‹ Traité du Saint-EspritChapitre 45 sur 106 · IV · texte numérisé non relu

IV

due, en certitude. En principe : la raison est le principe de la prudence naturelle; par le don de conseil, c'est le Saint-Esprit lui*même qui devient notre guide. En étendue : la vertu de prudence, quelle qu'elle soit, natu^ relie ou surnaturelle, ne peut ni embrasser ni prévoir tous les moyens les plus propres à parvenir au but dé-» siré, et malgré toute son application elle est, comme dit l'Écriture, toujours courte par quelque endroit (i). Le don de conseil, au contraire, s'étend à tout ce qu'il nous est nécessaire de connaître pour nous décidei* sa^ gement daos un cas donné. En certitude : personne n'ignore les calculs et les tâtonnements qui précèdent une détermination importante, les hésitations qui l'accompagnent et les incertitudes mêmes qui la suivent. Rien de tout cela dans le don de conseil- C'est l'Es^prit-Saint lui-même qui nous communique sa lumière et détermine notre choix (2).

Quant à la différence du don de conseil avec le don de science, voici en quoi elle consiste. En nous com^ muniquant la connaissance certaine de la vérité, le don de science nous rend capables de discerner sans peine le vrai du faux, le bien du mal. Le don de conseil va plus loin. Il nous fait distinguer et choisir entre le. vrai et le plus vrai, entre le bon et le meilleur : c'est-à-^dire qu'il nous indique les moyens les plus appropriés à notre fin suprême, eu égard aux circonstances de temps, de lieux et de personnes.

Avoir considéré le don de conseil en lui*meme, ne

(i)Sap., IX, 14.

(2) (Jndô doDum consilii respondet prudeaiiœ, sicutipsam adjuvans et perficieiis. S. Thom., 2» 2», q. 52, art. 2, cor. — Indiget homo in inquisitione consilii dirigi et elevari a Deo qui omnia comprehendit. Et hoc fit pcr donum consilii. S, Anton., iv p., tît. XII, c. I, fol. 189.

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