‹ Traité du Saint-EspritChapitre 39 sur 106 · II · texte numérisé non relu

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de Dieu, appartiennent à Dieu, doivent retourner à Dieu. Il use de toutes et de chacune : en esprit de dépendance, car aucune n'est sa propriété; en esprit de crainte, car il faudra rendre compte de tout; en esprit de reconnaissance, car tout est bienfait, même Tair quç nous respirons. Comme on voit, le don de crainte de Dieu est le fondateur de ce qu'il y a. de plus nécessaire au monde, et surtout au monde actuel : la religion du respect.

Horreur du péché. Grâce au don de crainte, Tâme se trouve subitement dans un autre état : elle ne se cqnnatt plus. Les grands dogmes de la majesté de Dieu et de Ténormité du péché, de la mort, du jugement, du purgatoire et de l'enfer, naguère pour elle dans l'obscurité ou dans un demi-jour, brillent d'un éclat si vif, qu'elle s'écrie avec sainte Catherine de Sienne : « Si je voyais d'un côté une mer de feu, et de l'autre, le plus petit péché, je me jetterais plutôt mille fois dans le feu, que de commettre ce péché. »

Étonné de n'avoir pas toujours vu ce qu'il voit, affligé de n'avoir pas toujours senti ce qu'il sent, le chrétien, enrichi du don de crainte de. Dieu, s'écrie, dans toute la sincérité de son étonnement et dans toute la vivacité de son regret : Qui ne vous craindra. Seigneur, et quiosera vous offenser; vous, seul grand, seul saint, seul bon, seul puissant; vous, maître souverain de la vie et de la mort, juge suprême des rois et des peuples; vous, qui revisez tous les jugements et jugez les justices mêmes; vous, entre les mains de qui il est horrible de tomber; Dieu vivant, qui, après avoir fait mourir le corps, pouvez précipiter l'âme dans l'enfer; vous qui, ne pouvant souffrir la vue même de l'iniquité, la poursuivez, depuis six mille ans, de ciiâtiments épouvantables, dans les

anges et dans les hommes, et qui la punirez de supplices effrayants, pendant toute l'éternité.

Tels, et plus énergiques, sont les sentiments de Fàme pénétrée de l'Esprit de crainte de Dieu. Si rien n'est plus noble, rien n'est plus indispensable.

3® Quelle est la nécessité du don de crainte? C'est demander s'il est nécessaire à l'homme de devenir ^a^^ et d'opérer le salut de son âme. Or, la crainte est la première condition de la sagesse et du salut (1). C'est demander s'il est nécessaire à l'homme de ne rien perdre de ce qui, le faisant homme, l'empêche de se confondre avec l'animal. Or, la crainte de Dieu fait l'homme et tout l'homme (2). C'est demander, enfin, s'il est nécessaire à l'homme de conserver sa liberté et sa dignité d'homme et de chrétien. En effet, il faut bien qu'on le sache, l'Esprit de crainte de Dieu est le seul principe de la liberté, le seul gardien de la dignité humaine. La raison en est que seul il nous délivre de toute autre crainte. Quel qu'il soit, l'homme est exposé à trois sortes de craintes : la crainte servile; la crainte mondaine; la crainte charnelle. Une seule suffît pour fairede l'homme, empereur ou roi, un esclave et un esclave dégradé.

La craiate servile est celle qui fait respecter Dieu par peur et fuir le péché à cause des châtiments (3). L'amour de soi en est le principe : de sa nature cet amour n'est pas mauvais, car il n'est pas contraire à la charité. Il n'est pas contraire à la charité, puisqu'on vertu même de la charité, l'homme doit s'aimer, après Dieu,

(1) loitiuai sapientiœ timor Domini. Pj.jllO. — Cum metu et timore salutean^estraiu operamiui. Philip,^ \\y 12.

(2) Deum time et mandata ejus observa ; hoc est enim omnis homo. EccL^ x[i, i3.

(3) Timere Deum propter malum pœnœ, est timor servills. Vtfauter, c. XIII, p. 414.

plus que les autres ; par conséquent craindre et s'épargner le mal de Tâme et du corps. Née de cet amour personnel, la crainte servile n'est donc pas maavaise par elle-même. Aussi, en pénétrer les pécheurs est une des principales fonctions des prophètes.

« Encore quarante jours, crie Jonas aux Nînmtes, et Ninive sera détruite (1). » Et Dieu approuva leur pAiitence, bienquenée delà crainte servile. «Race de vipères, dit saint Jean-Baptiste aux Juifs endurcis, qui tous a appris à fuir la colère future ? Déjà la cognée est à la racine de l'arbre. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupéetjeté au feu (2). » Notre-Seigneur luimême, combien de fois n'a-t-il pas attaqué cette fibre de la crainte servile, pour amener les pécheurs à la pénitence! Tantôt, c'est Tenfçr avec ses brasiers éternels et ses ténèbres extérieures, qu*il leur rappelle; tantôt, c'est la parabole du figuier stérile et du mauvais riche, qu'il met sous leurs yeux; tantôt il ffappe leurs oreilles de ces foudroyantes paroles : « Si vous ne ftdtes pénitence, vous périrez tous sans exception (3). »

La crainte servile n*est donc pas mauvaise de sa nature. Elle devient telle, lorsque l'homme, mettant sa fin en lui-même, ne respecte Dieu et n'évite le péché qu'à raison de son intérêt personnel. Essentiellement contraire à la charité, une pareille disposition constitue la servilité de la crainte et fait l'esclave. Elle dit équivalemment : Si Dieu n'avait pas de foudres et si l'enfer n'existait pas, je pécherais.

C'est le raisonnement de l'esclave qui craint le fouet, mais qui n'aime pas son maître; du Juif idolâtre au

li)Jon.,m, 4.

<2) Matth., m, 10; Luc, m, 7-9.

(3) Luc, xiii,3.

pied du Sinal ; des païens de la Samarie, appelés les prosélytes des lions ; d*Ântiochus le scélérat, en face des terrears delà mort ; de tant de chrétiens qui foulent aux pieds les lois de Dieu et de l'Église, parce qu'ils ne Yoient aucune sanction pénale à leurs prévarications; ou qui s'en abstiennent lorsqu'ils croient l'entrevoir, et uniquement parce qu'ils croient l'entrevoir. Inutile d'insister sur ce qu'il y a de honteux et de coupable dans la crainte servile (1 ) .

La crainte mondaine est celle qui fait appréhender la perte des biens du monde, des richesses, des dignités, des honneurs et autres semblables (2). Innocente de sa nature, elle cesse de l'être lorsqu'elle porte à pécher, poul* éviter de perdre ces avantages temporels. L'histoire est pleine des cruautés, des lâchetés, des bassesses, des trahisons, des empoisonnements^ des assassinats, des ventes de conscience, des crimes de tout genre que la crainte mondaine a fait commettre.

Pharaon voitles enfants d'Israël se multiplier ; il craint pour son royaume, et il ordonne de faire périr tous les fils nouveau-nés des Hébreux. Jéroboam, roi d'Israël, craint que les dix tribus, allant adorer le vrai Dieu à Jérusalem, n'échappent à sa domination. Il les entraîne dans l'idolâtrie, et sous peine de mort, les enfants d'Abraham se prosterneront devant les veaux d'or, depuis Dan

(1) llmor senrilis est malus non quidem secundum se, sed secundom serfilitatem ei annexam. Servilitas autem timoris in eo consistit qood non propter Deum, neque propter seipsum in ordine ad Deuoiy sed contra Deum, ut malum pœnœ évadât, operatur, quod charitas reprobat. In hoc enim quis dicitur esse servus, qui non causa su! operatur, sed quasi ab extrinseco motus. Viguier, ubi suprà.

(2) Timor mundaqus est quo quis timet temporalia amiltere, ut divltiaSy dignitates, et hujusmodi. S. Anton.j p. iv, tit. XIV^ c. ii> p. 228.

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jusqu'à Bersabée. Hérode apprend des mages la naissanee du roi des Juifs. La crainte de perdre sa coaronnelni fait égorger tous les petits enfants de Bethléem et des environs. Au temps de la Passion, les grands jMrètres ont peur des Romains, et, pour ne pas perdre leurs dignités, leur fortune, leur puissance, ils décrètent la mort du Fils de Dieu. Pilate reconnaît et proclame l'innocence de Notre-Seigneur, il résiste même à la fureur des Juifs. Mais Pilate a peur de perdre Tamitié de €ésar et, en la perdant, de perdre sa place : Pilate trahit sa conscience et livre le sang du Juste.

Pas un royaume de l'antiquité et des temp& modernes qui ne présente quelques-unes et même un grand nombre de ces iniquités publiques, de ces illustres ignominies, filles de la crainte mondaine. Si on descend à m ordre moins élevé, comment dire les honteuses flatteries, les abdications de conscience et de caractère, les coupables intrigues, les injustices, les crucifiements de la vérité, les dévouements hypocrites des Pilâtes au petit pied, des Giézi cupides et couverts de lèpre, toujours si nombreux aux époques, comme la nôtre, où tout se vend p^rce que tout s'achète (1). Descendons encore et demandons à ces multitudes de jeunes gens, d'hommes et même de femmes, pourquoi ils tournent le dos à la religion et abandonnent jusqu'à leurs devoirs les plus sacrés : la fréquentation des sacrements, la sanctification du dimanche? pourquoi ils sourient à des paroles, se conforment à des modes et se soumettent à des usages que leur conscience désavoue? Pas un de

(1) Omnes cupidi, omnes avari, Giezi lepram cum divitîîs sois possident, et maie qusesita mercede, non tam patrimonii facullatein quam thesaurum criminum congregaverunt œterno crucialu et brevi fructu. S. Ambr., apud S. Anton., tit. XIV, c. ii, p. 130.

ces transfoges qui ne soit forcé de s'avouer l'esclave du respect humain, c*est-à-dire de la crainte mondaine.

La crainte charnelle est la crainte des incommodités corporelles, des maladies et de la mort. Renfermée dans de justes limites, cette crainte n'a rien de répréhensible; elle devient coupable lorsque, pour éviter les maux du corps, elle porte à sacrifier, en péchant^ les biens de l'âme (1). Rien déplus coupable, rien déplus dégradant, rien de plus commun que la crainte chamelle, prise dans le mauvais sens.

Rien de plus coupable. Le Sauveur est garrotté, emmené dans la maison de Caïphe et livré sans protection aux indignes traitements de la soldatesque. Tu es disciple de cet homme, disent à Pierre les valets du grand prêtre. A ces mots, la crainte chamelle s'empare de Pierre, il craint pour lui-même le sort de son maître; et Pierre devient renégat, renégat public et blasphémateur. Combien de Pierres dans la suite des siècles !

Rien de plus dégradant. C'est dans la bouche de l'esclave de la crainte charnelle que trouvent leur vraie place les paroles du prophète : « La frayeur de la mort est tombée sur moi ; la terreur et le tremblement sont venus sur moi et j'ai été couvert de ténèbres (2). La vue des supplices, et même des instruments de supplice, la crainte de la douleur, l'appréhension de la mort, font perdrela tête. Dans cet état, dénégations, protestations, serments, promesses, rien de si indigne que ne soit prêt à faire et que ne fasse l'esclave de la crainte charnelle.

(i) Timor dicitur carnalis quo scilicet quis ita timet incommoda Garnis vel etiam mortem ipsam,quodDeum offendit mortaliter contra aliquod prœceptoruai faciendo, vel veniaiiter piœter piaecepta agendo. S. Anton,, ubi suprà, c. m, p. 13 i .

(2) Ps. 34.

Pour sauver le moins, il sacrifie le plus ; pour éviter des peines passagères, il se dévoue à des peines éterndles; pour préserver son corps, il livre son âme et perd son âme et son corps.

Rien de plus commun. Même dans les cas ordinaires d'infirmités et de maladies, de quoi n'est pas capable l'esclave de la crainte charnelle? Ne Ta-t-on pas vu, et ne le voit-on pas encore tous les jours recourir à des moyens honteux et illicites, soit pour prévenir des incommodités corporelles, soit pour recouvrer une santé que le maître de la vie trouve bon de ne pas lui laisser tout entière? Que sont, aujourd'hui plus que jamais, toutes ces adorations de la chair, toute cette mollesse de mœurs et d'éducation, toutes ces lâchetés devant le devoir, toutes ces horreurs delà peine et de la mortification, toutes ces recherches antichrétiennes de luxe et de bien-être, toutes ces consultations médicales de médiums plus que suspects? Les fruits de la crainte charnelle.

Nous délivrer de ces honteuses tyrannies, est le premier bienfait du don de crainte de Dieu. La crainte servile, avec l'égoïsme qui l'inspire, avec les défiances et les sombres terreurs qui l'accompagnent, disparaît devant la crainte filiale. Trouvant en lui-même le témoignage qu'il est l'enfant de Dieu, celui qui la possède craint Dieu, comme un fils craint son père. Toujours sa crainte est accompagnée de confiance et d'amour. Pas même après ses fautes, ce double sentiment jamais ne l'abandonne : c'est le prodigue revenant à son père.

Quant à la crainte mondaine et à la crainte chamelle, elles n'ont plus sur lui d'empire illégitime. La crainte filiale les domine, les absorbe, ou même les bannit entièrement. 11 ne craint, il ne regrette, il ne déplore se-

rieusement qu'une chose, le péché. 11 le craint, il le Tirette, il le déplore non par intérêt ^oïste, mais par amour de Dieu et par respect pour sa majesté. La conclusion est que le seul beau caractère, le seul indépendant, c'est le chrétien qui craint Dieu et Dieu seul. En d'autres termes, la yraie formule de la liberté et de la dignité de Thomme est ce vers célèbre :

le crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte.

AU point de vue purement humaia, veut-on comprendre la nécessité et les avantages du don de crainte de Dieu? Il suffit de se rappeler que l'homme, tel qu'il soit, ne peut vivre sans crainte. S'il ne craint pas Dieu, il craint la créature. Or, tout homme qui craint la créature est un esclave. Sa liberté, sa dignité, sa conscience même appartient à celui dont il a peur: hors de Dieu, l'être redouté n'est et ne peut être qu'un tyran.

Voilà ce que devrait comprendre et ce que ne comprend pas l'homme qui a la prétention de devenir libre en secouant le joug de Dieu. Voilà ce que devrait comprendre et ce que ne comprend pas notre siècle. Pour conquérir la liberté, il est en fièvre de révolutions. Elles se multiplient, et chacune lui rive plus solidement au cou et aux pieds les chaînes de l'esclavage. Cet esclavage deviendra déplus en plus dur de plus en plus honteux, de plus en plus général, à mesure que le monde comprendra moins que le don de crainte de Dieu est le principe de la liberté morale, et que la liberté morale est mère de toutes les autres. Où est le Saint-Esprit, là est la liberté, ubi Spiritus Dei^ ibi libertas : elle n'est que là.

Un second bienfait de TEsprit de crainte est de nous armer contre l'esprit d'orgueil (1).

(i) Per donum timoris Dominl Spiritus sanctus superbiam ab ho-

Si le Saint-Esprit a ses sept dons, sanctificateurs de l'homme et du monde, le démon a aussi ses sept dons, corrupteurs de Thomme et du monde. Chaque don de Satan est la n^ation ou la destruction d'un don parallèle du Saint-Esprit ; et, dans leur ensemble, les dons sataniques forment la contre-partie adéquate de l'économie de notre déification ^ Il en résulte que la lutte à outrance de ces esprits contraires est toute la 7ie de l'humanité. Un instant assistons à cette lutte dont nous sommes l'enjeu.

Le premier don que le Saint-Esprit nous communique, c'est la crainte. Que fait le don de crainte? Avant tout, il nous rend petits sous la puissante main de Dieu. Du sentiment intime de uptre néant et de notre culpabilité, jaillit l'humilité. Mère et gardienne de toutes les vertus, mater custosque mrtutum, l'hunïilité, àsontour, produit la défiance de nous-mêmes, de notre jugement, de notre volonté; la vigilance sur notre coefur et sur nos sens ; la ferveur dans nos rapports avec Dieu; la modestie, la douceur, l'indulgenôe à l'égard du prochain; toutes ces dispositions, filles du don de crainte, sont le fondement de l'édifice que viennent achever, en se superposant, les autres dons du Saint-Esprit (1).

Par là, il demeure évident que l'esprit de crainte, nous constituant dans la vérité, devait nous être donné le premier, et que le premier enseignement sorti delà

mine expeliit, et Deum humiliter introducit. S, Bonav,, De septm donU, etc., p. 238. — Donum enim timoris expelLit superbiam^ quia timor facit hoiainem humiliari ei quem timet. S. Anton,, t.X, ci, p. 152.

(i) Horum donorum primus est timor Dei, veluti aliorum quoddam fundamentum : hanc namc[ue Spiritus saoctus in campo mentis supponit aliaque dona in suo ordine veluti in œdificationem saperimpoQit. S. Anselm.,De Similitud,, c. cxxx.

bouche du Rédempteur devait être renseignement de l'humilité (1).

En vertu de l'antagonisme perpétuel, que nous avons tant de fois signalé, il ne demeure pas moins évident que la première goutte de virus, que Satan nous distillera dans Tâme sera le contraire de ThumiUté. Quelle sera-t-elle?L'0r^w^7. Pourquoi l'orgueil? Parce que le démon est le père du mensonge et que l'orgueil c'est le mensonge. Que fait l'orgueil? 11 nous déplace du vrai et nous constitue dans le faux. Faux à l'égard de nous-mêmes, nous ne soinmes rien, et l'orgueil nous persuade que nous sommes quelque chose; il nous enfle, il nous élève, il nous inspire d'injustes préférences, et il nous remplit de confiance et de complaisance en nous-mêmes.

Faux à l'égard de Dieu et du prochain. Plus l'orgueil nous grandit à nos propres yeux, plus il affaiblit en nous le sentiment de nos besoins et la connaissance de nos devoirs. Pour l'orgueilleux plus de prière sérieuse, plus de vigilance sévère et soutenue, plus de conseils demandés ou acceptés; plein de lui-même, il sait tout, il a tout vu, il se suffit en tout : lui et toujours lui. Présomptueux, tranchant, hautain, rampant devant le fort, despote à l'yard du faible, égoïste, querelleur, cruel, disputeur, haïssable à tous et ingouvernable, il devient la preuve vivante de celte vérité : que V orgueil est la déformation la plus radicale de la nature humaine (2).

{,ï).MaUh., V, 3,elii, 29."

(2) Fili^ siue çonsilio nihil facias et post factum non pœnitebit. Eccli.y XXX, 24. — Qui ^utem coûfidit in cogilationibus suis, Impie agît. Prov., XII, 2. — Novit justus juroenlorutn suorum animas; visceraaulem impiorum crudelia. Prov,, xii, 10. — Via stulti recta in oculis ejus; qui aulera sapiens est audit cousilia. Prov., xii, 15. — Fiiius sapiens doctrinaPalris; qui autem illusor est, non audit

Cette déformation conduit à la dissolution de tous les liens sociaux et donne naissance à la religion du mépris^ négation adéquate de la religion du respect. L'adepte de cette religion satanîque méprise tout : Dieu, ses commandements, ses promesses et ses menaces; l'Église, sa parole, ses droits et ses ministres; les parents, leur autorité, leur tendresse, leurs cheveux blancs; Tâme, le corps et toutes les créatures. De la vie il use et abuse, comme s'il en était propriétaire et propriétaire irresponsable. Telle fut la religion du ïnonde païen ; telle redevient inévitablement celle du monde actuel, à mesure qu'il perd le don de crainte de Dieu. Religion du respect, ou religion du mépris : l'alternative est impitoyable.

Cependant il est écrit que l'humiliation suit l'orgueil, comme l'ombre suit le corps (1). Humiliation intellectudle,lejugement faux, Terreur, l'illusion. Humiliation morale, l'impureté avec ses hontes. Humiliation publique, Aman expire sur une potence haute de cinquante coudées; Nabuchodonosor devient bête. Humiliation sociale, pendant toute son existence, l'antiquité païenne se débat entre le despotisme et l'anarchie. Humiliation religieuse, le monde et l'homme païens sont inévitablement prosternés aux pieds d'idoles immondes et cruelles. Délivrer l'humanité de pareilles ignominies, n'est-ce rien? Qui l'en délivre? Le don de crainte de Dieu . Fautil demander s'il est nécessaire, surtout aujourd'hui?

cumarguitur. Prov., i\\i, \. — iDter superbos semper jurgia sunt, qui aiiteoi regunt omnia cum consiiio reguntur sapientia. Id,^ xiU| 10. — Odibilis coram Deo est et hominibus superbia. EccH.y x, 7. (1) Ubi fuerit superbia, ibi erit et contumelia. Prov., xi, 2.

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