revelatio non fuit facta, non fuerunt salvati absque fide mediatoris : quia etsi non habuerunt fidem explicitam, habuerunt tamen fidem implicitam in divina Providentia, credentes Deum esse liberatorem hominum secundum modos sibi placitos, et secundum quod aliquibus veritatem cognoscentibus Spiritus revelasset, secundum illud Job, xxxv : Qui docet nos super jumenta terrœ. Pars 2a 2*, q. n, art. 7, corp. et ad 3 ; Baron, Ann. 780, n. 12.

qu'aucun de ces actes, manifestation d'une foi quelconque, n'avait dans aucune circonstance un rapport plus ou moins compris, avec l'expiation du péché en général, et du péché originel en particulier? N'est-il pas écrit du centurion Corneille encore païen, que ses prières et ses aumônes étaient agréables à Dieu (1)? Parlant aux païens de son temps, ensevelis dans la plus grossière idolâtrie, Tertullien ne leur dit-il pas : « Dnns la prospérité vous arrêtez vos regards au Capitole; mais dans l'adversité, vous les élevez vers le ciel, où vous savez que réside le vrai Dieu ?»

Fallait-il même d'une nécessité invariablement absolue, que l'enfant fût né pour bénéficier de la foi de ses parents? « Il est vrai, répond un grand théologien, on ne lit nulle part que' des sacrifices aient été offerts ou reçus, pour les enfants encore dans le sein maternel. Ainsi, en vertu d'un ordre providentiel, légalement établi, nul enfant, avant de naître, n'a jamais obtenu par des sacrifices extérieurs la rémission du péché originel. Plusieurs ont reçu cette grâce par un privilège spécial, comme Jérémie et saint Jean-Baptiste. Toutefois, on ne doit désapprouver ni les prières, ni les vœux, ni les bonnes œuvres extérieures des parents, pour leurs enfants nés ou à naître, et qui se trouvent en danger de mort ; car Dieu n'a pas enchaîné sa toute-puissance aux sacrements. Ils peuvent donc prier, afin qu'il daigne dans son infinie miséricorde les conduire au baptême, ou leur remettre le péché originel. Alors Dieu, qui est infiniment bon y pourra les sauver. Cessera, non en vertu d'une loi, mais uniquement par grâce. Aussi, à moins d'une révélation, il ne faut pas affirmer qu'ils sont sauvés, et

(1) Corneli, exaudita est oratio tua, et eleemosynœ tuse commémorât® io conspectu Dei. Act., x, 31.

leur corps ne doit pas être enseveli en terre sainte (1).» Jusqu'où s'étendait et jusqu'où s'étend encore cette possibilité du salut pour les enfants en question, comme pour les autres, par les prières, les bonnes œuvres, les sacrifices, la foi, en un mot, des parents même idolâtres ? Ici encore qui peut répondre ? Tous ces doutes et d'autres encore qui peuvent, sans blesser renseignement catholique, être résolus dans le sens de la miséricorde, permettent de diminuer, peut-être infiniment plus qu'on ne pense, le nombre des sujets, et surtout des victimes éternelles du mauvais Esprit. Si elle en avait besoin, cela seul suffirait pour justifier, aux yeux de tout homme impartial, l'infinie sagesse et l'infinie bonté de l'éternel amateur des âmes, surtout des âmes des enfants (2) .

Quant aux adultes, nés dans l'ancien paganisme? Égyptiens, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Gaulois, tous avaient, pour se soustraire à l'empire de Satan, la connaissance essentielle de la loi primitive (3) ; la grâce

(1) Non improbantur tamen preces et orationes ac exleriores prostrationes parentum pro filiis aut filiabus in utero aut extra uterum in periculo mortis existentibus, eo quod Deus non alligavit virtutem suam sacramentis. Ideo orare possunt ut dignetur eos Deus ex sua infini ta misericordia ad sacramentum Baptismi perducere, vel peccatum originale remittere. Tune Deus, qui est liberalissimus, poterit eos salvare. Sed hoc non erit ex lege, sed ex niera gratia. Et ideo nisi Deus revelaverit, non debent asseri salvari, neque eorum corporain loco sacro sepeliri. Viguier, c. xv, § 2, vers. 3, p. 457-458,

(2) Parcis autem omnibus, quoniam tua sunt, Domine, qui amas animas. Sap., xi, 27. — Sinite parvulos venire ad me, et ne prohibueritis eos; talium est enim regnum cœlorum. Marc, x, 14.

(3) Voici les opinions de quelques théologiens sur le salut des enfants morts sans baptême. « Cajetanus ideirco propugnavit parvulos fidelium Christianorum, quibus per baptismum subveniri haud potes t, non tan tu m ex privilegio Dei singulari, sed ex lege Dei corn-

pour l'accomplir ou pour se repentir de l'avoir violée, enfin, le baptême de désir : ce qui suffit au salut. Écoutons encore saint Thomas. Prenant l'exemple le plus décisif, celui d'un sauvage né au milieu des forêts, et qui n'a jamais entendu parler du baptême, le grand docteur enseigne une doctrine suivie de toute l'école. Il dit que : « Si, au moment où sa raison s'éveille, ce sauvage se porte vers une fin honnête, Dieu lui donne la grâce, et le péché originel est effacé. S'il ne persévère pas, il lui reste le repentir, en sorte que, dans l'une et dans l'autre hypothèse , ce pauvre sauvage, le dernier des êtres humains, ne sera pas damné, si ce n'est par sa faute. (1). »

Tels étaient, en général, les moyens de salut donnés

muni et ordinaria salvari posse, votis et precibus parentum ; quae sententia, licet ab Ecclesia non ut hœretica damnata sit, fuit tamen a Congregatione Theologorum improbata, et jussu Pii V ex Cajetani operibus Rom se excusis expuncta.

Alii cum J. Gersone, putant Deum efficacissimis parentum precibus exoratum, non quidem lege ordinaria sed modo exlraordinario et ex misericordia spectali infantibus, qui ad baptismum non perveniunt, gratiam sanctificantem concedere.

Ast in utraque sententia dogmata de peccato originali et de necessitate baptismi non satis firma et intégra manere videntur. Utr unique autem dogma plane intactum manet in sententia eorum, qui dicunt infantes, qui ab hominibus non baptizantur, ab Angelis baptizari, quos Deus non tam in commodum corporis quam in bonum animœ parvulis consociat; vel aliud médium nobis ex sapientissimis rationibus non patefactum constitutum esse, quo in infantibus baptismus suppleretur, prout in adultis suppleri potest per votum. Knoll, » Institut. Theolog., pars, iv, sect. n, cap. i, art. 5.

(1) De insulari vero, ad quem non pervenit baptismi notitia, secundum fundamenta S. Thomœ, dicendum quod si in primo instant! ususrationis convertat se in finem honestum, Deus infundit gratiam» et remittitur peccatum originale. Et si perseveret in gratia et non opponat impedimentum peccati mortalis, Deus, qui non déficit in necessariis, illuminabit eum ante mortem interius vel exferius, nec patietur eum mori absque sacramento .baptismi ; vel, si faciat, sup-

aux païens avant la venue du Rédempteur. L'Incarnation, mystère d'infinie miséricorde, a-t-elle rendu pire la condition des infidèles d'aujourd'hui, placés dans les mêmes conditions que ceux d'autrefois? Qui oserait le prétendre? De ces explications découlent rigoureusement les corollaires suivants.

1° Si la plupart des habitants du globe n'ont jamais appartenu à l'empire visible du Saint-Esprit, ou, comme parle la Théologie, au corps de l'Église; nul ne peut prouver qu'un seul ait été, ou soit encore, dans l'impossibilité absolue d'appartenir à l'empire invisible du Saint-Esprit, qu'on appelle l'âme de l'Église, ce qui suffit pour être sauvé. La raison en est que, si nous connaissons les moyens extérieurs par lesquels Dieu applique aux hommes les mérites du Rédempteur, les innombrables moyens intérieurs nous échappent; et nous devons dire avec Job : Bien que vous les cachiez dans le seqret de votre cœur, je sais cependant que vous vous souvenez de tout ce qui respire (1 ) .

2° Si, malgré cette déduction, la multitude des sujets de Satan demeure si considérable, il faut l'imputer non à Dieu, mais au libre arbitre de l'homme. Or, nul ne peut prouver que Dieu ait dû créer l'homme impeccable, ou que la plupart des hommes ont la volonté sérieuse de se sauver.

3° 11 est bien établi que la. prescience de Dieu ne gène en rien la liberté de l'homme, et que Dieu n'est pour rien dans le mal que l'homme s'est fait en se vendant au

plebit effectuai sacrameoti : Non enim alligavit virtulem suam sacramentis, quia cum talis ex illa conversione consecutus sit gratiam, si perseveret, non privabitur illa sine culpa, et jam videtur habere baptismum quodammodo in voto, licet confuse, propter ignorantiam invincibilem. Viguicr, lnstitutiones, e. xvi, p. 483. (i)«/o6, x, 13.

démon, pas plus que le père du prodigue dans les hontes et les misères de son fils révolté. Dieu n'est intervenu que pour prévenir le mal, pour le contenir et pour le réparer. Si le libre arbitre de l'homme n'y mettait obstacle, la réparation même surpasserait la ruine, en profondeur et en étendue.

4° Dieu veut le salut de tous les hommes sans exception. Le salut, c'est la jouissance éternelle de Dieu par la vision béatifique. Dieu le veut d'une volonté sérieuse, puisqu'il réserve des supplices éternels à ceux qui ne l'auront pas accompli. Il a donc ménagé à tous les hommes, dans tous les temps, les moyens de se sauver, si bien que nul m sera damné que par sa faute.

5° De savoir comment, dans certains cas particuliers, ces moyens de salut sont applicables et appliqués, c'est l'inconnue du problème. Or, en dogme comme en géométrie, dégagée ou non, l'inconnue n'existe pas moins.

Une chose reste donc mathématiquement certaine : c'est que, malgré les mystérieuses ténèbres dont il enveloppe les secrets de sa miséricorde, Dieu, étant la puissance, la sagesse et la bonté infinie, ne fera tort à personne. Tel est le doux oreiller sur lequel dorment en paix, et la foi du chrétion et la raison de l'homme capable de lier deux idées : Jnpace in idipsum dormiam et requiescam.

Devant ces éclaircissements, si incomplets qu'ils puissent être, s'évanouit la difficulté que nous avions à résoudre, et avec elle l'inquiétude qu'elle pouvait jeter dans les esprits. Rien n'empêche donc de continuer notre marche et de passer à l'étude approfondie des deux cités.

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