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CHAPITRE XX

(biuite ma BBÉcltoJurr.;)^

Merveines sortiee da sein dès eaux : dans l'ordre nafnrel, dans rbrire stt^ nalirel. — AdmfaFationiéesPteeft et des doeteon da l'igUtek,— A. caMI de son excellence, l'eau objet privilégié de la haine du démon, — Pasoles de Tertullien. — Faits de l'histoire profane. —Pline, Porphyre. — Pasrtgil de Pseilus. — Certitude du miracle opéré par l'eau du baptême. ^ Ma* gnificence du baptême des chrétiens tirée de sa similitude avec le baptême du Verbe incarné.

Au premier jour du monde, le Saint-Esprit repose sur les eaux, semblable à l'oiseau qui couve son nid pour le faire éclore. Des eaux primitives ainsi fécondées sortent les brillantes et innombrables légions d'êtres organiques, vivants, animés, destinés à vivre sur la terre, sortie comme eux du sein des eaux. Dans la plénitude des temps, le même Esprit repose sur les eaux du Baptême, les féconde, et pendant toute la durée des siècles en fait sortir l'innombrable famille des enfants de Dieu, destinés à peupler le ciel.

Ce spectacle ravit les Pères et les docteurs de l'Église. Comme les anciens prophètes s'étaient plu à chanter la première création sortant du sein des eaux, eux célèbrent à l'envi la seconde création sortie du même élément. « Ce que le sein de Marie fut pour le Verbe, disent-ils, la fontaine baptismale l'est pour nous : sein maternel dans lequel est reçue la grâce génératrice et

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d'oùnoussorioas frères et cohéritiers du Verbe incarné. 0 radAûiirable ourrkr que le Saint-Esprit (1) ! »

tt. A qm». bon L'eau ,, demande smot Chrysostome, pour doimer ane Meo&de naissance ans inonde? Il y s là dei grands mystèisas. Je n!en dis qu'un seul. En vertu de la loi qui préside à la transformation ou. au perfectionn^œnt dea ^nes, dans l'eau baptismale s'accomplit un mfstèra de mort et un mystère de vie. Mort, sépulture, vie, réfturr^tion,^ tout se fait en même temps. L'eau baj^Boale est un tombeau. Nous y descendons, et le viël homme: y est raseveli et noyé tout entier. Nous en soctonsi et FlMimme nouveau en sort plein de vie. Aussi farîlequ'iL BOUS est de plonger dans Teau et de revenir à la surface^ non moins facile il est à Dieu d'ensevelir bifîeîl homme< et de créer le nouveau... Ge qu'est le sein- de la mère à l'enfant,, l'eaiu du baptême l'est au chrétien t c'est dans l'eau qu'il est fait et formé. Au commencement il. fut dit : (^ les eaux produisent les reptiles' ammés. Depuis que le Verbe Rédempteur est descendu dans le Jaurdain, ce n'est plus la race des rep* tiles que produisent les eaux, mais la famille des âmes, douée» de raison et pleines du Saint-Esprit (2).

Personne B'a de couleurs plus gracieuses et plus vives que Ter tvllieui,. pour peindre les merveilles de £a seconde création, autrement mi^nifîque que la première. « Heureux mystère de notre eau baptismale t s'écrie ce grand

(1) Fons aquœ elementaris, hoc Spiritu interYenientey fit utérus Ëcclesiœ, utérus gratiœ, etc. Rupert., De Spirit. sanct.^ lib. 111, c. viu. ^ On voH ici la raison pour lamelle l'eaU' éiémeutaire ou naturelle est 88ule matière da Baptême. G'eiti elle saule fue le SaintrEsprit ftsauctifiée et rendue féconde.

(2) Quod ettmatrix embryoDi^ hoc est aqm tideli : in-aqua enim fiogUnr et formatuv. Irh Joan*, homii. xxv,.n.2; et homil. xivi, n. 1, opp. t. VIII, p. 168 et 171, edit. noviss*

homme. Là, nous somnles purifiés de nos anciennes fautes et rendus libres pour la vie éternelle. La vipère, je veux dire l'hérésie, aime les lieux secs et arides. Pour nous, petits poissons, selon notre poisson Jésus-rChrist, nous naissons dans Teau et nous ne vivons de la vie divine qu'en demeurant dans l'eau (1).

(( Cette eau puissante eut sa figure dans la création du monde. Alors le Saint-Esprit était porté sur les eaux et il les sanctifiait. Dès ce moment, l'eau sanctifiée eut la vertu de sanctifier elle-même ; car c'est une loi que la créature inférieure prenne les qualités de l'être supérieur qui influe sur elle, surtout s'il s'agit de la matière à regard de l'esprit. Toutes les eaux étant venues de ces eaux primitives participent à la même vertu. Aussi, peu importe qu'on soit baptisé dans la mer, dans un lac, dans un fleuve ou dans une fontaine, en Orient ou en Occident, par Jean dans le Jourdain ou par Pierre dans le Tibre. A peine le nom de Dieu invoqué, l'Esprit, des hauteurs du ciel, descend sur les eaux, les sanctifie par lui-même, et ainsi sanctifiées, elles boivent la vertu de sanctifier (2). »

II est donc vrai, le monde moral et le monde physique sont sortis du même élément générateur, sous l'action du même Esprit. Les cieux et la terre sont de l'eau et vivent dans l'eau, ex aqua etper aquam, dit saint Pierre; et le monde chrétien est de l'eau et ne peut vivre que dans l'eau : In aqua nascimur ; nec aliter quam in aqua permanendo salvi sumus. Mieux que tous les discours,

(1) .. . Sed nos pisciculi secundum txOuv nostrum^ Jesuni Ghristum, in aqua nascimur ; nec aliter quam in aqua permanendo salvi sumus. De Baptism., c. i.

(2) Invocato Deo, supervenit enim statim Spiritus de cœlis, et aquis superest, sanctificans eas de semelipso, et ita sanciificatœ vim sanctificandi combibunt. Ji., c iv.

ce double fait nous montre l'excellence de Teau et la place qu'elle occupe dans les œuvres divines.

Par cela même, elle sera l'objet inévitable de la haine privilégiée du démon. Si donc le grand ennemi du Verbe incarné avait profané l'eau , considérée seulement comme principe de la création matérielle, nous devons le voir redoubler d'acharnement pour la profaner, pour la déshonorer, comme élément de la création spirituelle et instrument spécial des miracles de T Homme-Dieu.

Il en est ainsi. Rapporter ce que le prince des ténèbres a fait pour corrompre l'eau; et, de cet élément sanctificateur, faire un instrument de mal moral et physique, serait presque impossible. On dirait qu'ayant eu connaissance des destinées sublimes de leau pour la régénération du monde, Satan a déchargé sa haine sur cet élément deux fois mystérieux, comme ill'avait déchargée sur la femme.

TertuUien, qui le voyait à l'œuvre, cite quelquesunes de ses contrefaçons sacrilèges et de ses noires méchancetés. « Il a, dit-il, son baptême pour initier ses adeptes aux mystères d'Isis et de Mithra. De toutes parts on voit ses adorateurs purifier avec de l'eau les campagnes, les maisons, les temples, les cités entières. Aux Jeux d'Apollon et de Péluse, les combattants se plongent dans l'eau, avec la pensée de se régénérer et d'obtenir le pardon de leurs fautes. Chez les anciens, l'homme qui venait de commettre un homicide se purifiait avec de l'eau. Reconnaissons ici Satan, jaloux de Dieu, puisqu'il a aussi son baptême. Mais quel rapport entre le sien et le nôtre? L'immonde purifie, le lueur vivifie, le damné absout 1 détruira-t-il son œuvre en effaçant les crimes que lui-même inspire?

« Indépendamment de toute pratique superstitieuse,

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le démon est le corropteur dessus. Les païens ne Tignorent pas, eux qui nient l'action de Dien etirPeai, en admettant lacaricature. Ëst-*ce que les esprife'immondes ne reposent pas sur les eauc, contrefaisant lia «position du Saint-Esprit sur les eaux primiti^ies ? Toutes <ks fontaines ombragées savent cela , tous les ruisseaux solitaires, les piscines des bains publics, et, dans les maisons particulières, les euripes, c'est-»à-dire les'Citernes et les puits, appelés mripes^ parce qu'ils eifti^neot, par la puissance de l'esprit mauvais, ceux qui en aj^rochent. Les malheureux que ces eaux ont tués on rendus fous ou frappés de panique, on les appelle lympbaiiques et hydropholies f^\ ) . a

Révoquer en doute la réalité de ces pbénooafènes tétaniques sermt simplement ridicule. Tertullien ne les a pas inventés. Les auteurs païens en témoignent. Hs citent dans les différentes parties du monde un grand nombre de ces eaux, qui produisent les effets signalés par le grand apologiste. Pline nomme un de ces^enripes homicides ou malfaisants en Arcadie, troisen Tanride, d'autres en Lydie, en Ethiopie, en Béotie, dans't'tle de Céos, en Phrygie, en Espagne, dans la Thraoe et dans la Sicile (2).

(1) AnnoQ et alias sine ullo sacramento imoiundi Spiritus aquis incubant, adfectantes illam in primordiodivini Spiritusgestationem? Sciuntopaci quique fontes^ et avii quique rivi, et in bàîneis piscinse et euripi in domibus vel cisternsB et putei qui Tapera dicuatur, seilicet per vim spipitufi nocentiB. Nam et enectos et lymphatos et bydrophobos vocant, quos aquse necaverunt aut amentia vel formidine exercuerunt. TertulL, De baptismo, c. v.

(2) Justa Nonacrin in Arcadia Styx^ necodore differenSjDcccolore, epota illico necat. Item inlibroao TauroruoaitFesfoBtes^Bine remedio, sine dolore^ mortiferi... Colophone in ApoUiais Ciarii speca lacuna cst^ cujus potu mira redduntur oracula, bibentium brevior& Tita. Llb. lU c. cvi««* Ibi (in Phrygiae Galle flumrac) in potando^

Lei gcaBd théologien du paganisme, Porphyre, conifime les xoêmes faiJts et rapporte cet oracle d'Apolkm à Alexandre.: «Fils d'Eacus, garde-loi dappro- 4:her de l'eau d'Achéruse et de Pandosie : une mort inévitable t'y attend (1). » «Il y a, ditPsellus, un genre de démons^ appelés démons des eaux^ parce qu'ils se lloqgent dans l'eau, hantent volontiers les lacs et les fleuves, excitent les tempêtes et font périr beaucoup de uvires ^t de personnes par les eaux (%). u

Ces faits et beaucoup d'autres permettent donc d'affirmer avec assurance que, parmi les créatures animées, l'objet privilégié de la haine de Satan, c'est la femme ; et parmi les créatures inanimées, l'eau. La femme, ;parce que, dans Marie, elle est la mère du Verbe incamé.; l'eau, parce que, dans le baptême, elle est la mère du chrétien, frère du Verbe incarné. De là vient

necessarius modus ne lymphatos agat; quod in ^Ethiopia accidere bis qui a Tonte rubro biberit^ Ctesias scribit... et Sotion, in excerpHs «r CtpsiUj soribit : Ctesias in iStfaiopla lontem eaae narrât, cu^us aqua-Cinnabariscolorem refert: bibentes vero ex eo mente alienati, ea quse clam perpetrarunt, eloquuntur. — Et Ovid,, Metdm.y xv, 369 : cui non audila est obscœnse Salmacis unda7 iEthiopesque laças Tqnos si qois faucibus hausit, aut furït, eut mirum petitur gra- Tîtate sonmum. — In Beotia ad Trophonium Deum, juxta flumen Orchomenon duo sunt fontes, quorum alter memoriam, alter obli- Tionem affert. Lib. XXXI, c. i et c. xi. — In Cea insulafontem esse qoo hebetes fiant. Id., «d., c. xii. — Necare aqu«s -Tfaeopompus et îinTfaraeiaapnd Oychros dicit: Lycus in Leaniinis, tertio ^die quam qois bibeût. Ibid,^ c. xix.

(1) iEacide, cave ne venias ad Acherusiam aquam Pandosiamqae, quia tibi morsTàto destinata est. OracuL veter., orac. ApolLab Oblofwo, p.6t.

(2) Quartum (genus dœmonum) aqualite et marinum, quod huttoribus se immergit, aclifaenlericirca lacus et ilavies habitat, mulitoaque^erdit^aquifi, et in mari fluctus excitât ac tempestates dafItgiaqiie vitis onusta funditus 8ubmfirgit,.multosqueDbruit undi8.7>e dœmonib., cir. init.

la sollicitude particulière avec laquelle l'Église teiUe sur la femme, et spécialement sur la jeune fille. Delà vient encore que, de tous les éléments, l'eau est celui qu'elle purifie le plus souvent et doçt elle se sert tonjours pour purifier les créatures.

Tertullien conclut en disant : « Pourquoi avons-nous rapporté toutes ces choses? C'est afin que personne n'ait peine à croire à l'action des bous anges sur les eauxpour le salut de l'homme, puisque les mauvais anges ont commerce avec le même élément pour la perte de l'homme (1) .»

Mais contre l'incrédulité moderne nous n'avons pas besoin d'une pareille preuve. La vertu miraculeuse de l'eau du baptême est un fait éblouissant comme le soleil. Je prends le négateur le plus intrépide du surnaturel et je lui demande : Y a-t-il, oui ou non, une différence entre le monde païen et le monde chrétien? entre un monde prosterné aux pieds de mille idoles pins affreuses, plus cruelles, plus impures les unes que les autres, auxquelles il offre en sacrifice des milliers de victimes humaines ; et un monde adorateur d'un seul Dieu trois fois saint, qu'il honore par un culte d'une pureté irréprochable? S'il répond : Non, tout est dit. On ne raisonne pas avec la folie.

S'il répond affirmativement, je lui demande : Dans quel lieu ce monde chrétien, si supérieur au monde païen, a-t-il pris naissance? A moins de se noyer dans le ridicule en niant l'évidence, il est bien forcé de me montrer les fonds du baptême. De là, en effet, est sorti

(1) Quorsum ista retulimus ! Ne quis durius credat aDgelum 0^1 saoctum aquis in salutem hominis temperandis adesse, cumaogelus malus profanum^commercium ejusdem eiementi in pernicieiD hominis fréquentât. Psell,, De dcemonibus.

k JDonde chrétien. Le fait est tellement vrai, que tous Im peuples anciens de l'Orient et de l'Occident, toutes Ie5 républiques si vantées de Sparte, d'Athènes et de Rome, malgré leurs philosophes, leurs poêles, leurs capitaines, leurs arts, leur civilisation matérielle, sont restés adorateurs des plus monstrueuses divinités, esclaves des plus honteuses erreurs, tant qu'ils ne sont pas Yeaus se plonger dans l'eau baptismale. Pour que la permanence du miracle rendît l'incrédulité inexcusable, que voyons-nous encore aujourd'hui? Quand l'Africain adorateur du serpent, l'Océanien anthropophage, cessent-ils d'être ophiolâtres et mangeurs d'hommes? Le jour de leur baptême.

Elle est donc éternellement vraie la belle parole de Tertullien : Les chrétiens sont de petits poissons qui naissent dans l'eau : Pisdculi in aqua nascimur. Non moins vraie celle qu'il ajoute : Et nous ne pouvons vivre qu'en demeurant dans l'eau : Nec aliter quam in aqua permanendo salvi sumus. En effet, si les chrétiens, hommes et peuples, viennent à dégénérer, l'histoire montre, comme date précise de leur décadence, le jour où ils se sont éloignés des eaux du baptême, de la vie qu'ils y avaient reçue et de l'Esprit qui la leur avait donnée (1).

(i) A raison da rôle important qu'elle remplit dans Tordre naturel, l'eau est bien digne de servir à ce miracle comme à tous les autres. Ainsi que nous l'avons vu, elle possède avec la grâce des rapports nombreux et marqués. Citons encore cette belle harmonie. L'eau qui sort d'une colline et qui traverse une vallée remonte la colline opposée jusqu'au niveau de sa source: c'est une loi physique. Même loi dans l'ordre surnaturel. Pariant à la Samaritaine» le Fils de Dieu lui promet de donner au monde une eau qui remontera Jusque dans les hauteurs du ciel. Donc la source de cette eau est dans le ciel même. Or, cette source a été ouverte au baptême; elle n'a jamais tari. En coulant sur la terre jusqu'au dernier jour du II. 18

Prendre naissance dans le plus magnifique des éléments n'est pas la plus grande gloire du. elurétien. Sa prérogative par excellence est que son baptême a poar type le baptême du Verbe incarné. Tous ies augustes mystères que -nous voyons briller au Jourdain se renouvellent en chacun de nous, a Le nouvel Adam^ dit saint Thomas, a voulu être baptisé, pour consacrer notre baptême par le sien. Ainsi ^ dans le premier a dû seré-^ vêler avec éclat tout ce qui montre l'efficacité du second. Sur cela trois choses sont à considérer : ; /

« La première, la souveraine vertu qui donne au baptême .son efficacité. Cette vertu vient du ciel. Voilà pourquoi, le Christ ayant été baptisé, le ciel /ut ouvert, pour montrer que désormais la vertu d en haut sanctifierait le baptême.

< (c La seconde, la foi de l'Église et du baptisé, qui concourt à Tefficacité du baptême. De là vient la profes^ ^n de foi prononcée par le baptisé, et le nom d^ sacrement de la foi donné au baptême. Or, par «la foi nous voyons les réalités de Tordre sujrnaturel qui<suiv passent les sens et la raison. Cette vue supérieure est sîgnifiéa par ces mots : Le Christ baptisé, les deux furent ouverts.

« La troisième, l'entrée du ciel ouverte, par le baptême du Verbe incarné, à Thomme qui se l'était fermée par le péché. De là encore la parole profondément mystérieuse : Le^ Christ baptisé, les deux furent ouverts, afin de montrer ^ue la route du ciel est ouverte aux baptisés. Mais, pour la suivre constamment, le baptisé doit sans

monde, elle remontera à la hauteur de sa source, emportant avec elle rhomme régénéré, plein de vie, et riche de vertus que le paganisme ni la philosophie ne connurent jamais. Ceci est encore ua fait.

cesse reqpurir à ja prière. Eu effet, si le baptême remet lepédié, il laisse subsister le foyer du péché, qui nous atj^quç mtérieuremeot ;, le monde et le démon , qui nous ^I4aqttefiit extérieurement. De là, ces paroles signi*ficatives : Jésus baptisé et priant^ le del fut ouvert (1). »

Quelle est cette vertu souveraine qui opère tant de miraclei^ ? C'est le Saint-Esprit. Aussi nous le voyons apparaître inmiédiatement et sous une forme sensible, au baptême du nouvel A(|am. Colombe mystérieuse que nous ne voyons pas de nos yeux se reposer sur la tête de chaque baptisé, mais qui n*y repose pas moins. A elle, et à elle seule, le monde baptisé doit la pureté, la douceur, la fécondité du bien, la transformation intellectuelle et morale qui le distingue si noblement des païens d'autrefois et des idolâtres d'aujourd'hui.

Vivifiée par le Saint-Esprit, l'eau a produit un petit poisson, le chrétien, sur le type du grand poisson, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Que reste-t-il, sinon que le Père éternel reconnaisse son fils en présence du ciel et de la terre : Et voici des deux une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé^ en qui f ai mis mes complaisances (2) ? Pour annoncer la perpétuité de ce mystère, aussi durable que le temps, aussi étendu que le monde, la voix du Père, qui retentit sur les bords du Jourdain, il y a dix-huit siècles, ne cesse jamais de se faire entendre sur la fontaine baptismale, i lorsqu'un frère du Verbe incarné vient y prendre naissance.

C'est la belle pensée de saint Hilaire : « La voix du Père, dit-il, se fit entendre, afin de nous avertir que les miracles de Notre-Seigneur s'accomplissent en nous,

(\) p. ni, q. 39, art. 5, corp.

(2)MaUh., m, 17.

que la divine colombe descend sur nous et quelayok du Père annonce notre divine adoption (1). » Rien de plus vrai, car rien sur la terre n*est plus beau, plus digne des complaisances du Père éternel que l'Ame au sortir des fonts du baptême. De cette création du Saint- Esprit, de ce ciel terrestre où réside l'auguste Trinité, on peut dire ce que l'Apôtre a dit du ciel empyrée: L'œil de l'homme n'a rien vu, son oreille n'a rien entendu, son esprit n'a rien conçu qui puisse lui être comparé, pour le bonheur et pour la gloire.

(1) Super Jesum baptizatûm desceDdit Spiritus sanctus» et vox Patrie audita est dicentis : Hic estfilius meus dilectus; ut ex hisquœconsummabantur in Gbristo, cognosceremus post aquœ lavacrum et de cœlestibus portis sanctumin nos Spiritum in?olare^ et paternsTOcis adoptione Dei filios fleri. Super Matlh,^ c. i^in fin.

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