‹ Traité du Saint-EspritChapitre 4 sur 106 · II · texte numérisé non relu

II

Dans une circonstance mémorable, le même apôtre proclame avec non moins d'éclat la divinité du Saint- Esprit. Ananie trompe sur le prix de son champ. A la tromperie il ajouté un mensonge public. En présence de toute TÉglise de Jérusalem, Pierre lui dit : « Pourquc^i Satan a-t-il tenté ton cœur jusqu'à te faire mentir au Saint-Esprit? ce n*est pas aux hommes que tu as menti, cest à Dieu (1).». Ananie a menti au Saint- Esprit. Pierre dévoile sa faute et lui dit : En mentant au Saint-Esprit, ce n'est ni aux hommes ni à une simple créature que tu as menti, c'est à Dieu lui-môme. Donc le Saint-Esprit est Dieu. La conséquence est logique et la conclusion inattaquable.

Les attributs. Même raisonnement que pour les noms. Il est Dieu celui à qui conviennent tous les attributs de Dieu. Or, tous les attributs de Dieu conviennent au Saint-Esprit. Les grands attributs de Dieu sont : l'éternité, Timmeosité, l'intelligence infinie, la toute-puissance : le Saint-Esprit les possède tous.

L'éternité. Il est éternel celui qui a précédé tous les temps. 11 a précédé tous les temps, celui qui, en créant le monde, a créé le temps lui-même. Or, le Saint-Esprit a créé le monde de concert avec le Père et le Fils. « Dans le principe Dieu créa le ciel et la terre, et l'Esprit de Dieu était porté sur les eaux (2). »

L'immensité. Il est immense celui qui embrasse tous les lieux et qui les remplit, au point que nul ne peut se soustraire à sa présence. « L*Esprit du Seigneur remplit le globe. Où irai-je loin de votre Esprit? où fuirai-

(1) Dixit autem Pètrus : Anania^ cur tentavit Satanas cor tuuniy mentiri te Spiritui sancto et fraudare de pr^ agri?... Nonesmentitus hominibus sed Deo, Act,, y, 3, 4. ' l^

(2) Gen., i, 1-3.

je loin de votre face? Si je monte au ciel, vous y êtes; si je descends dans l'enfer, vous y êtes encore; si je prends les ailes de l'aurore et que je me transporte par delà les océans, c'est votre main qui m'y conduira et vous me tiendrez de votre droite (1 ) . »

L'intelligence infinie. Il voit tout, il connaît tout, il sait tout, celui pour qui le ciel et la terre n'ont point de secret ; qui pénètre jusque dans leurs profondeurs les mystères de Dieu même; qui embrasse la vérité, toute la vérité dans le passé, dans le présent, dans l'avenir et qui en est le docteur infaillible. Tel est le Saint- Esprit.

Parlant des merveilles de la céleste Jérusalem, saint Pauldit : «L'œil n'a pointvu,roreillen'apoiDtentendu, et le cœur de l'homme n'a jamais compris ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment; mais pour nous, Dieu nous l'a révélé par son Esprit, car cet Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu. Qui d'entre les hommes connaît ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui? De même, personne ne connaît ce qui est en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu... (2). Et saint Jean : « le Consolateur, le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, vous rappellera tout ce que je vous ai dit et vous annoncera tout ce qui doit arriver (3). »

Ces textes si clairs furent les armes victorieuses dont saint Ambroise et les anciens Pères se servirent, pour

(!) Spiritus Domini replevit orbem terrarum. Sap., i, 7. — Quo ibo a Spiritu tuo et quo a facie tua fugiam? Si ascendero in cœlum, tu illic es ; si descendero in infernum, ades. Si sumpsero pennas meas diluculoet habitavero in extremis maris, etenim illuc manus tua deducet me et tenebit me dextera tua. cxxxviii, 7-10.

(2) I Cor., II, 9-U.

(3) Joan., xtv, 26, et xv, 13.

confondre le négateur de la divinité du Saint-Esprit, l'impie Macédonius.

La toute-puissance. Il est tout-puissant celui qui fait sortb l'être du néant, par un signe de sa volonté, et dont toutes les œuvres dénotent une puissance infinie. Tel est encore le Saint-Esprit, a Les deux, disent les prophètes, ont été créés par le Verbe du Seigneur, et leur constante harmonie par TEsprit de sa bouche; car l'Esprit de la sagesse créatrice est tout-^puissant (1). »

Les œuvres. Nous ne ferons qu'effleurer ce vaste sujet, puisque nous devons en traiter avec détail dans la suite de notre ouvrage. Les œuvres de Dieu sont de deux sortes : les œuvres de la nature et les œuvres de la grâce. Or, toutes ces œuvres sont attribuées au Saint- Esprit, comme au Fils et au Père. Dans l'ordre naturel, la création de l'homme et du* monde : nous venons de le voir par les témoignages des livres saints. Ajoutons seulement la parole si précise du saint homme ^ Job : a C'est l'Esprit de Dieu qui m'a créé : Spiritm Dd fedt me (2). »

Dans l'ordre de la grâce, la régénération de l'homme et du monde. Le prophète nous l'enseigne : « Vous enverrez votre Esprit, et tout sera créé; et vous renouvellerez la face de la terre (3). » Et plus clairement encore le Maître des prophètes, qui dit : « Si quelqu'un ne renaît de l'e^iu et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu (4). » Et la formule même

(i) Yerbo Domini cœii firmati sunt^ et Spiritu oris ejus omois virtuseorum. Ps. 32, 6. — Omnium enim artifex docuii me sapientia... est enim in illa Spiritus... omnem habens Yirtutem. Sap,, vu, 21-

(2) xxxiii, 4.

(3) Ps. 103, 30.

(4) Joan,^ III, 5.

delà régénération universelle : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit (1). » Quelle égalité plus parfaite I

«Oh! oui, Esprit sanctificateur, s*écrie Bossuet, vous êtes égal au Père et au Fils, puisque nous sommes également consacrés au nom du Père, et du Fils, et du Saint-* Esprit; et que tous avez avec eux un même temple qui est notre âme, notre corps (2) , tout ce que nous sommes. Rien d'inégal ni d'étranger au Père et au Fils, ne doit être nomméavec eux en égalité. Je ne veux pas être baptisé ni consacré au nom d'un conserviteur, jene veux pas être le temple d'une créature : ce serait une idolâtrie de lui bâtir un temple, et à plus forte raison d'être et de se croire soi-même son temple (3). »

La tradition. Elle s'est exprimée par la voix des Pères et des docteurs. Noji moins précise que celle de l'Écris ture, sa parole a traversé les siècles, sans cesse repro-» duite par de nouveaux organes. Nous la voyons même immobilisée dans des monuments qui remontent jusqu'au berceau du christianisme. Les échos de l'Orient et de 1 -Occident redisaient encore les derniers accents de la voix des apôtres, saint Jean était à peine descendu dans la tombe, lorsque parurent les premiers apologistes chrétiens. Au rapport de saint Basile, le pape saint Clément, troisième successeur, de saint Pierre, martyrisé vers Tan 100, avait coutume de faire cette prière : Yive Dieu et Nôtre-Seigneur Jésus- Christ et le Saint-Esprit (4). Dans son éloquent plaidoyer,

(1) ATaW/i., xxviii, i9.

(2)1 Cor., m, 46,47; vi, 49.

(3) Éiév. sur les myst., n Serm., Élév. 5.

(4) Vivit Deus et Domiaus Jésus Ghristus et Spiritus sanctus. Lib. de Spir. sanct,, c. xxix, n. 72.

présenté à Tempereur Antonîn, vers Tan 120, saint Justin s'exprime ainsi : « Nous honorons et adorons en esprit et en vérité le Père et le Fils et le Saint-Esprit (1).))

Ce que saint Justin avait dit à Rome, quelques années plus tard saint Irénée l'enseignait dans les Gaules. « Cèuy, dit-il, qui secouent le^ joug de la loi et se laissent emporter à leurs convoitises, n'ayant aucun désir du Saint-Esprit, lapôtre les appelle avec raison des hommes de chair (2) . »

A la même époque, Athénagore demandait : « N'estil pas étrange qu'on nous appelle athées, nous qui prêchons Dieu le Père et Dieu le Fils et le Saint- Esprit (3)?»

Son contemporain, Eusèbe de Palestine, pour s'encourager à parler, disait : « Invoquons le Dieu des prophètes, auteur le la lumière, par notre Sauveur Jésus- Christ avec le Saint-Esprit (4) . »

Vingt ans à peine se sont écoulés, et nous trouvons le témoignage, non plus d'un seul homme, mais de toute une Église. L'an 169, les fidèles de Smyrne écrivent à

(1) Hune (Patrem) et qui ab eo venit... Filium et Spiritum sanctum coiimus et adoramus, cum ratione et veritate vénérantes. Apolog. i. n. 6.

(2) Eos vero, qui effrénés sunt, et feruntur ad suas concupiscentias, nuUum habentes divini Spiritus desiderium^ merito apostolus carnales Yocat. (Cité par saint Basile, en preuve de la divinité du Saint-Esprit. Lib. de Spir. sanct., c. xxix, n. 72.)

(3) Quis non miretur^ cum audit nos, qui Deum Patrem prœdicamus et Deum Filium et Spiritum sanctum... atbeos vocari. Légat, pro Christian., n. 12 et 24.

(4) Loquitur enim in bunc modum, se ad dicendum excitans : Sanctum Prophetarum Deum, lucîs auctorem, per salyatorem nos* trum Jesum Christum cum sancto Spiritu, invocantes. Ap. Basil., ibid.

ceux de Philadelphie Tadmirable lettre dans laquelle ils racontent que saint Polycarpe, leur évêque et disciple de saint Jean, près de souffrir le martyre, a rendu gloire à Dieu en ces termes : « Père de votre bien-aimé Fils Jésus-Christ, béni soit-il. Dieu des anges et des puissances, Dieu de toute créature, je vous loue, je vous bénis, je vous glorifie, par Jésus-Christ votre Fils bienaimé, pontife éternel, par qui gloire à vous avec le Saint-Esprit, maintenant et aux siècles des siècles (1). »

Que la divinité du Saint-Esprit fut un dogme de la foi chrétienne , les païens eux-mêmes le savaient. Dans son dialogue intitulé Philopatm^ un de leurs plus grands ennemis, Lucien, introduit un chrétien qui invite un catéchumène àjurer/>«r le Diéu souve^ rain^ par le Fils du Père^ par F Esprit qui en procède^ qui font un en trais, et trois en un, ce qui est le vrai Dieu.

Au troisième siècle nous trouvons, en Occident, le redoutable TertuUien. Son livre de la Trinité, Contre Praxéas, commence ainsi : « Praxéas, procureur du diable , est venu à Rome faire deux œuvres de son maître : il a chassé le Paraclet et crucifié le Père. L'ivraie praxéenne a germé. Dieu aidant, nous l'arracherons; il nous suffit pour cela d'opposer à Praxéas le symbole qui nous vient des apôtres. Nous croyons donc toujours, et maintenant plus que jamais, en un seul Dieu, qui a envoyé sur la terre son Fils qui, à son tour, remonté vers son Père, a envoyé le Saint-Esprit, sarictî-

(1) Pater dilecti et beDedicti Filii tui Jesu GhrisU... Deus ÂDgelorom et Potestatum, Deus totius creaturœ... Te laudo, te beoedico, te glorifico per Jesom Ghristum dilectum Filium tuum, Pontificem sternum, per quem tibi cum Spiritu sancto gloria nunc et in futura sœcula sœculorum. Amen. Epist. Smyrn. EccL, apud Barqn.y an. 169.

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ficateur de la foi de cenx qui croient an Père, aa Fils et an Saint-Esprit. Ainsi, nnité de Dien ei trinité de personnes sous le nom de Père, et de Fils et de Saint- Esprit. Bien qu'ils soient inséparables , cependant autre est le Père^ anti« le Fils, autre le Saint-Esprit (i). »

DeJ'Orient nous arrive letémmgûage du saint éyêqoe martyr, Denys d'Alexandrie. Faussement accusé de sa* bellianisme, il termine sa défense par ces remarquables paroles : « Nous conformant en tout à la formule et à la r^le reçue des évèquesqui ont vécu avant immis, unissant notre voix à la leur, nous vous rendons grâces et nous mettons fin à cette lettre : ainsi à IMeu le Père, et au Fils Jésus-Christ Notre-Seigneur avec le Saint- Esprit, soit la gloire et l'empire aux siècles des siècles. Amen (2). »

La glorieuse formule de foi n'échai^ pas à Jules Africain. Au cinquième livre de son Histoire^ il dit : tt Pour nous qui avons appris la forme de ce langage et qui n'ignorons pas la grâce de la foi, nous remercions le Père qui nous a donné, à nous ses créatures, le Sauveur de toutes choses, Jésus-Christ, à qui gloire et majesté avec le Saint-Esprit dans tous les siècles (3). »

. (i) Nos vero et semper et iiqqc magis... unicam ^uidem Oeuin credimas... Costodiator owovcfusc sacramentam, quae unitatem in Tmiitatem disponit, ires dirigens Patrem et Filium et Spiritom sano' tom... Hanc me r^alam professom, qoa inséparatos ab altemlro Patrem et Filiam et Spiritum sanctam testor, tene ubiqae : et ita quid qoomodo dicatur, agnosces. Eccè enim dico alium esse Patrem, et aliam Filiam, et aliam Spiritom sanctam» Adv, Prax., c. i, Ji, n, éâïL Pamel.

(2) ... Tandem nanc Yobis scribere desinimas : Deo autem Patri et Fiiio Domino nostro Jesa Christo com sancto Spiriiu gloria et imperiam in sscala sscaloram. Amen. Apud S. Basil. ^ ubi suprà, n. 72.

(3) Nos enim qoi et iiloram verboram modam didicimos, nec

Au quatrième siècle, voici les deux grandes lumières de l'Ëglise orientale, saint Basile et saint Grégoire de Nazianze. Le premier commence par citer deux usages, témoins vivants de la foi immémoriale àla divinité du Saint-Esprit, les prières lucernaires et Thymne d'Athénc^ène. << Il a paru bon à nos pères, dit-il, de ne pas recevoir en silence le bienfait de la lumière du soir, mais de rendre grâces aussitôt qu'elle brille. Quel est l'auteur de la prière, qu'on récite en action de grâces lorsqu'on allume les lampes, nous ne le savons pas; mais le peuple prononce cette antique formulé, que nul n^a jamais taxée d'impiété : Louange au Père, et au Fils et au Saint-Esprit. Qui connaît l'hymne d'Athénogène, laissée par ce martyr à ses disciples, comme un préservatif, lorsqu'il marchait au bûcher, sait ce que les martyrs ont pensé du Saint-Esprit (1).»

L'illustre évoque devient lui-même un puissant organe de la tradition.* « Le Saint-Esprit, dit-il, est appelé saint, comme le Père est saint, comme le Fils est

ignoramua fidei gratiam^ gratias agimus Patri, qui nobis suis creaturis prsebuit universorum servatorem ac Jesum Ghristum, cui gloria, majestas, cum sancto Spiritu in sœcuia. Apud S. Basil., uhi supra, n. 73.

(i) Yisum estPatribus nostris, vespeftini luaiinîs gratiaai haudquaquam siientio accipere^ sed mox ut apparuit agere gratias. Quis autem fuerit auictor illorum yerborum, quœ dicuntur in gratiamm aetione ad luceruas, dicere non possumus. Populus tamen anUquam profert vocem, neque cuiquam unquam vis! sunt impietatem commiUere^ qui dicnnt : Laudamus Pairem H Filium et Spiritum sancfum Dei. Quod sfi quis etiam novit Athenogenis bymnum, quem tanquam aliquod amuletum discipulis suis reliquit, festinans jam ad consummationem per igaem, is novit et martyrum sententiam de Spiritu. Lib. de Spirit. sanci., c. zzix, n. 7-3. — La prière Incernaire était déjà en usage en Occident du temps de Tertuliien. BaroniuB écrit que Athénogène, martyr et grand théologien, est le même qu'Athénagore, le célèbre apologiste. Mart^L, 18 janvier. •

saint ; saint non comme la créature qui tire sa sainteté du dehors, mais saint par lessence même desanature. Aussi, il n est pas sanctifié, mais il sanctifie. Il est appelé bon, comme le Père est bon, parce que la bonté lui est essentielle; de même, il est appelé droit, comme le Seigneur Dieu lui-même est droit, parce qu'il est de sa nature la droiture même, la vérité même, la justice même, sans yariation, sans altération, à cause de l'immutabilité de sa nature. Il est appelé Paraclet, comme le Fils lui-même; en sorte que tous les noniis communs au Père et au Fils conviennent au Saint-Esprit, en vertu de la communauté de nature. Oîi trouver une autre origine? (1)»

Écoutons maintenant son ami, saint Grégoire de Nazianze : « Le Saint-Esprit a toujours été, il est et il sera; il n a point eu de commencement, il n'aura point de fin, pas plus que le Père et le Fils, avec lesquels il est inséparablement uni. Il a donc toujours été participant de la divinité et ne la recevant pas ; perfectionnant et n'étant pas perfectionné; remplissant tout, sanctifiant tout, et n'étant ni sanctifié ni rempli; donnant la divinité et ne la recevait pas ; toujours le même et toujours égal au Père et au Fils; invisible, éternel, im-

(l)Sanctus dicitur, quemadmodum sanctus Pater, et sanctus Fiiias. Greaturœ siquidem inducta est aliunde sanctimonia : Spiritui vero saoctitas compietiva est naturse. Ideoque non sanctificatur, sed sanctificat. Bonus item dicitur sicut Pater bonus est, et sicut bonus est is qui ex Bono natus est ; cui bonitas est ipsa essentia. Rectus vocatur, ut rectus Dominus Deus, eo quod per se sit ipsa Yeritas, et ipsa justitia, nec in banc nec in iUam partem se Yertens aut flectens, propter naturœ immutabilitatem. Paracletus nuncupatur velut Unigenitus : sicut ipse ait. Ego rogabo Patrem meum, et dabit Yobis alium Paracletum. Hoc pacto communia sunt nomina Patri, Filio, et Spiritui sancto, qui bas appel lationes ex naturœ consortio babet. Unde enim aliunde? Lib. de Spir. sancUj c. xix, n. 48.

mense, immuable., incorporel, essentiellement actif, indépendant, tout-puissant; vie et père de la vie; lumière et foyer de lumière; bonté et source de bonté; inspirateur des prophètes, distributeur des grâces; Esprit d'adoption, de vérité, de sagesse, de prudence, de science, de piété, de conseil, de force, de crainte; qui possède tout en commun, avec le Père et le Fils : Fadoration, la puissance, la perfection, la sainteté (1). »

Quoi de plus clair que ce passage auquel il serait facile d'en ajouter beaucoup d'autres de la même époque? Ni moins formels ni moins nombreux sont les témoignages des temps postérieurs : un seul suffira. «Nous croyons au Saint-Esprit, dit Rupert, et nous le proclamons vrai Dieu et Seigneur, consubstantiel et coéternel au Père et au Fils, c'est-à-dire absolument le même en substance que le Père et le Fils ^ mais non le même quant à la personne. En effet, comme autre est la personne du Père et autre la personne du Fils; ainsi, autre est la personne du Saint-Esprit. Mais la divinité, la gloire, la majesté du Père et du Fils, sont la divinité, la gloire, la majesté du Saint-Esprit. Afin de distinguer la personne du Fils de la personne du Saint-Esprit, nous disons que le Fils est le Verbe et la Raison du Père, mais Verbe substantiel , Raison éternellement et substantiellement vivante ; et du Saint-Esprit, nous disons qu'il est la Charité ou l'Amour du Père et du Fils, non charité accidentelle, amour passager, mais Charité substantielle et Amour éternellement subsistant (2). »

(i) Spiritu» sanctus et semper erat^ et est, et erit^ nec uUo ortu generatus, nec finem habiturus, etc. Orat. in die PentecosL

(2) Spiritum sanctnm credimus et confitemur Yerum esse Deum et Dominum, Patri et Filio consubstantialem et coœternum, id est per omnia secundnm substantiam^ quod Patrem et Filium, non

Et, pour faire ressortir avec éclat la divinité du Saint- Esprit, le profond théologien ajoute : « Vôulons-noiis avoir quelque idée de cet Amour et de sa majestueuse puissance? Prenons deux créatures du même genre et de là mêûïe espèdë, dontFune le possède etdontTautre en est privé. Si è'est pamii ksanges^: lun est Lucifer, Tautre saint Michel; parmi leS hommes: Tun est Pierre, l'autre Judâs.La seule chose qui fait la différence entre ces deux anges et •entre ces deux hommes, c'est que l'un est participant du Saint-Esprit, l'autre non. A la majesté du Verbe qui les a créés, l'un et l'autre doivent d'être raisonnables; ils ne diffèrent enti<e eux, comme il vient d'être dit, que par la participation ou la privation de l'amour éternel* Cet exemple fait briller le caractère propre de l'opération du Saint-Esprit: au Verbe éternel là créature raisonnable doit ûT^/r^ ; au Saint-Esprit, d être bien {i).n /. i . .

La grande parole jdes siècles s'est incarnée dans plusieurs pratiques éminemment traditionnelles : nous

eumdem ia persona quam Patr^m et Filium^ etc. Ik operib^ 5ptr. sanct., lib. I, c. m.

(1) Qui atQOt^ quanti sit momenti, imo quantsB sit majestatis, ut aliquatenusspecolarimereamur, conferamus nuncin eodem génère yel specie criea^turam ejus participem, créature quse ^us particeps non est. Gerte si de angeiica specie duos conféras, aller diaboluSy aller forte sanctus Gabriel; àut gloriosus Micbael est. Si de humano génère, verbi gratia, de apostolieo sumas ordine, alter beatns Petrus apo&toluS| alter Judas diabolus est. Attamen hoc solum interest quod hic homo, vel hic angélus, hujusamoris estparticeps; iUeautem honâo, vel ille angetus non est ejus particeps. Utèrque ex majestate Verbi per quod factus est, hoc habet ut sit rationalis ; hoc solo, ut dictum est, dififerunt quod hic habet; et ille non habet communionem hujus amoris. Glaret itaque etiam in istô proprietas operationis Spiritus sancti, quia videlicet per Verbum Patris esse sumpsit, per Spiritum vero tonctum, bene esse sumit creatura rationalis. Ibiâ.

voulons parler des trois immersions dans le baptême; du Kyrie répété trois fois en Thonneur de chaque personne divine; du trisagion chanté dans la liturgie; du signe de la croix, de la doxologie et du Gloria Patri. Ces deux prières surtout sont la proclamation éclatante du dogme de la Trinité , par conséquent de la divinité du Saint- Esprit. Écho terrestre du trisagion étemel des séraphins, ces admirables formules terminent toutes les hymnes et tous les psaumes de l'office. Depuis les temps apostoliques, elles se répètent jour et nuit, sur tous les points du globe , par des milliers de bouches sacerdotales. Il en est de même du signe de la croix. Ce signe auguste, dont l'origine n'est pas de la terre, redit d'uue voix infatigable^ à tous les échos du monde et à tous les instants de la journée : le Père est Dieu , le Fils est IMeu, le Saint-Esprit est Dieu. Plus ceis usages sont populaires, plus ils constatent l'ancienneté et l'universalité de la tradition (1).

(i) En parlant du signe de la croix, TertuUien s'exprime ainsi : Harum et aliarum hujusmodi disciplinarum, si iegem expostules Scripturamm, nuUam invenies. Traditio tibi praetenditur auctrix, consnetudo confirm^trix et fides observatrix. De Coron, milit. , c.nr.

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