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CHAPITRE XXVI

(suite du précédent.)

Nombre des dons du Saint-Eiqtrit. — Inséparabilité. — Perpétuité. — Digntté. — Ordre des dons en Notre-Seigneur. — Ils commencent par la sa* gesse et finissent à la crainte. — Raison de eet ordre. — Manifestation de ehagae don du Saint-Esprit dans la vie de Noire-Seigneur. — En nous, les dons commencent par la crainte et finissent à la sagesse. — Raison de cet ordre. -* Loidn monde moral. — Nécessité de la connaître et de la saine, -r Effets généraux des dons du Saint-Esprit sur l'humanité.

On ne saurait trop le répéter, sans les dons du Saint- Esprit, rhomme est privé de mouvement surnaturel. Il ne peut convenablement ni connaître le bien, ni Topérer, ni éviter le mal, ni s'ouvrir les portes du ciel. Mais quel est le nombre de ces dons, plus précieux que tout Tor du monde, plus nécessaires ipille fois que la vie naturelle? L'Écriture nous donne la réponse. Parlant de Notre-Seigneur, le second Adam, le prophète Isaîe s'exprime en ces termes : « Et sur lui reposera TEsprit du Seigneur : TEsprit de sagesse et d'intelligence; l'Esprit de conseil et de force; l'Esprit de science et de piété, et l'Esprit de la craintedu Seigneur le remplira (1).» Ce qui s'est accompli dans le Verbe incamé doit s'accomplir dans chacun de ses frères. Au jour du baptême, tout chrétien reçoit les sept dons du Saint-Esprit.

Pourquoi ces dons divins sont-ils au nombre de sept

(l)xi,2,3:

et non pas au nombre de six ou de huit? Rappelonsnous que les dons du Saint-Esprit ont pour but d imprimer le mouvement aux vertus. Or, il y a sept vertus : trois théologales et quatre cardinales. Ces vertus comprennent toutes les forces, principes d'actes surnaturels. Ces forces reposent toutes dans Tentendement et dans la volonté. L'entendement doit saisir la vérité, s'en nourrir et la transmettre ; la volonté, l'aimer et la réduire en actes.

Pour connaître la vérité d'une connaissance utile, Fentendement a besoin des dons à' intelligence^ de conseil^ de sagesse et de science. Les dons àe^ piété ^ de force et de crainte sont les auxiliaires indispensables de la volonté dans, l'amour et la pratique du bien (1). Ainsi, les dons du Saint-Esprit atteignent toutes les facultés de l'âme, toutes les vertus intellectuelles et morales, et les suivent dans leurs actes, de quelque nature qu'ils soient (2).

Sous une figure d'une profonde venté, saint Grégoire montre la même raison du nombre sept. « Dieu, dit-il, a créé le monde et l'a rendu parfait en sept jours. Image de Dieu, l'homme est créateur. A chaque jour de sa création spirituelle correspond un don du Saint-Esprit. Tous ensemble accomplissent et perfectionnent les travaux, tant de la vie active que de la vie contemplative (3) . »

(i) Si (SpiritUs) est inintellectu, tune est Spiritus sapientiae, consilii^ intellectus, scientise; si est in voluntate, tune est Spiritus pietatis, timoris vel fortitudiùis. Corn.aLap., in Is,, xi, 3.

(2) Sic patet quod hsec dona extendunt se ad omnîa, ad quse se extendunt virtutes tam intellectuales quam morales. S, Th., !•, 2«, q. 68, art. 4, corp.

<3) Sunt autem haec dona tantum septem, quia^ sicut dicit Gregorius... Super Ezech,, homil. n. — Per septenarium significatur uni- Tersitas ; ut sicut mundus septem diebus est perfectus^ hic et minor

Il en résulte que le nombre sept est celui qui convient aux dons du Saint-Esprit : plus serait inutile, moins pas assez. A cette précision merveilleuse, comment ne pas reconnaître l'infinie sagesse qui, dans Tordre moral non moins que dans Tordre physique, fait tout avec nombre ?

Elle brille d'un nouvel éclat, si on considère, comme nous le ferons plus tard, que les dons du Saint-Esprit sont opposés aux sept péchés capitaux. Ces sept péchés ou, pour mieux dire, ces sept; Esprits mauvais en veulent aux sept vertus ou puissances de Thomme, ainsi qu'à son entendement et à sa volonté, c'est-à-dire qu'ils attaquent Thomme dans tout son être. Pour lutter avec succès contre ces sept puissances infernales, sept forces divines étaient nécessaires à Thomme. Il les trouve, ni plus ni moins, dans les sept dons du Saint- Esprit.

Nouveau trait de sagesse et de bonté : ce brillant cortège de perfections surnaturelles, cette puissante cohorte d'auxiliaires divins est indissoluble. Les dons du Saint-Esprit sont inséparables les uns des autres. « Aucune vertu morale, dit le prince de la théologie, ne peut exister dans Thomme sans la prudence. Toutes se réunissent dans cette ver tu , qui les dirige suivant les lumières de la raison. Il en est ainsi du chrétien.

« Toutes ses vertus, toutes les forces de son âme sont excitées et régies par les dons du Saint-Esprit. Or, le Saint-Esprit habite en nous par la charité. Ainsi, comme les vertus morales sont mises en faisceau par la prudence, les dons du Saint-Esprit se trouvent liés ensemble dans la charité. Celui donq qui a la charité possède les sept dons du Saint-Esprit, et celui qui la

muadus homo, septem donis Spiritus sancti perficiatur, etc. S, Bonav,, Opmc.y de septem donis, etc.^ p. 237> edit. in-fol., Lugd. 1619.

perd les perd tous les sept; mais il les reeoayre en recouvrant la grâce (1). »

Telle est, pour le dire en passant, la raison du nour bre sept, si souvent reproduit dans les pénitences canonî* ques et dans les indulgences accordées par TËg^ise (2).

Non-seulement les dons du Saint-Esprit sont inséparables; 3s sont encore tellemeot permanents, qu'ils survivent même à la mort. Moyens nécessaires de sam^ tifîcation dans l'exil, ils deviennent dans la patrie dea sources de gloire et de béatitude, a Les dons du Saint-* Esprit, continue saint Thomas, peuvent être considérés dans leur objet actuel ou dans leur essence» Bn tant qu'ils résident dans l'homme voyageur,, û&î ont pour objet les œuvres de la vie active, c est-à*dire la pratique des difEérents devoirs auxquels le salut ésH attadié. Sous ce rapport ils ne demeurent pas dans le ciel. La fin étant obtenue, les moyens n'ont plus de raison d'être.

« Il en est autrement, si on les considère dans Itear essence. En effet, il est de leur essence de perfectionner l'âme, de manière à la rendre docile à l'impulâioa' divine. Or, dans le ciel cette docilité sera complèie.. Là, Dieu sera tout en toutes choses, et l'homme par* faitement soumis à Dieu. Ainsi^ non-seulemenb les dons du Saint-Esprit, principes da cette dociMté, subsisteront dans le ciel; mais, incomparablement plus

(1) 1*, 2« ^q. 58, art. 4, corp.; et q. 68, art. 5, çorp.

(2) Gratia ista septiformis, id est septem donorum, amittltur per. quodlibet mortale peccatum. Et ideo statutum fuit antiquifus, ut pro quolibet mortali peccato imponeretur pœnilentia septensiB^ Prœdicandiani est seilicet, sicat per peccatam aibjicit » se septifior»mem gratiam Spiritus sancti; ita per septennem pœnitentiam satisfaciat et recuperet eam. 5. Anton., Summa theolog.^ p. IV, trt X, c. 1, p. 452, edit. m-4, Venet. 1801.

parfaits qu'ki-bas, ils brilleront dans les élus d'un éclat splendide et seront la mesure de leur bonheur et de leur gloire (1). »

Cet édat ne sera pas le même pour tous les dons ; car iOQ9 n'ont pas la même excellence. Tous, il est \rai, sont des pierres précieuses qui formeront la coi>lonae des élus; mais dans le del, comme sur la terre, toutes les pierres précieuses n'ont ni le même prix ni la même splendeur. Le rubis, Fémeraude, la topaze, le diamant, ont chacun leur beauté spécifique et un écllat différent. Qu'une excellence relative, une dignité hiérardiique distingue les dons du Saint-Esprit, rien n'est plus facile à prouver.

Ces dons correspondait aux vertus, c'est-à-dire que Aaque don a pour but de metiire en mouvement une vertu particulière et de l'ennoblir, en lui faisant pro^ duire des actes, promptement, facilement, constamment, sous Fimpulsion du Saint-Esprit. Or, il y a une différence de dignité entre les vertus. Sans parler des vertus théologales, les premières de toutes, les vertus înteUectuelles sont supérieures aux vertus morales; et parmi les vertus intellectuelles, les^ vertus contemplar ttves sont préférables aux vertus actives. La cause en est que les premières perfectionnent la plus noble fift* enlté de lllomme, la raison ; tandis que les secondes ne perfectionnent que la volonté. .

C'est une nécessité qu'il en soit de même parmi les dons; car plus noble est la chose à mouvoir, plus noble doit être le nototeur; plus parfaite est la faculté à perfecticmner, plus parfait doit être le principe perfectionr nant. « Ainsi, ajoute saint Thomas, dans les dons, Ïbl

(I) !•, 2«, q. 68, art. 6, corp.

sagesse et Tintelligence, la science et le conseil sont préférés à la piété, à la force et à ]a crainte. Parmi ces trois derniers, la piété est préférée à la force, et la force à la crainte ; comme la justice elle-même est préférée à la force, et la force à la tempérance. Telle est la supériorité relative des dons, pris en eux-mêmes.

« Considérés sous le rapport des actes, la force et le conseil sont préférés à la science et à la piété, parce que la force et le conseil s'exercent dans les cas difficiles ; la piété et même la science, dans les cas ordinaires. On voit que la dignité des dons correspond à Tordre dans lequel ils sont énumérés, partie simplement, en tant que la sagesse et Tintelligence sont préférées à tous; partie suivant leur ordre d'application, en tant que le conseil et la force sont préférés à la science et à la piété (1 ) . »

Mais dans quel ordre les dons du Saint-Esprit sontils énumérés? On trouve deux manières de les compter : l'une descendante, qui commence par la sagesse et finit par la crainte; l'autre ascendante, qui commence par la crainte et finit par la sagesse. Lorsqu'il les répand sur Notre-Seigneur, le Saint-Esprit nomme ses dons par ordre de dignité; sur nous, par ordre de nécessité. De Notre-Seigneur il est dit : Sur lui reposera l'Esprit de sagesse, eX il sera rempli del'Esprit de la crainte du Seigneur. De nous il est dit : La crainte est le commencement de la sagesse. Pourquoi cette double échelle?

Le Verbe incarné est la sagesse éternelle ; et le premier don communiqué à son âme est la sagesse. Par là, le Saint-Esprit a voulu montrer que cette humanité

(4) S. Th.j 1% 2», 9. 68, art. 7, corp.

sainte, étant sans péché ni imperfection, participe de prime abord à Tattribut suprême de la personne divine, à laquelle elle est unie. Le dernier don nommé par le Saint-Esprit, c'est la crainte. Le siège de la crainte est surtout dans la partie inférieure de Tâme, c'est-à-dire dans le point qui met Notre-Seigneur en contact immédiat avec notre pauvre humanité. Et le Saint-Esprit a voulu nous apprendre que la crainte est le premier degré de Téchelle qui doit nous élever Jusqu'à Dieu, la Sagesse infinie. Tel est Tordre suivant lequel le Saint-Esprit se communique au Dieu-homme, Finnocence même et le réparateur de Tinnocence.

Quant à nous, nous recevons les dons du Saint- Esprit dans Tordre inverse : on le conçoit (1). Chargé de misères et de péchés, le premier sentiment que Thomme doit éprouver devant Dieu, c'est la crainte. Voilà pourquoi la crainte est le premier don qu'il reçoit, et la sagesse le dernier auquel il parvient. Dans le Verbe incarné, le Saint-Esprit, pour arriver jusqu'à nous, descend de la sagesse à la crainte, et, pour nous relever jusqu'à notre Frère aîné, il nous fait remonter de la crainte à la sagesse.

Si on veut que le chrétien connaisse l'enchaînement et la dignité relative des dons du Saint-Esprit, tel est Tordre qu'il importe de suivre en les expliquant. 11 est d'autant plus rationnel, que les dons du Saint-Esprit sont directement opposés aux péchés capitaux. Or, Torgueil est le père de tous les autres : Initium omnispec-'

(1) Isaîas incipit a sammo dono scilicet sapientiœ et descendit per média usque ad iofimum^ scilicet donum timoris Domini. Sed nos, inquit Gregorius {Moral., lib. XXII, c. ziv), qui a terrenis ad cœlestia tendimus, eosdem gradus ascendeDdo numeramus, et incipiendo ab infimo scilicet timoris Domini, usque ad donum sapidœ sapientiœ. S. Bonav,, ubisuprà^ p. 24K

catiest s^jiperbia ; il est aussi le premier qu'on exphqoe. La crainte e& est le remëde, eomme nous^lenoontreims. C'est donc par la crainte que doit comittenoer Fexpli* cation des dons du Saint-^Esprit.

Gomme il est fâdïe de le voir, ees éeux erdœfy isnt l'un descend et l'autre monte, renferaiêni <to grands enseignements et de belles harmonies. Ni les tusi ni les autres n'ont échappé au regard' pénétratrt ebs dcn* teurs de l'Église. « Par le nom&re sept, dit saint Augxi^ fin, les dons nous révèlent le Saint-Esprit qidy en descendant à nous, commence par la sagesse et finit fm la crainte; tandisque nous, pour m(»ttor jusqa'è M, nous commençons par la crainte et fiaisson» parksagesse ; car la crainte du Seigneur est ]» cemmeatieenieitt de la sagesse (1). »

Et ailleurs : « Lorsque le prophète Isale célèbre lèt sept dons merreilleur du Saint-Esprit, il. commence par la sagesse et arrive à la crainte, descendant dto sêWh met jusqu'à nous^ afin de nous apprendre à monter* H part du point où nous voulons parvenir, et il parvieflt au point d'où nous devons commencer. Sur Itàreposefa^ dit-il, f Esprit du Seigneur^ F Esprit desag^se et étm^ tendementj Esprit de conseil et de forée J Esprit diB science et de piété, V Esprit de la crairUe du Seigneur^ Ain^ comme le Verbe incarné, non en diminuanti,.maisieii nous enseignant, descend depuis la sagesse jusqu'à In crainte; de même nous devons monter, e» a^nçant depuis la crainte jusqu'à la sagesse. La crainte*, es

(1) Istie septem operationes commendanl septenario nuntero Sp»> ritum sanctam, qui quasii descendeos ad nos ineipit a safieolia, et finit ad timorem : noa autem aacendentes iaeipimus a IIbmmi^ perficimur ia sapientia. Initium enim sapientisa timoir Dbmiflir Serm. 448, c. iv, opp. t. V,. pw u p* 1499.

TRAllI^ DU SAINT-ESPHIT* 365

affet, est le commencement de la sagesse. Elle est cette «ittôe ées pleurs dont parle le prophète lorsqu'il dit : // u déposé des aacemims dans son cosur^ au fond de la vallée des larmes.

« Cette vallée, c'est rhumillté. Or, quel est Thumble, jsiiHm celui qui craint Dieu et qui, à cause de cette crainte, feit «couler de son cœur des larmes de confes- «on >et de pénitence ? Dieu ne méprise pas un cœur Hcontrit et humilié. Qu'il ne craigne donc pas de demeaIïer^dans le fond de la vallée. Dans ce cœur contrit et humilié. Dieu a préparé des ascensions, par lesquelles nous nous élevons jusqu'à lui. Où se font ces ascen- .8Îoii$7 Dans le cœur, dit le prophèrte, in corde. D'où .&ttt*tl monter? Du fond de la vallée des pleurs. Où fiamt-il monter? Au lieu que Dieu lui-même a préparé, m locum quem dùposuù. Quel est ce lieu ? Le lieu du cepos et de la paix, où habite, resplendissante de lumière, rimmortélle Sagesse.

<i Ainsi, pour nous instruire, Isaïe descend par de- ^nés, depuis la sagesse jusqu'à la crainte, c'est-^à-dire depuis le séjour de la paix éternelle, jusqu'au fond de la vallée des pleurs, passagers comme le temps. Il veut nous apprendre, pauvres pénitents qui pleurons et qui gémissons^ à ne pas demeurer dans les gémissements et dans les larmes; mais à monter de cette triste vallée jusqu'à la montagne spirituelle, au sommet de laquelle est bâtie la sainte Jérusalem, notre mère, où nous jouirons d'une joie sans mélange et sans fin. Telle est la raison par laquelle il place au premier rang la sagesse, c'est-à-dire la vraie lumière de l'âme, et au second Tintelligence. Comme s'il répondait à ceux qui lui demandent, de quel point il faut partir pour arriver à la sagesse, il dit : De l'intelligence. Et, pour parvenir

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à rintelligence? Du conseil. Et au conseil? De la force. Et à la force? De la science. Et à la science? Delà piété. Et à la piété? De la crainte. Donc à la sagesse, depuis la crainte; de la vallée des pleurs, jusqu'à la montagne de la paix (1). »

Dans la manière dont Isaïe parle du don de crainte en Notre-Seigneur, Rupert nous fait admir.er la profonde condescendance du Verbe incarné , devenu le sauveur et le précepteur du genre humain. Voici ses paroles : « Le prophète dit : Et r Esprit de la crainte du Seigneur le remplira. Il est digne de remarque qu'en pariant des six premiers dons, Isaïe dit constanmient : Sur lui reposera f Esprit du Seigneur^ r Esprit de sagesse, l'Esprit d'intelligence .et ainsi des autres. Pourquoi, arrivé au septième, change-t-il le mot et dit-il : L'Esprit de crainte le remplira? Comprenons le mystère: Dieu a voulu montrer à Tunivers cet étonnant spectacle, le créateur de Thomme, le Dieu de Téternité, descendant jusqu'au point duquel doit partir Thomme pécheur, pour sortir de labîme du vice et se délivrer des chaînes infernales du péché.

«En effet, le commencement dé la sagesse est la crainte du Seigneur. C'est jusque-là que le Créateur est descendu. L'Esprit de la crainte de Dieu le remplira^ dit le prophète. Qu'il ait dit : Sur lui reposera F Esprit de sagesse et d'intelligence, il n'y a rien d'étonnant.

(1) Ergoille cum prœposuisset sapientiam, lumen scilicet mentis indefîciens, adjunxit intellectum : tanquam quœreDtibus unde ad sapientiam veDÎretur responderet : Ab intellectu ; unde ad inteUectum: A coDsilio; unde ad consilium: A fortitudine; unde ad fortitudinem : A scientia; unde ad scientiam : A pietate; unde ad pietatem : A timoré. Ergo ad sapientiam a timoré; quia initium sapieDtise timor Domini. A convalie plorationis usque ad montem pacfs. Serm. 247, c. m, opp. t. V, p. 4987.

Toutes ces magnifiques qualités conviennent à la majesté d'un Dieu. Mais quel est Fange ou l'homme qui ne soit pas stupéfait, en voyant le Seigneur descendre jusqu'à la crainte du Seigneur; le Maître souverain et redouté du ciel et de la terre, rempli de crainte, non pas en partie, mais pleinement et dans toute l'étendue que des hommes inspirés du Saint-Esprit peuvent donner au mot plénitude (1)? »

Telle est la mystérieuse échelle que le Verbe, conduit par le Saint-Esprit , a descendue pour arriver jusqu'à nous, et que nous-mêmes devons monter pour parvenir jusqu'à lui. Un instant arrêtons-nous à considérer ce double mouvement de descente et d'ascension. Intéressante par elle-même, cette étude a trois grands avantages. Le premier : de vérifier par des faits rénumération hiérarchique d'Isaïe; le second : de nous orienter dans l'exercice des dons du Saint-Esprit; le troisième : de mettre au jour les effets généraux des dons du Saint-Esprit sur le genre humain.

1** Vérifier Ténumératiou hiérarchique d'Isaïe. Sans doute, la vie du Verbe fait chair est une manifestation soutenue de l'Esprit qui reposait sur lui. On y trouve néanmoins des circonstances où brille d'un éclat plus marqué chaque don de TEsprit septiforme, et dans Tordre même de Ténumération prophétique.

Jésus entre dans sa vie publique, et le premier don qui brille en lui, c'est la sagesse. A peine sorti des eaux du Jourdain, l'Esprit le pousse au désert. Là, il jeûne

(1) Quis autem angelorum aut hominum non miretur Dominum, usque ad timoremDomini descendisse, Deum et Dominum cœlis ac terris timendum, timoratum factum esse, non partim sed plenarie, et quantum verbo repletionis aut plenitudinis potuerunt homines, in eodem Spiritu sancto loquentes^ significare ? ^e Spir, sanct.y lib. I,

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