II
ici-bas n'est qu'un Dieu commencé, quelle langue peu dire ses gloires, lorsque dans le ciel il sera un Dieu con sommé? «Bien-aimés, écrit saint Jean, dès maintenant nous sommes les fils de Dieu ; et on n'a pas encore vi ce que nous serons; nous savons seulement que, lorsqu'il se montrera, nous serons semblables à lui (i). »
Pour apprécier, comme il convient,. un superbe édifice, il ne suffît pas de connaître les. riches matériaux dont il est composé, il faut savoir dans quelles proportions, avec quel art, d'après quels calculs ils ont été mis en œuvre. Nous venons d'énumérer les éléments qui entrent dans la formation du chrétien ou, pour rappeler une figure des saints livres, Jes matériaux employés par le Saint-Esprit dans la construction de son temple vivant. Mais ce n'est là qu'une partie des merveilles que nous devons admirer. Pour les connaître toutes, il faut étudier les mathématiques divines, d'après lesquelles a travaillé l'habile architecte.
Or, dans ce qui précède on a sans doute remarqué remploi du nombre dix et du nombre douze. Mais comment n'avoir pas été frappé de la répétition constante du nombre sept? La structure du chrétien semble porter en grande partie sur ce nombre. S'il y a douze articles dans le symbole, douze fruits du Saint -Esprit et dix préceptes dans le décalogue, il y a sept sacrements, sept vertus mères, sept demandes dans le Pater ^ sept dons du Saint-Esprit, septbéatitudes, sept péchés capitaux, sept œuvres de charité corporelle et sept œuvres de charité spirituelle.
Croire que ce nombre est arbitraire serait une erreur. La sagesse infinie a présidé à la formation du
<1) I £p., m, 2. — /d., Ev. xv.i, 20.
monde spirituel, avec plus de soin, s'il est possible, qu'à la création du monde physique. Si ce nombre n'est pas arbitraire, s'il ne peut pas Têtre, quelle en est la signification mystérieuse? Pourquoi revient-il si souvent dans l'ouvrage le plus digne de Dieu? Afin de répondre, il est nécessaire de balbutier quelques mots sur la science des nombres sacrés et du nombre sept en particulier.
Cette étude n'est pas une digression. N'avons-nous pas à suivre le Saint-Esprit dans ses voies, et à faire admirer les calculs de l'adorable ouvrier qui a fait toutes choses avec mesure, nombre et poids {!)? Bailleurs, aujourd'hui que le matérialisme ne voit plus dans les nombres que des chiffres, est-il hors de propos de rappeler, du moins en passant, une science familière aux premiers chrétiens , philosophique entre toutes, riche de profonds aperçus et resplendissante de magnifiques harmonies ?
(1) Omniain mensura, et numcro, et pondère dispos uisti. 5^^;)., XI, 2i.